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Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /Août /2009 21:36


Les éditoriaux de Jacques Cheminade

« N’était-ce donc pas lui qui, de ses mains sans scrupules, avait chauffé l’énorme machine follement, jusqu’à la faire sauter en morceaux et à blesser tous ceux qu’elle emportait avec elle ? » C’est ainsi qu’Emile Zola, dans L’Argent, décrit la désastreuse spéculation de la Banque universelle, engagée par le banquier Saccard. Aujourd’hui, cette folle fuite en avant se répète, mais cette fois à l’échelle du monde.

Quelques chiffres. Si l’on additionne toutes les dettes américaines, on obtient un montant cent fois supérieur à celui de l’Allemagne en 1923. En cette seule année 2009, les Etats-Unis emprunteront 1300 milliards de dollars, à peu près le montant de la dette qui a fait couler la République de Weimar. L’Inspecteur général chargé du contrôle des fonds versés ou garantis par l’Etat a reconnu que, depuis 2007, ce montant a atteint 23 700 milliards de dollars, soit deux fois le produit annuel du pays.

Au lieu de constater la banqueroute et de l’organiser, comme l’exige Lyndon LaRouche, les gouvernements américain, anglais et la plupart des autres suivant leur exemple, renflouent les joueurs délinquants ou incompétents, détruisant la trame économique et sociale de leur pays.

Les Bourses montent, Goldman Sachs et JP Morgan Chase gagnent des sommes énormes avec des activités de « trading » (spéculations à court terme) grâce à l’argent qu’ils ont reçu de l’Etat, mais plus rien ne va à l’investissement à long terme ni au travail humain. Grâce à leurs logiciels et à des complicités haut placées, ces banques d’affaires disposaient d’informations sur les échanges avant le public, comme des joueurs de poker capables de voir les cartes de leurs adversaires.

En Californie, après avoir massacré ses dépenses sociales (15 milliards de dollars de coupes budgétaires dans l’éducation et l’aide aux personnes âgées et démunies), l’Etat ne pouvant régler ses engagements en dollars a dû émettre des IOUs (reconnaissances de dettes à paiement différé). Ce papier a été mis en vente sur des sites en ligne comme eBay, mais l’offre n’y a atteint que 70 dollars pour une promesse de paiement nominale de 100 dollars. Les grandes banques ont alors annoncé qu’elles n’accepteraient plus ces titres : une terrible spéculation sur la misère humaine.

En même temps, le Président Obama a annoncé qu’il étendrait les pouvoirs du Medicare Payment Advisory Committee en le « dopant aux stéroïdes ». Or c’est cette agence, créée par l’administration Bush-Cheney sur le modèle du NICE britannique, qui sera chargée de rationner les soins aux plus pauvres et aux malades chroniques. L’affaire du jeune Anglais Gary Reibach, mort faute d’avoir pu bénéficier d’une greffe du foie, montre bien vers où l’on va.

En France, la même crise frappe de plein fouet. On attend 80 0000 chômeurs de plus cette année, les crédits à la consommation s’effondrent, notre système de santé est en voie de privatisation, les finances locales se dégradent, notre industrie est en danger et les défaillances d’entreprises augmentent, dans un pays où la moitié d’entre nous disposons de moins de 1500 euros par mois.

L’on voit donc pourquoi il est si tragique que Nicolas Sarkozy ait enterré son discours de Toulon sur le Nouveau Bretton Woods, sans que le Parti socialiste réagisse, Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy imposant l’omerta.

Au nom des principes de notre Constitution, il n’est d’autre choix moral que d’entrer en Résistance.

Par brigitte - Publié dans : Politique
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Vendredi 31 juillet 2009 5 31 /07 /Juil /2009 09:44

Le but de mon exposé sera de mettre en question les hypothèses sur lesquelles reposent l'idée et la rhétorique de la responsabilité de protéger. En résumé, je voudrais montrer que les principaux obstacles qui empêchent la mise en oeuvre d'une véritable responsabilité de protéger sont précisément les politiques et les attitudes des pays qui en sont les plus enthousiastes partisans, à savoir les pays occidentaux et en particulier les Etats-Unis.

Par Jean Bricmont


Jean Bricmont Jeudi 30 Juillet 2009

Un monde plus juste et la « responsabilité de protéger »

ote préliminaire : Le 23 juillet, un débat sur la « responsabilité de protéger » a eu lieu à l'Assemblée Générale de l'ONU.


La « responsabilité de protéger » est une notion adoptée par les chefs d'états lors d'un sommet mondial en 2005, qui rend les Etats responsables de la protection de leur propres populations à l'encontre de génocides, crimes de guerre, nettoyages ethniques et autres crimes contre l'humanité. Elle exige que la communauté internationale intervienne si cette obligation n'est pas remplie. Ce dernier point est relié au « droit d'ingérence humanitaire » et a suscité de nombreux débats. La discussion a eu lieu à l'initiative du Président de l'Assemblée Générale, Manuel D'Escoto (du Nicaragua) et a réuni Noam Chomsky, Gareth Evans, qui soutient la responsabilité de protéger et a été ministre des Affaires Etrangères d'Australie et, jusque récemment, président de l'International Crisis Group, Ngugi wa Thiong'o, célèbre écrivain africain et défenseur des droits de l'homme, et moi-même. Voici le texte de mon intervention :

Le but de mon exposé sera de mettre en question les hypothèses sur lesquelles reposent l'idée et la rhétorique de la responsabilité de protéger. En résumé, je voudrais montrer que les principaux obstacles qui empêchent la mise en oeuvre d'une véritable responsabilité de protéger sont précisément les politiques et les attitudes des pays qui en sont les plus enthousiastes partisans, à savoir les pays occidentaux et en particulier les Etats-Unis.

Au cours de la dernière décennie, le monde a assisté, impuissant, au bombardement, par les Etats-Unis, de civils innocents en Irak, en Afghanistan et au Pakistan. Il est demeuré spectateur lors de l'attaque israélienne meurtrière au Liban et à Gaza. Nous avons précédemment assisté au massacre, sous la puissance de feu américaine, de millions de gens au Vietnam, au Cambodge et au Laos ; et bien d'autres sont morts en Amérique Centrale et en Afrique australe lors de guerres appuyées par les Etats-Unis. Allons-nous crier, au nom de toutes ces victimes : Plus jamais ! Dorénavant, le monde, la communauté internationale, vous protègera !

Notre réponse humanitaire est oui, nous voulons protéger toutes les victimes. Mais comment, et avec quelles forces ? Comment le faible sera-t-il jamais défendu contre le fort ? La réponse à cette question n'est pas seulement humanitaire ou juridique, mais avant tout politique. La protection des faibles dépend toujours de la limitation du pouvoir des forts. Le règne de la loi permet une telle limitation, pourvu que la loi soit la même pour tous. Tendre vers ce but nécessite une combinaison de principes idéalistes et d'une évaluation réaliste des rapports de force existant dans le monde.

Avant de rentrer dans une discussion politique de la responsabilité de protéger, je voudrais souligner que le problème qui se pose ne porte pas sur les aspects diplomatiques ou préventifs de cette doctrine, mais sur l'aspect militaire de la « réponse rapide et décisive » et sur le défi que cela pose au principe de la souveraineté nationale.

La responsabilité de protéger est une doctrine ambigüe. D'une part, elle est vendue aux Nations Unies comme étant fort différente du « droit d'ingérence humanitaire », notion qui a été développée en Occident après la chute des empires coloniaux et la défaite des Etats-Unis en Indochine. Cette idéologie se fondait sur les tragédies se produisant dans les pays décolonisés, afin de fournir une base morale aux anciennes politiques d'intervention et de contrôle des pays occidentaux sur le reste du monde.

Cela est parfaitement compris dans la majeure partie du monde. Le « droit » d'ingérence humanitaire a été universellement rejeté par le Sud, par exemple lors de son sommet à La Havane en 2000 ou lors de la réunion des pays non alignés à Kuala Lumpur en février 2003, peu avant l'attaque américaine contre l'Irak. La responsabilité de protéger tente de faire entrer ce droit dans le cadre de la Charte des Nations Unies, de façon à le rendre acceptable, en insistant sur le fait que l'option militaire doit intervenir en dernier recours et doit être approuvée par le Conseil de Sécurité. Mais alors, il n'y a rien de légalement neuf sous le soleil.

D'autre part, la responsabilité de protéger est présentée au public occidental comme une nouvelle norme dans les relations internationales, norme qui autorise l'usage de la force sur des bases humanitaires. Il y a une grande différence entre la responsabilité de protéger, envisagée purement comme doctrine juridique et sa réception idéologique dans les médias occidentaux.

Lorsque l'on envisage l'histoire américaine de l'après-guerre, histoire qui inclut les guerres d'Indochine, les invasions de l'Irak et de l'Afghanistan, du Panama et même de la petite Grenade, il est difficile de croire que c'est le droit international ou le respect pour la souveraineté nationale qui empêche les Etats-Unis d'arrêter des génocides. Si les Etats-Unis avaient eu les moyens et le désir d'intervenir au Ruanda, ils l'auraient fait, et aucun droit international ne les en aurait empêché. Et si une « nouvelle norme » est introduite, elle ne sauvera personne nulle part, dans le contexte des rapports de force politiques et militaires existants, à moins que les Etats-Unis ne décident d'intervenir, pour des raisons qui leur sont propres.

De plus, il est assez incroyable de voir que les partisans de la responsabilité de protéger parler d'une obligation de reconstruire (après une intervention militaire). Combien d'argent les Etats-Unis ont-ils versé comme réparations pour les destructions infligées en Indochine et en Irak, ou infligées à Gaza et au Liban par un pays qu'ils soutiennent et arment ? Ou au Nicaragua, auquel des réparations pour les destructions des Contras sont toujours impayées, malgré la condamnation des Etats-Unis par la Cour Internationale de Justice ? Pourquoi espérer que la responsabilité de protéger force à l'avenir les Etats puissants à payer pour ce qu'ils détruisent, s'ils ne le font pas en vertu du droit existant actuellement ?

Il est vrai que le 21ème siècle a besoin de Nations Unies rénovées, mais pas de Nations Unies qui justifient les interventions unilatérales avec de nouveaux arguments, mais plutôt de Nations Unies qui offrent un support moral à ceux qui cherchent à construire un monde moins dominé par les Etats-Unis et leurs alliés.

Le but original des Nations Unies était de sauver l'humanité du « fléau de la guerre », en référence aux deux guerres mondiales. Cela devait être accompli par un respect strict de la souveraineté nationale, de façon à empêcher les grandes puissances d'intervenir militairement contre les plus faibles, quel qu'en soit le prétexte. Les guerres menées par les Etats-Unis et l'Otan montrent que, malgré des progrès substantiels, les Nations Unies n'ont pas encore atteint leur but originel. Les Nations Unies doivent continuer leurs efforts en direction de ce but, avant de s'assigner une nouvelle priorité, soi-disant humanitaire, qui en réalité peut être utilisée par les grandes puissances pour justifier leurs guerres futures, en affaiblissant le principe de la souveraineté nationale.

Quand l'Otan a exercé son droit autoproclamé d'intervention au Kosovo, où les efforts diplomatiques étaient loin d'avoir été épuisés, il a été applaudi dans les médias occidentaux. Quand la Russie a exercé ce qu'elle considérait comme sa responsabilité de protéger en Ossétie du sud, elle a été universellement condamnée par les mêmes médias occidentaux. Quand le Vietnam est intervenu au Cambodge (mettant fin au régime des Khmers Rouges) ou quand l'Inde est intervenue dans ce qui est aujourd'hui le Bangladesh, leurs actions ont été sévèrement condamnées en Occident.

Tout cela indique que les gouvernements, médias et ONG occidentaux, s'autoproclamant « communauté internationale », évalueront la responsabilité de tragédies humaines très différemment, selon qu'elle se produit dans un pays dont le gouvernement est, pour une raison ou une autre, jugé hostile par l'Occident, ou dans un pays ami. En particulier, les Etats-Unis feront pression sur l'ONU pour faire adopter leur propre vision des évènements. Les Etats-Unis ne choisiront pas toujours d'intervenir, mais ils utiliseront néanmoins la non-intervention pour dénoncer les Nations Unies et pour suggérer que celles-ci devraient être remplacées par l'Otan comme arbitre international.

La souveraineté nationale est parfois stigmatisée par les promoteurs de la responsabilité de protéger comme étant une « autorisation de tuer ». Il est bon de se rappeler pourquoi la souveraineté nationale doit être défendue contre de telles accusations.

Tout d'abord, la souveraineté nationale est une protection partielle des faibles contre les forts. Personne ne s'attend à ce que le Bangladesh intervienne dans les affaires intérieures des Etats-Unis pour les forcer à réduire leurs émissions de CO², en invoquant les conséquences catastrophiques que celles-ci peuvent avoir pour le Bangladesh. L'ingérence est toujours unilatérale.

L'ingérence américaine dans les affaires intérieures des autres états prend des formes multiples mais est constante et viole toujours l'esprit et souvent la lettre de la charte des Nations Unies. Bien qu'ils prétendent agir en fonction de principes tels que la liberté et la démocratie, les interventions des Etats-Unis ont eu des conséquences désastreuses : non seulement les millions de morts causés directement ou indirectement par les guerres, mais aussi le fait d'avoir « tué l'espoir » de centaines de millions de gens qui auraient pu bénéficier des politiques sociales progressistes initiées par des personnes telles que Arbenz au Guatemala, Goulart au Brésil, Allende au Chili, Lumumba au Congo, Mossadegh en Iran, les Sandinistes au Nicaragua ou le Président Chavez au Venezuela, qui ont tous été systématiquement subvertis, renversés, ou tués avec le soutien plein et entier de l'Occident.

Mais ce n'est pas tout. Chaque action agressive des Etats-Unis provoque une réaction. Le déploiement d'un bouclier anti-missile produit plus de missiles, pas moins. Bombarder des civils - que ce soit délibérément ou par dommage collatéraux - produit plus de résistance armée, pas moins. Chercher à renverser ou à subvertir des gouvernements produit plus de répression interne, pas moins. Encourager les minorités à faire sécession, en leur donnant l'impression, souvent fausse, que la « seule superpuissance » viendra à leur secours si elles sont réprimées, produit plus de violence et de haine, pas moins. La possession par Israël d'armes nucléaires encourage d'autres États du Moyen-Orient à posséder de telles armes. Les tragédies en Somalie et dans l'est du Congo sont dues en grande partie à des interventions étrangères, pas à leur absence. Pour prendre un exemple extrême, qui est un des exemples préférés d'atrocités citées par les partisans de la responsabilité de protéger, il est très peu probable que les Khmers Rouges auraient pris le pouvoir au Cambodge, sans les bombardements états-uniens massifs et « secrets », suivis par un changement de régime organisé par les Etats-Unis qui déstabilisa complètement ce malheureux pays.

L'idéologie de l'ingérence humanitaire fait partie d'une longue histoire d'attitudes occidentales par rapport au reste du monde. Quand les colons ont débarqué sur les côtes des Amériques, de l'Afrique ou de l'Asie orientale, ils ont été horrifiés de découvrir ce que nous appellerions des violations des droits de l'homme et qu'ils appelaient des « moeurs barbares » : sacrifices humains, cannibalisme ou femmes aux pieds bandés. Ces indignations, sincères ou calculées, ont, de façon répétée, été utilisées pour couvrir les crimes des pays occidentaux : esclavage, exterminations des populations indigènes et pillage systématique des terres et des ressources. Cette attitude d'indignation vertueuse continue à ce jour et est à la base de l'idée que l'Occident a un « droit d'intervenir » et un « droit de protéger », tout en ignorant les régimes oppressifs considérés comme « amis », la militarisation et les guerres sans fin, ainsi que l'exploitation massive de la force de travail et des matières premières.

L'Occident devrait tirer des leçons de sa propre histoire. Concrètement, qu'est-ce que cela voudrait dire ? D'abord, garantir un respect strict du droit international de la part des puissances occidentales, implémenter les résolutions de l'ONU concernant Israël, démanteler l'empire des bases américaines ainsi que l'Otan, cesser toutes les menaces concernant l'usage unilatéral de la force, lever les sanctions unilatérales, en particulier l'embargo contre Cuba, arrêter toutes les formes d'ingérences dans les affaires intérieures des autres Etats, en particulier toutes les opérations des « promotions de la démocratie », de « révolutions colorées » ainsi que l'exploitation de la politique des minorités. Ce respect nécessaire pour la souveraineté nationale signifie que le souverain ultime de chaque Etat-nation est le peuple de cet état, dont le droit à remplacer des gouvernements injustes ne peut pas être usurpé par des puissances étrangères supposées bienveillantes.

Ensuite, nous pourrions utiliser nos budgets militaires disproportionnés (les pays de l'Otan couvrant 70% des dépenses militaires mondiales) pour mettre en place une forme de keynésianisme global : au lieu de demander des « budgets équilibrés » dans les pays en développement, nous devrions utiliser les ressources gaspillées en dépenses militaires pour financer des investissements massifs dans l'éducation, la santé et le développement. Si cela semble utopique, ce ne l'est pas plus que l'idée selon laquelle un monde stable sera produit par la façon dont la « guerre à la terreur » est poursuivie actuellement.

Les défenseurs de la responsabilité de protéger peuvent répondre que ce que je dis ici est à côté de la question et « politise » inutilement le débat, puisque, d'après eux, c'est la communauté internationale qui interviendra, avec, en plus, l'approbation du Conseil de Sécurité. Mais, en réalité, il n'existe pas de communauté internationale. L'intervention de l'Otan au Kosovo n'a pas été approuvée par la Russie et l'intervention russe en Ossétie du Sud a été condamnée en Occident. Aucune de ces interventions n'aurait été approuvée par le Conseil de Sécurité. Récemment, l'Union africaine a rejeté l'inculpation par la Cour Pénale Internationale du président du Soudan. Aucun système de justice ou de police internationale, qu'il s'agisse de la responsabilité de protéger ou de la CPI, ne peut fonctionner sans un climat de confiance et d'égalité. Aujourd'hui, il n'y a ni égalité ni confiance entre l'Ouest et l'Est, ou entre le Nord et le Sud, en grande partie à cause des politiques américaines récentes. Si nous voulons qu'une version de la responsabilité de protéger fonctionne dans le futur, nous devons d'abord construire une relation d'égalité et de confiance, et ce que je dis ici aborde le fond du problème. Le monde ne peut devenir plus sûr que s'il devient d'abord plus juste.

Il est important de comprendre que la critique faite ici de la responsabilité de protéger ne se base pas sur une défense « absolutiste » de la souveraineté nationale, mais sur une réflexion à propos des politiques des pays puissants qui forcent les pays faibles à utiliser la souveraineté comme bouclier.

Les promoteurs de la responsabilité de protéger présentent celle-ci comme le début d'une ère nouvelle. Mais, en réalité, elle signale la fin d'une ère ancienne. D'un point de vue interventionniste, la responsabilité de protéger est un recul, au moins en parole, par rapport au droit d'ingérence, et celui-ci était un recul par rapport au colonialisme classique. La principale transformation sociale du 20ème siècle a été la décolonisation. Ce mouvement continue aujourd'hui dans l'élaboration d'un monde réellement démocratique, dans lequel le soleil se sera couché sur l'empire américain, comme il l'a fait sur les empires européens du passé. Il y a quelques indications que le président Obama comprend cette réalité et il faut espérer que ses actions suivent ses paroles.

Je veux terminer par un message pour les représentants et les populations du « Sud ». Les vues exprimées ici sont partagées par des millions de gens en « Occident ». Cela n'est malheureusement pas reflété par nos médias. Des millions de gens, y compris des Américains, rejettent la guerre comme moyen de résoudre les conflits internationaux et s'opposent au soutien aveugle de leurs gouvernements à l'apartheid israélien. Ils adhèrent aux principes du mouvement des pays non alignés de coopération internationale, dans le respect strict de la souveraineté de chaque état, et de l’égalité des peuples. Ils risquent d'être dénoncés par les médias de leurs pays comme anti-occidentaux, anti-américains ou antisémites. Mais, en ouvrant leurs esprits aux inspirations du reste du monde, ce sont eux qui incarnent ce qu'il y a de véritablement valable dans la tradition humaniste occidentale.

http://ism-france.org/news/article.php?id=12410&type=analyse http://ism-france.org/news/article.php?id=12410&type=analyse

Par brigitte - Publié dans : Politique
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Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /Juil /2009 09:30




Poursuivies en Justice par des familles de victimes des attentats du 11 Septembre 2001, les compagnies d’aviation ont fait valoir que, même si elles avaient multiplié les mesures de sécurité, les attentats auraient réussi.

Selon leurs avocats, l’inaction des autorités suffit à expliquer le bilan désastreux de cette journée. Pour développer leur raisonnement, les défenseurs ont souhaité appeler à comparaître des agents du FBI.

En effet, suite aux attentats le FBI a procédé à une vaste enquête. Des éléments rassemblés montreraient que le gouvernement n’a pas pris ce jour-là les mesures réglementaires qui auraient pu empêcher la multiplication des attentats.

Cependant, sur intervention de l’Attorney General des États-Unis Éric Holder, le juge Alvin Hellerstein a interdit l’audition des agents du FBI, empêchant ainsi les compagnies d’aviation de développer leur défense. L’audience reprendra le 28 juillet.

8 ans après les faits criminels, l’enquête du FBI, qui comprend 155 000 pièces à convictions et 167 000 procès-verbaux d’interrogatoire, n’a pu être examinée par aucun tribunal. Son contenu n’est connu qu’au travers de procès relatifs à des affaires connexes [1] et de déclarations d’agents à la presse. Ceux-ci assurent que leur enquête dément la version gouvernementale des évènements [2].

Contredisant les propos des responsables de la CIA et des secrétaires à la Justice successifs, le FBI a toujours refusé d’imputer ces attentats à Oussama Ben Laden, qu’il ne recherche pas à ce titre.

==

[1] Par exemple, lors du procès du Français Zacarias Mousaoui, accusé d’avoir conspiré en vue de participer au détournement du vol 93 d’American Arlines, le FBI a rejeté les conversations téléphoniques échangées ce jour-là entre des passagers des avions détournés et leurs proches au sol. Les fonctionnaires assermentés ont indiqué que —selon leur enquête— ces appels, si souvent cités, n’ont jamais existé et sont des faux.

[2] « 41 anciens responsables états-uniens de l’anti-terrorisme et du renseignement mettent en cause la version officielle du 11-Septembre », par Alan Miller, Réseau Voltaire, 9 juin 2009.

 

Source : Réseau Voltaire

Par brigitte - Publié dans : Politique
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 18:14

LA LONGUE MARCHE DE TRAHISON NATIONALE DES MARIONNETTES US - L’ERRANCE STRATEGIQUE DES PARTISANS D’UNE FRANCE LIBRE, REPUBLiCAINE ET SOCIALE

mercredi 1er juillet 2009, par Comité Valmy


Pendant la guerre patriotique et antinazie de notre peuple, les dirigeants US se sont ingérés en permanence, dans la politique de la France résistante. Ils ont souhaité écarter De Gaulle, empécher l’alliance des gaullistes et des communistes, notamment à travers le CNR dont ils ne voulaient pas. -Ils ont d’ailleurs pu obtenir que le CNR et son programme ne survivent pas à la Libération- Leur hostilité envers Jean Moulin et sa mission unificatrice était telle, que l’on peut envisager l’hypothèse qu’ils aient joué un rôle décisif, dans la trahison qui a conduit à la mort de celui-ci. Ce qui est certain, c’est qu’ils ont organisé en France pendant les années de guerre, une cinquième colonne de politiciens à leur service : les futurs fédéralistes euro-atlantistes. Ceux-ci, depuis la Libération et en dehors des parenthèses gaullistes, depuis plus de 60 ans, ont accaparé l’essentiel du pouvoir politique dans notre pays. Aujourd’hui encore, cette réalité perdure.

Comment en est-on arrivé là ? A Sarkozy et à son culte de la personnalité omniprésent, à un pouvoir personnel en apparence tout puissant mais en réalité, à un Président de la République disposant certes contre la France et son peuple d’une immense capacité de nuire, tout en étant vassalisé et sous contrôle, enserré dans le carcan euro-atlantiste.

Contribuer au décryptage de l’engrenage politique qui, depuis la Résistance, a conduit à l’actuelle situation d’échec du peuple laborieux, des forces réellement progressistes et anti-impérialistes, attachées à la souveraineté populaire et nationale, à la République et à la démocratie ,  (lire la suite)


Par brigitte - Publié dans : Politique
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Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /Juil /2009 07:33

Dans sa déclaration devant le Congrès, le Président de la République a reconnu que « la crise n’était pas finie ». Après avoir évoqué le programme du Conseil national de la Résistance et le souvenir des Trente Glorieuses, rejeté « la politique de la rigueur » et promis de « ne pas sacrifier l’investissement », il a demandé au Parlement de traquer tous les « gaspillages » d’argent public. Sans dire un mot sur les responsables de la crise ni reprendre sa proposition d’un Nouveau Bretton Woods, annoncée dans son discours de Toulon et qu’il a laissé enterrer au G20 de Londres. Il s’est ainsi attaqué aux effets secondaires sans remonter aux causes réelles, condamnant la politique française à s’adapter à la règle du jeu de l’oligarchie financière mondiale. Cela serait revenu, au cours des années quarante du XXe siècle, à évoquer le bien commun et l’intérêt général sans définir de politique contre l’occupant.

L’écart entre les paroles ronflantes et la réalité apparaît au détour de sa déclaration : « Nous irons plus loin dans la maîtrise des dépenses de santé parce que j’ai conscience de l’immensité des besoins et que je n’ai pas le droit de laisser gaspiller un euro ». Ce qui se cache derrière cette affirmation est dit avec moins de vernis par d’autres. Ainsi, « l’économiste » Marc de Scitivaux, dans le Journal du Dimanche du 21 juin, après avoir affirmé que « les Etats-Unis ont déjà redémarré », annonce sans ambages que pour « nous mettre à niveau face à la compétition internationale, (...) la principale question concerne notre passif social : retraites et santé ». Et le président de la Mutualité française, Jean-Pierre Davenant, de nous annoncer : « Les Français doivent bien se rendre compte que la dette devra être remboursée, avec de l’argent pris essentiellement sur leurs salaires et leurs pensions ».

Justement, la grande presse l’annonce en fanfare : « Le tabou des baisses de salaires tombe ». Après le JDD du 17 mai, c’est au tour de Marianne le 23 mai et du Point le 4 juin. La politique de Pierre Laval des années trente est bel et bien là, avec les mêmes conséquences à l’horizon. Quant à la « reprise américaine », ce sont les grands établissements financiers qui recommencent à spéculer, avec l’argent que leur a fourni l’Etat sans contrôler l’usage qui en est fait ! Depuis le 1er janvier, le nombre de chômeurs officiels a augmenté là-bas de 2,9 millions. Les ménages sont endettés jusqu’au cou et le taux d’épargne est insignifiant. Ceux qui parlent de « reprise » se moquent donc du monde : le chien spéculateur y retourne à son vomi financier, avec la reconnaissance du ventre d’Obama pour ceux qui ont financé sa campagne.

La réalité est que Sarkozy s’adapte à un environnement défini par l’entourage d’Obama, la City de Londres et ceux qui ont financé sa propre campagne. Avec eux, il n’y a pas de « rupture ». C’est un monde où pillage financier, écologisme irrationnel et virtualisation des comportements par la société des écrans crée les fondements d’un nouveau fascisme à visage d’avatar narcissique. C’est un piège qui se gère en réduisant les moyens de vivre et la population à la mesure de ressources limitées parce que le pouvoir financier ne crée plus rien.

Ici, nous nous battons au contraire pour un avenir défini par la création au service du bien commun, l’avenir comme le concevaient un Einstein et un Vernadski.

Par brigitte - Publié dans : Politique
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