Vendredi 2 avril 2010
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22:01
La
police est-elle au service du citoyen ou bien au service d’une oligarchie financière dont des pratiques douteuses d’honnêteté se cachent derrière des réglementations taillées sur mesure, tels les
frais bancaires ou les crédits renouvelables aux taux d’intérêts supérieures à 20%, ou bien les jeux ? C’est une question qu’on est en droit de se poser lorsqu’on lit l’histoire de madame
S., de Saint-Gaudens.
Saint-Gaudens, l’une des Sous-préfectures de la Haute-Garonne, capitale du Comminges, a le triste privilège d’avoir deux casinos avec machines à sous, a moins d’une vingtaine de kilomètres :
Salies du Salat et Barbazan.
Comment madame S. s’est-elle laissée prendre dans l’engrenage des machines à sous ? Je ne le sais pas et ce n’est pas ce qui nous intéresse. Toujours est-il que sa situation financière est
devenue critique, avec de nombreux crédits à rembourser.
Ayant pris conscience de cette situation, et étant dans l’impossibilité d’arrêter d’elle-même, la passion du jeu agissant comme une drogue, elle a décidé de se faire interdire de jeux, et pour se
faire elle se rend au commissariat de Saint-Gaudens où on lui dit que ce n’est plus possible ici, qu’il faut qu’elle se déplace à Toulouse (200 km aller et retour). Bravo pour la simplification
des démarches administratives ! Elle téléphone au commissariat de Toulouse, mais cela n’aboutit pas faute de trouver une heure convenable de rendez-vous. Un mois environ se passe, avec de
nouvelles pertes et un nouveau crédit.
La maladie, car on est bien obligé d’appeler cela une maladie, continue donc à faire ses ravages jusqu’à cette semaine où une nouvelle tentative est faite. Cette fois rendez-vous est pris pour le
vendredi 2 avril à 14 heures au commissariat de Toulouse 23, boulevard de l‘Embouchure.
C’est donc plein d’espoir que madame S. se rend avec son mari à Toulouse. A 14 heures ils sont à la réception et explique à la réceptionniste l’objet de leurs présences. Mais le bureau du
monsieur chargé de les recevoir ne répond pas. On leurs demande de patienter. Une demi-heure plus tard le bureau ne répond toujours pas. On leurs dit que le monsieur en question est sans doute à
l’extérieure et qu’il faudra lui retéléphoner pour un autre rendez-vous ! Il y aurait donc qu’un seul monsieur qui s’occupe de l’interdiction de jeux ?
Voila comment la police vous pose un lapin et vous fait faire plus de 200 km de voiture aller et retour pour rien ! Et surtout cela illustre la manière dont elle vous considère, manière
encore plus éloquente par les réflexions cyniques et arrogantes de la réceptionniste disant ceci (je cite de mémoire) : madame, il faut résister, il faut résister, il fait beau, plutôt
que d’aller au casino, aller à la piscine !
A qui profite cette situation ? Evidemment aux banques, aux casinos, mais aussi au fisc !
Qui en pâtit ? Evidemment le citoyen Lambda !