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Mercredi 14 mars 2012 3 14 /03 /Mars /2012 18:18
Guerres de reconquête et de contrôle des routes de l’énergie
 
Les premières réactions occidentales confirment la place centrale qu’occupent la question syrienne et le veto russe dans les enjeux planétaires actuels. Dans une sorte d’auto-exorcisme, les médias dominants et les plus grands responsables occidentaux ont escamoté par dénégation la réalité, la consistance et l’autonomie du veto chinois.
13 mars 2012

Ces derniers ont dû réitérer leur position et insister sur les principes constants de respect strict des souverainetés nationales pour que parfois leur position apparaisse dans les infos et dans les commentaires, cependant, sans jamais paraître comme autre chose qu’une position suiviste.

 

À elle seule, cette dénégation massive et constante mérite une analyse sur la difficulté des Euro-Américains à voir les Chinois autrement que comme des métèques ou une anomalie de l’histoire à corriger au plus vite. Pourtant, la position chinoise a le mieux exprimé, et des façons les plus diverses, la possibilité de sortir de la crise profonde qui frappe le monde capitaliste occidental. Ces positions chinoises sont limpides. Elles affirment que les dirigeants chinois sont parfaitement conscients que la Chine (comme la Russie) est le but ultime des guerres actuelles de reconquête coloniale et de contrôle des routes de l’énergie. Partout, ces guerres visent à contrarier le développement du commerce et la coopération chinoise en Afrique – Mme Clinton a appelé les Africains à contrer le « colonialisme chinois », alors qu’elle cherchait un appui à l’agression de la Libye et à isoler les propositions africaines de dialogue et de négociations pour éviter la guerre civile et l’implosion de la Libye – à lui enlever toute autonomie d’approvisionnement énergétique jusqu’à l’étouffer, à l’encercler de façon à la couper de l’Eurasie... Les responsables chinois avancent aussi qu’il est possible pour l’Occident de garder une place prééminente sans avoir recours à la destruction.

 

Et de proposer de discuter toutes les ententes possibles pour mettre les avoirs chinois au service du règlement des problèmes actuels. C’est le sens des aides chinoises à la Grèce, au Portugal, où ils ont acheté la dette et racheté des entreprises. C’est le sens des récentes discussions avec Merkel à Pékin et c’est le sens des discussions autour d’un apport chinois au Fonds de stabilisation européen et autour d’un rachat d’une partie de la dette souveraine. L’issue de la crise du capitalisme n’est pas forcément dans la guerre et n’est pas forcément dans un retour au pillage colonial pour combler les abysses des déficits en tous genres et préserver encore quelque temps des niveaux indus mais élevés du profit pour la caste financière qui dirige le monde.

 

Le message est – répétons-le – limpide : « Nous savons que vous voulez la guerre et la perpétuation de la domination, mais nous vous proposons, au détriment d’une partie de nos intérêts, la paix et la coopération. Mais si vous nous obligez à la guerre nous la ferons sur le périmètre de notre sécurité nationale. » Les Chinois ne cessent de répéter le même message, chaque fois plus amplifié et chaque fois plus ferme autour et à propos de la question syrienne qu’ils ont explicitement reliée à la préparation de la guerre, contre l’Iran. Et des responsables chinois, dont des militaires ont expliqué qu’une agression de l’Iran constituerait un acte de guerre contre la Chine. Encercler la Chine à partir de l’Eurasie et de ses marches asiatiques, contrôler ses approvisionnements en énergie, réduire tous ses alliés potentiels, l’isoler et la réduire à ses seules capacités militaires actuellement insuffisantes, voilà la feuille de route. La réponse chinoise est que la Libye n’était pas dansle périmètre de sa défense et qu’elle a accepté des pertes considérables en Libye car elles n’affectaient pas sa défense immédiate.

 

En Syrie, la sécurité de la Chine est en jeu. Mardi dernier, le ministre des Affaires étrangères chinois a appelé les Américains à choisir la voie de la coopération et du respect des intérêts mutuels dans la région Asie- Pacifique. L’extrait suivant est un condensé de la politique chinoise pour toute l’Asie jusqu’en Syrie, bien sûr pour qui sait lire : « Il a suggéré que les deux pays travaillent conjointement pour renforcer la confiance stratégique mutuelle, éliminer les barrières et les perturbations, et ouvrir de nouvelles perspectives, afin de permettre à ces deux grands pays d’entretenir des relations saines et de mener une coopération gagnant-gagnant. »


« L’engagement entre les deux pays a prouvé que les relations pacifiques sino-américaines bénéficient aux deux pays », a indiqué M. Yang, qui était ambassadeur de Chine aux États-Unis entre 2001 et 2005.

« La Chine et les États-Unis ont davantage d’intérêts communs dans la région Asie-Pacifique que dans les autres régions du monde. Nous espérons voir les États-Unis jouer un rôle constructif dans cette région et, en même temps, nous espérons que la partie américaine respectera les intérêts et les préoccupations de la Chine », a-t-il noté (http://french.cri.cn/621/2012/03/06/301s272654.htm).

 

En faisant dans la dénégation de la position autonome de la Chine, les médias dominants ont continué leur œuvre de bataillons médiatiques disciplinés de la guerre globale que nous mènent l’ancien/nouveau impérialisme. Pour travailler l’imagination et l’émotion des opinions publiques, la Chine ne présente pas les avantages d’un « passé impérial » comme la Russie et ne « travaille » pas la mémoire du bolchévik ni celle de la guerre froide. Le péril jaune est demeuré dans le subconscient une affaire de folklore, d’autant plus léger que la Chine est lointaine, qu’elle accueille les ateliers délocalisés et qu’elle habille tout le monde en plus d’équiper nos maisons. La Chine présente surtout un inconvénient majeur pour le travail de propagande : elle ne possède pas de direction personnalisée et un chef qu’on peut diaboliser comme pour le cas russe. Enfin, et cela reste essentiel, parler de la Chine met en avant la question de l’État, alors que pour la Russie, il est si facile d’entraîner les opinions publiques sur les terrains vaseux des despotes, des tsars, des staliniens...

 

Les positions de la Chine permettaient aux médias dominants de tout ramener à cette question de personnes. Poutine « l’autocrate » soutient le « dictateur » Assad, et pour les deux ainsi qualifiés on pouvait trouver toutes les explications personnelles, familiales, psychologiques… qui éloignent ces opinions publiques des questions politiques, sociales, culturelles et surtout historiques, qui nous auraient éclairés sur les rationalités et les déterminations qui ont mené à telle ou telle forme de pouvoir ou d’État. Il était vital pour mener à bien l’agression contre la Syrie de raconter des balivernes sur les motivations de Poutinedans le style : il a opposé son veto pour gagner les élections, avoir une image de fermeté... Le citoyen en mal d’objet pour ses angoisses pouvait dormir tranquille, la grande Russie sommeillait sous les bottes du nouveau tsar. Lavrov et quelques autres responsables ont dû batailler presqu’aussi ferme que les Chinois pour faire passer quelques infos sur le caractère collégial, le caractère d’État du veto russe. Tous durent s’y mettre : de Pushkov à Ziouganov. Pourquoi les responsables occidentaux ne peuvent-ils pas admettre un échec devant leurs opinions ?

 

Pour n’avoir pas à répondre sur le fond. Et pour pouvoir rebondir. Pendant que se menait aussi la bataille de Syrie, se menait aussi celle des élections. Vous verrez cela aussi pour l’Algérie demain, les médias des milliardaires occidentaux ont tout fait pour amplifier l’image d’élections traficotées d’avance par un autocrate aux abois. Peu importe que les sondages donnent Poutine vainqueur dès le premier tour. Exit les engagements non tenus pris avec le liquidateur Gorbatchev de dissoudre l’OTAN après la dissolution du Pacte de Varsovie, de laisser à la Russie une zone d’influence qui correspondrait à l’ex-Union soviétique…

 

Bien au contraire, aussi bien en Asie centrale sur ses frontières européennes, l’OTAN encercle la Russie et cherche à la réduire à une colonie en laminant par les politiques des oligarques qu’Eltsine a mis au pouvoir et par les menées d’une révolution de couleur.

 

L’élection de Poutine au premier tour était un enjeu en soi. Un deuxième tour l’aurait affaibli selon les grilles que nous ont imposées les médias dominants. Les sondages avaient prévenu de la victoire de Poutine. Le peuple russe vient voter pour l’État fort que propose Poutine et contre les oligarchies. Dans une dernière bouffée délirante, Sarkozy et Juppé prennent note de la victoire de Poutine – comprenez, ils la lui concèdent – et lui demandent maintenant qu’il est élu, et qu’il n’a donc plus de raison personnelle de soutenir Assad pour des raisons électorales, de changer sur la Syrie. Plus butor que cela tu meurs ! La réponse a été immédiate. La Russie a des raisons d’État.

 

C’est bien la clé qui explique le retour d’un monde multipolaire : le besoin vital d’États nationaux liés à leurs nations pour survivre contre une mondialisation capitaliste américaine et dévastatrice.

 

Mohamed Bouhamidi
Le Jeune Indépendant, 13 mars 2012.

Par Mohamed Bouhamidi - Publié dans : Notes de lecture - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mercredi 14 mars 2012 3 14 /03 /Mars /2012 17:58

Imad Fawzi Shueibi analyse les causes et les conséquences de la récente position de la Russie au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le soutien de Moscou à Damas n’est pas une posture héritée de la Guerre froide, mais le résultat d’une analyse en profondeur de l’évolution des rapports de force mondiaux. La crise actuelle va cristalliser une nouvelle configuration internationale, qui d’un modèle unipolaire issu de la chute de l’Union Soviétique, va évoluer progressivement vers un autre type de système qui reste à définir. Inévitablement, cette transition va plonger le monde dans une période de turbulences géopolitiques.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 13 mars 2012

 

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Vitaly I. Churkin, Représentant Permanent de la Fédération de Russie aux Nations Unies.

Certains, comme d’habitude, font le pari que la Russie va changer d’attitude envers le Proche-Orient et reviendra à la position qu’elle avait adoptée dans les affaires libyennes et syriennes. En fait, une analyse de fond de la position russe discrédite cette hypothèse pour les raisons suivantes :

 

La Russie ne peut pas revenir en arrière dans le monde d’aujourd’hui étant donné que Moscou voit dans les événements actuels, et dans sa confrontation avec l’Occident - États-Unis et Europe - l’occasion de cristalliser un nouvel ordre mondial, surpassant l’ordre (si l’on peut appler cela un « ordre ») qui a prévalu depuis l’après Guerre froide et l’effondrement de l’Union Soviétique ; un ordre caractérisé par l’uni-polarité, et qui tend vers la multi-polarité depuis la guerre de 2006 au Liban.

 

C’est ce que Vladimir Poutine a voulu signifier le 14 janvier 2012 lorsqu’il a annoncé que nous assistions à la formation d’un ordre mondial nouveau, différent de celui qui avait émergé après la chute de l’Union Soviétique. Cela implique que Moscou ira jusqu’au bout pour contrecarrer toute tentative de stopper ce processus, y comprit si cela implique d’aller au conflit. La déclaration du ministre russe des Affaires étrangères selon laquelle l’Occident commettrait une grave erreur s’il s’imaginait pouvoir attaquer l’Iran - suivie d’une autre déclaration de Poutine selon laquelle si l’Occident tentait une action unilatérale sur la scène internationale, Moscou ne resterait pas immobile ; et même répondrait puissamment - n’était rien d’autre qu’un ultimatum signifiant que Moscou n’entendait plus marchander comme ce fut le cas en Irak, ou rester indécis comme en Libye, et qu’aujourd’hui tout concoure à la mise en place de l’ordre mondial nouveau, dans le sillage du retrait stratégique étasunien d’Irak, et au moment où le président Barack Obama annonce une réduction des effectifs des forces US de 750 000 à 490 000 ainsi qu’une réduction du budget militaire à 450 milliards de dollars.

 

Ce qui précède implique l’incapacité de lancer au même moment deux opérations militaires distinctes, mais aussi annonce le démarrage de la confrontation avec la Chine en Asie du Sud-Est (et l’armement de cette région). Beijing a répliqué, le 7 janvier 2012, en déclarant que « Washington n’était plus en mesure d’empêcher le Soleil Chinois de se lever ». Washington est en train de commettre à nouveau la folie d’affronter la Chine, ayant perdu la bataille avec Moscou sur de nombreux fronts, que cela soit dans le grand jeu du gaz au Turkmenistan et en Iran ou sur les côtes orientales de la Méditerranée (avec l’annonce de sa nouvelle stratégie, Washington se retire de la région, tout en s’engageant à garantir la stabilité et la sécurité du Proche-Orient en affirmant qu’il restera vigilant).

 

Poutine, à propos de sa stratégie, a écrit récemment : « le monde s’apprête à rentrer dans une zone de turbulence longue et douloureuse » et c’est à prendre en considération bien au delà des simples déclarations d’intention électorales. Ainsi, il affirme clairement que la Russie ne poursuit pas l’objectif illusoire d’une domination unipolaire en plein effondrement, et qu’elle ne pourra pas garantir la stabilité mondiale, à un moment où les autres centres d’influence ne sont pas encore prêts à assumer collectivement cette charge. En d’autres termes, nous nous trouvons au seuil d’une longue période de confrontation avec le système unipolaire, qui durera tant que les autres puissances influentes n’auront pas consolidé un ordre mondial nouveau.

 

D’habitude, les États-Unis se retirent quand leurs perspectives de succès ne sont ni rapides, ni sûres. Ils savent parfaitement combien leur économie se détériore et combien l’influence de leur force militaire diminue, surtout après avoir perdu son prestige du fait d’un recours intempestif à la guerre. Poutine, bien qu’il réalise que le temps ne fait pas marche arrière, invite les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, du G8 et du G20 à stopper toute velléité de faire émerger des tensions sur des bases ethniques ou sociales, ou des forces destructrices qui puissent menacer la sécurité mondiale. C’est une indication claire du refus dans les instances décisionnelles des tendances religieuses et des groupes armés qui n’adhèrent pas au système des États-Nations. Ces groupes, Poutine les identifie clairement comme les alliés objectifs des États qui sont en train d’exporter la « démocratie » par des voies militaires et par la coercition. Moscou ne fera pas l’économie d’affronter ces tendances politiques et ces groupes armés. Le Premier ministre russe conclut en affirmant que la violation du droit international n’est plus justifiable, même si cela partait d’une bonne intention. Ceci signifie que les Russes n’accepteront plus aucune tentative de la part de la France, de la Grande-Bretagne et des États-Unis de remplacer le principe de souveraineté par celui d’ingérence humanitaire.

 

En réalité, les USA ne peuvent pas se retirer complètement du Proche-Orient. Ils sont simplement en train de réaménager cette zone pour une « guerre par proxy ». Ceci advient à un moment où Poutine admet que les puissances émergentes ne sont pas encore prêtes à prendre leur position dans le nouveau monde non-unipolaire. Ces puissances émergentes sont la Chine, l’Inde, et en général les États de l’Organisation de Coopération de Shanghai. Ceci implique ce qui suit :

- Le monde sera désormais moins unipolaire qu’il ne l’a été pendant la période 2006-2011.

- Les conflits seront caractérisés par le fait d’être mondiaux, et ils seront accompagnés d’un discours qui ira s’intensifiant donnant l’impression que le monde s’approche du gouffre et risque d’y être engloutit.

- La règle selon laquelle « les superpuissances ne meurent pas dans leur lit », est une règle qui invite à la prudence à cause des risques de fuite en avant ; surtout quand une superpuissance se trouve hors du système principal auquel elle avait été habituée depuis la Seconde Guerre mondiale, et que ses options se trouveront donc oscillant entre faire la guerre et rehausser la tension dans les zones d’influence des autres. Tant que la guerre entre superpuissances est rendue difficile, sinon impossible, par les armements nucléaires, l’augmentation des tensions et/ou le lancement de guerres par proxy deviennent des alternatives pour les conflits afin de s’affirmer sur le plan international. Il y a aussi l’option d’une redistribution satisfaisante des zones d’influence selon un nouveau Yalta. Aujourd’hui, c’est hors de question, mais qu’en sera-t-il à l’avenir ? Rien ne peut être exclu pour toujours dans l’action politique. Il existe une règle selon laquelle il est possible de vaincre une superpuissance, mais il est préférable de ne pas le faire. Mieux vaut plutôt lui permettre de sauver la face et faire cohabiter nouvelles et anciennes superpuissances. C’est ce qui est arrivé pour la France et la Grande-Bretagne après la Seconde Guerre mondiale.

- La plus grave inquiétude concerne la lutte pour la modification du statu quo, qui dépasse en férocité ce que l’on a connu durant la Guerre froide (même si l’époque actuelle diverge par les méthodes utilisées), et ceci durera tant que que les États de l’Organisation de Coopération de Shanghai ne seront pas en mesure d’assumer leurs positions. Cela signifie que les zones des conflits (Corée-Iran-Syrie) sont vouées à connaitre des troubles sur une longue période. Dans le langage de la politique contemporaine ceci peut être vu comme la porte ouverte à l’effet domino ; à savoir une ouverture sur l’incalculable et le sans précédent, et le passage de luttes limitées à des conflits plus inconsidérés où chacun jouera le tout pour le tout.

 

Il est certain que les pays impliqués dans la lutte seront parties prenantes de la nouvelle partition, et que cette future partition internationale ne se fera pas nécessairement à leurs dépends, en tant qu’ils sont impliqués dans la lutte. La nouvelle partition mondiale se fera en fait au détriment des autres pays se situant en périphérie du conflit, ou qui seront les instruments du conflit. Parmi les règles des conflits internationaux, il en est une qui dit que l’engagement en lui même dicte la répartition - cela s’est vérifié jusqu’à maintenant - à condition que les-dits pays ne perdent pas leur capacité d’initiative, leur libre-arbitre et leur possibilité d’action, et qu’ils suivent le principe de fermeté, qui est la règle fondamentale dans la gestion des périodes de crise.

 

La réalité est que la gestion des crises sera le lot commun pour la phase qui s’annonce, et cela durera peut-être des années. Le vrai danger est que l’on se mette à régler les crises par l’intermédiaire d’autres crises, ce qui signifie que la Méditerranée Orientale et l’Asie du Sud-Est risquent de devenir des zones chroniquement agitées.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

 

Source : « Moscou et la formation du Nouveau Système Mondial », par Imad Fawzi Shueibi, Traduction Marie-Ange Patrizio, Réseau Voltaire, 13 mars 2012, www.voltairenet.org/a173020

Par Imad Fawzi Shueibi - Publié dans : Notes de lecture
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 17:06
Corruption au sommet

Le secrétaire général des nations Unies, Ban Ki-moon, s’est rendu au Liban pour préparer une éventuelle action de l’OTAN contre la Syrie. Trop occupé à conspirer contre la paix qu’il devrait défendre, il en a oublié de s’enquérir des violations quotidiennes de la souveraineté libanaise par Israël. Dans une lettre ouverte publiée par la presse libanaise, le penseur arabe Hassan Hamade interpelle M. Ban et son représentant M. Rød-Larsen pour rappeler que loin d’incarner des principes, ils sont des voyous convaincus de corruption.

Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 25 janvier 2012

 

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Monsieur le secrétaire général,

 

En écoutant votre discours, à Beyrouth, sur l’absolu nécessité de procéder à des réformes, « car la flamme de la liberté allumée en Tunisie ne s’éteindra plus », j’ai tout de suite eu une pensée pour une personnalité suédoise, célèbre par son intégrité, sa transparence, et sa crédibilité en matière de reforme. Je veux parler de madame Inga-Britt Ahlenius, qui fut secrétaire général adjointe de L’ONU, responsable du United Nations Office of Internal Oversight Services (OIOS), le bureau chargé de veiller au bon fonctionnement des services de ce « gros machin, » notamment dans le domaine des finances, et qui a servi sous votre autorité.

 

Vous n’êtes pas sans savoir, M. le secrétaire général, que Madame Ahlenius, dont l’itinéraire professionnel a toujours été irréprochable, que ce soit en Suède ou dans l’appareil administratif de l’ONU, a rédigé un rapport d’une cinquantaine de pages sur l’état des lieux de l’organisation dans le domaine des finances, et sur l’usage des fonds publics dans les budgets des différents services.

 

Ce rapport vous montre du doigt en tant que principal responsable des exactions financières, commises surtout dans votre service, vous tient pour responsable du manque de transparence, et va jusqu’à s’adresser à vous en disant : ”Monsieur, votre action est sans précèdent (…) elle mérite plus qu’une condamnation”

 

Habilitée, de par sa fonction, à diriger la guerre contre la corruption au sein de l’ONU, et à surveiller le bon fonctionnement des services, Madame Ahlenius écrit avoir la certitude de votre implication dans le désordre financier qui submerge votre administration, où la transparence fait complètement défaut : « Votre action – dit elle – a manqué de transparence et ne respecte pas les règle de l’audit » elle finit par déclarer : « Je suis désolée de dire que le secrétariat général entre dans une phase de déliquescence, s’effondre complètement et je dirais même qu’il ne pourra plus être secouru ».

 

Face à ce rapport vous avez observé un mutisme total, mais tout en l’ignorant complètement, vous avez cependant ordonné son retrait du site web officiel des Nations Unies dans les 48 heures qui ont suivies sa mise en ligne [Le Réseau Voltaire a retrouvé ce document pour vous. Il est téléchargeable au bas de cette page].

Si l’on a eu écho de ce rapport, c’est en fait grâce a une poignée de journalistes qui l’ont aperçu, sans pour autant l’accompagner d’une campagne médiatique, et sans-même vous interroger à son sujet, de crainte peut-être, de déclencher un processus qui pourrait ouvrir le dossier de la corruption généralisée qui sévit au sein de votre administration au détriment des intérêts des peuples du monde.

 

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Souvenez-vous, Monsieur le secrétaire général, que Madame Ahlenius, juste après son retour dans son pays natal, et suite à la publication de ce rapport en août 2010, qui a couronné son mandat de 5 ans, vous a consacré un livre qu’elle a publié en commun avec le journaliste suédois Nialas Ekdal.

Dans cet ouvrage intitulé M. Hasard, la détérioration de l’ONU sous la direction de Ban Ki-moon [1], les auteurs ont détaillé une multitude de vos exactions, qui privent désormais l’ONU du minimum vital de crédibilité.

 

Ils vous y qualifient d’incompétent et de corrompu, jetant ainsi le discrédit sur toute votre action professionnelle.

Monsieur le secrétaire général,

Ce livre, tout comme le rapport, a eu sa part d’attaques silencieuses, contribuant à l’étouffer complètement sur le plan médiatique. Vous n’êtes pas sans connaitre les forces occultes qui mènent le combat contre la vérité défendue par madame Ahlenius ? Ce sont celles-là même qui vous protègent, Monsieur le secrétaire général.

 

Comment osez-vous parler de reformes, vous qui êtes un voleur ?

Vous n’avez peut être pas l’habitude d’entendre des critiques aussi directes, aussi vives, aussi vraies, mais il faut vous y habituer. Du point de vue de la morale, vous n’êtes aucunement habilité à donner des leçons de réforme à quiconque. Il serait intéressant de profiter de votre évocation des réformes pour exiger que cela soit appliqué, en premier, à l’ONU. Le premier pas dans ce sens exige que vous soyez interrogé par une commission d’enquête, laquelle pourrait vous traduire devant un tribunal compétent. Le monde a besoin d’un Nuremberg pour juger les crimes de corruption et le pillage des biens des peuples. Qu’en pensez-vous ?

 

Les biens publics dont vous avez fait illégalement usage, selon Madame Ahlenius, appartiennent aux peuples du monde, dont les gouvernements financent votre organisation et payent vos salaires, à vous ainsi qu’à tout le personnel de l’ONU.

 

Il serait intéressant de noter, en passant, que les gouvernements qui prétendent constituer un bloc de refus contre la mainmise des États-Unis sur les rouages de l’ONU, et qui vous accusent d’agir a la solde de Washington, évitent de réclamer la formation d’une commission d’enquête sur les accusations portées contre votre personne par Madame Ahlenius ! Et voila que les rôles se trouvent inversés et que maintenant c’est vous qui leur prodiguez des leçons sur les reformes !

 

Monsieur le secrétaire général,

Quelques heures avant votre arrivée a Beyrouth vous nous avez promis de nommer un nouveau procureur général au Tribunal Spécial pour le Liban (TSL), à la place du juge démissionnaire Daniel Bellemarre.

Dites nous donc, quelle serait la nature de juges qui seraient nommés par une personne aussi controversée que vous ? Peut-on s’attendre à une justice de la part de juges qui accepteraient d’être nommés par une personne prise la main dans le sac par son propre secrétaire général adjoint ?

 

Est-ce cela “le plus haut dégré de professionnalisme et de transparence” promis par feu le president Antonio Cassese ?

 

Monsieur le secrétaire général,

Au nom de quelle sagesse vous êtes-vous tû, face aux accusations formulées par Madame Ahlenius ? Est-ce parce que vous qualifiez de « crime d’honneur » ou « crime politique » le fait de dissiper l’argent d’autrui ?

Ou bien est-ce par crainte de voir ce dossier ouvert au vu et au su du monde entier ?

Pour un printemps onusien

Imaginons les choses a l’envers, et qu’un certain nombre de pays exigent la formation d’une commission d’enquête et que des preuves de votre implication soient confirmées ainsi que celle d’autres dirigeants des Nations Unies.

Ne serions-nous pas au seuil d’une période qui justifierait l’appellation “printemps des Nations Unies” ?

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Terje Rød-Larsen a été contraint de démissionner de ses fonctions ministérielles en Norvège parce qu’il avait falsifié ses déclarations de sorte qu’il ne payait plus d’impôts depuis 10 ans. Au vu de ses qualités de fraudeur, il a été nommé aux Nations Unies.

Terje Rød-Larsen le faussaire

Monsieur,

Il semble que votre loyauté envers vos protecteurs s’est manifestée par la présence à vos côtés à Beyrouth, de votre coordinateur au Liban, Monsieur Terje Rød-Larsen.

 

Ce dernier refuse de reconnaître qu’Israël, qu’il considère comme sa seconde patrie, a accumulé plus de 10 000 violations flagrantes des résolutions pertinentes de votre ONU, en la défiant au vu et au su du monde entier.

Monsieur Rød-Larsen se contente de parler “d’incursions” et non “d’actes de guerre d’agression”. La différence entre les deux est énorme car, selon la sentence du jugement de Nuremberg, la guerre d’agression représente “le crime international suprême » et expose de ce fait ses auteurs à des poursuites pour crime de guerre devant la justice internationale.

 

Peut-être ignorez-vous cette différence entre “incursion” et “actes de guerre d’agression”, à l’instar du gouvernement libanais et de la délégation permanente du Liban à l’ONU ?

Votre coordinateur au Liban, Monsieur Rød-Larsen ne l’ignore certainement pas. Il occulte cette réalité pour éviter toute référence au crime international suprême, ce qui aurait pour conséquence la poursuite des dirigeants israéliens pour crime de guerre, sans même tenir compte du facteur de récidive, qui aggrave la responsabilité criminelle, d’autant plus que le nombre de ces “actes de guerre d’agression” a battu tous les records dans les annales des guerres et des conflits.

 

Je me contenterai de cela, Monsieur le secrétaire général, en m’excusant de ne pas terminer ma lettre par la présentation de mes respects et de ma considération, dans l’attente des résultats d’une véritable enquête sur les contenus du rapport et de l’ouvrage rédigés par Madame Inga-Britt Ahlenius, à qui je demande d’agréer ma très haute considération et mon profond respect.

Source
As-Safir (Liban)
Quotidien de référence libanais

Documents joints

 

[1] Mr Chance : – FN:s förfall under Ban Ki-moon, par Niklas Ekdal et Inga-Britt Ahlenius, Stockholm 2011. ISBN 978-91-7337-271-8.

 

Source : « Lettre ouverte au deshonorable Ban Ki-moon », par Hassan Hamade, As-Safir (Liban), Réseau Voltaire, 25 janvier 2012, www.voltairenet.org/a172475

Par Hassan Hamade - Publié dans : Notes de lecture - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 08:30
Une analyse de Pierre Khalaf
Ce n’est plus un secret, les événements qui secouent la région du Moyen-Orient ont pour but de protéger Israël des graves répercussions de la défaite du projet américain en Irak. Et tout ce que fait l’alliance occidentale, conduite par les États-Unis, dans la cadre dudit « Printemps arabe », s’inscrit dans ce cadre.
12 décembre 2011

Le deal conclu entre les États-Unis et la Confrérie des Frères musulmans a été dévoilé au Caire par le secrétaire d’État adjoint américain pour les Affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, qui n’a fait que confirmer ce que les observateurs avaient déjà deviné en analysant les déclarations des chefs du mouvement islamiste dans plusieurs pays arabes et musulmans.

 

Sont venus ensuite s’inscrire dans ce même cadre les déclarations du président du Conseil national syrien d’Istanbul, Burhan Ghalioun, qui a fait tomber le masque en affirmant que l’opposition s’emploierait, si elle accède au pouvoir, à rompre les liens avec l’Iran et les mouvements de résistance libanais et palestinien. M. Ghalioun a rejeté la lutte armée pour libérer le Golan occupé, qui doit se faire, selon lui, à travers la négociation.

 

Mais il y a plus grave encore : les dirigeants des Frères musulmans syriens ont révélé leurs vraies intentions en affirmant que s’ils prenaient le pouvoir, ils enverraient l’armée syrienne au Liban pour combattre le Hezbollah. C’est-à-dire qu’ils se porteraient volontaires pour la mission qu’Israël avait échoué à accomplir en 2006, malgré le soutien d’une trentaine de pays arabes et occidentaux.

 

Ces prises de positions de mouvements et de personnalités qui prétendent représenter « la légitimité populaire » s’inscrivent parfaitement dans le cadre des politiques américaines dont le but principal est de protéger l’État hébreu.

Et ce n’est pas un hasard. Cela confirme ce que nous écrivons dans ce bulletin depuis plus de sept mois. D’ailleurs, les centres de recherches occidentaux sont de plus en plus nombreux à le signaler et l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, l’a clairement dit lors d’une conférence donnée à Beyrouth la semaine dernière : « Les États-Unis soutiennent les Frères musulmans », avait-il dit.

 

Cela explique en grande partie la méfiance du patriarche maronite Mgr Béchara Raï à l’égard du « Printemps arabe », qui risque de se solder, selon lui, par un morcellement du Proche-Orient en entités confessionnelles, ce qui servirait les intérêts d’Israël, et fait planer de sérieuses menaces sur la présence des chrétiens et des autres minorités religieuses dans cette région.

 

Le blanc seing à l’arrivée des islamistes au pouvoir en Tunisie, en Libye et, maintenant, en Égypte, devrait convaincre ceux qui doutent encore des réelles intentions de l’Occident, mené par les États-Unis.

 

La tentative de détruire l’État national syrien et de morceler le pays constitue l’une des principales pièces de ce puzzle que l’Occident tente de rassembler. C’est pour cela qu’il ferme les yeux sur les crimes commis en Syrie par les groupes armés extrémistes, auxquels il accole maintenant l’étiquette de « déserteurs », moins répugnante aux yeux de l’opinion publiques occidentale que salafistes ou extrémistes musulmans.

 

Dominée par les États-Unis, inconsciente des répercussions qu’elle risque de subir, l’Europe déroule le tapis rouge à cette mouvance islamiste, considérée il y a peu comme un grave danger.

 

La tendance en Syrie : Le pouvoir sûr de lui, l’opposition dans la confusion


L’évolution des événements en Syrie ne peut être dissociée du contexte régional et international. Le pouvoir a accepté de signer le protocole élaboré par la Ligue arabe sur l’envoi d’observateurs, en totale coopération avec la Russie. D’ailleurs, des sources diplomatiques russes au Liban affirment que la Russie ne compte pas lâcher le régime syrien, et cet appui est pour Moscou une question stratégique. Ces assurances sont contraires aux prévisions de responsables de la coalition pro-occidentale du 14-Mars.

 

Face à l’appui russe à la Syrie, il devient difficile de renverser le régime militairement, en dépit des préparatifs effectués dans ce but en Turquie, au Liban et, dans une moindre mesure, en Jordanie. Par contre, les pressions sur la Syrie vont se poursuivre, surtout à l’approche de la fin du retrait américain d’Irak. Les Américains voudraient provoquer des troubles pour détourner l’attention générale de ce retrait et de l’atmosphère de défaite qui l’entoure. De plus, les troubles en Syrie sont destinés à remplacer l’attaque militaire contre l’Iran qui devient de plus en plus difficile dans ce climat de crise et avec les problèmes financiers qui agitent l’Europe et les États-Unis.

 

 

La situation en Syrie est donc appelée à rester instable, et même si le régime a finalement décidé de signer le protocole de la Ligue arabe, celle-ci trouvera sans doute d’autres angles pour maintenir les pressions. Toutefois, les sanctions de la Ligue arabe auraient renforcé le sentiment patriotique chez les Syriens, ce peuple ayant beaucoup de fierté nationale. De plus, les Frères musulmans ayant été pratiquement éradiqués du pays dans les années 80, ils n’ont pas eu le temps d’acquérir une grande assise populaire et ils se voient contraints à porter les armes et à commettre de véritables massacres pour marquer leur présence.

 

En parallèle, les déclarations du chef du Conseil national syrien d’Istanbul, Bourhan Ghalioun, contre l’Iran, le Hezbollah et le Hamas, ont choqué une grande partie de la population syrienne. Des rumeurs sur une rencontre qui se serait tenue en octobre à Washington entre des responsables de l’administration américaine, un représentant du CNS et un responsable israélien ont commencé à circuler. Selon ces rumeurs, le représentant du CNS aurait réclamé de l’aide financière, une reconnaissance diplomatique de la part de la communauté internationale et une intervention militaire contre son propre pays.

 

Sur le terrain, les actes de violence se poursuivent, ainsi que les manifestations contre et en faveur du régime. Mais celui-ci a réussi à embarrasser la Ligue arabe en se déclarant prêt à signer le protocole pour l’envoi d’observateurs. Le processus devrait prendre quelques jours, voire des semaines, alors que les développements dans l’ensemble de la région restent plus ou moins incontrôlables et que la situation demeure instable en Égypte, à Bahreïn et au Yémen.

Les États-Unis auraient discrètement sollicité l’ouverture d’un dialogue avec l’Iran, mais la République islamique aurait opposé un refus sans nuance à cette demande. Par contre, Téhéran aurait demandé l’ouverture d’un dialogue avec l’Arabie saoudite, laquelle a aussi rejeté la suggestion. C’est dire que pour l’instant, les canaux de négociations restent bloqués sur le double plan régional et international.

 

La situation interne en Syrie est solide, alors que le plan de créer une zone tampon à la frontière avec la Turquie bat de l’aile. Sans parler du fait que la Russie exerce à son tour des pressions sur la Turquie qui a, elle aussi, un tissu social fragilisé. Le Premier ministre turc Recep Tayyeb Erdogan lève le ton à l’égard de la Syrie car il cherche à cacher son incapacité à agir sur le terrain.

 

Déclarations de Sayyed Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah


« Voici un message à tous ceux qui conspirent contre la Résistance et misent sur un changement. Nous n’envisagerons jamais d’abandonner nos armes. Jour après jour, la résistance recrute plus de combattants, forme de meilleurs combattants et les arme de plus en plus lourdement.

Les États-Unis de chercher à détruire la Syrie pour compenser leur défaite en Irak. Les États-Unis ont essayé de se faire passer comme des défenseurs des droits de l’Homme et de la démocratie dans le monde arabe. Ces hypocrites sont connus pour avoir soutenu toutes les dictatures et les avoir reniées immédiatement après leur chute. Ca, c’est la marque de Satan.

L’opposition syrienne est soumise aux États-Unis et à Israël. Depuis le tout début, nous avons dit clairement que nous nous tenons au côté du régime syrien, un régime de résistance contre Israël. Elle veut détruire la Syrie. Le soi-disant Conseil national syrien, formé à Istanbul, et son leader Burhan Ghalioun tentent de présenter leurs lettres de créance aux États-Unis et à Israël. Les propos de certains selon lesquels les armes de la Résistance sont à l’origine du chaos, des remous, ou d’une certaine inquiétude sécuritaire au Liban, sont une duperie. Avez-vous jamais vu au Liban un problème sécuritaire ou une guerre civile pendant lesquels sont tirés des missiles Zelzal, Raad ou Khaybar. Les armes légères sont présentes aux mains de tous les Libanais. Si l’on veut la sécurité à l’intérieur, il faut réfléchir à résoudre le problème de ce type d’armes. »


Extraits d’une interview de Jeffrey Feltman, secrétaire d’État adjoint américain pour le Proche-Orient au quotidien proche du 14-Mars Al-Joumhouria, le 8 décembre


« Le meilleur moyen d’éviter une guerre civile en Syrie, c’est la démission de Bachar al-Assad maintenant. Il faut également que la mafia sécuritaire qui l’entoure cesse de tuer la population. Nous savons que l’avenir de la Syrie doit reposer sur l’autorité de la loi et de la démocratie. Je suis sûr que les Libanais approuveront les décisions de la Ligue arabe, de l’Union européenne et des États-Unis pour examiner et trouver des moyens pacifiques afin de mettre un terme à la barbarie en Syrie.

Nous souhaitons recourir au Conseil de sécurité si l’initiative arabe n’aboutit pas. Si Bachar al-Assad n’est pas responsable des violences comme il le prétend, pourquoi refuse-t-il ainsi que son entourage l’arrivée d’observateurs dans son pays pour découvrir qui est la partie qui en est responsable ?

Plus vite Assad démissionnera, mieux sera la situation. Le président Obama avait rappelé le 18 août qu’il est temps qu’Assad s’en aille et qu’on assiste à une transition pacifique et démocratique du pouvoir.

L’armée syrienne, à qui il a été demandé de quitter le territoire libanais, occupe aujourd’hui le territoire syrien. Le retour de l’ambassadeur Ford à Damas n’est pas un cadeau à Bachar al-Assad. C’est l’une des façons de montrer notre soutien au peuple syrien et d’obtenir des informations plus précises sur la situation en Syrie.

Ce qui se passe en Syrie ne doit pas s’étendre au Liban. Les responsables libanais ont expliqué que leur principal objectif est de protéger le Liban des événements en Syrie. Il appartient au chef du gouvernement et aux responsables libanais de trouver le moyen idéal de protéger le Liban. En même temps, nous pensons que le Liban doit également contribuer à trouver les moyens nécessaires pour faire cesser les violences (…)

Nous ne traitons pas avec le Hezbollah, une organisation qui ne suit pas les règles démocratiques même si elle a une grande assise populaire. Lorsque ces règles l’arrangent, le Hezbollah s’y soumet, mais dans le cas contraire, il a recours à la force et aux armes pour imposer sa volonté. La décision du Premier ministre Mikati de verser la contribution libanaise au budget du TSL n’a pas été prise pour les États-Unis ou un autre pays mais pour le Liban. Nous saluons cette décision qui prouvera à la communauté internationale que le Liban respecte ses engagements internationaux. »

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf (*)
Tendances de l’Orient No 61, 12 décembre 2011.


(*) Chercheur au Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales de Beyrouth.

Par Pierre Khalaf - Publié dans : Notes de lecture - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 07:53

http://french.irib.ir/media/k2/items/cache/f3b601242a2a6962faceee0e58589367_L.jpg IRIB-Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a officiellement annoncé, dimanche dernier, sa candidature à la présidence de la République. Et la superclasse mondiale est sur le pied de guerre pour discréditer les élections russes et présenter Poutine comme un crypto-dictateur ! Le site internet du journal Le Figaro a, par exemple, mis en place un blog intitulé « Echos de Russie », qui s’inspire du modèle des révolutions arabes : il s’agit de donner un écho en France à des contenus audiovisuels présentés comme confidentiels, voire supposés censurés par le pouvoir russe.Cette opération concerne surtout à mettre en exergue une opposition assez fantomatique.

Qui sont les opposants russes ?L’ opposition russe au parti de Poutine peut être classée en deux branches : d’un côté les opposants traditionnels, les communistes et les nationalistes, qui ne se privent pas d’exprimer leurs désaccords et ne sont pas diabolisés par les médias russes — à la différence de certains opposants au système en France.

D’un autre côté, les partis dits libéraux soutenus par des ONG occidentales sont ultra‑minoritaires. Financés par les Etats-Unis et divers milliardaires dont Georges Soros, leurs rôles consistent à fomenter des « révolutions dites de couleur » sur le modèle ukrainien, pour que les Américains et leurs alliés puissent accuser la Russie d’être un régime autoritaire et donc ennemi.

 

Source : IRIB

Par IRIB - Publié dans : Notes de lecture - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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