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Religions, philosophie, culture

Mardi 7 novembre 2006 2 07 /11 /Nov /2006 21:23
Il y a dans la vie d’un peuple comme deux moitiés, l’une constituant le jeu de son existence terrestre et l’autre son rapport avec l’Absolu; or ce qui détermine la valeur d’un peuple ou d’une civilisation, ce n’est pas le mot à mot de son rêve terrestre, — car ici tout n’est que symbole, — mais sa capacité de « sentir» l’Absolu et, chez les âmes privilégiées, la capacité d’y parvenir. Il est donc parfaitement illusoire de faire abstraction de cette dimension d’absolu et d’évaluer un monde humain d’après des critères terrestres, en comparant par exemple telle civilisation matérielle avec telle autre; l’écart de quelques millénaires qui sépare l’âge de pierre des Peaux-rouges des raffinements matériels et littéraires des Blancs n’est rien au regard de l’intelligence contemplative et des vertus, qui seules font la valeur de l‘homme, et qui seules font sa réalité permanente, ou ce quelque chose qui nous permet de le mesurer réellement, donc en face du Créateur. Croire que des hommes sont « en retard » sur nous parce que leur rêve terrestre emprunte des modes plus « rudimentaires » que le nôtre — mais par là même souvent plus sincères — est bien plus «naïf» que de croire que la terre est plate ou qu’un volcan est un dieu; la plus grande des naïvetés est assurément de prendre le rêve pour de l’absolu et de lui sacrifier toutes les valeurs essentielles, d’oublier que le «sérieux» ne commence qu’au-delà de son plan, ou plutôt que, s’il y a du « sérieux» sur terre, c’est en fonction de ce qui est au-delà.
On oppose volontiers la civilisation moderne comme un type de pensée ou de culture aux civilisations traditionnelles, mais on oublie que la pensée moderne — ou la culture qu’elle engendre — n’est qu’un flux indéterminé et en quelque sorte indéfinissable positivement, puisqu’il n’y a là plus aucun principe réel, donc relevant de l’Immuable; la pensée moderne n’est pas, d’une façon définitive, une doctrine parmi d’autres, elle est ce qu’exige telle phase de son déroulement, et elle sera ce qu’en fera la science matérialiste et expérimentale, ou ce qu’en fera la machine; ce n’est plus l’intellect humain, c’est la machine -ou la physique, la chimie, la biologie — qui décident ce qu’est l’homme, ce qu’est l’intelligence, ce qu’est la vérité. Dans ces conditions, l’esprit dépend de plus en plus du « climat» produit par ses propres créations l’homme ne sait plus juger humainement, c’est-à-dire en fonction d’un absolu qui est la substance même de l’intelligence; s’égarant dans un relativisme sans issue, il se laisse juger, déterminer, classer par les contingences de la science et de la technique; ne pouvant plus échapper à la vertigineuse fatalité qu’elles lui imposent et ne voulant pas avouer son erreur, il ne lui reste plus qu’à abdiquer sa dignité d’homme et sa liberté. C’est la science et la machine qui à leur tour créent l’homme, et c’est elles qui «créent Dieu », s’il est permis de s’exprimer ainsi ; car le vide laissé par Dieu ne peut rester un vide, la réalité de Dieu et son empreinte dans la nature humaine exigent un succédané de divinité, un faux absolu qui puisse remplir le néant d’une intelligence privée de sa substance. On parle beaucoup d’ « humanisme» à notre époque, mais on oublie que l’homme, dès lors qu’il abandonne ses prérogatives à la matière, à la machine, au savoir quantitatif, cesse d’être réellement « humain ».
Quand on parle de « civilisation », on attache généralement à cette notion une intention qualitative; or la civilisation ne représente une valeur qu’à condition d’être d’origine supra humaine et d’impliquer, pour le « civilisé », le sens du sacré : n’est réellement civilisé qu’un peuple qui possède ce sens et qui en vit. Si l’on nous objecte que cette réserve ne tient pas compte de toute la signification du mot et qu’un monde «civilisé » sans religion est concevable, nous répondrons que dans ce cas la « civilisation » devient indifférente, ou plutôt — puisqu’il n’y a pas de choix légitime entre le sacré et autre chose —qu’elle est la plus fallacieuse des aberrations. Le sens du sacré est fondamental pour toute civilisation parce qu’il est fondamental pour l’homme; le sacré — l’immuable et l’inviolable, donc l’infiniment majestueux — est dans la substance même de notre esprit et de notre existence. Le monde est malheureux parce que les hommes vivent au-dessous d’eux-mêmes; l’erreur des modernes, c’est de vouloir réformer le monde sans vouloir ni pouvoir réformer l’homme; et cette contradiction flagrante, cette tentative de faire un monde meilleur sur la base d’une humanité pire, ne peut aboutir qu’à l’abolition même de l’humain et par conséquent aussi du bonheur. Réformer l’homme, c’est le relier au Ciel, rétablir le lien rompu; c’est l’arracher au règne de la passion, au culte de la matière, de la quantité et de la ruse, et le réintégrer dans le monde de l’esprit et de la sérénité, nous dirions même dans le monde de la raison suffisante.
                                                        Frithjof Schuon extrait de : Comprendre l’Islam.
Par brigitte - Publié dans : Religions, philosophie, culture
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Mardi 31 octobre 2006 2 31 /10 /Oct /2006 22:32
La culture[....] est un milieu d’accueil indispensable à l’humain. On peut dire que l’être humain vit en symbiose avec la culture du groupe auquel il appartient. Mais n’oublions pas que toute culture peut souvent constituer une grave entrave au développement des potentialités créatives de l’individu humain. Parce que toute culture, de quelque manière que ce soit, tend à unifier les comportements individuels, il faut toujours s’efforcer de préserver l’existence d’une grande variété de petites cultures, celles où aiment vivre de petit groupe d’individus, afin de sauvegarder autant que faire se peut la liberté individuelle. Il faut souhaiter une planète comportant une grande variété de culture, entre lesquelles l’individu pourra choisir, et où il sera capable de " vivre " en exprimant dans une aussi large mesure que possible, ses comportements créatifs. Soyons contre la culture mais, au contraire, soyons pour la préservation des cultures propres à des groupes humains formés de toujours moins d’individu. En visant, bien sûr, finalement, la culture individuelle qui n’est autre que la liberté.
                                                                                    Jean E. CHARON
Par brigitte - Publié dans : Religions, philosophie, culture
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Mardi 24 octobre 2006 2 24 /10 /Oct /2006 22:51
Les croyants sont des miroirs les uns pour les autres.
Quiconque viole l’intimité d’un autre le corrompt.
Quand règne l’oppression, même l’oiseau meurt dans son nid.
Tu penses aimer ton Créateur ? Aime ton semblable d’abord.
Je vous demande de venir en aide à l’opprimé qu’il soit musulman ou non.
Vous me demandez de maudire les incroyants. Mais je n’ai pas été envoyé pour maudire.
L’homme glisse plus souvent avec la langue qu’avec les pieds.
Ne désire pas le monde, et Dieu t’aimera. Ne désire pas le bien des autres et ils t’aimeront.
Il n’est pas meilleur prince que celui qui visite les sages. Il n’est pas pire savant que celui qui visite les princes.
Il livre la guerre sainte celui qui lutte avec lui-même.
L’encre du savant est plus sacrée que le sang du martyr.
Le Coran a été révélé sous sept formes. Chaque vers a un sens intérieur et un sens extérieur.
Quiconque réprouve un frère pour un pêché, ne mourra pas avant de l’avoir commis lui-même.
Nul n’a jamais mangé meilleur nourriture que celle gagnée par son Labeur.
 
                                                                                  Muhammad
Par brigitte - Publié dans : Religions, philosophie, culture
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Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /Oct /2006 20:11
Si vous êtes chrétiens, juifs, ou sabéens, et si vous faites le bien, vous n’avez rien à craindre de votre Seigneur.
….
Si Dieu avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté religieuse. Il a voulu vous éclairer par vos différences. Donc faites le bien, aidez-vous les uns les autres et Dieu éclairera un jour vos divergences.
                                                                                              Versets du Coran
 
En divers temps, en divers lieux, Dieu a parlé aux patriarches et aux prophètes.
 
                                                                                              Saint-Paul
Par brigitte - Publié dans : Religions, philosophie, culture
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Dimanche 24 septembre 2006 7 24 /09 /Sep /2006 21:22
Celui qui ne sait plus être saisi d’admiration, ni éperdu d’extase, est un homme mort.
Savoir que ce qui nous est impénétrable existe cependant, se manifestant comme la plus haute sagesse et la plus radieuse beauté que nos facultés obtuses n’appréhendent que sous une forme extrêmement primitive, cette certitude, ce sentiment est au cœur de tout sens religieux véritable.
                                                                                                                      Albert Einstein
Par brigitte - Publié dans : Religions, philosophie, culture
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