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Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 21:41
Téhéran.Irna. 22 Mai 2011.

Politique. Espagne.

 

Depuis une semaine, des milliers de jeunes espagnols manifestent dans plus de 160 villes en Espagne pour la régénération du monde politique et de la démocratie, et sont rejoints par une population découragée par la crise économique.

Dimanche le 15 mai, de grandes manifestations, dans 50 villes, ont commencé à réclamer « une vraie démocratie », le mouvement s’est ensuite amplifié pour devenir une agora, surnommée « Démocratie réelle maintenant », à qui se sont ralliées presque 500 associations.


L’épicentre du mouvement, qui mobilise des dizaines de milliers de personnes à travers l’Espagne, est sur la Puerta del Sol, en plein centre-ville de Madrid, où campent des centaines de jeunes.


« Nous fonctionnons avec une assemblée générale, horizontale et ouverte, c’est notre organe de décision qui se réunit deux fois par jour », explique Mario, 27 ans, l’un des porte-parole, qui, avec son diplôme d’ingénieur, enchaîne les stages peu payés et les périodes de chômage.


« Nous voulons ramener l’espoir dans cette société qui en a besoin »

Ce mouvement ne se concentre pas uniquement sur la crise économique. À écouter ces jeunes, leur envie est au contraire de ne parler que politique, pour « réinventer » un système qu’ils rejettent.


« Ces jeunes ont su capter le sentiment d’épuisement des citoyens. En Espagne et ailleurs, la gauche a répondu à la crise avec des mesures de droite, alors les gens de gauche sont déçus », explique José Pablo Ferrandiz, directeur général de Metroscopia, institut d’études et de sondages.

 

Source : http://www2.irna.ir/fr/news/view/line-96/1105226691235447.htm

Par brigitte - Publié dans : Europe
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Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 18:16

9 mars par Jean Tosti

 

Le président de la République islandaise Ólafur Ragnar Grímsson vient de refuser, pour la deuxième fois, de promulguer la loi dite “Icesave” autorisant l’État à rembourser aux Pays-Bas et au Royaume-Uni les 3,9 milliards d’euros liés à la faillite d’une banque en ligne. Et donc, pour la deuxième fois, en vertu de l’article 26 de la Constitution, la population sera appelée à se prononcer par référendum sur cette loi. Au grand dam du gouvernement et des maîtres de la finance mondiale.


Dans un précédent article, nous avions mis l’accent sur l’avancée démocratique que représentait la mise en place en Islande d’une assemblée constituante formée de vingt-cinq citoyens élus par leurs pairs. L’article a connu un succès inattendu et, revers de la médaille, a été trop souvent déformé par divers sites ou blogs qui ont parlé à tort et à travers de “révolution islandaise”. Remettons les choses à leur place : certes, une série de “casserolades” a entraîné en 2009 la chute du gouvernement de droite et son remplacement par un gouvernement de gauche, mais ce dernier est dirigé majoritairement par des sociaux-démocrates assez semblables aux nôtres, dont le principal désir est de rejoindre l’Union européenne. Rien de très révolutionnaire là-dedans. En pleine crise, on avait nationalisé les trois principales banques du pays. Depuis, deux d’entre elles ont déjà été reprivatisées. Quant à l’assemblée constituante, elle n’a pu commencer ses travaux comme prévu le 15 février, la Cour suprême ayant annulé l’élection de ses membres au prétexte que le scrutin n’aurait pas suffisamment respecté les règles de confidentialité.

Pourtant, l’Islande n’a pas fini de faire parler d’elle, à cause de l’affaire Icesave ou grâce à celle-ci. Rappelons que, lorsque la banque Landsbanki a été nationalisée, l’État islandais n’a pas indemnisé les clients étrangers, pour la plupart britanniques ou néerlandais, de sa filiale en ligne Icesave. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas l’ont fait à sa place, et, depuis, ces deux États demandent à l’Islande de payer la facture, estimée à 5 milliards de dollars, soit 3,9 milliards d’euros. Un premier accord avait été arraché au forceps, voté à une courte majorité par le parlement islandais, mais, s’appuyant sur une pétition signée par 25 % du corps électoral, le président de la République avait refusé de promulguer la loi, entraînant un premier référendum en mars 2010. Résultat : 93 % de “non”, l’Islande ne paierait pas.

Mais les négociations reprennent en coulisse, aboutissant début 2011 à un accord beaucoup moins contraignant pour l’Islande : le remboursement pourrait s’étaler sur trente ans (de 2016 à 2046) et non plus huit. Quant au taux d’intérêt, initialement fixé à 5,5 %, il n’est plus que de 3 % pour la créance néerlandaise et de 3,3 % pour la britannique. C’est une bonne affaire, déclare le gouvernement qui, après que le Parlement a voté la nouvelle loi Icesave, se dit persuadé que le président entérinera cette fois-ci l’accord. Mais une nouvelle pétition contre le remboursement recueille 42 000 signatures, soit environ 20 % du corps électoral. Et, le 20 février, Ólafur Ragnar Grímsson refuse de signer la loi. C’est la consternation dans le landerneau politique islandais. Il faudra donc à nouveau passer par la case référendum, fixé au 9 avril.

Depuis, et de façon beaucoup plus virulente que l’an dernier, les pressions se multiplient pour forcer le peuple islandais à inverser son vote. Toutes les menaces y passent : blocus des exportations islandaises, notamment les produits de la pêche ; arrêt de l’aide financière du FMI ; blocage des négociations d’adhésion à l’Union européenne (quand on voit comment la Grèce et l’Irlande y sont traitées, c’est plutôt une bonne chose !), etc. Et puis, dit-on aux Islandais, vous devez comprendre que le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont fait un important geste de générosité envers vous. Ces deux pays n’iront pas plus loin et, si vous dites non, l’affaire se poursuivra devant les tribunaux, où la facture sera certainement plus salée.

Et, comme si tout cela ne suffisait pas, voilà les agences de notation qui se mêlent du vote islandais. Dans un communiqué daté du 23 février, l’agence Moody’s n’y va pas avec le dos de la cuiller : “Si l’accord est rejeté, nous déclasserons sans doute la note de l’Islande à Ba1 ou au-dessous, compte tenu des répercussions négatives qui s’ensuivraient pour la normalisation économique et financière du pays.” Et l’agence d’ajouter que, en cas de vote positif, elle relèverait sans doute la perspective de la note actuelle (Baa3) à “stable” contre “négative”.

Tout cela n’est pas sans rappeler le forcing qui a conduit les Irlandais à adopter de guerre lasse le traité de Lisbonne en 2009. Sans reprendre un à un les arguments évoqués ci-dessus, il en est un qui mérite qu’on s’y arrête : le Royaume-Uni et les Pays-Bas poursuivraient l’Islande devant les tribunaux et gagneraient. Une telle affirmation, contestée d’ailleurs par de nombreux juristes, suppose que ces deux pays étaient en droit d’exiger que l’Islande transforme une dette privée en dette publique. Rien n’est moins sûr. Et même si on arrivait à le “prouver” en triturant les textes européens, est-il moralement acceptable que les contribuables islandais soient contraints d’acquitter une telle dette ?

Que l’accord proposé aux Islandais soit plus favorable que le précédent est indéniable, sous réserve toutefois que le taux proposé soit un taux fixe. Mais la vraie question n’est pas là : même avec des conditions de remboursement allégées, une dette illégitime demeure illégitime et ne doit pas être payée. Si le peuple islandais émet à nouveau un vote négatif, ce sera un signal fort pour d’autres pays européens étranglés par la dette. C’est sans doute ce que redoutent le plus les maîtres de la finance |1| d’où leur acharnement à exiger le remboursement d’une somme finalement assez modeste, si on la compare aux fortunes que le gouvernement britannique a dépensées pour sauver ses propres banques.

 

Source : http://www.cadtm.org/Islande-l-odieux-chantage


Notes

|1| Déjà, en janvier 2010, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, estimait qu’il y a des obligations internationales à respecter pour le pays, et que l’Islande “ne peut pas être immunisée contre ce qui a été fait par son secteur financier”. http://www.news-banques.com/islande...

Par brigitte - Publié dans : Europe - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mardi 2 novembre 2010 2 02 /11 /Nov /2010 07:52

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Il y a cinq ans, le 29 mai 2005, le peuple français disait "non" à la Constitution Européenne.
L’Union Européenne est ultra-libérale.
L’Union Européenne est anti-sociale.
L’Union Européenne est anti-démocratique.
L’Union Européenne se construit contre les peuples.
http://bellaciao.org/fr/mot.php3?id_mot=79
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Pourquoi l'Union Européenne ?
Par eva R-sistons

 

 

29 octobre 2010: France 24 cite Herman Van Rompuy, grand commis de l'Europe. Une seule phrase résume la véritable finalité de l'Union européenne dont les citoyens, instinctivement, se méfient et qu'ils ont rejetée quand ils ont pu se prononcer librement (et la nature anti-démocratique de l'UE apparaît clairement dans le refus de tenir compte de l'Opinion publique) : " Nous devons protéger la stabilité FINANCIERE ". Oui, chers Lecteurs, vous avez bien lu: Il ne s'agit pas de protéger les citoyens européens, mais les intérêts financiers d'une minorité. Voilà le véritable objectif de l'Europe d'aujourd'hui ! 

 

Progressivement, le capitalisme d'entreprise est devenu financier, spéculatif: Avec ce que cela implique, la fin de la souveraineté des Etats et un cortège de délocalisations, de travail au plus bas coût possible,  de flexibilité broyeuse de projets et de vie familiale, et pire que tout, de chômage.

 

L'Union européenne est composée de citoyens. Mais ils ne comptent pas au regard des intérêts financiers, en d'autres termes le plus grand nombre est sacrifié aux intérêts d'une petite minorité d'individus d'une voracité pathologique et criminelle.  

 

Lire la suite sur le blog d'Eva

Par brigitte - Publié dans : Europe - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Samedi 7 août 2010 6 07 /08 /Août /2010 17:43

 
par Jérome Duval*


Rien ne va plus entre le FMI et le Premier ministre conservateur hongrois Viktor Orban. Quelle mouche a donc piqué l’ancien chou-chou des atlantistes pour soudain vouloir instaurer des taxes sur les profits financiers lors qu’il était si simple de prélever des impôts supplémentaires sur le travail ? Et si c’était M. Orban qui avait raison, se demande Jérôme Duval.


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Viktor Orban, Premier ministre (1998-2002 et depuis le 29 mai 2010)

La Hongrie qui assurera pour 6 mois à partir du 1er janvier 2011 la présidence de l’UE (Union Européenne), subit très fortement les conséquences d’une crise financière qui n’en finit pas. Pourtant pas si éloignée des objectifs de Maastricht en matière de déficit (3,8 % en 2008), la Hongrie devient le premier pays de l’Union européenne à obtenir un soutien financier de la Troïka FMI, UE et Banque mondiale.

En octobre 2008, un plan de 20 milliards d’euros est décidé pour la Hongrie : 12,3 milliards d’euros sont prêtés par le FMI ; 6,5 par l’Union européenne et 1 par la Banque mondiale. Le stock de la dette s’accroit mécaniquement. Outre la perte sèche en paiement des intérêts qui alourdit le déficit, les conditions sont sévères pour la population : hausse de 5 points de la TVA, aujourd’hui à 25 % ; âge légal de départ à la retraite porté à 65 ans ; gel des salaires des fonctionnaires pour deux ans ; suppression du treizième mois des retraités ; baisses des aides publiques à l’agriculture et aux transports publics…

L’extrême droite entre au Parlement

La Hongrie, auparavant gouvernée par les sociaux-démocrates, avait réussi à sauvegarder un système social relativement protecteur, mais l’application, sur injonction du FMI, de telles mesures d’austérité a mécontenté la population et bénéficié à la droite conservatrice qui a remporté les élections législatives d’avril 2010. Pourtant, la victoire du nouveau premier ministre conservateur, Viktor Orban, est aussitôt saluée par l’agence de notation Fitch Ratings qui estime que son parti, le Fidesz, obtenant la majorité nécessaire pour modifier la Constitution, « représente une opportunité pour introduire des réformes structurelles » [1]. Les sociaux-démocrates ont ainsi connu une défaite historique et ont ouvert un boulevard à l’extrême-droite (Jobbik) qui est entrée au Parlement pour la première fois avec un score de 16,6 %.

A peine arrivé à la tête de l’Etat, le gouvernement lance des déclarations alarmistes sur la situation financière du pays évoquant une sous-estimation des comptes par l’exécutif précédent ramenant le déficit à 7,5 % du PIB, bien plus que les 3,8 % escomptés par le FMI. Coup de bluff ou falsification de comptes ? Le lendemain 5 juin 2010, un vent de panique fait chuter les Bourses de Londres, Paris, Budapest…et l’euro se déprécie dans la crainte de difficultés semblable à celles de la Grèce. Le gouvernement sous pression tente alors de se reprendre et multiplie les communiqués pour calmer tant bien que mal les spéculateurs survoltés.

Taxer le capital ou le travail ?

Pour réduire son déficit à 3,8 % du PIB en 2010 comme le réclame le FMI et l’UE, le gouvernement prépare l’instauration d’une taxe temporaire sur l’ensemble du secteur financier, qui permettrait de prélever 0,45 % de l’actif net des banques (calculée non pas sur les bénéfices, mais sur le chiffre d’affaires), de taxer à hauteur de 5,2 % les revenus des compagnies d’assurance et de 5,6 % pour les autres entités financières (bourse, agents financiers, gérants de fonds d’investissement…). La Hongrie surenchérit ainsi sur Obama qui a timidement évoqué une taxe de seulement 0,15 % sur les banques. Mais cette mesure qui devrait rapporter environ 650 millions d’euros de recettes annuelles pendant deux ans (en 2010 et 2011), soit environ 0,8 % du PIB selon le gouvernement, ne plait pas aux banques : celles-ci font pression et menacent de retirer leurs investissements en Hongrie. Quand au FMI, il stoppe toute négociation et menace de fermer le robinet du crédit accordé en 2008. Le plan devant initialement expirer en mars 2010 avait pourtant été prolongé jusqu’à octobre de la même année.

C’est bien évidemment le projet de taxe sur le secteur financier, véritable pomme de discorde entre le FMI et la Hongrie, qui bloque la poursuite du prêt. Le Fonds estime que le pays doit prendre des mesures en adéquation avec le dogme néolibéral en cours : entendez par là taxer les pauvres avant de taxer les banques : certes, les pauvres ont peu d’argent mais il y a beaucoup de pauvres... N’auriez vous pas remarqué le cynisme à l’œuvre ? De plus, le projet de plafonnement des rémunérations dans la fonction publique, salaire du gouverneur de la banque centrale compris, est tout à fait aux antipodes des recommandations du Fonds qui préfère un nivellement par le bas en réduisant ou gelant les salaires comme en Grèce ou en Roumanie par exemple. Attention à ne pas se faire d’illusion pour autant de la part d’un parti au pouvoir qui avait déjà favorisé la pénétration du néolibéralisme dans les années 1990…

« C’est soit la taxe bancaire, soit l’austérité »

Christoph Rosenberg, qui conduisait la délégation du FMI en Hongrie, a indiqué que l’organisation internationale souhaitait obtenir davantage de précisions sur le budget de l’année prochaine : "Lorsque nous viendrons la prochaine fois, à moins que nous ne venions la semaine prochaine, le gouvernement aura logiquement avancé sur le budget 2011 et ce sera un budget très important", a-t-il dit [2]. Une fois de plus le FMI s’apprête à revoir la copie du gouvernement et intervenir directement dans l’élaboration du budget hongrois au dépend de toute souveraineté. En attendant, le FMI estime que le pays va devoir prendre « des mesures supplémentaires » d’austérité pour parvenir aux objectifs de déficit qu’il a lui-même fixé. De son côté, le ministre de l’Economie Gyorgy Matolcsy déclare lors d’un entretien : « Nous avons dit que nous ne pouvions pas mettre en place de nouvelles mesures de rigueur [...]. Cela fait cinq ans que nous appliquons des mesures d’austérité, c’est pourquoi nous en sommes là […]. Nous allons imposer la taxe bancaire, nous savons que c’est un lourd fardeau supplémentaire, mais nous savons également que nous pouvons atteindre (l’objectif) d’un déficit de 3,8 % », « C’est soit la taxe bancaire, soit l’austérité », a-t-il par ailleurs ajouté [3]. Afin de se protéger d’une extrême droite en pleine ascension lors des prochaines élections municipales début octobre, la droite conservatrice au pouvoir veut éviter des mesures trop impopulaires et rejette toute poursuite de négociation avec le Fonds.

Rupture consommée entre la Hongrie et le FMI ?

Le 17 juillet le FMI suspend la négociation et par voie de conséquence, le versement de nouvelles tranches. Dans un premier temps, la sanction des marchés ne s’est pas fait attendre et la monnaie nationale, le forint, reculait d’environ 2,4 % à l’ouverture, tandis que la Bourse perdait plus de 4 %. Le premier ministre, Viktor Orban, monte au créneau et réussit à calmer les spéculations en remerciant le FMI pour son « aide de trois ans » tout en indiquant que « l’accord sur le prêt expirait en octobre, et qu’il n’y avait donc rien à suspendre. ». « Les banques étaient à l’origine de la crise mondiale, il est normal qu’elles contribuent au rétablissement » de la situation, a-t-il souligné [4].

La nouvelle loi sur la taxe financière qui prévoit par ailleurs une réduction de l’impôt sur les petites et moyennes entreprises (PME) de 16 à 10 %, est approuvée haut la main (301 votes en faveur et seulement 12 contre) le 22 juillet par le Parlement dominé par le Fidesz de M. Orban. Sans surprise, dès le lendemain, les agences de notation financière Moody’s et Standard and Poor’s placent la note de la dette souveraine hongroise sous surveillance avec un possible abaissement à la clé. Le rôle de ces agences, juges et parties d’un système spéculatif mortifère, est résumé en peu de temps : on améliore la note lors de l’accession du gouvernement conservateur au pouvoir en l’estimant sur la voie de l’austérité capitaliste et quand on se rend compte que les mesures prennent un chemin divergeant du dogme néolibéral, on s’apprête à l’abaisser.

Le journal “Le Monde” soutient les créanciers

Contrairement aux dire du journal français Le Monde [5] dans son édition du 20 juillet, il faut soutenir l’insoumission affichée du gouvernement hongrois envers le FMI et défendre l’idée qu’il en fasse de même avec son autre créancier, l’Union européenne. Prendre ses distances envers ces créanciers ne constitue en rien une insulte envers le peuple hongrois qui devra in fine rembourser une dette dont les conditions imposées par le FMI et l’UE sont déjà un lourd fardeau pour la population.

Bien sûr, il faut aller au-delà d’une simple rupture diplomatique en proposant par exemple un front de pays unis contre le paiement de la dette, car comme l’a si bien dit Sankara, ancien président du Burkina Faso, quelques mois avant d’être assassiné : « La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également. (…) Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serais pas là à la prochaine conférence. Par contre, avec le soutien de tous, dont j’ai besoin, (applaudissements) avec le soutien de tous, nous pourrons éviter de payer. Et en évitant de payer nous pourrons consacrer nos maigres ressources à notre développement. » [6] Seule une mobilisation populaire réclamant la vérité sur la destination des sommes empruntées au même titre que la satisfaction des revendications en termes de salaires, emplois ou protection sociale permettra de faire payer le coût de la crise aux véritables responsables de celles–ci.

C’est pourquoi il est primordial pour les peuples d’Europe et d’ailleurs, d’auditer ces dettes entachées d’illégalités pour en répudier le paiement. C’est un premier pas vers la souveraineté qui permettrait d’envoyer les énormes fonds dédiés au remboursement de la dette vers les véritables besoins des populations en matière de santé, d’éducation ou de pensions de retraite, de sauvegarder leurs services publics plutôt que de les offrir aux entreprises privées.

 

Jérome Duval

Membre du réseau international du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde. A ce titre, il participe à la 5ème mission internationale au Honduras suite au coup d’Etat renversant le président constitutionnel Manuel Zelaya (2009).

 

[1] « Hongrie : Fitch salue le résultat électoral », Le Figaro, 26 avril 2010

[2] « L’UE et le FMI suspendent les consultations avec la Hongrie », par Krisztina Than et Marton Dunai, Reuters, 18 juillet 2010.

[3] « La Hongrie exclut de nouvelles mesures d’austérité », par Gergely Szakacs et Krisztina Than, Reuters, 19 juillet 2010.

[4] « Hongrie : la taxe sur les banques est "juste et nécessaire" selon le Premier ministre », AFP, 22 juillet 2010.

[5] « En Hongrie, les curieuses manières de M. Orban », éditorial du Monde, 19 juillet 2010.

[6] Discours de Thomas Sankara à Addis-Abeba, le 29 Juillet 1987, quelques mois avant sa mort.

link

Source : Réseau Votaire

Par brigitte - Publié dans : Europe - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mardi 8 juin 2010 2 08 /06 /Juin /2010 20:56

Par Michel de PONCINS

 

Les plans de relance se succèdent et se ressemblent dans toute l'Europe et c'est vraiment le bal des mensonges. Il y a les mensonges purement factuels et puis les théorèmes mensongers.

 

Il y aurait parait-il une crise mais ce n'est pas du tout sûr et où est la vérité ?  En tout cas la situation quelle qu'elle soit offre une occasion unique pour les Hommes de l'Etat d'appesantir leur lourde main sur les autres et, en fait,  d'augmenter leur pouvoir dictatorial.

 

Ce pouvoir dictatorial s'exerce en particulier parce que l'on peut appeler la technique des compteurs. Dans l'usine à gaz universelle, qui existe évidemment en France mais également dans tous les pays, les dirigeants s'imaginent en manipulant tel ou tel compteur de créer du gaz  là où il y en n'a pas. Un pays encouragera le bâtiment, un autre encouragera l'industrie,  un autre les services, chacun  selon  le propre bon plaisir des gouvernements.

 

En France le pouvoir jure qu'il n'augmentera pas les impôts et simultanément il promet de raboter les niches fiscales à concurrence de 10 %, ceci  dans un nuage de réglementations impossibles à comprendre ; c'est donc bien un mensonge total car raboter les niches c'est augmenter ouvertement les impôts.

La terminologie courante porte les traces de cette  technique des compteurs ; il est question de « dispositifs », de « pistes », de mesures  et même de « tuyaux ». Les tuyaux sont un dispositif imaginé pour faire parvenir directement une ressource fiscale nouvelle vers une catégorie précise de personnes ; en fait l'argent arrive rarement  ou en faible quantité vers les bénéficiaires, une grande partie  étant ramassé, vite fait bien fait, par les hommes publics embusqués dans l'affaire : il y a donc mensonge !

 

Au titre des théorèmes, la théorie la plus en vogue concerne la croissance et celle-ci devrait s'inscrire dans le PIB. Or, ce prétendu PIB est une quantité évanescente qui n'existe pas dans la réalité objective et n'est qu'une chimère de plus. Si à Londres un Gentleman épouse sa cuisinière le PIB baissera puisqu'il y aura un salaire en moins ; et pourtant la richesse augmentera pour au moins deux raisons : d'abord il y a une Lady de plus, ce qui n'est pas rien, et ensuite elle mijotera des petits plats  bien meilleurs qu'avant dans son statut de cuisinière !  Mais infiniment d'autres méthodes et données rendent tout à fait incertain le PIB. Un seul exemple, parmi beaucoup d'autres,  est le suivant :  si le nombre de fonctionnaires augmente, le PIB augmente en proportion ce qui est tout à fait intolérable puisqu'en fait la richesse générale diminue quand la sphère privée recule.

 

En tous cas, la croissance, selon la Pensée Unique Totalitaire (P.U.T.), implique absolument une augmentation du PIB, bien que cette donnée soit inexistante ; admettons provisoirement. C'est là que le plus gros mensonge apparaît. Les dirigeants,  surtout au plus haut niveau, dans chacun des Etats européens, clament à l'envi que si le PIB augmente tous les problèmes trouveront leur solution y compris le chômage, y compris les déficits. Les ordinateurs tournent alors comme des fous et les gouvernements lancent sur les ondes un certain pourcentage d'accroissement annuel du PIB à partir duquel tous les malheurs se résolveraient.  C'est un autre  mensonge et il justifie alors les plans de relance qui contre toute vérité évidente n'auront aucun

effet sur ce PIB.   

 

Les mêmes, en particulier en France, gardent  complètement cadenassé  le marché du travail empêchant  par leur comportement, soit inconscient soit volontaire, toute amélioration de l'emploi.  Sur le plan des déficits et ceci dans toute l'Europe, les mêmes avec le chiffre fétiche du PIB en bandoulière creusent  les déficits à une allure folle par leurs dépenses sans apporter aucun  remède valable alors que ces remèdes sont bien connus.

 

Si l'on admettait encore par pure gentillesse que ces comportements pourraient parvenir  par le détour de la prétendue relance à porter du fruit, le temps du détour serait si long que la hideuse  banqueroute aurait  le temps d'arriver.

 

Comment expliquer ces faits inimaginables ?

 

Probablement le projet bien avancé d'un Etat fédéral européen est l'explication centrale. Les gouvernants  ont carrément sauté le pas, à la fois pour leur propre intérêt et par suite aussi d'une erreur majeure d'analyse ; ils ont abandonné dans les faits et dans leur tête toute idée d'indépendance nationale.  Les hommes de l'État de tous les pays européens ayant pour la plupart abandonné cette idée de l'indépendance nationale, à force de se rencontrer et d'essayer d'agir ensemble, partagent les mêmes idées fausses et les mêmes mensonges.

 

Il est clair, depuis longtemps, qu'un pouvoir « Libérateur » est nécessaire en France et qu'il arrivera de toutes façons. La « Libération » sera aussi, pourquoi pas surtout, une route vers la vérité autant que vers la liberté.

 

Michel de Poncins

Par brigitte - Publié dans : Europe
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