Lundi 30 octobre 2006
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19:02
J'ai vu mon Seigneur par l'oeil du coeur.
Je dis : qui es-tu ?
Il me répondit : toi
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Quelle terre est vide de Toi
Pour qu'on s'élance à Te chercher au ciel
Tu les vois qui te regardent au grand jour
Mais, aveugles, ils ne Te voient pas.
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Je ne badine pas avec la proclamation de Son unité
Et pourtant je m'en distrais
Comment m'en distraire, comment badiner
Alors que je suis Lui en vérité ?
El Hallaj reconnaît la gravité de ce qu'il proclame mais la vérité ne peut être cachée.
J'ai renié la religion de Dieu,
Le reniement,
Est devoir pour moi, péché pour les musulmans.
El Hallaj
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El Hallaj fut décapité en 922, son corps brûlé et ses cendres dispersées mais son diwan est resté. Le destin d'El Hallaj fut celui d'un martyre, ayant appelé avec ardeur la mort car par elle, enfin allait-il retrouver son Bien-aimé, son Seigneur qui s'imposa et se révéla à lui par le mystère de sa présence. Martyre, témoin et contemplatif de la Face de Dieu ; trois mots pour dire El Hallaj qui se réunissent dans la langue du Coran en un seul : La Chahada, la profession de Foi en Islam.
Par brigitte
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Dimanche 29 octobre 2006
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15:23
Le roi Bayazid fut conduit, du champ de bataille, devant son vainqueur, Tamerlan le Conquérant (Timour le boiteux).
Quand Timour s’aperçut que Bayazid n’avait qu’un œil, il fut pris d’un violent éclat de rire.
Bayazid s’adressa alors à lui en ces termes :
« Tu peux bien rire de ma défaite ! Tu ferais mieux de penser que tu pourrais, en ce moment même, être à ma place. Le sort des trônes est entre les mains de Dieu. Il n’est pas juste que l’homme se permette de rire des manifestations de sa volonté.
- Tu dis vrai, répondit Tamerlan, dès qu’il eut recouvré son sérieux, c’est précisément cette pensée là qui a déclanché mon hilarité : eh oui ! Le destin des rois est entre les mains de Dieu ; mais ils sont de si peu d’importance à Ses yeux, semble-t-il, qu’Il enlève son royaume à un borgne pour le donner à un boiteux ! »
Idries Shah (caravane de rêve)
Par brigitte
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Samedi 28 octobre 2006
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Il n’y a pas d’écologie véritable à partir du moment où l’homme se sépare de la nature.
L’homme fait parti intégrante de la nature et il est à protéger au même titre que les animaux ou les plantes. Il n’y a pas de hiérarchie, L’homme d’abord et les animaux ou les plantes ensuite, ou l’inverse, les plantes ou les animaux et l’homme ensuite. Non, c’est une vision globale qu’il faut avoir, une vision holistique de l’univers, car si l’homme moderne crée de graves dommages à la nature, il s’en crée tout autant à lui-même. Il est une espèce à protéger car en voie d’animalisation.
Par brigitte
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Jeudi 26 octobre 2006
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La seule possibilité de donner un sens à son existence, c’est d’élever sa relation naturelle avec le monde à la hauteur d’une relation spirituelle.
Albert Schweitzer
La crainte de Dieu, ce n’est pas la peur de Dieu, l’effroi devant un châtiment ou la menace d’une punition, au contraire c’est redouter d’être séparé de Dieu…
Vois, dit-il, la crainte de Dieu, c’est croire en la beauté du monde. Il faut y croire, afin de sentir et ensuite de connaître, se rendre capable de croire que ce qui est précieux en chaque chose est l’existence même qu’elle porte en elle. L’ultime beauté du monde est éphémère et fragile parce qu’elle est dans ton regard, non dans le monde, c’est ainsi qu’on peut craindre d’en être séparé. Dans la crainte de Dieu, il n’y a pas de place pour l’espoir ; tout est plein parce que tout est immédiat. C’est une démarche de connaissance, une démarche qui exige qu’on reçoive le monde avec humilité, avec une suprême modestie afin de laisser de la place à Dieu et non à soi. La crainte de Dieu est l’amour s’unissant à la beauté.
Dans Dieu croit-Il en Dieu de Patrick Levy
Par brigitte
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Dimanche 22 octobre 2006
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Je n’ai jamais rencontré de fauve plus terrifiant, plus implacable, plus dangereux que l’adulte qui a réussi dans la fortune, le pouvoir, les médias ou la science. On en voit des variétés, siégeant dans les réunions ou passant dans les aéroports, sérieux, dominateurs, pressés, absents, courant après leur renommée, leur mallette à la main. Dans la pauvreté, la malnutrition, les plaies enfantines, il faut lire les conséquences et les traces du combat pour la notoriété, l’avancement, l’argent, l’autorité. Des millions de petits hommes célèbrent par leurs maux, ces quelques fauves illustres.
Michel SERRES
Dans le revue trimestrielle : Les enfants du monde.
Par brigitte
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