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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 18:09

Prompts à qualifier d’ « atteinte à la liberté d’expression » la révocation de la licence d’une chaîne de télévision pour avoir ouvertement appelé et participé à l’organisation d’un coup d’État, les pays européens n’hésitent pourtant pas à bloquer pour des raisons manifestement fallacieuses la diffusion de chaînes satellitaires qui critiquent leur politique.
On se souvient de la décision en 2004 du Conseil d’Etat français d’interdire la chaîne du Hezbollah, Al Manar, pour trouble à l’ordre public, ou plus récemment l’interdiction par l’Union européenne de la chaîne publique libyenne pendant l’attaque de ce pays par l’OTAN, ou encore des chaînes syriennes dans la perspective d’une possible guerre.

Aujourd’hui, c’est l’Ofcom, la haute autorité britannique de régulation de l’audiovisuel , qui a annoncé la révocation de la licence de la chaîne d’information internationale iranienne Press TV, arguant du fait qu’elle a diffusé une interview censément « sous contrainte » de Maziar Bahari, un journaliste irano-canadien détenu en Iran, puis fait état de son incapacité et de son refus de payer une amende de 100 000 livres sterling.

 

Le journaliste fut emprisonné en Iran durant un peu plus de trois mois pour avoir comparé le guide suprême Khamenei au Shah d’Iran, le dictateur installé au pouvoir en 1952 par la CIA et le MI6 britannique, puis déchu en 1979 et considéré là-bas comme l’équivalent des grands dictateurs européens. Ce dernier avait d’ailleurs recruté, comme chef de sa très redoutée police secrète, le général Zahédi, un ancien nazi.

 

Quoi qu’il en soit, si ce genre de diffamation n’est pas passible de peine de prison dans les États membres du Conseil de l’Europe, il est aberrant d’interdire une chaîne de télévision sous prétexte qu’elle a réalisé une interview de M. Bahari dans sa prison.

 

Dans le contexte d’une tentative concertée d’isolement de la République islamique et de sa chaîne anti-impérialiste diffusée mondialement, cette interdiction traduit le désarroi des puissances atlantistes sur le déclin qui en viennent à violer les principes-mêmes qu’elles sont censées défendre lorsqu’elles critiquent l’Iran.

 

Source : « Le Royaume-Uni suspend la liberté d’expression de Press TV au nom de la liberté d’expression », Réseau Voltaire, 20 janvier 2012, www.voltairenet.org/a172430

Par Réseau Voltaire - Publié dans : Europe - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 08:01

 

IRIB-Afin de se conformer au traité de Lisbonne, notre pays dispose de deux députés supplémentaires au sein du parlement européen. Mais - en hommage à cette union européenne post-démocratique ? - ces deux nouveaux députés européens ne seront pas élus par le peuple français, mais nommés par leurs pairs !Il faut se pincer pour y croire ! Et pourtant : nous allons assister aujourd’hui à une véritable cooptation entre députés, une sorte de Yalta politique où les partis se partagent désormais les postes à pourvoir dans un simulacre de démocratie, sans cacher le peu de respect qu’ils ont pour le peuple souverain.


Ironie de l’Histoire, cette cooptation intervient le jour même où François Fillon aura la tâche de défendre face au Parlement l’abandon de ce qu’il reste de souveraineté politique de notre pays à la Commission et à la Cour de Justice des Communautés Européennes accepté hier par Nicolas Sarkozy.Un discours du premier ministre qui se tiendra dans un contexte soviétique, puisque la conférence des présidents a décidé la censure du temps de parole des députés non-inscrits pour ce débat, afin d’empêcher l’expression de toute voix discordante au consensus de l’UMP et du PS sur les questions communautaires.

 

Une terrible cohérence antidémocratique indigne de notre pays, mais également très inquiétante pour l’avenir de notre continent.

 

Source : Irib

Par IRIB - Publié dans : Europe - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Lundi 28 novembre 2011 1 28 /11 /Nov /2011 20:31
par Manlio Dinucci

Goldman Sachs, qui tire sa puissance et ses profits de la confusion entre les intérêts publics et les intérêts privés, accroit encore son influence avec la nomination d’un de ses cadres, Mario Monti, comme Premier Ministre de l’Italie.

Réseau Voltaire | Rome (Italie) | 26 novembre 2011

 

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Mario Monti, Commissaire européen (1995-99), président de la section Europe de la Commission Trilatérale, Membre du Bureau exécutif du Groupe de Bilderberg, a été nommé Premier ministre italien et s’est désigné lui-même ministre de l’Economie.

Quand le gouvernement Monti sera lancé, ministres et sous-secrétaires trinqueront. Pas au champagne cependant, mais avec du Coca-Cola. Mario Monti est en effet membre de l’International Advisory Board de la multinationale étasunienne, c’est-à-dire du comité des experts qui la conseille sur comment accroître les colossaux profits déjà réalisés grâce à sa position dominante dans le marché mondial des boissons et de l’eau en bouteille. Et pourtant, quand il était commissaire européen à la concurrence, Mario Monti poursuivit Coca-Cola pour abus de position dominante. Le contentieux se termina avec un accord en 2004, mais la multinationale resta en excellents termes avec Monti, si bien que deux ans plus tard elle l’embaucha comme consultant.

 

À New York, la naissance du gouvernement Monti sera fêtée avec un très coûteux champagne, surtout chez Goldman Sachs, une des plus importantes banques d’investissement du monde, dont Mario Monti est international advisor, c’est-à-dire consultant. Ce groupe bancaire est spécialisé dans les produits financiers dérivés, outils dont la valeur est fondée sur celle d’autres biens, parmi lesquels les matières premières agricoles ; mécanismes spéculatifs qui d’une part ont permis de réaliser d’énormes profits, et de l’autre ont provoqué l’augmentation des prix internationaux des céréales, réduisant à la famine plus d’un milliard de personnes.

 

Goldman Sachs a été aussi un des principaux auteurs de l’arnaque internationale des crédits subprime, concédés aux USA à des personnes économiquement peu fiables. Ils ont été transformés en obligations à haut risque, elles-mêmes mélangées à des titres fiables en paquets, définis comme « saucisses financières ». Garanties par les plus importantes agences de notation (Moodys, Standard & Poors et Fitch), les « saucisses » empoisonnées ont été acquises par des fonds de pension et par d’autres investisseurs institutionnels, se diffusant ainsi chez les petits épargnants du monde entier. L’explosion de la bulle spéculative, en 2008, a provoqué, à échelle mondiale, des faillites, restrictions du crédit, chutes d’investissements productifs, et ultérieurement restructurations pour réduire le coût du travail et, donc, une augmentation du chômage et de la pauvreté. De tout cela sont aussi remerciés les consultants de Goldman Sachs (parmi lesquels Monti), qui a spéculé jusque sur les interventions massives, faites par les gouvernements avec de l’argent public, pour le « sauvetage » des grandes banques qui avaient provoqué la crise. Quand la SEC, l’institution gouvernementale étasunienne de contrôle des marchés financiers, a accusé Goldman Sachs de délit de fraude, l’oiseau s’était envolé.

 

Après avoir contribué à provoquer la crise financière, qui depuis les États-Unis a aussi investi l’Europe, Goldman Sachs a spéculé sur la crise européenne. Il y a trois mois, le 16 août, elle a envoyé à ses plus importants clients un rapport réservé de 54 pages, en les avertissant de l’aggravation imminente de la crise dans la zone euro et en leur donnant des instructions précises sur comment faire de l’argent avec la crise. Il s’agit de la même technique que celle utilisée avec la crise des crédits : tandis qu’elle présentait publiquement les « saucisses financières » comme des investissements de fiabilité maximale, la banque conseillait secrètement à ses plus gros clients de s’en défaire au plus tôt.

 

Le rapport sur la crise financière en Europe a été envoyé en août à quelques centaines de gros investisseurs à échelle mondiale, tout en restant secret pour les autres. Le Wall Street Journal en a donné la nouvelle le 1er septembre, en ne fournissant cependant que quelques extraits génériques. Prévoyant que pour « sauver » les banques européennes il faudra un capital d’au moins 1 000 milliards de dollars, dans le rapport on conseille « aux investisseurs en produits financiers dérivés de tirer profit de la crise en Europe  ». À coup sûr, Goldman Sachs ne s’est pas limitée à lire dans une boule de cristal, mais a mis la main à la pâte dans les mécanismes de la crise qui a investi l’Italie. Une crise que va affronter celui que le secrétaire du Parti Démocrate Italien Pier Luigi Bersani définit comme «  un gouvernement digne de foi et à forte valeur technique ». On ne saurait en douter : il sera présidé par un international advisor de Goldman Sachs.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

 

ource : « Italie : Gouvernement garanti par Goldman Sachs », par Manlio Dinucci , Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 26 novembre 2011, www.voltairenet.org/a171967

Par Manlio Dinucci - Publié dans : Europe - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 10:51
The Cheshire Cat


De culture anglophone, j’avais une vision quelque peu idéaliste des anarchistes. Pour moi, le sigle « CNT » évoquait surtout « L’hommage à la Catalogne » de George Orwell, les héritiers des martyrs de la République Espagnole, des gens d’une générosité capable d’inspirer une société plus libre, plus fraternelle, sans haine et sans contrainte…


En m’aventurant pour la première fois au siège de la CNT de la rue des Vignoles, dans le 20ème arrondissement de Paris, je m’attendais vaguement à voir un assemblage quelque peu bigarré de jeunes rêveurs d’un monde meilleur encouragés par de gentils vieillards aux yeux étincelants d’une sagesse acquise le long d’une vie consacrée au service de l’humanité.

J’exagère, mais pas beaucoup. Au moins, l’exagération sert à mettre en valeur ma surprise au contact avec la réalité.


« Le débat va commencer » disait-on lorsque j’entrai dans une salle déjà pleine. Cent cinquante personnes peut-être. Premier élément de surprise : pas de vieillards. Des jeunes gens, moins de filles, tous « d’âge militaire » - je pensais ainsi non seulement à cause de la tranche d’âge apparente de l’auditoire mais aussi à cause de son aspect propret, en pleine forme, respectueux envers l’orateur. On aurait cru voir des recrues écoutant les instructions de leur supérieur.


Deuxième élément de surprise : l’orateur, un certain Michel Briganti, venu pour présenter son livre sur « la Galaxie Dieudonné », a parlé seul pendant plus d’une heure et demie sans interruption, sans applaudissements, sans bruit d’approbation ou de désapprobation. Il débitait « sa vérité », comme on dit de nos jours, sans arrêt ! Et on l’écoutait, silencieux. C’est cela « l’anarchisme » ?

Evidemment tout cela est superficiel, c’est la forme. Venons-en au fond. C’était cela le plus étonnant.

Ou plutôt l’absence de fond.


Je prenais des notes, pressée de saisir la substantielle moelle de son discours. Il précise : le titre de son livre fut choisi par l’éditeur, il ne s’agit pas en réalité de « galaxie », mais de « nébuleuse ». Ce qui reste… nébuleux.

Le style de l’orateur est très particulier. Sur un ton monotone mais très aimable, il entame une phrase … et puis sans la terminer l’abandonne pour une autre phrase. C’est un style pointilliste. Une vaste noyade de poissons. Les poissons ont des noms. Ce sont des personnes que Briganti trouve coupable de quelque chose, bien qu’il ne soit pas toujours très clair de quoi. De choses différentes, mais finalement pareilles, ou non, qui sait ? Oui, certains sont « de l’extrême droite », d’autres sont « complotistes » (mais on ne précise pas de quel complot il s’agirait). Ils sont « anti-sionistes », avec entre parenthèses un généreux « ils ont le droit , comme vous et moi, peut-être », sauf que, quand eux sont anti-sionistes c’est qu’en réalité ils sont antisémites, bien sûr. Ces ennemis sont tous différents, mais tous ennemis car tous ensemble (dit-il) dans cette galaxie qui est une nébuleuse… « dangereuse ».


En effet, certaines de ces personnes étaient réellement liées au comédien Dieudonné au moment de la « Liste anti-sioniste » que celui-ci a menée pour les élections européennes de 2009. Mais d’autres n’avaient rien à voir avec tout cela. « On n’a jamais voulu jouer l’amalgame » dit Briganti, souriant, et le faisant en citant là-dessus deux noms qui n’avaient rien à voir avec cette liste. Eux sont donc des « militants de la confusion, des confusionnistes… des imposteurs. »


Une heure et demi de ce que nous autres anglophones appelons « guilt by association ». C’est quoi en français ? Liaisons dangereuses ? Délation ? Début d’inquisition ?

Enfin, le modérateur, qui n’avait rien modéré, dit qu’on peut poser des questions. Au fond de la salle, un homme lève la main et dit qu’il a trois petites questions. Peut-être parce qu’il est noir, le seul noir dans la salle, il précise qu’il est Français.


Sa première question : « Est-ce que vous avez rencontré Dieudonné ? » La réponse est simple : Non. Mais Briganti en profite pour parler encore quelques dix minutes, en expliquant pour la énième fois qu’il n’a pas écrit un livre sur Dieudonné, bien qu’il a tout lu sur lui, mais sur le danger de ses accointances réelles ou supposées.

Deuxième question, enfin : « Accepteriez-vous de débattre avec Dieudonné ? » La réponse est rapide et sans appel. « Non ! » Et il insiste : « on ne débat pas avec l’ennemi, on le combat ! »


C’est le mot de la fin, sauf que l’auditeur pose sa troisième question : « Puisque vous savez tout sur Dieudonné, combien de procès a-t-il gagné et combien a-t-il perdu ? » (Il s’agirait de procès pour incitation à la haine raciale). Il n’aura pas de réponse précise, et il part en insistant que « le débat c’est la base de la démocratie ».

Mais Briganti aura naturellement le dernier mot, répété : « On ne débat pas avec l’ennemi, on le combat ! »

Voilà la conclusion d’un « débat » chez les anarchistes. Sous prétexte de dénonciation de « l’imposture » et du « confusionnisme », on a eu droit à une démonstration de confusionnisme extraordinaire et à une double imposture : l’imposture de représenter l’héritage de la CNT et de mener « un débat ».

* * * *

En effet, Briganti, ainsi qu’un réseau d’activistes de l’Internet s’appelant « antifascistes », se donnent la vocation non seulement de désigner « l’ennemi » (de qui au juste ?) et de refuser le débat avec celui-ci, mais aussi d’empêcher que cet « ennemi » puisse lui-même débattre avec qui que ce soit.


La veille de la conférence-débat de Briganti, ces puristes ont réussi à empêcher l’auteur d’un autre livre de tenir une conférence-débat sur son livre à lui. Le 9 novembre, Michel Collon est venu de Belgique à Paris pour présenter son dernier livre, Libye, Otan et Médiamensonges, à la Bourse du Travail. Mais au dernier moment, la Confédération Générale du Travail, qui gère ce centre de réunions syndicales, a annulé la présentation, en cédant aux pressions d’un petit groupe obscur de militants « antifascistes ».


Celui-ci a crié victoire sur le site « antifa » Conspis hors de nos vi[ll]es : « Michel Collon chassé de la Bourse du Travail : ce n’est qu’un début ! « Le Collectif de syndicalistes antifascistes Missak et Mélinée se félicite de la décision des syndicats gérant la Bourse du Travail de Paris et de la CGT d’avoir annulé la conférence prévue avec l’intellectuel confusionniste Michel Collon. La venue d’un tel personnage aurait en effet donné un très mauvais signe aux militants – souvent sincères, hélas ! – qui se laissent abuser par les thèses confusionnistes, à l’heure où l’extrême droite cherche à séduire tout un pan du mouvement ouvrier par l’adoption de discours à caractère social. »


« …l’annulation de la conférence du faux ami Michel Collon nous semble envoyer un signe fort en ce sens et constituer le premier pas vers une prise de conscience que nous espérons générale, dans la mesure où Collon, loin d’être aussi insignifiant qu’on peut à première vue le penser, est un symbole de ce confusionnisme malsain qui profite à l’extrême droite et un intellectuel encore malheureusement très écouté dans certains milieux militants. »


Michel Collon donc est « confusionniste ». C’est exactement ce que Briganti a dit de lui devant la CNT. Donc l’ennemi. Donc on ne débat pas avec lui, on le combat.

C’est quoi « confusionniste » ? La description qu’ils donnent pourrait très bien s’appliquer aux « antifas » eux-mêmes : « Les oripaux [sic] sociaux qu’ils aiment adopter ne doivent pas cacher leur seule ambition : se mettre au service des dominants afin de sauver la domination, en particulier lorsque cette dernière entre en crise. Cela s’est déjà vu par exemple dans les années 1930, et c’est à ce phénomène que nous sommes de nouveau confrontés aujourd’hui. »


Dans les années 1930, il y avait bien des fascistes qui se vantaient de l’être. Ils traitaient les gens de gauche comme « l’ennemi » avec qui « on ne débat pas ! on combat ! » Quel meilleur « confusionnisme » aujourd’hui que de se dire « anti-fasciste » et de traiter les gens de gauche comme « l’ennemi fasciste » ?


On n’a pas besoin d’être fasciste pour être « combattu » par les antifas, loin de là, mais peu de leurs cibles sont aussi clairement marquées à gauche que Michel Collon, marxiste proche du Parti du Travail de Belgique, auteur et militant qui dirige sa propre entreprise d’information, avec un site Investig’Action et la publication de livres spécialisés dans la dénonciation des « médiamensonges », surtout en ce qui concerne les guerres menées par l’Otan. Qu’a-t-il donc fait de politiquement incorrect pour être repéré par ces limiers de la pensée ? Elémentaire : il est, selon eux, coupable de « soutien à des régimes autoritaires ». Traduction : il s’oppose aux « guerres humanitaires » menées par l’Otan. Car, comme on le sait, lorsque l’Otan mène une guerre, c’est toujours contre un « régime autoritaire » … donc s’opposer aux guerres menées par l’Otan signifie « soutenir des régimes autoritaires ».

* * * *

Mais revenons à ce site Conspis hors de nos vi[ll]es et ses réalisations. Le 7 juin, ce site a félicité les militants « anarchistes libertaires » de Lyon d’avoir persuadé Radio Canut d’annuler une interview programmée avec François Asselineau, ancien haut fonctionnaire et conférencier muni d’une documentation impressionnante qui a fondé son propre parti d’opposition à l’Union Européenn .


Encore quelqu’un avec qui on ne débat pas ! on le combat ! Et on le combat comment ? En faisant pression, au nom de l’antifascisme, sur les médias et les organisateurs pour qu’ils réduisent au silence les quelques libres penseurs qui troublent le calme plat du conformisme idéologique français.

Hors de nos villes ! Hors de nos vies ! Cela signifie quoi, ça ? Rien d’autre qu’une tentative de purification idéologique.


Et sur quels critères ? Derrière l’écran de fumée des « conspirationnistes » sans conspiration et des « confusionnistes » qui tentent de dissiper la confusion ambiante, on discerne les hérésies visées.

1. Toute critique fondamentale de l’Union Européenne, assimilée au « nationalisme ».

2. Toute opposition de principe aux guerres impérialistes, assimilée au « soutien des dictateurs ».

3. Et finalement, toute défense de la liberté d’expression – intolérable aux purificateurs idéologiques.


En filigrane dans la construction de cette triple hérésie se trouve l’accusation capitale de notre époque, prête à être jetée à la figure des mal-pensants : l’antisémitisme. En effet, aucune de ces positions n’est en soi le moins du monde antisémite. Mais on a le moyen de pratiquer la culpabilité par association :

1. Si on manque d’enthousiasme pour l’Europe, on est nationaliste, donc fascisto-nazi, donc antisémite.

2. Etre contre l’impérialisme des Etats-Unis et les guerres d’agression de l’Otan n’est qu’une forme voilée d’antisémitisme.

3. Défendre la liberté d’expression implique la liberté d’expression de tout le monde, y compris des négationnistes et des antisémites. Donc on est antisémite.


Tout cela fait partie de la doctrine du philosophe français le plus célèbre du moment, l’ineffable Bernard-Henri Lévy, parrain du Conseil national de transition de la Libye. Cela fait 35 ans qu’il prêche dans ce qui est devenu un désert de la pensée. La France, c’est le fascisme ! L’idéologie française, c’est Pétain, c’est l’antisémitisme ! Français méfiez-vous de vous-mêmes ! Lorsque vous critiquez le capitalisme, ou l’Amérique, ce n’est qu’une façon détournée de haïr les juifs. La seule voie de salut est donc de vous taire et de suivre les Etats-Unis et Israël dans leur guerres pour apporter la démocratie aux peuples arriérés de la terre.


La plupart des Français ricanent du dandy. Combien de divisions BHL a-t-il ? Et quelle surprise : il en a beaucoup, sous les drapeaux de l’Otan. Et en France, pour faire de la purification idéologique, il a quelques forces spéciales, quand même, sous le drapeau de la CNT et de l’anarchisme. Le drapeau noir et la chemise blanche, dans la même croisade avec la Bannière étoilée, pour le nouvel ordre mondial. C’est enfin la France qui gagne !


(Puisque je m’intéresse plus aux idées politiques qu’à la dénonciation des personnes, je m’abstiens de nommer les cibles des antifas – je leur laisse ce plaisir – ou de spéculer sur l’identité obscure des lanceurs d’anathème.)

The Cheshire Cat

16 novembre 2011

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http://www.legrandsoir.info/purification-ideologique-en-france.html
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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 20:25
Violation flagrante du droit humanitaire

Le lynchage révoltant de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi par ses propres compatriotes, à Syrte, sa ville natale, n’a pas fini de hanter le cœur et l’esprit de tous ceux qui refusent la barbarie à laquelle de prétendues « interventions humanitaires » conduisent.

6 novembre 2011

Les images glaçantes, outrageantes, de la dépouille nue, maculée de sang, de Mouammar Kadhafi, et de celle de son fils Mouatassim, sont encore dans nos yeux. Exhibées, jetées en pâture par les nouveaux maîtres libyens, elles nous hanteront longtemps.

 

Pétrifié, chacun a pu voir, pratiquement en direct, les vidéos sinistres d’un homme ensanglanté, insulté, frappé, défiguré, humilié, regardant incrédule ses mains rougies de son propre sang, condamné à mort par des miliciens vociférant…

Il y a une limite à la quantité d’atrocités qu’une personne restée humaine peut supporter. Depuis Abou Ghraib cette limite a été largement dépassée.

 

Ces atrocités innommables nous les refusons. Elles présagent encore plus de sang et de larmes et de douleur pour les Libyens déjà cruellement meurtris par huit mois de bombardements et violences. Elles annoncent de plus grandes catastrophes…

 

Le spectacle bestial de la mise à mort de l’ancien dirigeant libyen, ne semble pas avoir révulsé le cœur de la présidente de la Confédération helvétique, Micheline Calmy-Rey. Au journaliste qui lui demandait obséquieusement ce qu’évoquait cette mort, elle a répondu froidement sans l’ombre d’un malaise :

« J’aurais préféré qu’il soit jugé parce qu’il a des comptes à rendre. Il a régné sur la Libye pendant 42 ans, sur une dictature sanglante. Ma foi, il est mort comme il a régné… » [1]

 

Ce commentaire est à la fois sidérant et révoltant.

Quel qu’aient pu être les crimes commis par Mouammar Kadhafi, sa dignité d’être humain, ne devait-elle pas être respectée ? Tout homme, fût-il coupable, n’a-t-il pas droit à être traité humainement ? N’est-ce pas là une exigence du droit humanitaire dont Mme Calmy-Rey se plaît à financer des projets [2] ?

 

Mouammar Kadhafi et son fils Mouatassim étaient vivants au moment de leur capture. Ils ont été humiliés, sauvagement torturés, exécutés. [3] De même que des dizaines de milliers de Libyens anonymes à eux attachés. Ils n’ont pas eu droit au traitement de prisonniers de guerre.

 

Face à une violation flagrante du droit international, et de toutes les règles fixant des limites à la barbarie, en sa fonction de présidente de la Confédération suisse, Mme Calmy-Rey se devait au moins de condamner le non respect du droit humanitaire.

 

Mais, foin du droit ! L’antipathie et la rancœur personnelle de Mme Calmy-Rey à l’égard de Kadhafi, ont lamentablement pris le dessus. Mme Hillary Clinton ne s’est pas montrée plus humaine que Mme Calmy-Rey. Elle a laissé éclater une joie obscène au moment où elle apprenait la mort de Kadhafi [4].

 

Le cynisme dont Clinton et Calmy-Rey ont fait montre peut être qualifié d’inhumain… la preuve que les femmes au pouvoir ne sont pas plus tendres que les hommes…

Sur le continent européen, un seul homme d’État s’est dressé pour dire son indignation, pour dire son dégoût, pour dire non à la barbarie : le premier ministre russe Vladimir Poutine.

 

Révolté par le traitement réservé à la dépouille du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et de son fils Mouatassim, et par ce que ces images « dégoûtantes » lui inspiraient, il en a appelé, lui, au respect du droit international et des Conventions de Genève.

 

« La quasi-totalité de la famille de Mouammar Kadhafi a été tuée. Son corps a été exposé sur toutes les chaînes de télévision du monde. Il était impossible de regarder ces images sans écœurement. Il est tout ensanglanté, blessé, encore vivant, puis achevé (…) et on exhibe tout ça sur les écrans », s’est-il indigné. [5]

 

Une leçon d’humanité à l’adresse de ces deux femmes de pouvoir si peu sensibles à la cruauté, et de tous ces dirigeants occidentaux arrogants et hypocrites qui n’ont que les « droits de l’homme » à la bouche, mais ignorent leur violation quand cela les arrange.

 

Post scriptum


Les peuples qui ont soif de justice et d’humanité rejettent cette violence institutionnalisée, ce parti pris pour le plus fort, cette absence de compassion à l’égard des vaincus.

 

Le mandat de l’OTAN en Libye était de protéger les civils, et non pas de les massacrer. [6] La résolution du Conseil de sécurité de l’ONU a été outrepassée. Dès le début de l’intervention, des charniers où l’on a trouvé les cadavres de partisans de Kadhafi, exécutés les mains liées derrière le dos, ont attesté des massacres commis par les combattants anti-Kadhafi qu’appuyait l’OTAN.

 

Cela n’a pas dissuadé Mme Calmy-Rey de se rendre le 1er septembre 2011 à la Conférence des « Amis de la Libye » à Paris. Convoquée à l’initiative de Sarkozy cette conférence -contrairement aux raisons avancées- était une manœuvre qui devait, d’une part, au travers du grand nombre de pays représentés, apporter une reconnaissance tacite du bien-fondé de l’intervention de l’OTAN en Libye. Et contribuer d’autre part, à asseoir la légitimité d’un Conseil national de transition (CNT) et de ses combattants barbares de plus en plus contestés et sousmis à critique.

 

La Suisse ne faisant pas partie de l’Alliance atlantique, Mme Calmy-Rey n’avait pas à associer le peuple suisse à une mascarade qui de toute évidence, ne servait qu’à apporter une caution à la destruction de la Libye et au massacre de dizaines de milliers de civils par les « frappes » de la coalition et les attaques des combattants du CNT.

Silvia Cattori



[1] Télévision Suisse Romande, le 21 octobre 2011.

[2] Voir :
- Le chantier des droits humains pour le 21e siècle http://www.swissinfo.ch/fre/Le_chantier_des_droits_humains_pour_le_21e_siecle.html ?cid=7082988
- http://www.swissinfo.ch/fre/Dossiers/De_Solferino_a_la_Croix-Rouge/Eclairages/Le_droit_humanitaire_reste_au_coeur_de_la_diplomatie_suisse.html ?cid=234242

[3] Voir : http://www.silviacattori.net/article2213.html

[4] Voir la vidéo :
http://www.silviacattori.net/article2217.html

[5] Voir : http://fr.rian.ru/world/20111026/191681098.html

[6] Voir :
- http://www.silviacattori.net/article1559.html
- http://www.silviacattori.net/article1644.html
- http://www.silviacattori.net/article2210.html

 

Source : SilviaCattori.net


Par Silvia Cattori - Publié dans : Europe - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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