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Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 20:25

Réseau Voltaire | Rome (Italie) | 7 septembre 2011

 

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Que penseriez-vous si la police, après une explosion suspecte qui aurait fait écrouler une maison en tuant les gens qui y habitaient, avant toute chose enlevait et détruisait tout ce qui reste ? C’est ce qu’ont fait, il y a dix ans, les autorités étasuniennes : elles ordonnèrent d’enlever immédiatement les structures en acier des tours écroulées le 11 septembre à New York.

 

Aucun doute, dans la version officielle, que la cause ne fût l’incendie provoqué par l’impact des avions détournés par les terroristes. Les trois cent mille tonnes d’acier des tours furent en grande partie recyclées dans des fonderies asiatiques, sauf 24 tonnes données à la société Northrop Grumman (un des plus gros contractuels militaires du Pentagone) pour construire un navire-symbole, le New-York : le premier d’une nouvelle génération d’unités d’assaut amphibie pour la guerre globale au terrorisme, justifiée par l’attaque contre les tours jumelles qu’on a montrée en mondovision directe.

 

Par contre, pas un gramme d’acier ne fût donné aux ingénieurs spécialistes de structures qui avaient demandé à examiner les colonnes et travées, pour en re-assembler quelques sections, afin de déterminer avec certitude la cause de l’écroulement. « Une telle décision -déclara Frederick Mowrer de l’Université du Maryland, professeur d’ingénierie pour la protection contre les incendies- compromet toute enquête sur les écroulements. Je juge très inquiétante la rapidité avec laquelle ont été enlevées et recyclées des preuves potentiellement importantes » (The New York Times, 25 décembre 2001).

 

Aucune tour de ce type, en fait, ne s’est jamais écroulée à cause d’un incendie. Le carburant des avions n’aurait pas pu développer une chaleur capable de fondre les massives colonnes d’acier et, de plus, ce carburant a brûlé en majeure partie à l’extérieur des tours si bien que, à l’intérieur du point d’impact, on voit des gens indemnes. La dynamique de l’écroulement des Tours jumelles et de la tour 7 (qui n’a même pas été touchée par les avions) -soutiennent différents experts- rappelle une démolition contrôlée, provoquée par des explosifs situés à l’intérieur.

 

Pour avoir soutenu ceci, le professeur Steven Jones, enseignant de physique, a été expulsé de l’Université Brigham Young (Utah). Il ne s’est cependant pas désisté. Avec une équipe dont font partie aussi des scientifiques d’autres pays, il a publié en 2009, sur la revue The Open Chemical Physics Journal (qui soumet à une révision scientifique tous ses articles à publier), une étude fondée sur l’analyse d’échantillons de poudre prélevés à Ground Zero. Ceux-ci révèlent la présence de thermite, une substance non explosive qui produit une réaction chimique à une température de 2 500 degrés Celsius, en capacité de fondre l’acier, en le coupant comme un couteau chauffé coupe le beurre.

 

On voit sur une photo une colonne d’acier tranchée net, en diagonale, avec des coulures semblables à celles d’une bougie. Et, comme la thermite n’a pas besoin d’air pour brûler, la réaction continua pendant plusieurs jours à développer de la chaleur sous les décombres, alors que les pompiers les refroidissaient par des jets d’eau continus.

C’est sur ces preuves et d’autres, toutes scientifiques, que se fonde l’étude du professeur Steven Jones qui a mis au défi les scientifiques soutenant la version officielle de réfuter la sienne. Ces derniers ont cependant refusé de la lire, en disant qu’ils n’avaient pas le temps de le faire. Mais la version officielle est en train de s’écrouler de la façon dont se sont écroulées les tours : comme un château de cartes.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

 

Réseau Voltaire

Par brigitte - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Dimanche 11 septembre 2011 7 11 /09 /Sep /2011 17:17

Le dixième anniversaire des attentats du 11-Septembre donne lieu à une débauche d’articles, de documentaires et de programmes audio-visuels pour certifier la version bushienne des événements, alors que l’opinion publique mondiale est devenue majoritairement sceptique. Pour Thierry Meyssan, qui est à l’origine du débat mondial sur l’interprétation des attentats, cette écrasante campagne médiatique est l’ultime tentative du système impérial pour préserver son apparente légitimité et justifier ses prochaines guerres.

Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 11 septembre 2011

 

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Nicolas Sarkozy : « Dix ans ont passé qui n’ont rien effacé du souvenir de ces destins brisés et tous les Français se souviennent de ce qu’ils faisaient en ce 11 septembre, tant ils ont été bouleversés par ce qui vous est arrivé. Et au soir du 11 septembre, au fond, nous les Français nous nous sentions américains comme jamais. (…) La plus belle réponse à ces assassinats en masse et à ces assassins, c’est la libération des peuples arabes, autour des valeurs qu’ont toujours incarnées l’Amérique et la France, la démocratie. »
©Elysée.

Il est étrange d’observer la manière dont la presse occidentale célèbre le dixième anniversaire des attentats du 11-Septembre : alors que le sujet pourrait être abordé sous des angles très divers, un mot d’ordre s’est imposé ou a été imposé. Les médias rivalisent en matière de témoignages sur le thème : « Que faisiez-vous ce jour-là, à ce moment-là ? ». Cette approche illustre la volonté collective de ne pas prendre de recul, de ne pas analyser l’événement et ses conséquences, pour se limiter au seul registre de l’émotion instantanée, bref de ne pas faire de journalisme, mais du grand spectacle.

 

Cette commémoration s’accompagne d’injonctions orwelliennes : « Comment osez-vous douter de la version officielle face à la douleur des familles de victimes ? », ou encore « Ceux qui remettent en cause la version officielle sont des négationnistes ennemis de la démocratie ! ». Or, précisément, le respect des victimes —pas seulement celles qui sont mortes ce jour-là aux États-Unis, mais aussi celles qui sont mortes des conséquences en Afghanistan, en Irak, en Libye et ailleurs— exige que nous cherchions la vérité au lieu de nous contenter de mensonges abracadabrantesques. Et comment pouvons-nous faire vivre la démocratie si nous ne questionnons pas les vérités officielles, pire si nous remplaçons le débat argumenté par l’injure ?

 

Dés les jours suivants les attentats, à travers une série d’articles, puis dans les mois qui suivirent à travers des livres et des conférences, j’ai contesté la version bushienne de l’événement et j’ai accusé une faction du complexe militaro-industriel US dominée par les Straussiens de l’avoir commandité. Bien qu’initialement solitaire dans ma démarche et bien que conspué par la presse atlantiste, j’ai progressivement mobilisé l’opinion publique internationale, y compris aux États-Unis, jusqu’à ce que mes interrogations fassent irruption l’an dernier à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies. Plus les autorités US ont tenté de me contredire, plus elles se sont contredites elles-mêmes, et plus le doute s’est répandu. Aujourd’hui il est majoritaire.

 

Comme toujours lorsque le vent tourne, les opportunistes préservent leur avenir en prenant leurs distances avec la version qu’ils ont longtemps défendue et qui prend l’eau de toutes part. Ce fut le cas hier de MM. Kean et Hamilton, les co-présidents de la Commission présidentielle sur les attentats qui se sont désolidarisés de leur propre rapport, c’est aujourd’hui celui de M. Clarck, le conseiller antiterroriste de M. Bush, qui accuse ses collègues de dissimulation. En 10 ans, les autorités états-uniennes et britanniques ont été incapables de produire les preuves qu’elles avaient pourtant promises à l’Assemblée générale des Nations Unies pour justifier de leur action en « légitime défense » en Afghanistan. A contrario, elles ont montré qu’elles avaient un lourd secret à cacher et elles n’ont cessé de multiplier les mensonges pour le masquer. Qui oserait encore prétendre, comme Colin Powell au Conseil de sécurité, que Saddam Hussein est complice du 11-Septembre, ou comme Tony Blair qu’Oussama Ben Laden a commandité les attentats de Londres ?

 

Durant ces dix années, des experts toujours plus nombreux ont montré les incohérences de la version bushienne, que d’autres experts ont défendue. Si les arguments de ces derniers étaient convaincants, la polémique se serait éteinte. Mais ce débat à ceci de si peu scientifique que le partage entre les experts recoupe une ligne de séparation exclusivement politique. S’ils approuvent l’invasion de l’Afghanistan et le Patriot Act, alors ils affirment que les structures métalliques des Tours jumelles n’ont pas résisté à la chaleur des incendies, que la Tour 7 était trop fragile et qu’un avion s’est désintégré à l’intérieur du Pentagone. Au contraire, s’ils sont horrifiés par l’expansion militaire impériale et par la légitimation de la torture, ils considèrent comme impossible que les Tours jumelles soient les seules au monde à pouvoir s’effondrer ainsi, que la Tour 7 se soit effondrée par mimétisme, et qu’un gros Boeing soit entré dans le Pentagone par une porte cochère sans en abîmer le chambranle.

 

La version bushienne du 11-Septembre est devenue le dogme central de l’impérialisme. Nous sommes sommés d’y croire comme en une vérité révélée. Faute de quoi nous remettons en cause le Nouvel Ordre Mondial et sommes rejetés comme hérétiques et complices intellectuels du terrorisme.

 

La ligne de partage se résume ainsi : d’un côté, les élites occidentales ou globalisées s’accrochent à la version officielle, de l’autre la majorité des populations occidentales et le Tiers-monde crient au mensonge.

 

Le fond du débat n’est pas de savoir comment des individus ne figurant pas sur la listes des passagers embarqués dans un avion peuvent le détourner en vol, ni la manière dont un Boeing peut plier ses ailes pour entrer par une petite porte se cacher dans le Pentagone, mais de savoir si l’Occident a été à partir de ce jour-là la cible d’un complot islamique mondial, ou si une faction US a organisé cet événement pour se lancer impunément à la conquête du monde.

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A Paris, une réplique des Twin Towers a été édifiée sur l’esplanade du Trocadéro en hommage aux 3000 victimes du 11-Septembre. Elle sera inaugurée par l’ambassadeur des États-Unis, le maire de la capitale et le ministre de l’Intérieur. Aucun mémorial n’a été prévu pour le million de victimes des guerres d’Afghanistan, d’Irak et de Libye.

Les philosophes qui étudient l’histoire des sciences assurent que les erreurs scientifiques ne disparaissent pas toujours avec leur réfutation. Il faut parfois attendre la disparition de la génération qui les professait. Ce qui permet à une vérité de remplacer une erreur, c’est qu’avec le temps la vérité conserve un pouvoir explicatif, tandis que l’erreur la perd.

 

Dès 2001, je concluais mon analyse en mettant en garde face à une généralisation de lois liberticides. Je récusais la présentation d’Al-Qaida comme une organisation terroriste anti-occidentale et affirmait au contraire que c’était un milieu de mercenaires arabes utilisés par la CIA dans différents conflits en Afghanistan contre les Soviétiques, en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo contre les Serbes, et en Tchétchénie contre les Russes, conformément à la stratégie Brzezinski. Enfin, j’annonçais l’imminente invasion de l’Irak et le remodelage du Moyen-Orient voulu par les néoconservateurs pour une fois alliés de Kissinger.

 

À l’époque, la presse de référence a tourné mes analyses en dérision sur quatre points principaux.
- Le Monde expliquait que les États-Unis n’attaqueraient jamais plus l’Irak car ils avaient déjà réglé le problème avec « Tempête du désert » et que seul mon antiaméricanisme primaire me poussait à envisager le contraire.
- Le Monde Diplomatique enseignait doctement que je ne connaissais rien à la politique US pour imaginer une alliance néocons-Kissinger.
- Le Washington Post nous abreuvait de détails sur le tentaculaire complot islamiste mondial que je refusais de prendre en compte, aveuglé que j’étais par la présence arabe en France.
- Et le New York Times faisait l’éloge du Patriot Act et de la création du département de la Sécurité de la Patrie auquel seul un pacifiste européen imprégné de l’esprit munichois pouvait s’opposer.

 

Pourtant, 10 ans après, sur les quatre points qui ont été contestés de mon analyse politique, chacun peut constater que j’avais raison et que mes détracteurs avaient tort. Ils cherchent aujourd’hui à se rattraper en concédant haut et fort que l’administration Bush a « utilisé » le 11-Septembre pour imposer son propre agenda. Avec le temps, ils finiront par reconnaître que je ne suis pas un voyant prédisant par hasard un avenir qu’ils ne soupçonnaient pas, mais qu’une analyse politique rigoureuse permettait de comprendre à l’avance que les commanditaires du 11-Septembre entendaient mettre en œuvre cet agenda.

 

Alors que l’OTAN vient de placer les compagnons de Ben Laden au pouvoir à Tripoli, il est plus que jamais indispensable de comprendre le 11-Septembre pour identifier les réels dangers qui menacent la paix dans le monde et pour y faire face. Comment ne pas voir que les personnalités qui célèbrent avec emphase cet anniversaire soutiendront demain de nouvelles guerres au Proche-Orient et en Afrique du Nord ?

Par brigitte - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Vendredi 9 septembre 2011 5 09 /09 /Sep /2011 07:59
« Le printemps des sayanim » de Jacob Cohen

« Le printemps des sayanim » de Jacob Cohen est un livre passionnant, que les médias de l’establishment ont malheureusement ignoré, mais que tout citoyen qui s’intéresse aux affaires de son pays devrait lire. Il met en évidence un aspect crucial : le travail de renseignement et de désinformation auquel participent des citoyens au service d’un État tiers. Il s’agit d’une activité qui profite à l’occupant israélien, et dont l’ampleur et les retombées sur la politique et l’opinion publique dans nos pays, sont énormes !
8 septembre 2011 | Thèmes (S.Cattori) : Lobbies pro-israéliens
Par brigitte - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 07:46

Le Réseau Voltaire a reçu de nombreux courriers de lecteurs comportant des questions sur Al-Qaida en Libye. Afin de leur répondre, Thierry Meyssan a rassemblé les principaux éléments connus de ce dossier. Ces faits confirment son analyse, développée depuis le 11-Septembre, selon laquelle Al-Qaida est un milieu de mercenaires utilisé par les États-Unis pour combattre en Afghanistan, en Bosnie-Herzégovine, en Tchétchénie, au Kosovo, en Irak, et maintenant en Libye, en Syrie et au Yémen.


Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 6 septembre 2011

 

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Chef historique d’Al-Qaida en Libye, Abdelhakim Belhadj, est devenu gouverneur militaire de Tripoli « libérée » et a été chargé d’organiser l’armée de la « nouvelle Libye ».

Dans les années 80, la CIA incite Awatha al-Zuwawi à créer une officine en Libye pour recruter des mercenaires et les envoyer au jihad en Afghanistan contre les Soviétiques. À partir de 1986 les recrues libyennes sont formées au camp de Salman al-Farisi (Pakistan), sous l’autorité du milliardaire anti-communiste Oussama Ben Laden.

 

Lorsque Ben Laden se déplace au Soudan, les jihadistes libyens l’y suivent. Ils y sont regroupés dans leur propre compound. À partir de 1994, Oussama Ben Laden dépêche des jihadistes libyens dans leur pays pour tuer Mouammar Kadhafi et renverser la Jamahiriya populaire et socialiste.

 

Le 18 octobre 1995, le groupe se structure sous la dénomination Groupe islamique combattant en Libye (GICL). Durant les trois années qui suivent, le GICL tente par quatre fois d’assassiner Mouammar Kadhafi et d’instaurer une guérilla dans les montagnes du Sud. À la suite de ces opérations, l’armée libyenne —sous le commandement du général Abdel Fattah Younés— mène une campagne d’éradication de la guérilla, et la Justice libyenne lance un mandat d’arrêt contre Oussama Ben Laden, diffusé à partir de 1998 par Interpol.

 

Selon l’agent du contrespionnage britannique David Shayler, le dévelopment du GICL et la première tentative d’assassinat de Mouammar Kadhafi par Al-Qaida sont financés à hauteur de 100 000 livres par le MI6 britannique [1].

À l’époque, la Libye est le seul État au monde à rechercher Oussama Ben Laden, lequel dispose encore officiellement de soutiens politiques aux États-Unis bien qu’il se soit opposé à l’opération « Tempête du désert ».

 

Sous la pression de Tripoli, Hassan el-Tourabi expulse les jihadistes libyens du Soudan. Ils déménagent leurs infrastructures en Afghanistan où ils installent le camp de Shaheed Shaykh Abu Yahya (juste au nord de Kaboul). Cette installation fonctionne jusqu’à l’été 2001, lorsque les négociations de Berlin entre les États-Unis et les Talibans à propos du pipe-line transafghan échouent. À ce moment-là, le mollah Omar, qui se prépare à l’invasion anglo-saxonne, exige que le camp passe sous son contrôle direct.

 

Le 6 octobre 2001 le GICL est inscrit sur la liste établie par le Comité d’application de la résolution 1267 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Il y figure toujours. Le 8 décembre 2004, le GICL est inscrit sur la liste des organisations terroristes établie par le département d’État des États-Unis. Il y figure toujours. Le 10 octobre 2005, le ministère britannique de l’Intérieur interdit le GICL sur son territoire. Cette mesure est toujours valide. Le 7 février 2006, le Comité des Nations Unies prend des sanctions à l’égard de 5 membres du GICL et de 4 sociétés qui leurs sont liées, qui continuent impunément à opérer sur le territoire du Royaume-Uni sous protection du MI6.

 

Durant la « Guerre contre la terreur », la mouvance jihadiste s’organise. L’expression « Al-Qaida », qui désignait au départ une vaste base de données dans laquelle Oussama Ben Laden choisissait les mercenaires dont il avait besoin pour des missions ponctuelles, devient progressivement un groupuscule. Sa taille diminue au fur et à mesure de sa structuration.

 

Le 6 mars 2004, le nouveau chef du GICL, Abdelhakim Belhadj, qui s’est battu en Afghanistan aux côtés d’Oussama Ben Laden [2] et en Irak, est arrêté en Malaisie, puis transféré dans une prison secrète de la CIA en Thaïlande où il est soumis au sérum de vérité et torturé. À la suite d’un accord entre les États-Unis et la Libye, il est renvoyé en Libye où il est torturé, mais par des agents britanniques cette fois, à la prison d’Abou Salim.

 

Le 26 juin 2005, les services secrets occidentaux organisent à Londres une rencontre d’opposants libyens. Ils constituent la « Conférence nationale de l’opposition libyenne » en unissant trois factions islamiques : les Frères musulmans, la confrérie des Sénoussi, et le GICL. Leur manifeste fixe trois objectifs :
- renverser Mouammar Kadhafi ;
- exercer le pouvoir pour un an (sous le nom de « Conseil national de transition ») ;
- rétablir la monarchie constitutionnelle dans sa forme de 1951 et faire de l’islam la religion d’État.

 

En juillet 2005, Abu al-Laith al-Liby parvient contre toute vraisemblance à s’échapper de la prison de haute sécurité de Bagram (Afghanistan) et devient l’un des chefs d’Al-Qaida. Il appelle les jihadistes du GICL qui ne l’ont pas encore fait à rejoindre Al-Qaida en Irak. Les Libyens deviennent majoritaires parmi les kamikazes d’Al-Qaida en Irak [3]. En février 2007, al-Liby conduit une attaque spectaculaire contre la base de Bagram alors que le vice-président Dick Cheney s’apprête à la visiter. En novembre 2007, Ayman al-Zawahiri et Abu al-Laith al-Liby annoncent la fusion du GICL avec Al-Qaida.

 

Abu al-Laith al-Liby devient l’adjoint d’Ayman al-Zawahiri, et à ce titre le numéro 2 d’Al-Qaida puisque l’on est sans nouvelles d’Oussama Ben Laden. Il est tué par un drone de la CIA au Waziristan, fin janvier 2008.

 

Durant la période 2008-2010, Saif el-Islam Kadhafi négocie une trêve entre la Jamahiriya et le GICL. Celui-ci publie un long document, Les Etudes correctrices, dans lequel il admet avoir commis une erreur en appelant au jihad contre des coreligionnaires dans un pays musulman. En trois vagues successives, tous les membres d’Al-Qaida sont amnistiés et libérés à la seule condition qu’ils renoncent par écrit à la violence. Sur 1 800 jihadistes, plus d’une centaine refuse cet accord et préfère rester en prison.

 

Dès sa libération, Abdelhakim Belhadj quitte la Libye et s’installe au Qatar.

Début 2011, le prince Bandar Bin Sultan entreprend une série de voyages pour relancer Al-Qaida en élargissant son recrutement, jusqu’ici presque exclusivement arabe, aux musulmans d’Asie centrale et du Sud-Est. Des bureaux de recrutement sont ouverts jusqu’en Malaisie [4]. Le meilleur résultat est obtenu à Mazar-i-Sharif, où plus de 1 500 Afghans s’engagent pour le jihad en Libye, en Syrie et au Yémen [5]. En quelques semaines, Al-Qaida, qui n’était plus qu’un groupuscule moribond, peut aligner plus de 10 000 hommes. Ce recrutement est d’autant plus facile que les jihadistes sont les mercenaires les moins chers du marché.

 

Le 17 février 2011, la « Conférence nationale de l’opposition libyenne » organise la « journée de la colère » à Benghazi, qui marque le début de la guerre.

 

Le 23 février, l’imam Abdelkarim Al-Hasadi proclame la création d’un Émirat islamique à Derna, la ville la plus intégriste de Libye dont sont originaires la majorité des jihadistes devenus kamikazes d’Al-Qaida en Irak. Al-Hasadi est un membre du GICL de longue date qui a été torturé par les États-Unis à Guantanamo [6]. La burqa devient obligatoire et les châtiments corporels sont rétablis. L’émir Al-Hasidi organise sa propre armée, qui débute avec quelques dizaines de jihadistes et en regroupe bientôt plus d’un millier.

 

Le général Carter Ham, commandant de l’Africom, chargé de coordonner l’opération alliée en Libye, exprime ses interrogations quant à la présence parmi les rebelles qu’on lui demande de défendre des jihadistes d’Al-Qaida qui ont tué des GI’s en Afghanistan et en Irak. Il est relevé de sa mission qui est transmise à l’OTAN.

 

Un peu partout en Cyrénaïque « libérée », les hommes d’Al-Qaida sèment la terreur, pratiquant massacres et tortures. Ils se font une spécialité d’égorger les kadhafistes et de leur arracher un œil, et de couper les seins des femmes impudiques. L’avocat de la Jamahiriya, Me Marcel Ceccaldi, accuse l’OTAN de « complicité de crimes de guerre ».

 

Le 1er mai 2011, Barack Obama annonce qu’à Abbottabad (Pakistan), le commando 6 des Navy Seals a éliminé Oussama Ben Laden dont on était sans nouvelles crédibles depuis presque 10 ans. Cette annonce permet de clore le dossier Al-Qaida et de relooker les jihadistes pour en refaire des alliés des États-Unis comme au bon vieux temps des guerres d’Afghanistan, de Bosnie-Herzégovine, de Tchétchénie et du Kosovo [7]. Le 6 août, tous les membres du commando 6 des Navy Seals meurent dans la chute de leur hélicoptère.

 

Abdelhakim Belhadj revient dans son pays dans un avion militaire qatariote au début de l’intervention de l’OTAN. Il prend le commandement des hommes d’Al-Qaida dans les montagnes du Djebel Néfoussa. Selon le fils du général Abdel Fattah Younés, c’est lui qui commandite le 28 juillet 2011 l’assassinat de son vieil ennemi qui était devenu le chef militaire du Conseil national de transition. Après la chute de Tripoli, Abdelhakim Belhadj ouvre les portes de la prison d’Abou Salim et libère les derniers jihadistes d’Al-Qaida qui y étaient détenus. Il est nommé gouverneur militaire de Tripoli. Il exige des excuses de la CIA et du MI6 pour le traitement qu’ils lui ont fait subir par le passé [8]. Le Conseil national de transition lui confie la charge de former l’armée de la Libye nouvelle.

[1] « David Shayler : “J’ai quitté les services secrets britanniques lorsque le MI6 a décidé de financer des associés d’Oussama Ben Laden“ », Réseau Voltaire, 18 novembre 2005.

[2] « Libya’s Powerful Islamist Leader », par Babak Dehghanpisheh, The Daily Beast, 2 septembre 2011.

[3] « Ennemis de l’OTAN en Irak et en Afghanistan, alliés en Libye », par Webster G. Tarpley, Réseau Voltaire, 21 mai 2011.

[4] « La Contre-révolution au Proche-Orient », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 mai 2011.

[5] « CIA recruits 1,500 from Mazar-e-Sharif to fight in Libya », par Azhar Masood, The Nation (Pakistan), 31 août 2011.

[6] « Noi ribelli, islamici e tolleranti », reportage de Roberto Bongiorni, Il Sole 24 Ore, 22 mars 2011.

[7] « Réflexions sur l’annonce officielle de la mort d’Oussama Ben Laden », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 mai 2011.

[8] « Libyan commander demands apology over MI6 and CIA plot », par Martin Chulov, Nick Hopkins et Richard Norton-Taylor, The Guardian, 4 septembre 2011.

Par brigitte - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Samedi 3 septembre 2011 6 03 /09 /Sep /2011 11:31

Jean GABARD

auteur de « Le féminisme et ses dérives – Rendre un père à l’enfant-roi »,

Les Editions de Paris

 

La « théorie du genre » affirme que toute différence de comportement entre les hommes et les femmes est le résultat de la construction sociale. Aujourd’hui dans l’actualité, cette idéologie s’est développée dans les années 1970 surtout aux Etats-Unis. Stimulée par les succès des mouvements féministes et confortée par le sentiment de culpabilité et/ou le silence des hommes, elle apparaît maintenant incontestable face aux aberrations des théories naturalistes traditionnelles. Le militantisme de ses adeptes, minoritaires dans la société mais idéalement placés dans les milieux universitaires et les médias, a permis d’obtenir son implantation et son imposition comme idéologie bien-pensante. Elle est aujourd’hui entérinée par les directives européennes comme outil de lutte et d'action contre les discriminations. Elle fait partie des programmes officiels des universités et entre maintenant dans ceux des classes de lycée.  

Cette révolution pourfendue depuis toujours par des mouvements réactionnaires peu crédibles commence cependant à inquiéter aussi certains humanistes. En effet les conséquences de cette idéologie sur la société ne sont pas anodines*.

Qu’en est-il alors de cette théorie ? Repose-t-elle vraiment sur des bases scientifiques ou n’est-elle qu’un simple postulat à la mode ?

 

 

Les féministes du « genre » peuvent aujourd’hui apporter la preuve que des thèses naturalistes sont fausses. Qui, aujourd’hui, pourrait d’ailleurs défendre de telles inepties ? Prouver que des thèses naturalistes sont absurdes donne-t-il cependant la preuve que le postulat inverse est juste ?

Les féministes du « genre » peuvent constater qu’il existe des liens entre l’éducation et des comportements mais ils ne peuvent absolument pas démontrer que la culture est la seule cause des différences entre les hommes et les femmes.

Il existe, en effet, au moins une autre explication irréfutable : les différences biologiques et notamment hormonales, parfaitement vérifiables aujourd’hui. A la naissance le petit garçon est, par exemple littéralement « bombardé » de testostérone afin de devenir homme. Au moment de l’accouchement, la femme voit son taux d’ocytocine augmenter considérablement afin de faciliter « l’accordage » avec le petit enfant…

S’il est vrai, comme le dit Elisabeth Badinter, que « le mythe ravageur de l’instinct maternel » à servi pendant longtemps « à persuader les femmes que c’est à elles de faire le sale boulot », comment dénier d’autre part qu’avoir un corps d’homme ou de femme influence nos comportements ? Comment dénier l’effet que peut avoir sur les filles leur potentialité de mettre des enfants au monde ? Le fait de naître d’une personne du même sexe (pour les filles) ou d’une personne du sexe différent (pour les garçons) structure de même différemment notre psychisme quelle que soit la culture. Comment peut-on encore le dénier ? Freud a, certes, fait des erreurs, mais il n’a pas inventé l’inconscient !

Il n’existe peut-être aucune preuve scientifique de ce qui vient d’être avancé, car par définition l’inconscient ne se maîtrise pas. Ce postulat est-il cependant moins logique qu’une idéologie affirmant que cette structuration différente du psychisme est impossible ?

 

La théorie de genre n’est en fait qu’une idéologie en réaction contre une autre idéologie, autoritaire et sexiste. Elle a permis, dans les années 1970, de contrer les arguments naturalistes de la société patriarcale traditionnelle et de servir ainsi la justice. En perdant une partie de sa raison d’être, elle se cramponne  à ses slogans simplistes et devient une utopie. Elle fait de toute différence une injustice comme si l’asymétrie était toujours associée à une forme de domination. Elle est aujourd’hui utilisée pour « victimiser » des femmes et mobiliser des militants en panne de motivations. Dénier la différence des sexes fait en effet de l’homme le coupable idéal de toute inégalité de résultat (comme s’il n’y avait pas déjà assez de délit à dénoncer) : si la femme se trouve moins performante, l’homme est accusé de l’avoir discriminée ; si elle pense avoir des capacités supérieures, l’homme est rendue responsable de sa mauvaise éducation et enjoint de faire un travail sur lui pour se bonifier.

En déniant la différence des sexes et donc en s’évitant ainsi de la gérer, cette idéologie accentue les problèmes inévitables liés à l’altérité et exacerbe les conflits entre les sexes. Il ne s’agit plus de vivre ensemble mais d’éliminer l’autre gênant et donc « mauvais », en attendant d’en faire un « nouveau ».

Plus dramatique encore, en déniant la différence des sexes, cette idéologie ne donne pas aux fonctions symboliques non interchangeables de père et de mère la possibilité de s’exercer. Elle ne permet pas aux enfants d’être véritablement éduqués et les laisse dans l’angoisse de l’unité et de la toute-puissance.

En recherchant l’unité de sexe comme d’autres ont recherché l’unité de race ou de classe, cette idéologie risque de nous entraîner vers lutopie totalitaire et la confusion ! … Ne sommes-nous pas d’ailleurs, déjà dans l’indifférence ?

 

 

 

Je suis donc opposé à cette idéologie du genre qui s’appelle à tort une « théorie » et pourtant

-je suis opposé à la théorie contraire : la théorie naturaliste

-Je ne suis pas chrétien mais plutôt agnostique et défend la laïcité.

-Je ne suis pas « masculiniste » mais préfère être le plus démocrate possible que féministe

-Je ne suis pas d’extrême droite et vote pour les candidats qui me semblent présenter le plus de chance de défendre la justice sociale ou souvent, malheureusement, le moins de risque de trop préserver les intérêts des favorisés. J’aurais tendance à les trouver plutôt à gauche (à part lors d’un certain deuxième tour, en 2002 !) 

-Je ne suis pas réactionnaire. Je ne suis ni nostalgique du passé ni dans l’adoration de la crise d’adolescence malheureusement encore actuelle. Il me semble au contraire vital de sortir des réactions primaires aux erreurs de la société patriarcale traditionnelle.

-Je ne suis pas pour une société d’Ancien Régime hiérarchisée. Je ne suis pas non plus dans l’utopie des fanatiques de l’égalité mais je défends l’égalité en droits, possible et indispensable. Je me prononce donc clairement contre le racisme, le sexisme, l’homophobie et toutes les atteintes à la dignité de l’homme dont le non-respect des différences.

-Je  rejette toute forme de dictature et souhaite la liberté qu’il ne s’agit pas de confondre avec la toute-puissance. Je ne suis pas partisan d’une raison qui voudrait maîtriser les désirs mais d’une raison qui essaie de les gérer.

Je suis donc opposé à la pensée binaire. Par facilité, elle n’accepte pas la contradiction et le dialogue et se situe dans une logique de guerre.

L’homme existe dans la relation et celle-ci n’est possible que dans l’altérité.

 

*Ces dérives et les conséquences de ces dérives sont étudiées dans mon essai:

« Le féminisme et ses dérives – Rendre un père à l’enfant-roi »

(en librairie le 03 novembre 2011) ,

Jean GABARD, LES EDITIONS DE PARIS

(54 rue des Saint-pères 75007 Paris, 01 45 44 16 22, les-editions-de-paris@wanadoo.fr)

 

 

 

Merci de votre écoute et de transmettre

 

Jean GABARD

Thorée 42520 Maclas Fr.

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jean.gabard@gmail.com

tél : 04 74 87 34 56

portable : 06 45 28 66 81

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Par brigitte - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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