Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 18:29

Réseau Voltaire | 26 janvier 2012

 

Depuis le début des événements qui endeuillent la Syrie, deux versions des faits s’opposent : pour les Occidentaux et leurs alliés du Golfe, le régime réprime dans le sang une révolution populaire, tandis que pour la Syrie et ses alliés du BRICS, le pays est attaqué par des groupes armés venus de l’extérieur.

 

Pour faire toute la lumière sur ces événements, la Ligue arabe a créé une Mission d’observation composée par des personnalités nommées par chaque État membre (sauf le Liban qui n’a pas souhaité participer). Cette diversité des experts garantit l’impossibilité de manipuler le résultat, leur nombre (plus de 160) et la durée de leur mission (1 mois) permet de dresser le tableau bien plus large que tous ceux dont on disposait précédemment. A ce jour, aucun organisme tiers ne peut prétendre avoir conduit une enquête aussi vaste et aussi rigoureuse, et par conséquent ne peut prétendre mieux connaître la situation en Syrie.

 

Le Comité ministériel de la Ligue Arabe, chargé du suivi du Plan arabe et composé de 5 États sur les 22 membres de la Ligue (Algérie, Égypte, Oman, Qatar, Soudan) a validé le rapport de la mission par 4 voix contre 1 (celle du Qatar) et a décidé de prolonger d’un mois la mission des observateurs.

 

Le problème c’est que le rapport confirme la version du gouvernement syrien et infirme celle des Occidentaux et des monarchies du Golfe. Notamment, il atteste qu’il n’y a pas eu de répression létale de manifestations pacifiques et que tous les engagements pris par Damas ont été scrupuleusement respectés. Il valide aussi le fait capital que le pays est déstabilisé par des groupes armés, responsables de centaines de morts parmi les civils syriens et de plusieurs milliers dans les rangs de l’armée, ainsi que plusieurs centaines d’actes de terrorisme et de sabotage.

 

C’est la raison pour laquelle le Qatar cherche désormais à empêcher la diffusion du rapport par tous les moyens. En effet, celui-ci se révèle être une véritable bombe pouvant se retourner contre lui et son dispositif de communication.

Le Qatar exerce actuellement la présidence de la Ligue ; non pas que son tour soit venu pour cela, mais parce qu’il a acheté à l’Autorité palestinienne son propre tour de présidence.

 

La présidence de la Ligue a donc décidé de ne pas diffuser le rapport de la Mission d’observation, de ne pas le traduire, et même de ne pas placer la version originale arabe sur son site internet.

 

Le risque pour l’Émirat wahhabite est énorme. Si par malheur le public occidental avait accès au rapport, c’est bien au Qatar et à ses relais qu’il risquerait de demander des comptes en matière de démocratie et d’implication dans le massacre de populations.

 

Source : « La présidence de la Ligue Arabe cherche à étouffer le rapport de ses experts », Réseau Voltaire, 26 janvier 2012, www.voltairenet.org/a172509

Par Réseau Voltaire - Publié dans : Emirats arabes - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 17:06
Corruption au sommet

Le secrétaire général des nations Unies, Ban Ki-moon, s’est rendu au Liban pour préparer une éventuelle action de l’OTAN contre la Syrie. Trop occupé à conspirer contre la paix qu’il devrait défendre, il en a oublié de s’enquérir des violations quotidiennes de la souveraineté libanaise par Israël. Dans une lettre ouverte publiée par la presse libanaise, le penseur arabe Hassan Hamade interpelle M. Ban et son représentant M. Rød-Larsen pour rappeler que loin d’incarner des principes, ils sont des voyous convaincus de corruption.

Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 25 janvier 2012

 

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Monsieur le secrétaire général,

 

En écoutant votre discours, à Beyrouth, sur l’absolu nécessité de procéder à des réformes, « car la flamme de la liberté allumée en Tunisie ne s’éteindra plus », j’ai tout de suite eu une pensée pour une personnalité suédoise, célèbre par son intégrité, sa transparence, et sa crédibilité en matière de reforme. Je veux parler de madame Inga-Britt Ahlenius, qui fut secrétaire général adjointe de L’ONU, responsable du United Nations Office of Internal Oversight Services (OIOS), le bureau chargé de veiller au bon fonctionnement des services de ce « gros machin, » notamment dans le domaine des finances, et qui a servi sous votre autorité.

 

Vous n’êtes pas sans savoir, M. le secrétaire général, que Madame Ahlenius, dont l’itinéraire professionnel a toujours été irréprochable, que ce soit en Suède ou dans l’appareil administratif de l’ONU, a rédigé un rapport d’une cinquantaine de pages sur l’état des lieux de l’organisation dans le domaine des finances, et sur l’usage des fonds publics dans les budgets des différents services.

 

Ce rapport vous montre du doigt en tant que principal responsable des exactions financières, commises surtout dans votre service, vous tient pour responsable du manque de transparence, et va jusqu’à s’adresser à vous en disant : ”Monsieur, votre action est sans précèdent (…) elle mérite plus qu’une condamnation”

 

Habilitée, de par sa fonction, à diriger la guerre contre la corruption au sein de l’ONU, et à surveiller le bon fonctionnement des services, Madame Ahlenius écrit avoir la certitude de votre implication dans le désordre financier qui submerge votre administration, où la transparence fait complètement défaut : « Votre action – dit elle – a manqué de transparence et ne respecte pas les règle de l’audit » elle finit par déclarer : « Je suis désolée de dire que le secrétariat général entre dans une phase de déliquescence, s’effondre complètement et je dirais même qu’il ne pourra plus être secouru ».

 

Face à ce rapport vous avez observé un mutisme total, mais tout en l’ignorant complètement, vous avez cependant ordonné son retrait du site web officiel des Nations Unies dans les 48 heures qui ont suivies sa mise en ligne [Le Réseau Voltaire a retrouvé ce document pour vous. Il est téléchargeable au bas de cette page].

Si l’on a eu écho de ce rapport, c’est en fait grâce a une poignée de journalistes qui l’ont aperçu, sans pour autant l’accompagner d’une campagne médiatique, et sans-même vous interroger à son sujet, de crainte peut-être, de déclencher un processus qui pourrait ouvrir le dossier de la corruption généralisée qui sévit au sein de votre administration au détriment des intérêts des peuples du monde.

 

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Souvenez-vous, Monsieur le secrétaire général, que Madame Ahlenius, juste après son retour dans son pays natal, et suite à la publication de ce rapport en août 2010, qui a couronné son mandat de 5 ans, vous a consacré un livre qu’elle a publié en commun avec le journaliste suédois Nialas Ekdal.

Dans cet ouvrage intitulé M. Hasard, la détérioration de l’ONU sous la direction de Ban Ki-moon [1], les auteurs ont détaillé une multitude de vos exactions, qui privent désormais l’ONU du minimum vital de crédibilité.

 

Ils vous y qualifient d’incompétent et de corrompu, jetant ainsi le discrédit sur toute votre action professionnelle.

Monsieur le secrétaire général,

Ce livre, tout comme le rapport, a eu sa part d’attaques silencieuses, contribuant à l’étouffer complètement sur le plan médiatique. Vous n’êtes pas sans connaitre les forces occultes qui mènent le combat contre la vérité défendue par madame Ahlenius ? Ce sont celles-là même qui vous protègent, Monsieur le secrétaire général.

 

Comment osez-vous parler de reformes, vous qui êtes un voleur ?

Vous n’avez peut être pas l’habitude d’entendre des critiques aussi directes, aussi vives, aussi vraies, mais il faut vous y habituer. Du point de vue de la morale, vous n’êtes aucunement habilité à donner des leçons de réforme à quiconque. Il serait intéressant de profiter de votre évocation des réformes pour exiger que cela soit appliqué, en premier, à l’ONU. Le premier pas dans ce sens exige que vous soyez interrogé par une commission d’enquête, laquelle pourrait vous traduire devant un tribunal compétent. Le monde a besoin d’un Nuremberg pour juger les crimes de corruption et le pillage des biens des peuples. Qu’en pensez-vous ?

 

Les biens publics dont vous avez fait illégalement usage, selon Madame Ahlenius, appartiennent aux peuples du monde, dont les gouvernements financent votre organisation et payent vos salaires, à vous ainsi qu’à tout le personnel de l’ONU.

 

Il serait intéressant de noter, en passant, que les gouvernements qui prétendent constituer un bloc de refus contre la mainmise des États-Unis sur les rouages de l’ONU, et qui vous accusent d’agir a la solde de Washington, évitent de réclamer la formation d’une commission d’enquête sur les accusations portées contre votre personne par Madame Ahlenius ! Et voila que les rôles se trouvent inversés et que maintenant c’est vous qui leur prodiguez des leçons sur les reformes !

 

Monsieur le secrétaire général,

Quelques heures avant votre arrivée a Beyrouth vous nous avez promis de nommer un nouveau procureur général au Tribunal Spécial pour le Liban (TSL), à la place du juge démissionnaire Daniel Bellemarre.

Dites nous donc, quelle serait la nature de juges qui seraient nommés par une personne aussi controversée que vous ? Peut-on s’attendre à une justice de la part de juges qui accepteraient d’être nommés par une personne prise la main dans le sac par son propre secrétaire général adjoint ?

 

Est-ce cela “le plus haut dégré de professionnalisme et de transparence” promis par feu le president Antonio Cassese ?

 

Monsieur le secrétaire général,

Au nom de quelle sagesse vous êtes-vous tû, face aux accusations formulées par Madame Ahlenius ? Est-ce parce que vous qualifiez de « crime d’honneur » ou « crime politique » le fait de dissiper l’argent d’autrui ?

Ou bien est-ce par crainte de voir ce dossier ouvert au vu et au su du monde entier ?

Pour un printemps onusien

Imaginons les choses a l’envers, et qu’un certain nombre de pays exigent la formation d’une commission d’enquête et que des preuves de votre implication soient confirmées ainsi que celle d’autres dirigeants des Nations Unies.

Ne serions-nous pas au seuil d’une période qui justifierait l’appellation “printemps des Nations Unies” ?

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Terje Rød-Larsen a été contraint de démissionner de ses fonctions ministérielles en Norvège parce qu’il avait falsifié ses déclarations de sorte qu’il ne payait plus d’impôts depuis 10 ans. Au vu de ses qualités de fraudeur, il a été nommé aux Nations Unies.

Terje Rød-Larsen le faussaire

Monsieur,

Il semble que votre loyauté envers vos protecteurs s’est manifestée par la présence à vos côtés à Beyrouth, de votre coordinateur au Liban, Monsieur Terje Rød-Larsen.

 

Ce dernier refuse de reconnaître qu’Israël, qu’il considère comme sa seconde patrie, a accumulé plus de 10 000 violations flagrantes des résolutions pertinentes de votre ONU, en la défiant au vu et au su du monde entier.

Monsieur Rød-Larsen se contente de parler “d’incursions” et non “d’actes de guerre d’agression”. La différence entre les deux est énorme car, selon la sentence du jugement de Nuremberg, la guerre d’agression représente “le crime international suprême » et expose de ce fait ses auteurs à des poursuites pour crime de guerre devant la justice internationale.

 

Peut-être ignorez-vous cette différence entre “incursion” et “actes de guerre d’agression”, à l’instar du gouvernement libanais et de la délégation permanente du Liban à l’ONU ?

Votre coordinateur au Liban, Monsieur Rød-Larsen ne l’ignore certainement pas. Il occulte cette réalité pour éviter toute référence au crime international suprême, ce qui aurait pour conséquence la poursuite des dirigeants israéliens pour crime de guerre, sans même tenir compte du facteur de récidive, qui aggrave la responsabilité criminelle, d’autant plus que le nombre de ces “actes de guerre d’agression” a battu tous les records dans les annales des guerres et des conflits.

 

Je me contenterai de cela, Monsieur le secrétaire général, en m’excusant de ne pas terminer ma lettre par la présentation de mes respects et de ma considération, dans l’attente des résultats d’une véritable enquête sur les contenus du rapport et de l’ouvrage rédigés par Madame Inga-Britt Ahlenius, à qui je demande d’agréer ma très haute considération et mon profond respect.

Source
As-Safir (Liban)
Quotidien de référence libanais

Documents joints

 

[1] Mr Chance : – FN:s förfall under Ban Ki-moon, par Niklas Ekdal et Inga-Britt Ahlenius, Stockholm 2011. ISBN 978-91-7337-271-8.

 

Source : « Lettre ouverte au deshonorable Ban Ki-moon », par Hassan Hamade, As-Safir (Liban), Réseau Voltaire, 25 janvier 2012, www.voltairenet.org/a172475

Par Hassan Hamade - Publié dans : Notes de lecture - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 16:56
Un article de Jeremy Salt
 
Dans son discours à l’Université de Damas, la semaine dernière [le 10 janvier], Bashar al-Assad a évoqué un complot contre la Syrie. Vous pouvez chercher un autre mot, et bien sûr il y en a un. Les fantassins de cette campagne pour abattre le gouvernement syrien sont des hommes armés qui s’appellent l’Armée Libre de Syrie et des gangs en armes, ramassés au hasard. Aucun de ces groupes ne pourrait poursuivre les violences constatées sans un soutien extérieur.

  L’Occident est à l’affût d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient.


A moins d’une intervention armée directe, ils ne peuvent pas renverser le régime syrien. Ce qu’ils peuvent faire, c’est continuer de tuer et de déstabiliser en espérant qu’il s’effondrera.

 

Seul point d’accord : détruire le régime baasiste

Leurs parrains sont les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Arabie Saoudite, le Qatar, les Frères Musulmans, le Conseil National Syrien, un assortiment d’« exilés », certains très étroitement liés au Foreign Office britannique et au Département d’État, et aux salafistes de la région.
Les réformes ne sont pas l’enjeu et même si leurs agendas divergent, ils convergent tous sur un point : leur volonté de détruire le régime baasiste.


Pour les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne – « l’Occident » - l’objectif est de se débarrasser d’un gouvernement et d’un parti politique qui se sont mis sur leur chemin, depuis trop longtemps.
Pour l’Arabie Saoudite, il s’agit de confronter l’Iran et de contenir l’expansion du chiisme dans la région.
Pour les Frères Musulmans, la répression de leur mouvement par Hafez al- Assad en 1982 doit être vengée par la mise à bas d’un gouvernement séculier et l’installation, en remplacement, d’une domination fondée sur la charia.
Pour les salafistes et les Frères, la question est aussi de détruire les Alaouites comme force socio-politique en Syrie.

Les États-Unis tout comme l’Arabie saoudite considèrent l’Iran, la Syrie et le Hezbollah comme les facettes d’un même problème. L’Arabie saoudite voit en l’Iran la « tête du serpent » et cherchait, dans les dernières années de l’administration Bush, à ce qu’il soit attaqué, mais une guerre ouverte, levant le voile sur la guerre souterraine qui se déroule déjà, aurait été catastrophique pour les pays y prenant part.

(…)

Depuis le début de l’année, la carte géopolitique de la région a été dramatiquement redessinée. Les partis islamistes sont au gouvernement, ou en feront partie, que ce soit au Maroc, en Tunisie et en Égypte. Ils obtiendront de bons résultats en Libye lors des prochaines élections. Ce que les partis politiques disent en tant qu’opposants et ce qu’ils accomplissent une fois au pouvoir sont généralement deux choses différentes et les partis islamistes ne font pas exception.
Sur la question épineuse des relations avec Israël, Rachid Ghanouchi, le chef du parti Al-Nahda, a eu des entretiens discrets avec les Israéliens à Washington et il a indiqué que la Palestine ne serait pas une question prioritaire pour le nouveau gouvernement tunisien.

(…)

L’Occident est à l’affût d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient


Dans ce paysage politique en constant changement, la Syrie est un État qui tient. Il résiste aux États-Unis et Israël d’une part, et aux islamistes/salafistes de l’autre. L’opposition pacifique a, depuis longtemps, été balayée par la violence, avec l’armée se battant contre « des déserteurs » et des gangs armés qui sont, selon les médias, une invention du gouvernement.


La presse doit toujours interviewer les familles des milliers de soldats et de civils qui sont tombés sous les balles de ces « déserteurs » et autres bandes armées pour savoir ce qu’ils pensent des événements dans leur pays. Ne se fondant que sur les accusations non vérifiées d’ « activistes » et de sources suspectes, elle a joué un rôle critique dans la propagation de nouvelles fausses. La semaine dernière, The Guardian a touché le fond en publiant une accusation fournie par un « activiste » basé à Londres accusant les forces de sécurité syriennes d’enfourner des détenus dans des containers qu’elles jetaient ensuite à la mer… Aucune preuve n’a été apportée, mais cela donne un exemple de la manière dont The Guardian a informé ses lecteurs de bout en bout. Quand Damas a été victime d’un attentat à la bombe, le Guardian et la BBC ont entonné l’accusation que ces attentats étaient, selon les opposants, le fait du gouvernement Aucune preuve n’a été donnée à l’appui alors même que les Syriens étaient encore en train de laver le sang des rues et de ramasser les débris des corps de ceux qui avaient été tués.


Quand la Ligue arabe a émis une déclaration provisoire sur la mission de ses émissaires en Syrie dans laquelle elle demandait au gouvernement syrien et aux bandes armées de faire cesser la violence, la BBC sur sa page web tronquait l’appel pour ne le concentrer que sur l’appel destiné au gouvernement.

 

L’Occident est à l’affût d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient car telle est l’essence de la campagne contre la Syrie. L’Iran reçoit des provocations tous les jours de sorte qu’un scientifique nucléaire iranien a été assassiné dans l’espoir que l’Iran réagirait et enclencherait la nouvelle intervention militaire qu’en Israël et aux États-Unis beaucoup souhaitent.

Il ne fait aucun doute que la Syrie doit procéder à des réformes mais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas ce qui motive les États-Unis, la France, l’Arabie saoudite, la Grande-Bretagne et le Qatar. Ceux qui le pensent font un doux rêve. Chaque information provenant des activistes aussi énormes soit-elle, a une audience respectueuse des médias, correspondant à leurs attentes. La fin de la violence n’est pas au programme de ces protagonistes. Ils veulent qu’elle continue jusqu’à la chute du gouvernement syrien et ils en ont les moyens, presque indéfinis. S’ils plongent et provoquent une attaque ouverte contre la Syrie ou l’Iran, ils enclencheront une guerre régionale et, de l’avis de certains, une guerre générale. Dans leurs costumes gris et leurs cravates pastel, ces gens sont fous comme l’étaient les nazis en chemises brunes.

 

Jeremy Salt
The Palestine Chronicle, 12 janvier 2012.


Jeremy Salt enseigne l’histoire du Moyen Orient moderne dans le département de science politique de Bilkent University, Ankara. Auparavant il a enseigné à Bogazici (Bosporus) University à Istanboul à l’Université de Melbourne. Il a publié divers ouvrages dont The Unmaking of the Middle East : A History of Western Disorder in Arab Lands (University of California Press, 2008). Il collabore au site Palestinechronicle.com

Traduction [partielle], Xavière Jardez - Titre et sous titres, AFI-Flash (24.01.2012) :
http://www.france-irak-actualite.com/article-des-verites-sur-la-syrie-97784842.html

Texte original en anglais (12.01.2012) :
http://www.palestinechronicle.com/view_article_details.php ?id=17384

Toutes les versions de cet article :
- Truth about Syria: Crazy Men in Grey Suits
Par Jeremy Salt - Publié dans : Syrie - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 19:56

 

Réseau Voltaire | Rome (Italie) | 24 janvier 2012

 

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Comme don emblématique de « l’amitié italo-libyenne rénovée », le premier ministre Mario Monti vient de restituer à la Libye la tête de Domitille, que quelqu’un avait volé il y a vingt ans en décapitant une statue antique.

Et en matière de têtes coupées, Mario Monti s’y entend.

 

Avant de recevoir du président Napolitano la charge de chef de gouvernement, il a fait partie pendant des années de la banque étasunienne Goldman Sachs, une des plus grandes banques du monde, dont les spéculations (parmi lesquelles l’arnaque des crédits subprime) ont eu des conséquences terrible sur l’emploi et le niveau de vie, suite à l’augmentation des prix internationaux des céréales.

 

En tant que consultant international, il était, selon Le Monde, « ouvreur de portes », c’est à dire chargé de pénétrer au cœur du pouvoir européen pour défendre les intérêts de la banque d’affaires. [1]

 

Intérêts non seulement économiques mais aussi politiques : les plus grands actionnaires de cette banque font partie de l’omnipotente élite financière, organisée en véritable gouvernement transnational de l’ombre, dans les salons duquel se décident non seulement les grandes opérations spéculatives comme l’attaque contre l’euro, mais aussi celles visant à substituer un gouvernement par un autre plus utile.

 

C’est ainsi dans ces salons secrets qu’il a été décidé de faire tomber politiquement la tête de Berlusconi : un affairiste très utile pour le démantèlement de la chose publique et les « libéralisations », qui s’est cependant fait mal voir à cause de ses accords économiques avec la Libye de Kadhafi et la Russie de Poutine. Il était devenu encore plus incommode quand, comme le révèle le Washington Post, il s’est mis dans une colère noire à cause du coup joué par la France le 19 mars 2011, lorsqu’elle attaquait la Libye la première. Berlusconi menaça alors d’enlever aux alliés l’usage des bases italiennes. Rappelé à l’ordre par Hillary Clinton, il est rentré dans les rangs et l’Italie, une fois le traité de non-agression avec la Libye déchiré, a joué son rôle dans la guerre « avec honneur ».

 

Ceci n’a cependant pas suffi pour sauver Berlusconi : abandonné et tourné en dérision par ses alliés, il a dû lui-même mettre la tête sur la guillotine quand, sous la direction du gouvernement transnational de l’ombre , les « marchés » ont menacé de faire écrouler son empire économique.

 

C’est aussi dans ces salons secrets qu’on a décidé de faire tomber la tête de Kadhafi, littéralement, en démolissant l’État qu’il avait construit et en l’assassinant. Ce n’est pas par hasard que la guerre a commencé par l’assaut aux fonds souverains : au moins 170 milliards de dollars que l’État libyen avait investi à l’étranger, grâce aux revenus de l’export pétrolier qui affluaient dans les caisses de l’État, ne laissant que des marges restreintes aux compagnies étrangères. Fonds par ailleurs de plus en plus investis en Afrique, pour développer les organismes financiers de l’Union africaine (la Banque d’investissement, le Fonds monétaire et la Banque centrale) et créer le dinar-or en concurrence face au dollar. Ce projet fut démantelé grâce à la guerre décidée, avant les gouvernements officiels, par le gouvernement de l’ombre dont fait partie Goldman Sachs.

 

Gouvernement dans lequel monsieur Mario Monti n’a officiellement plus aucune responsabilité, lui qui, en habit de chef du gouvernement italien, a débarqué à Tripoli. Il était accompagné par l’amiral Di Paola, aujourd’hui ministre italien de la Défense, qui comme président du Comité militaire de l’OTAN, a joué un rôle fondamental dans la guerre contre la Libye. Ils ont apporté en cadeau la tête de Domitille à un « gouvernement » créé artificiellement par l’OTAN, avec pour mission de couper, littéralement, les têtes de tout ceux qui voudraient une Libye indépendante du néo-colonialisme.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

 

[1] Voir "Mario Monti, l’austère professeur", par Arnaud Leparmentier, Philippe Ridet et Marc Roche, Le Monde, 14 novembre 2011, NdT.

 

Source : « Les coupeurs de tête modernes », par Manlio Dinucci , Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 24 janvier 2012, www.voltairenet.org/a172469

Par Manlio Dinucci - Publié dans : Europe - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 14:55

Le dernier bulletin de l’année 2011 est tombé dans nos boites aux lettres.


Nous pouvons y lire : « la crise annoncé est là ». Oui, elle est bien là puisque nous nageons dedans depuis 2008. Et plus loin, nous lisons : « Pour les budgets municipaux, l’augmentation des prix réduisent d’autant les possibilités d’actions locales. L’équipe municipale entend poursuivre ses missions de gestion communale et de service auprès des habitants pour l’année à venir…. ». Cela sans doute en augmentant les impôts, donc en aggravant encore le quotidien de bon nombre de citoyens. Mais pas de sinistrose s’il vous plait. Il suffit de penser à faire des économies, le temps en est venu. Il y a surement dans la gestion du village, de nombreux domaines où l’on pourrait faire des économies, par exemple, retarder des projets qui peuvent attendre, n’étant pas d’une nécessité absolue, ou encore, réduire l’éclairage au centre du village, on se croirait à Versailles, alors qu’à la nuit tombée, il n’y a pas l’ombre d’un autochtone. La commune a assez d’argent pour mener à bien ses missions. Il suffit de bons gestionnaires.


Au sujet du P.L.U., on a appris qu’il avait été rejeté. Il a donc été revu et corrigé et représenté à toutes les instances. Pourtant il y a un bémol, la population ne sait rien de la nouvelle carte. Merci monsieur le maire, vous qui êtes un démocrate ouvert et de « gauche » ?


On nous reparle encore de la dangerosité de la route de Ganties à l’entré du village, alors que celle-ci n’est nullement dangereuse. A ce jour, aucun accident n’y a été déploré. Alors pourquoi  vouloir changer les panneaux de place. Pour limiter la vitesse ? Elle se limite d’elle-même grâce aux virages. Ou ne serait-ce pas pour permettre aux terrains constructibles d’avoir une sortie sur la route ? 


C’est avec stupeur que nous apprenons que l’église était sale. Maintenant nettoyée, les fidèles pourront aller prier Saint-André en toute  tranquillité. Par contre, que ce soit sur le bulletin ou sur  l’article de la Dépêche concernant l’église, pas un mot sur le dévouement des personnes qui s’en occupent toute l’année, et sur le groupe de soueichois qui ont conçu la magnifique crèche de Noël.


Pas un mot également du nouveau patrimoine communal (la décharge). La municipalité avait jusqu’au 15 décembre 2011 pour tout nettoyer. Apparemment rien n’a été fait, à part du cache misère réalisé par nos deux inséparables cantonniers. L’affaire ne devrait pas en rester là.


Pour votre information, nous vous signalons que les vœux et la galette ont eu lieu à la mairie. Dans beaucoup de village, on invite la population, normal, après tout c’est grâce à ses « sous » que cela peut se faire. Mais il semble qu’à Soueich, très peu de contribuables furent invités. Comme dit la chanson : les copains d’abord. Les soueichois apprécieront.


En résumé on peut dire qu’il subsiste toujours des problèmes dans cette commune, avec des bulletins municipaux ou des articles dans la dépêche qui ne sont que des effets d’annonce sans une substance informative réelle. Peut-on raisonnablement espérer autre chose en 2012.


La Vigie de Daüsse se joint au blog de Soueich pour vous souhaiter une bonne année 2012, avec un grand merci à tous les visiteurs de plus en plus nombreux à venir s’y informer, une preuve de bonne santé et un encouragement à continuer dans la voie qu’il s’est tracé.

 

                                                                                                              La vigie de Daüsse

Par La Vigie de Daüsse - Publié dans : soueich - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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