Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 20:39

 

La période de violence en Syrie n'est malheureusement pas arrivée à sa fin.
En dépit de l'offensive décisive de l'armée syrienne contre les émirats islamistes autoproclamés du pays, c'est maintenant une stratégie de la tension faite d'attentats à la bombe et d’assassinats qui se développe.
Malgré le soutien diplomatique russe et chinois, l'interaction avec d'autres crises régionales (Iran, Liban, Irak, Turquie, Israël...) peut provoquer une intervention militaire de l'OTAN.
Pourtant, l’événement remarquable dans cette nouvelle expédition coloniale est que les médias n'ont pas réussi à « vendre » leur énième « guerre humanitaire » aussi facilement que précédemment.
Ceci est dû bien sûr à la position exceptionnelle d'opposition de la Russie et de la Chine lors des débats à l'ONU. Mais aussi grâce à l'activité de nombreux blogueurs et collectifs ainsi que d'une noyau centré autour du Réseau Voltaire et du Centre catholique d'Information, qui ont réussi un patient travail de ré-information sur ce conflit.
Voici un regard de l’intérieur sur l'action de ce collectif qui a ouvert aussi à des journalistes mainstream les portes de ce pays traversé par une crise majeure que certains voudraient voir déboucher sur une guerre civile.
Nous remercions tout particulièrement tous ceux qui ont répondu à la souscription qui a permis de réaliser ce documentaire, et ceux qui en cliquant sur le bouton PayPal ou par chèque contribueraient ainsi au fonctionnement de notre association.
Bon visionnage.
Source : Clap 36

 

Par Clap 36 - Publié dans : Syrie - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 31 mars 2012 6 31 /03 /Mars /2012 20:20

 

par James Petras

Alors que l’aile médiatique du dispositif pour la guerre en Syrie conforme sa version des événements au storytelling de l’OTAN, la réalité documentée sur le terrain est toute autre. Pour le professeur James Petras, il ne s’agit pas d’une guerre civile, mais d’une attaque coordonnée menée par une coalition internationale. Le gouvernement syrien ne réprime pas des manifestants pacifiques, mais combat les groupes armés des mercenaires d’Al-Qaïda.

Réseau Voltaire | New York (États-Unis) | 31 mars 2012
JPEG - 72.3 ko
Quelques-unes des armes saisies lors de la libération du quartier de Baba Amr à Homs.

L’indignation exprimée par les politiciens occidentaux, les États du Golfe ainsi que par les médias au sujet du « massacre des citoyens syriens manifestant pacifiquement contre l’injustice » est cyniquement conçue pour couvrir les rapports établis sur la conquête violente de quartiers, de villages et de villes entières par des bandes armées, brandissant des fusils d’assaut et semant des bombes le long des routes.

 

L’assaut contre la Syrie est soutenu par des fonds, des armes et un encadrement étrangers. Du fait du manque de soutien à l’intérieur du pays, une intervention militaire directe provenant de l’extérieur sera de toute façon nécessaire pour assurer le succès de l’opération. C’est dans cette perspective qu’une immense campagne de diplomatie et de propagande a été mise en place afin de diaboliser le gouvernement légitime en Syrie. L’objectif est d’imposer un régime fantoche et de renforcer le contrôle impérial de l’Occident au Moyen-Orient. À court terme, cela permettra d’isoler l’Iran en prévision d’une attaque par Israël et les États-Unis et, à long terme, on élimine de nouveau un gouvernement laïque, indépendant, et proche de la Chine et de la Russie.

 

Afin de mobiliser l’opinion publique mondiale derrière ce coup de force des Occidentaux, d’Israël et des États du Golfe, plusieurs stratagèmes de propagande ont été utilisés, justifiant une nouvelle fois la violation flagrante de la souveraineté d’un pays, dans le prolongement des destructions réussies des gouvernements laïcs d’Irak et de Libye.

Le contexte général : agressions en série

JPEG - 32.3 ko
Bernard Henry Lévy en compagnie de Laurent Fabius et Bernard Kouchner, respectivement prédécesseur et potentiel successeur du ministre des Affaires étrangères français Alain Juppé, lors d’un meeting pour une Syrie « démocratique », le 4 juillet 2011. Absent, le leader centriste François Bayrou avait enregistré un message. Le lobbyiste était parvenu à cette occasion à faire prêter serment pour une « démocratisation » de la Syrie sur le modèle libyen à une assemblée comptant par ailleurs la responsable du parti écologiste Cécile Duflot.

La campagne actuelle de l’Occident contre le gouvernement indépendant d’Assad fait partie d’une série d’attaques contre les mouvements pro-démocratie et les régimes indépendants dans toute l’Afrique du Nord jusqu’au Golfe Persique. La réponse de l’Empire au mouvement démocratique égyptien qui renversa la dictature de Moubarak fut de soutenir la prise en main du pouvoir par la junte militaire, accompagnée d’une campagne meurtrière qui conduisit à l’emprisonnement, à la torture ou à l’assassinat de plus de 10 000 manifestants.

 

Face à des mouvements pro-démocratie similaires à ceux du monde arabe, les dictateurs autocrates du Golfe soutenus par l’Occident ont écrasé les soulèvements à Barhein, au Yemen et en Arabie Saoudite. Cette agressivité s’est prolongée jusqu’au gouvernement laïque de Libye, où les puissances de l’OTAN ont lancé un bombardement aéronaval massif pour appuyer les bandes de mercenaires, participant à l’anéantissement de l’économie et de la société libyenne. Le déchaînement de ces gangs armés a conduit au saccage des zones urbaines et à la dévastation de la campagne. Les forces de l’OTAN ont éliminé le gouvernement laïque de Kadhafi, faisant torturer et assassiner celui-ci par leurs mercenaires. L’OTAN à supervisé l’emprisonnement, la torture et l’élimination de dizaines de milliers de fonctionnaires, de civils et de partisans de Kadhafi. L’OTAN a soutenu le régime factice quand celui-ci s’est lancé dans un pogrom sanguinaire contre les Libyens d’ascendance sub-saharienne et les travailleurs immigrés du Sud-sahara, des groupes qui avaient jusque là bénéficié des programmes sociaux généreux de Kadhafi. La politique impériale du « Ruiner et Régner » est devenu le « modèle » pour la Syrie : créer les conditions d’un soulèvement de masse dirigé par les fondamentalistes musulmans, financés et entrainés par des mercenaires occidentaux et des États du Golfe.

La voie sanglante de Damas à Téhéran

JPEG - 45.2 ko
La secrétaire d’État Clinton en compagnie des ses homologues des Affaires étrangères Sheikh Abdullah bin Zayed al-Nahyan des Émirats Arabes Unis, William Hague du Royaume-Uni et Ahmet Davutoglu de Turquie, appelant à une intervention « humanitaire » lors de la conférence des « amis de la Syrie » le 24 février 2012.

Selon le Département d’État, « le chemin vers Téhéran passe par Damas » : l’objectif stratégique de l’OTAN est de détruire le principal allié de l’Iran au Moyen-Orient ; pour les monarchies absolues du Golfe, le but est de remplacer une république laïque par une dictature théocratique vassale ; pour le gouvernement turc, il s’agit de favoriser un régime soumis au dictat de la version d’Ankara du capitalisme islamique ; pour Al-Qaïda et ses alliés salafistes et wahhabites un régime théocratique sunnite, débarrassé des syriens laïques, des alaouites et des chrétiens servira de tremplin dans le monde islamique ; et pour Israël, une Syrie divisée et ensanglantée permettra d’assurer son hégémonie régionale. Ce n’est pas sans une certaine clairvoyance prophétique que le sénateur ultra-sioniste états-unien Joseph Lieberman déclara quelques jours après les attaques du 11 septembre 2001 par « Al-Qaïda », avant même d’examiner les véritables auteurs des attentats : « d’abord nous devons nous attaquer à l’Iran, à l’Irak et à la Syrie ».

 

Les forces armées anti-syriennes représentent un large spectre de perspectives politiques contradictoires, unies seulement par leur haine commune pour ce régime laïque, nationaliste et indépendant qui a gouverné la complexe société multi-ethnique syrienne depuis des décennies. La guerre contre la Syrie est la rampe de lancement principale d’une future résurgence du militarisme occidental depuis l’Afrique du Nord jusque au Golfe « Persique », le tout soutenu par une campagne de propagande systématique proclamant la mission démocratique, humanitaire et « civilisatrice » de l’OTAN au nom du peuple syrien.

Le chemin de Damas est pavé de mensonges

JPEG - 29.1 ko
Combattants de l’Armée « syrienne » libre (ASL). Composée principalement de mercenaires et de fanatiques, financée par le Qatar, armée par la Turquie et encadrée par la France et la Grande-Bretagne, celle-ci n’est ni syrienne, ni libre.

Une analyse politique et sociale objective de la plupart des combattants armés en Syrie réfute toute tentative visant à convaincre que l’insurrection a pour but la démocratie pour la population de ce pays. Des guerriers fondamentalistes autoritaires forment l’épine dorsale de l’insurrection. Les États du Golfe finançant ces voyous sont eux même des monarchies absolues. Cet Occident qui impose un gouvernement de brutes mafieuses en Libye ne peut en aucun cas se réclamer d’une prétendue « intervention humanitaire ».

 

Les groupes armés infiltrent les villes et utilisent les foyers de population comme des boucliers d’où ils lancent leurs attaques contre les forces gouvernementales. ils procèdent en forçant des milliers de citoyens à quitter leurs habitations, leurs magasins et leurs bureaux, qu’ils utilisent alors comme avant-postes militaires. La destruction du quartier de Baba-Amr à Homs est un exemples typique de l’utilisation de civils comme boucliers humains par des gangs armés et comme support de propagande pour diaboliser un gouvernement.

 

Ces groupes armés de mercenaires n’ont aucune crédibilité nationale auprès de la masse syrienne. Une de leur principale unité de propagande est située au cœur de Londres, le soi-disant « Observatoire Syrien des Droits de l’Homme », agissant en étroite coordination avec les services secrets britanniques pour élaborer d’épouvantables histoires d’horreurs visant à attiser le sentiment en faveur d’une intervention de l’OTAN. Les rois et les émirs des États du Golfe, eux, financent les combattants. La Turquie fournit des bases militaires et assure le contrôle du flux des armements à travers la frontière, ainsi que les déplacements des dirigeants de la soi-disant « Armée Syrienne Libre ». Les États-Unis, la France et l’Angleterre fournissent les armes, l’entrainement et le dispositif diplomatique.

 

Les « jihadistes » fondamentalistes en provenance de l’étranger, incluant des combattants d’Al-Qaïda venant de Libye, d’Irak et d’Afghanistan, sont engagés dans le conflit. Il ne s’agit pas d’une « guerre civile » : il s’agit d’un conflit international opposant une triple alliance contre nature des impérialistes de l’OTAN, des despotes des États du Golfe et des fondamentalistes musulmans, à un régime nationaliste, indépendant et laïque.

 

L’origine étrangère des armes, du dispositif de propagande et des combattants mercenaires révèle la sombre nature impériale et « multinationale » du conflit. En fait, le soulèvement violent contre l’État syrien est une campagne impériale de renversement d’un allié de l’Iran, de la Russie et de la Chine, au prix de la destruction de l’économie syrienne et de sa société, fragmentant le pays et déclenchant des guerres sectaires d’extermination contre les minorités alaouite et chrétienne et les partisans de la laïcité.

 

Les morts et les fuites de réfugiés ne sont pas la conséquence d’une violence gratuite commise par un État assoiffé de sang. Les milices soutenues par l’Occident ont capturé des quartiers entiers par la force des armes, détruisant les oléoducs, sabotant les transports et faisant sauter des bâtiments gouvernementaux. Du fait de ces attaques, les services de bases à la population syrienne furent bloqués, dont l’éducation, l’accès aux soins médicaux, la sécurité, l’eau, l’électricité et les transports. Ce sont eux qui portent la responsabilité du « désastre humanitaire » (celui-là même que leurs alliés impériaux ainsi que les officiels des Nations-Unies imputent a l’armée et aux forces de sécurité syrienne. Les forces de l’ordre syriennes combattent pour préserver la souveraineté d’un État laïque, pendant que l’opposition armée déchaîne sa violence au nom de leurs donneurs d’ordres de l’étranger, à Washington, Riyad, Tel-Aviv, Ankara et Londres.

Conclusions

JPEG - 44.2 ko
Le projet de réforme constitutionnelle soumis à référendum par Bachar el-Assad a été approuvé à près de 90 % des suffrages exprimés. 57,4 % des électeurs se sont rendus aux urnes, soit plus de 8 millions de Syriens. C’est le taux de participation à un scrutin le plus important depuis plus de 60 ans.

Le referendum organisé par le régime Assad le mois dernier a attiré des millions d’électeurs syriens, au mépris des menaces impérialistes occidentales et des appels au boycott des terroristes. Cela indique clairement qu’une majorité de Syriens préfère un règlement pacifique et négocié, et rejette la violence des mercenaires. Le « Conseil National Syrien », soutenu par l’Occident et l’« Armée Syrienne Libre » armée par la Turquie et les États du Golfe, rejette les appels russes et chinois au dialogue et à la négociation alors que le gouvernement d’Assad les a acceptés. L’OTAN et les dictatures du Golfe poussent leurs pions à soutenir un changement de régime violent, une politique qui a déjà entrainé la mort de milliers de Syriens. Les sanctions économiques des États-Unis et de l’Union Européenne ont pour objet de casser l’économie syrienne, avec l’espoir que les privations aiguës conduiront une population appauvrie dans les bras de leurs brutaux exécutants. Dans ce qui est une répétition du scénario libyen, l’OTAN propose de « libérer » le peuple syrien par la destruction de son économie, de sa société civile et de l’État laïque.

 

Une victoire militaire occidentale en Syrie ne ferait qu’alimenter davantage la frénésie militariste. Cela encouragerait l’Occident, Riyad et Israël à provoquer une nouvelle guerre civile au Liban. Après avoir démoli la Syrie, l’axe Washington-Bruxelles-Riyad-Tel-Aviv se dirigera vers une confrontation encore plus sanglante avec l’Iran.

L’horrible destruction de l’Irak, suivie par l’effondrement de l’après guerre en Libye, fournissent un tableau terrifiant de ce qui attend la population syrienne : un écroulement accéléré de son niveau de vie, l’éclatement de son pays, le nettoyage ethnique, le règne de gangs sectaires fondamentalistes, et l’insécurité totale pour les biens et les personnes.

 

De la même façon que « la gauche » et les « progressistes » avaient présenté le saccage de la Libye comme le « combat révolutionnaire de démocrates insurgés » puis s’en étaient allés, se lavant les mains des conséquence sanglantes de la violence ethnique contre les Libyens noirs, ils reprennent a présent les mêmes slogans pour une intervention militaire contre la Syrie. Ces mêmes libéraux, progressistes, socialistes et marxistes qui appellent l’Occident à intervenir dans la « crise humanitaire » depuis leurs cafés et leurs bureaux a Manhattan et Paris, auront perdu tout intérêt dans l’orgie sanguinaire qui succéderait à la victoires de leurs mercenaires une fois Damas, Alep et les autres villes syriennes soumises par les bombes de l’Otan.

Source : « La triple alliance contre la Syrie », par James Petras, Réseau Voltaire, 31 mars 2012, www.voltairenet.org/a173274
Par James Petras - Publié dans : Syrie - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 31 mars 2012 6 31 /03 /Mars /2012 07:44

   

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024/fond_manuel.jpgDernière mise en ligne sur le site de Manuel de Diéguez


 
http://www.dieguez-philosophe.com /

- L'Europe et l'Islam - L'avenir cérébral de deux civilisations , 1er avril 2012

 

Le 25 mars, j'ai mis en ligne sur ce site une première réflexion sur les chances d'un avenir commun de la pensée philosophique de l'Islam et de l'Europe et je situais un approfondissement de la connaissance anthropologique du meurtre rituel au cœur de cette spéléologie. Le 23 mars, l'affaire Merah était aussitôt devenue la proie des factions politiques. M. Nicolas Sarkozy y a évidemment trouvé l'occasion de rappeler que le prestige attaché à la fonction présidentielle est une arme politique bienvenue en période électorale. Alain Rey nous rappellerait que le substantif autorité se dit auctoritas en latin et que l'ajout de ce c vient du verbe augere, augmenter, prendre du poids et de la force - augere donne auctum au passé. Mais ce qu'il conviendrait de faire croître n'est autre que les relations intellectuelles entre les deux civilisations. Car le meurtre sacrificiel se trouve enraciné depuis trois millénaires en Occident, tandis que la transgression des religions immolatrices est du côté de l'islam. L'affaire de Toulouse sera-t-elle le déclencheur d'une réflexion anthropologique sur les relations que les deux civilisations entretiennent avec le sang au cœur de l'assassinat sacré qui a ponctué la politique, la religion et l'histoire de l'humanité? Quelle mise en orbite d'un nouvel avenir de la pensée rationnelle!


(…)

A lire ici

Par Manuel de Diéguez - Publié dans : Religions, philosophie, culture - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 21:52
Alexandre Latsa
10:32 28/03/2012
"Un autre regard sur la Russie" par Alexandre Latsa

Il y a tout juste un an, seulement 48 heures avant le début des bombardements en Libye, j’écrivais un article intitulé “les enjeux de la bataille pour Tripoli”. En substance le texte soulevait la question des motivations de l'offensive occidentale en Libye mais aussi de ses conséquences potentielles, tant pour le pays que pour la stabilité dans la région. L'article citait le spécialiste en géopolitique Evgueny Satanovski qui conseillait à la Russie de ne surtout pas s’ingérer dans les affaires intérieures de la Lybie, mais plutôt de consacrer tant ses ressources que son énergie au développement de la Russie. Il semblerait que celui-ci ait été entendu par le président Medvedev, qui ouvrit sans doute involontairement la porte à l'intervention militaire occidentale en Libye. On sait ce qu'il advint, après 7 mois de bombardements, le régime de Mouammar Kadhafi détruit et ce dernier assassiné, après avoir été capturé par le Conseil National Syrien, la structure de coalition de ses opposants. Un an plus tard, on est loin des rêves de démocratie de la coalition occidentale. La situation en Libye n’est pas apaisée, loin de là, et le renversement du régime libyen par cette méthode a probablement créé plus de problèmes qu'il n'en a résolus. La Libye devrait voir la Charia devenir sa loi fondamentale et l'Est du pays est en état de quasi sécession. Les grandes villes sont toujours le théâtre d’affrontements sporadiques entre partisans de l'ancien régime, et diverses milices du nouveau pouvoir. Les vidéos répugnantes de travailleurs « noirs » (libyens ou étrangers originaires d’Afrique) martyrisés ont en outre fait le tour de la planète.

 

Le temps passe, et la rhétorique de la libération et de la démocratisation continue. Aujourd'hui c'est la Syrie qui est sous le feu médiatique occidental, alors que chacun se demande si une intervention militaire occidentale n’est pas de plus en plus probable, sur le modèle libyen. Pourtant il y a, au nom de la démocratie, quelque chose d'extraordinairement subversif et pervers dans ce qui se passe actuellement et que certains qualifient encore de Printemps Arabe. Jusqu’à maintenant, l’onde de choc qui frappe les pays arabes et aboutit à des renversements de pouvoir prend deux formes bien différentes.

 

La première variante se manifeste sans trop de violences meurtrières, et prend la forme de rassemblements et de soulèvements populaires comme cela fut le cas en Tunisie ou en Égypte. Très logiquement, les échéances électorales qui ont découlé de ces manifestations ont vu la prise de pouvoir des partis religieux, les peuples montrant ainsi clairement qu'ils ont plus confiance dans leur clergé que dans des hommes politiques corrompus et autoritaires. Quel est donc l’intérêt des occidentaux (s'il y en a un) à provoquer la mise en place de régimes islamistes?

 

La seconde variante de ces soulèvements est moins pacifique, les opposants au régime choisissant la lutte armée, avec le soutien (moral, médiatique et logistique) des occidentaux. Le fait que les rebelles syriens soient infiltrés par des combattants islamistes radicaux salafistes, voire proches d’Al-Qaïda comme ceux qui ont combattu en Libye est passé sous silence. Le fait que des armes soient livrées par divers canaux à ces mêmes combattants radicaux, avec les risques évidents engendrés, ne fait curieusement pas la une du mainstream-médiatique occidental.

 

Il y a un autre aspect important de ces événements dans le monde arabe qui est occulté. Les états concernés (visés?) par ces renversements de pouvoir sont maintenant des états non alignés du monde musulman chiite. Qu'est ce que cela veut dire? Les démocraties occidentales font bloc avec la “ligue arabe” (sous contrôle de l'Arabie Saoudite et du Qatar, les deux seuls états wahhabites) contre des états comme la Syrie ou l’Iran. Ce faisant, les états occidentaux contribuent directement à l'extension de l'islamisme le plus radical et ils encouragent par ailleurs (peut être volontairement ?), un conflit inter religieux entre musulmans Sunnites et Chiites, conflit qui se développe lentement. Très curieusement lorsque des manifestations de civils Chiites ont eu lieu, par exemple à Bahreïn, et ont été violemment réprimées avec l'aide de l’armée saoudienne, cela n’a pas entrainé de protestations en occident. On ne peut qu’être surpris par un tel système à deux poids et deux mesures.

 

Lorsque la guerre contre l'Islamisme radical et contre Al-Qaïda a été déclenchée en 2001, des opérations militaires de grande envergure ont été lancées en Afghanistan et en Irak. Les Talibans ont été provisoirement chassés du pouvoir (ils y reviennent peu à peu) et l'Irak est devenu l’épicentre du conflit Sunnite-Chiite alors même qu'aucune arme de destruction massive n'a été découverte dans ce pays. Le 11 septembre 2001, ce ne sont pourtant pas des iraniens, des syriens ou des libyens qui ont contribué à tuer 3.000 citoyens américains. Sur les 19 terroristes impliqués, 15 étaient saoudiens et 2 émiratis. Je parlais plus haut de l'Arabie Saoudite et du Qatar, et si les liens entre ces deux pays et les États-Unis sont bien connus de tous, ceux de la France avec l'Arabie Saoudite le sont moins, l'hexagone étant pourtant le principal fournisseur européen d'armes du royaume Saoudien. Quand au Qatar, le journal "l'expansion" décrivait récemment les très forts investissements de ce pays en France sous le titre: "le Qatar rachète la France". L'article mentionnait notamment les investissements faits dans les banlieues françaises, pour y promouvoir “la diversité culturelle et religieuse via le soutien aux petites entreprises des quartiers défavorisés musulmans” via un fonds d'investissement créé fin 2011. Y a t-il un lien avec cette première et étonnante rencontre à Bagnolet au mois d’octobre 2011 et qui appelait à un printemps arabe en France?

 

Il est donc difficile de décrypter le but des ingérences de la France et de ses alliés occidentaux dans le monde arabo musulman. Les projets de démocratisation en Tunisie, en Egypte et en Lybie n’ont pas donné les résultats attendus, l’occupation de l’Afghanistan et de l’Irak non plus. En Irak, l’intervention militaire a permis au bloc chiite de venir au pouvoir, mais la coalition occidentale fait maintenant le jeu des sunnites en Syrie, avec l’appui de l’Arabie Saoudite et du Qatar. De plus, il y a maintenant une menace sérieuse d’affrontements inter religieux entre musulmans dans la région, et toutes ces révolutions paraissent avoir favorisé l’implantation de certains mouvements terroristes.

 

Les assassinats de Toulouse et de Montauban devraient apparaître pour la France tout comme pour un certain nombre d’états occidentaux comme un avertissement quand à leurs politiques extérieures, mais aussi intérieures. Au lieu de rêver à une révolution du genre printemps démocratique en Russie, les stratèges occidentaux devraient peut être examiner avec soin les positions intelligentes de la diplomatie russe au moyen orient, ainsi que le fonctionnement du modèle multiculturel russe.

 

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction.

* Alexandre Latsa est un journaliste français qui vit en Russie et anime le site DISSONANCE, destiné à donner un "autre regard sur la Russie". Il collabore également avec l'Institut de Relations Internationales et Stratégique (IRIS), l'institut Eurasia-Riviesta, et participe à diverses autres publications.

"Un autre regard sur la Russie": Election présidentielle: Petite analyse des votes russes à l’étranger

"Un autre regard sur la Russie": Réflexions sur une opposition désunie

"Un autre regard sur la Russie": Poutine jusqu’en 2018

"Un autre regard sur la Russie": Les minorités Tcherkesses

 "Un autre regard sur la Russie": La Russie, BRIC européen dans un monde asiatique?

"Un autre regard sur la Russie": La démographie russe de 1991 à 2012

"Un autre regard sur la Russie": Russie: Rapport de forces

"Un autre regard sur la Russie": Travailler en Russie

"Un autre regard sur la Russie": Une nouvelle opposition "Made in Russia"

"Un autre regard sur la Russie": L’idéologie nationale-démocrate devient manifeste

"Un autre regard sur la Russie": Des terres rares en Russie

"Un autre regard sur la Russie": Vers un monde incertain?

 

Source : RiaNovosti

Par Alexandre Latsa - Publié dans : Notes de lecture - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 15:47

Par Jean-François Brient (Extrait de la Servitude Moderne)

 Voter, c'est abdiquer. »Élisée Reclus

 Pourtant, les esclaves modernes se pensent toujours citoyens. Ils croient voter et
décider librement qui doit conduire leurs affaires. Comme s'ils avaient encore le choix. Ils
n'en ont conservé que l'illusion
. Croyez-vous encore qu'il existe une différence
fondamentale quant au choix de société dans laquelle nous voulons vivre entre le PS et
l'UMP en France, entre les démocrates et les républicains aux États-Unis, entre les
travaillistes et les conservateurs au Royaume-Uni? Il n'existe pas d'opposition car les
partis politiques dominants sont d'accord sur l'essentiel qui est la conservation de la
présente société marchande
. Il n'existe pas de partis politiques susceptibles d'accéder au
pouvoir qui remette en cause le dogme du marché. Et ce sont ces partis qui avec la
complicité médiatique monopolise l'apparence. Ils se chamaillent sur des points de détails
pourvu que tout reste en place. Ils se disputent pour savoir qui occupera les places que leur
offre le parlementarisme marchand. Ces pauvres chamailleries sont relayées par tous les
médias dans le but d'occulter un véritable débat sur le choix de société dans laquelle nous
souhaitons vivre
. L'apparence et la futilité dominent sur la profondeur de l'affrontement
des idées. Tout cela ne ressemble en rien, de près ou de loin à une démocratie.

La démocratie réelle se définit d'abord et avant tout par la participation massive des
citoyens à la gestion des affaires de la cité. Elle est directe et participative. Elle trouve son
expression la plus authentique dans l'assemblée populaire et le dialogue permanent sur
l'organisation de la vie en commun. La forme représentative et parlementaire qui usurpe le
nom de démocratie limite le pouvoir des citoyens au simple droit de vote, c'est-à-dire au
néant, tant il est vrai que le choix entre gris clair et gris foncé n'est pas un choix véritable.
Les sièges parlementaires sont occupés dans leur immense majorité par la classe
économiquement dominante, qu'elle soit de droite ou de la prétendue gauche social-
démocrate.

Le pouvoir n'est pas à conquérir, il est à détruire. Il est tyrannique par nature, qu'il
soit exercé par un roi, un dictateur ou un président élu. La seule différence dans le cas de la
« démocratie» parlementaire, c'est que les esclaves ont l'illusion de choisir eux-mêmes le
maitre qu'ils devront servir
. Le vote a fait d'eux les complices de la tyrannie qui les
opprime. Ils ne sont pas esclaves parce qu'il existe des maitres mais il existe des maitres
parce qu
'ils ont choisi de demeurer esclaves.

 

Par Jean-François Brient - Publié dans : Elections présidentielles - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Profil

  • brigitte
  • le blog soueich
  • Homme
  • Voyages Politique Poésie Photos Philosophie
  • Né en 1943, je suis à la retraite depuis quelques années déjà. Le monde dans lequel nous vivons me semble partir à la dérive. Ceux qui gouvernent n'ont plus que le profit pour ligne de mire. L'humain est complètement abandonné.

Présentation

  • : le blog soueich
  • le blog soueich
  • : Humour économie Histoire société Philosophie Actualité
  • : Toute l'actualité du monde, de la France, du Comminges, de Soueich Les vidéos de centre-zahra-france sur Dailymotion(function(){var d = document, L = d.getElementsByTagName('a'); l = L[L.length - 1], i = d.createElement('iframe');i.src = 'http://www.dailymotion.com/badge/user/centre-zahra-france?type=grid'; i.frameBorder = 0; i.scrolling = 'no'; i.width = '300px'; i.height = '280';l.parentNo
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Recommander

Pages

Créer un Blog

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés