Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /2010 20:47

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Depuis les années 1990, et surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis et les États de l’Union européenne ont multiplié les initiatives censées « répondre aux menaces du terrorisme islamiste » : durcissement des législations, renforcement de la coopération antiterroriste internationale, actions ouvertes ou clandestines violant souvent le droit international. Les effets de sidération produits par des attentats spectaculaires et meurtriers ont largement inhibé l’attention critique des citoyens face aux autres menaces que beaucoup de ces initiatives font peser sur les démocraties. C’est de ce constat qu’est né un important livre collectif, Au nom du 11 septembre, coordonné par Didier Bigo, Laurent Bonelli et Thomas Deltombe, qui analyse la centralité de cet « antiterrorisme » dans la nouvelle géopolitique mondiale et son impact sur la vie politique des États démocratiques : opérations militaires, surveillance généralisée, pratiques d’exception et de désinformation... Nous publierons jusqu’à la fin de l’été plusieurs extraits de ce livre utile et même nécessaire pour mesurer le chemin parcouru par les démocraties occidentales, qui en viennent à limiter les libertés des uns au nom de la sécurité des autres – tout en alimentant, bien souvent, la violence qu’elles prétendent combattre. Après une mise en perspective comparative des médias français et britanniques, entrons plus spécifiquement dans l’univers plutôt viril (et, de fait, 100% masculin) des marchands de peur – pardon : des experts de l’anti-terrorisme...



Attentats à Londres ou à Bali, diffusion d’une vidéo de Ben Laden ou d’Al-Zawahiri, simulation d’une attaque chimique à Lyon, nouvelle législation autorisant le développement de la vidéosurveillance : ils sont là, sur les plateaux de télévision, pour commenter. Les « experts » sont devenus incontournables dans les médias français, comme leurs homologues dans les médias américains et européens. Ils brandissent des livres aux titres tapageurs : La Guerre ne fait que commencer, Le Jour où la France tremblera, Al-Qaida menace la France, etc. Un déluge éditorial qui prouve au moins une chose : l’antiterrorisme télévisé est devenu un vrai marché [1].
Naissance d’un marché
En France, le développement de l’« expertise médiatique » sur les questions de terrorisme et de contre-terrorisme remonte au début des années 1980. C’est l’époque des attentats contre les « intérêts occidentaux » à Beyrouth en 1983, du « terrorisme proche-oriental » dans les rues de Paris en 1986, mais aussi d’Action directe ou du FLNC. Le terrorisme est devenu un sujet médiatique de première importance. Hervé Brusini, un des journalistes français qui s’est le plus tôt investi dans le domaine, se souvient :
« Au début, notre désarroi face à ce type d’événement est tel que nous ne faisions que rappeler les événements précédents. Les médias ne sont alors qu’une sorte de caisse de résonance involontaire du terrorisme, une sorte de haut-parleur de l’action terroriste, sans plus. » [2]
L’idée s’impose vite, pour ne pas en être le simple relais publicitaire, de multiplier les contacts dans les diverses institutions étatiques chargées de la lutte contre le terrorisme (DST, DGSE, justice antiterroriste…) et d’établir des liens avec les milieux universitaires et les journalistes arabes susceptibles d’aider les journalistes à « contextualiser » les faits de terrorisme. Les sollicitations médiatiques sont telles que certains journalistes commencent à se transformer eux-mêmes en « spécialistes » :
- Xavier Raufer, ancien activiste d’extrême droite reconverti dans la presse magazine, milite pour la reconnaissance médiatique et universitaire d’une « science » dont il s’est fait une spécialité, la criminologie des « menaces contemporaines » ;
- Roland Jacquard, ancien journaliste au Canard enchaîné et collaborateur de diverses publications parisiennes, multiplie les livres sensationnalistes sur l’« internationale terroriste » ;
- Antoine Sfeir, correspondant d’un quotidien libanais à Paris, fonde les Cahiers de l’Orient, auxquels contribuent des journalistes et des chercheurs.
À la fin des années 1980, le « marché médiatique de l’expertise antiterroriste », pour reprendre une expression d’Hervé Brusini, est en voie de constitution. Alors que le paysage médiatique français se diversifie et que les actes de « terrorisme » semblent se multiplier (parce que ce concept flou rassemble un nombre croissant de phénomènes disparates), les services de renseignement et de sécurité hexagonaux attachent une importance croissante à leurs relations avec le monde des chercheurs et des médias : il faut capter les informations de tous ceux qui en cherchent et trouver des relais pour propager dans l’« opinion » celles qu’on veut bien donner [3]. Espèce à risque, les « spécialistes » qui interviennent dans les médias font l’objet d’une attention particulière de la part des hautes sphères du pouvoir, constate Roland Jacquard en 1986 :
« On les craint, on les flatte, on cherche à les utiliser comme intermédiaires. Combien d’entre eux ont servi de provocateurs, d’agents de liaison ! Certains se muent rapidement en agents d’influence, de renseignement, d’intoxication, peut-être non rétribués, mais remerciés par des études toutes préparées, des possibilités de scoop. » [4]
« Tolérance zéro » et « guerre de l’info »
Les stratèges militaires le savent : toute guerre est en partie une guerre de l’information. Cette idée reprend de la vigueur en France dans les années qui suivent la fin de la guerre froide. La première guerre du Golfe (1990-1991), riche en manipulations en tout genre, en est un bon exemple. C’est d’ailleurs lors de cette guerre que s’épanouit le marché de l’expertise médiatique : les « experts militaires » se démultiplient pour répondre à la demande des chaînes de télévision, que la concurrence pousse à organiser d’interminables « éditions spéciales ». Xavier Raufer fait la promotion médiatique de son Atlas mondial de l’islam activiste  [5]. Et au même moment, le politologue Gilles Kepel développe la théorie d’une guerre intestine entre l’« islam » et l’« islamisme », particulièrement appréciée des médias alors que les autorités françaises exhortent « les millions d’Arabes et de musulmans qui vivent sur notre sol » à rejeter les appels au djihad qui émanent du « monde musulman » [6].
Pour les services de sécurité et les grands médias, la « gestion de l’information » est d’autant plus cruciale que l’« ennemi » regarde la télévision – que ce soit en France ou, via le satellite, dans les anciennes colonies. C’est ce qu’a bien compris Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur de 1993 à 1995. Alors que se développe une sanglante guerre civile en Algérie, il multiplie les opérations massives de « contrôles d’identité » dans les rues des grandes villes :
« Si on ne va pas à la pêche, on ne prend pas de poissons »,
justifie en août 1994 celui qui veut « terroriser les terroristes ». Puis viennent, sous l’œil des caméras, les rafles et les expulsions d’« islamistes » :
« Cela servira de leçon à ceux qui ne respectent pas les lois de la République et aussi celle de l’hospitalité ».
Les grands médias relaieront complaisamment ce genre de « leçons » [7].
Il faut dire que nombre d’« experts » se sont évertués tout au long des années 1990 à convaincre l’opinion publique de se méfier de tout : ce sont les « experts de la tolérance zéro » qui, inspirés par les théories américaines de la gestion managériale de la délinquance urbaine, estiment que le moindre écart avec la loi – celle de la République ou celle, plus floue, de l’« hospitalité » – doit être traqué sans relâche et châtié sans ménagement pour stopper « à la source » toute « carrière criminelle » ultérieure. L’inoxydable Xavier Raufer et son compère Alain Bauer (fondateur en 1994 d’AB Associates, une société de conseil proposant aux collectivités locales des « solutions » contre l’« insécurité urbaine » et sacré « criminologue » lors de sa nomination par Nicolas Sarkozy à la tête de l’Observatoire national de la délinquance, en novembre 2003) sont les représentants emblématiques de ce courant de pensée qui milite pour décrire toute « déviance » comme le signe précurseur d’une dérive potentielle vers la grande criminalité ou le terrorisme international. Alors que l’actualité semble confirmer leurs théories (les « beurs de Marrakech » en 1994, Khaled Kelkal en 1995, le « gang de Roubaix » en 1996), les grands médias ouvrent grand leurs micros aux experts de la peur et aux « marchands de sécurité » [8].
Un autre courant de pensée s’intéresse de près, depuis la fin de la guerre froide, aux « conflits asymétriques » et à la « guerre de l’information ». Ce sont les tenants de la « guerre économique ». À l’heure du « capitalisme cognitif » et des nouvelles technologies de l’information et de la communication, estiment-ils, l’information est l’arme la plus puissante, dans le domaine militaire comme dans la sphère économique, qui permet aux « faibles » de l’emporter sur le « fort ». Aussi remontent à la surface, pour être intégrées au management d’entreprise, les théories de la « guerre moderne » forgées dans les années 1950 par des officiers français (les colonels Charles Lacheroy et Roger Trinquier) pour combattre les « subversifs » du Viêt-Minh ou du FLN algérien. Les entreprises françaises doivent ainsi pouvoir inverser les rapports de forces (et consolider leurs positions) dans la jungle économique mondiale. Les armes : l’utilisation stratégique du « vecteur médiatique », l’espionnage (ou le contre-espionnage) industriel et un encadrement efficace des employés [9].
Armés de ce savoir-faire, nombre de fonctionnaires issus des services de renseignement ou de la justice antiterroriste investissent ce nouveau marché. Battu aux élections législatives de 1997, l’ancien juge antiterroriste et ex-député RPR Alain Marsaud rejoint par exemple la Compagnie générale des eaux (CGE, future Vivendi), où il monte une « cellule de sécurité et d’intelligence économique ». Le renseignement économique, reconnaît-il, est « un secteur de reconversion particulièrement lucratif pour de nombreux fonctionnaires » [10].
À la veille de l’an 2000, les médias sont donc plus que jamais une cible. Cible des armées qui remettent au goût du jour les « opérations psychologiques » mises de côté depuis la fin de la guerre d’Algérie [11]. Cible aussi des grands groupes industriels qui se servent du « vecteur médiatique » pour déstabiliser leurs concurrents. Cible enfin d’une armée de consultants à la recherche d’un levier promotionnel pour pénétrer le marché en expansion de la « sécurité ».
Face à ces assauts, la télévision ne semble pas disposée à réagir. Cause ou conséquence de l’explosion du « marché de l’expertise », les journalistes ont tendance à se désinvestir de leur métier, remarque Hervé Brusini, aujourd’hui l’un des responsables de la chaîne publique France 3. Travaillant dans l’urgence, éloignés des lieux où se fait l’actualité mondiale, ceux qui travaillent pour les médias classiques se reposent sur ces « experts » qui ne refusent jamais de meubler un plateau de télévision ou de remplir quelques colonnes de journaux. Une forme de sous-traitance qui permet en outre aux journalistes d’externaliser leur responsabilité éditoriale. Le média n’est dès lors plus qu’une boîte vide, que les journalistes remplissent en distribuant des cartons d’invitation. Apparue sur les écrans de télévision français en septembre 2001, l’émission C dans l’air est une bonne illustration de cette logique de désinvestissement généralisé.

Bien que diffusée sur France 5, la chaîne éducative du secteur public, l’émission est en réalité totalement privatisée : réalisée dans les locaux d’Europe 1 (groupe Lagardère), elle est produite par Maximal Productions (groupe Lagardère), société dirigée par Jérôme Bellay (à l’époque patron d’Europe 1). Émission de news and talk, le principe consiste pour le présentateur, Yves Calvi (transfuge d’Europe 1), à se mettre dans la peau du « Français moyen » en posant des questions sur un ton faussement naïf et en relayant certaines de celles que les téléspectateurs envoient par SMS. En direct, ces questions sont distribuées par le présentateur à un panel d’« experts » que l’équipe de C dans l’air a préalablement « castés » [12]. L’émission est agrémentée de quelques reportages, qui la confortent grâce au « réalisme » des images et dans lesquels sont fréquemment interrogés d’autres experts.
On retrouve le même dispositif dans nombre d’émissions, en particulier sur les chaînes d’information en continu qui, par nature et par souci d’économies, sont très gourmandes d’intervenants extérieurs, généralement non rémunérés, pour remplir le temps d’antenne (LCI lancée par le groupe Bouygues-TF1 en 1994, et I-Télé lancée par le groupe Vivendi-Canal plus en 1999). C’est dans ce contexte de vampirisation du journalisme par l’« expertise » qu’intervient le 11 septembre 2001.
Apocalypse now
Le retour foudroyant du « terrorisme » dans l’actualité après le 11 septembre a puissamment consolidé la position des experts médiatiques – et en particulier de ceux qui font profession d’exploiter la peur. Car les médias exigent des réponses « expertes » à de multiples questions : que s’est-il passé et que doit-on maintenant craindre ? Qui est Ben Laden et que se passe-t-il « dans le monde musulman » ? Maintenant que « l’impensable est devenu réalité » et que le terrorisme a muté en « hyperterrorisme », les journalistes des grands médias ont tendance à faire une confiance aveugle aux scénaristes du pire.
C’est ainsi que Guillaume Bigot, obscur professeur d’économie de l’université privée Léonard-de-Vinci, sort de l’anonymat. Auteur en 2000 d’un recueil intitulé Les Sept Scénarios de l’apocalypse, il avait, dit-on, « prophétisé » le 11 septembre. Honoré de ce fait du titre de « spécialiste en géopolitique », il sera invité à faire des démonstrations d’anticipation cataclysmique sur de nombreux plateaux de télévision et il entamera une prolifique carrière d’essayiste – il tentera même sa chance en politique (comme candidat chevènementiste aux élections législatives de 2002). Un parcours qui montre que l’« apocalypse » se vend bien et que la consécration télévisuelle peut ouvrir d’intéressantes perspectives de carrière. Par un soigneux glissement du conditionnel à l’indicatif, et du « possible » au « certain », les experts du genre décrivent la situation post-11 septembre comme une terrifiante période de danger perpétuel. Mais la plus belle réussite de l’après-11 septembre est sans doute le come back médiatique de Roland Jacquard.

L’« expert » qui prophétisait depuis plus de vingt ans l’inimaginable (terrorisme nucléaire, détournement d’avion par des virus informatiques, etc. [13]) trouve enfin sa consécration. Et il est pris d’autant plus au sérieux que l’ex-journaliste s’affuble maintenant du double titre, aussi ronflant qu’énigmatique, de « président de l’Observatoire international du terrorisme » et d’« expert auprès des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU ». Fin connaisseur des médias, Roland Jacquard sait en effet que les journalistes qui l’invitent ont tellement besoin d’« experts » pour remplir les plateaux et pour répondre « aux questions que se posent les téléspectateurs », qu’ils n’interrogeront jamais publiquement la pertinence de tels « titres » [14].
Jouant ainsi du désinvestissement des journalistes, Roland Jacquard peut suggérer n’importe quelle hypothèse – celle par exemple de l’implication d’anciens agents de la Stasi ou de l’Irak dans les attentats du 11 septembre [15] – sans risque d’être démenti. La forme étant de loin plus importante que le fond, ses prestations médiatiques se résument pour l’essentiel à une sidérante rafale de chiffres à prétention scientifique et d’anecdotes d’apparence technique visant à démontrer l’imminence d’une « attaque bactériologique », de l’explosion d’une « bombe radiologique » ou de l’ infiltration en France de dangereux virus ». La conclusion est toujours la même :
« Il faut être extrêmement prudent, et se préparer à cette guerre de demain, parce qu’elle arrivera malheureusement un jour… » [16]
Outre les « experts » des techniques opérationnelles terroristes, la configuration des plateaux de télévision prévoit systématiquement la présence de « spécialistes du monde arabo-musulman », censés donner aux téléspectateurs un peu d’intelligibilité géopolitique à l’action d’Al-Qaida et des autres mouvements « islamistes ». Les figures emblématiques en la matière sont sans conteste Antoine Sfeir et Antoine Basbous (ancien porte-parole en France des Phalanges chrétiennes libanaises, devenu essayiste). Bons clients », ils tiennent un discours simple et inquiétant, beaucoup plus facile à vendre que les analyses nuancées proposées par des chercheurs comme Bruno Étienne, Olivier Roy ou François Burgat. Moyennant quoi, selon l’hebdomadaire Télérama, en ne prenant en compte que les chaînes hertziennes, Antoine Basbous est intervenu 121 fois à la télévision entre le 11 septembre 2001 et le 11 septembre 2006, et Antoine Sfeir 240 fois – soit près d’une fois par semaine en moyenne, vacances comprises [17]...

Deuxième partie : « Experts Corp. » (en ligne jeudi 26 août)

P.-S.

Ce texte est paru initialement sous le titre « Armer les esprits, le business des “experts” à la télévision française » dans le recueil Au nom du 11 septembre, coordonné par Didier Bigo, Laurent Bonelli et Thomas Deltombe, publié aux éditions La Découverte, et accessible intégralement pour les usagers des bibliothèques abonnées à Cairn.info en cliquant ici. Nous le publions avec l’amicale autorisation des coordonnateurs et éditeurs.

Notes

[1] Ce texte doit beaucoup au chercheur Arnaud Le Gall et notamment à L’Accès des « intellectuels experts » à l’espace médiatique. Sociologie des interventions télévisuelles lors des deux guerres en Irak (1990-1991 et 2002-2003), mémoire de DEA, Sciences-Po Rennes, 2004. Sur différents thèmes abordés ici, on lira par ailleurs avec profit : Mathieu Rigouste, L’Ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine, La Découverte, Paris, 2008.


[2] Entretien avec l’auteur, 5 avril 2007.


[3] Claude Silbersahn et Jean Guisnel, Au cœur du secret, Fayard, Paris, 1995, p. 95-101.


[4] Roland Jacquart, La Guerre du mensonge. Histoire secrète de la désinformation, Plon, Paris, 1986. p. 111.


[5] Publié à La Table ronde en 1991


[6] Thomas Deltombe, L’Islam imaginaire. La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005, La Découverte, Paris, 2005, p. 125-143.


[7] Thomas Deltombe, L’Islam imaginaire. La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005, La Découverte, Paris, 2005, p. 170-239.


[8] Voir Pierre Rimbert, « Les managers de l’insécurité », in Laurent Bonelli et Gilles Sainati (dir.), La Machine à punir. Pratiques et discours sécuritaires, L’Esprit frappeur, Paris, 2004, p. 235-276 ; et Richard Vargas, « Marchands de sécurité », Arte, 22 janvier 2003.


[9] Hélène Masson, Les Fondements politiques de l’intelligence économique, Thèse de science politique, université Paris-XI-Jean Monnet, Sceaux, décembre 2001


[10] Alain Marsaud, Face à la terreur, Fayard, Paris, 2007, p. 181.


[11] Voir par exemple : Jacques Isnard, « Les armées veulent contrôler les esprits », Le Monde, 23 janvier 1999 ; et François Gere (dir.), Modernité de l’action psychologique, Fondation de recherche stratégique, Paris, octobre 1999.


[12] Jérôme Bellay, « Garantis incollables », Télérama, 31 janvier 2007. Ainsi, la consultation des archives de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) montre que Xavier Raufer a été invité dix-huit fois dans cette émission entre janvier 2002 et novembre 2007, pour s’exprimer sur des sujets aussi variés que les « gangs de banlieue », les Roms, les « bébés à vendre », Al-Qaida ou le pillage des œuvres d’art.


[13] Interrogé sur TF1 le 20 juillet 2001 à l’occasion de sommet du G8 à Gênes (Italie), il avait évoqué une possible attaque « par canaux à moteur » ou « par deltaplane ». Information qu’il tenait, disait-il, des services de sécurité occidentaux et… « soviétiques » (sic).


[14] Les fonctions de Roland Jacquard à l’ONU sont pourtant assez mystérieuses. Aucun des sites Web de l’organisation internationale ne mentionne son nom dans un quelconque organigramme. Les messages que nous avons envoyés aux instances onusiennes chargées des questions de terrorisme sont restés sans réponse. Le chercheur Arnaud Le Gall n’a pas eu plus de succès en essayant de contacter Roland Jacquard lui-même. Selon plusieurs « experts » et journalistes que nous avons interrogés, c’est en tant que « conseiller » du président gabonais Omar Bongo que Roland Jacquard serait accrédité à l’ONU.


[15] « Les 4 vérités », France 2, 14 septembre 2001.


[16] « La déferlante kamikaze », C dans l’air, France 5, 19 mai 2003.


[17] Télérama, 31 janvier 2007.




Vendredi 27 Août 2010


http://lmsi.net/Armer-les-esprits http://lmsi.net/Armer-les-esprits

 

Lu sur AlterInfo

Par brigitte - Publié dans : Notes de lecture - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /2010 07:21

 

Cher(e)ami(e)

 

Lac Tchad : poumon d’eau et vecteur de vie économique pour l’Afrique centrale

Par Jacques Cheminade

Cet article fait partie d’un dossier publié dans le journal Nouvelle Solidarité du 27 août 2010, dans le cadre de notre campagne internationale pour une nouvelle ingénierie de la biosphère.

Aujourd’hui, le lac Tchad se meurt. S’étendant sur 315 000 km2 au paléolithique, il n’a cessé de se contracter depuis, surtout dans la période récente. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 25 000 km2 en 1964, 2500 km2 en 2008 et, toutes choses égales par ailleurs, disparition programmée pour 2020. Cette mort serait un désastre écologique : désertification, effondrement de l’agriculture vivrière, de l’élevage et des ressources halieutiques, population condamnée à la famine ou à l’émigration, Afrique centrale renvoyée « au cœur des ténèbres ». Il est donc nécessaire de le sauver. L’eau étant disponible au Sud et à l’Est, le revitaliser n’est pas une tâche impossible. Cependant, il faut y mettre le prix. Ce qui ne signifie pas seulement un investissement suffisant pour la remise en eau elle-même, mais la conception d’un grand projet qui redonne à tous les habitants de la région une espérance pour l’avenir, par un changement vécu et ressenti des conditions d’existence qui les mobilise. C’est dire que le projet Lac Tchad doit s’inscrire parmi les grands projets de l’humanité et exige un engagement panafricain et international.

Des plans existent, mais ils n’ont jamais été mis en œuvre. La Commission du bassin du lac Tchad (CBLT, constituée en 1964), composée aujourd’hui de six pays membres (Tchad, Cameroun, Niger, Nigeria, République centrafricaine, Libye, plus le Soudan et l’Algérie en instance de ratification), dans sa « vision à l’horizon 2025 », adoptée en 2003 à N’djamena, a entamé des études de faisabilité sur le détournement d’une partie des eaux du bassin du Chari vers le lac. Cependant, comme l’a annoncé son secrétaire exécutif Abdullahi Ganduje lors de la 55e session du Conseil de la commission (les 14-15 janvier 2010), cette institution a fait faillite. En plus des arriérés de paiements des pays membres, estimés à plusieurs centaines de millions de dollars, la Commission a contracté auprès de l’ECOBANK un prêt de 12,6 milliards de dollars dont elle est incapable d’honorer les échéances. La « coquille vide » que décrivait justement le lieutenant colonel Mahamadou Ibrahim Badagoma dans son rapport de mars 2007 se trouve donc en état de « coma financier dépassé ».

L’on voit donc apparaître toutes sortes de commentaires suivant lesquels on aurait dû et on devrait plutôt s’en tenir à une somme de projets ponctuels. Cependant, pour aussi louables et utiles qu’ils puissent être au niveau local, ils sont condamnés à s’épuiser d’eux-mêmes s’ils ne s’inscrivent pas dans un contexte interrégional, national et panafricain leur apportant un caractère durable et suffisamment étendu pour changer l’identité d’une population en la ralliant à l’idée d’un développement mutuel et solidaire.

Ce n’est donc pas le principe du projet Lac Tchad de la CBLT qui doit être remis en cause, mais son caractère trop étroit, trop lié à une remise en eau comme une chose en soi, trop mal et trop peu financé et manquant du sens de mission susceptible de mobiliser des peuples. Surtout, un tel projet à long terme est incompatible avec la logique destructrice de court terme et de profit immédiat du système monétaire et financier international actuel. Ce que nous proposons s’inscrit donc dans une vision du monde opposée à celle de l’ordre actuel, celle de grands projets mondiaux concernant tous les pays, qui doivent apporter un soutien à chacun de ces projets dans un contexte excluant la corruption par un réel engagement de développement mutuel.

Utopique ? Non, mais difficile car supposant un changement de mentalité. C’est en effet continuer comme on va qui mène à une destruction de la vie. Changer de direction suppose qu’on affiche le projet redonnant espoir et montrant que le mettre en œuvre est possible. Notre projet Lac Tchad s’inscrit et ne peut s’inscrire que dans cet engagement économique et moral.



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Un projet italien, le projet Transaqua, proposé pour la première fois en 1990, puis en 1994, par Bonifica, la société de travaux publics du conglomérat italien IRI, constitue une référence fondamentale. Il s’agit de l’aménagement du bassin du Congo pour revitaliser le Lac Tchad, en transférant environ 100 milliards de m3 d’eau douce du fleuve Congo, de toutes façons perdus en allant à la mer et représentant à peine 5 % de son débit. Il prévoit pour cela la construction d’un canal de 2400 km du Kivu à la République centrafricaine, où il rejoindrait le Chari pour alimenter le lac. La conception est celle de la création d’un milieu de vie « le long du projet » et non simplement de l’alimentation finale en eau. C’est pour cette raison que ce type de projet « vital », en mesure de transformer la biosphère, nous paraît préférable à un projet simple d’aménagement pour la circulation de l’eau du bassin Oubangui-Chari-Logone ou d’un transfert d’eau par pipeline, par nature plus limité.

L’on peut aussi envisager, comme l’ont fait des experts de l’Institut Schiller, la création d’un ou plusieurs barrages de retenue en amont de Bangui, en République centrafricaine, et la création de puissantes unités de pompage alimentées par des centrales nucléaires à haute température de la quatrième génération, avec la coopération de la France, de la Chine, de l’Inde et de la Russie.

Quoi qu’il en soit, le projet doit créer un milieu de vie étendu au cœur de l’Afrique.

Cela suppose, en ce qui concerne le lac, de penser à l’échelle du bassin conventionnel (1 053 455 km2 en incluant une partie du Soudan, soit plus de 50 millions d’êtres humains) à moyen terme, en l’étendant à long terme aux pays eux aussi intéressés (Burkina Faso, Bénin, Togo, Guinée, les deux Congo) puis à toute l’Afrique centrale. L’approche est de revitaliser le lac et de le rendre plus profond (sa profondeur est actuellement de 1 à 7 mètres, ce qui le rend très vulnérable à l’évaporation) mais surtout de créer, sur les terres très riches abandonnées par l’eau depuis des milliers d’années, des canaux et des polders.

Ainsi se développera un milieu de vie, par la respiration du poumon vert, qui permettra de rendre complémentaires les activités de pêche (avec la création de fermes halieutiques), d’agriculture (avec une extension des cultures maraîchères) et d’élevage (en organisant des couloirs de circulation pour le bétail et en évitant que la désertification pousse les éleveurs vers le Sud).

Le lac retrouvé plus le canal Kivu-Tchad permettront de créer une série de zones irriguées pouvant atteindre 50 000 à 70 000 km2, soit environ la superficie de l’Italie du Sud. Dans toute cette région, des ressources en énergie hydroélectrique pourront être engendrées tout le long de la « chute » vers le Tchad, qu’on peut estimer à 30 à 35 000 mégawatts. Avec ces ressources pourront être mises en place les industries de transformation (alimentaires, textiles…) si nécessaires au développement et à la réduction de la vulnérabilité aux marchés extérieurs.

C’est sur cette combinaison eau-agriculture-pêche-élevage-énergie-industries de transformation que repose un avenir régional intégré. Ajoutons qu’une « autoroute fluviale » pourra alors désenclaver l’Afrique centrale en la mettant en rapport avec la transafricaine Ouest-Est Lagos-Mombassa et la transsaharienne Nord-Sud Alger-Lagos.

Au cœur du Sahel s’élèvera ainsi une espérance. A deux conditions : une juste impatience vouée à renverser l’ordre mondial injuste et prédateur actuel, et une non moins juste patience à former les peuples sur le projet, en suscitant concrètement un horizon d’espérance et non de survie immédiate.

 


Par brigitte - Publié dans : Economie - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /2010 16:41

 
par Dominique de Villepin*


Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont ouvert une campagne de désignation de boucs-émissaires à l’intérieur de la société française. Ils ont d’abord organisé un débat sur l’identité nationale de manière à remettre en question le principe fondateur de la République française selon lequel les origines individuelles et les convictions personnelles s’effacent devant le contrat social. Plus récemment, dans un discours, prononcé à Grenoble le 30 juillet 2010, M. Sarkozy a stigmatisé les Roms et évoqué une discrimination juridique entre les Français les plus anciens et les plus récents, lesquels pourraient être déchus de leur nationalité en cas de condamnation pénale grave. Pour l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, il s’agit là d’une faute morale qui entache l’honneur du pays et porte atteinte à l’essence de la Nation française.


 

Il aura suffi d’un discours à Grenoble et d’un été, d’un seul été, pour que tout bascule, de la lutte contre l’insécurité à l’indignité nationale. Je dis bien « nationale » car le président de la République nous engage tous. Et si on en doutait, il suffirait alors de lire la presse étrangère, des Etats-Unis à l’Inde en passant par les journaux européens, pour mesurer l’effarement devant le visage méconnaissable de la patrie des droits de l’homme. Il suffirait d’écouter les voix qui s’élèvent du Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale pour condamner la recrudescence raciste et xénophobe.

Et pourtant me direz-vous, rien n’a changé. Nous savons pertinemment, les uns et les autres, que ces projets d’élargissement de la déchéance de nationalité française ne pourraient déboucher sur rien de concret, rien d’efficace. Nous savons notre arsenal juridique suffisant, à l’instar de l’article 25 du code civil.

Nous savons surtout que de tels projets, même mis en œuvre, ne changeraient rien aux difficultés quotidiennes de nos compatriotes. C’est d’ailleurs la preuve que la surenchère sécuritaire n’a d’autre but que la provocation et la division pour assurer la conservation du pouvoir au service d’intérêts personnels. Des solutions existent pourtant.

Cela exige de rassembler tous les acteurs, notamment les maires et les associations, de mobiliser avec raison et détermination tous les instruments de la prévention et de la répression en reconnaissant l’ampleur de la question sociale, économique, éducative.

Rien n’a changé, et pourtant tout a changé. Changé, le regard sur les autres – Roms, gens du voyage, immigrés, musulmans… Changé, le regard sur la France, pays qui jadis avait des repères, des principes. Changé, notre regard sur nous-mêmes, entre citoyens français et « citoyens d’origine étrangère » quand l’article premier de notre Constitution « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Il ne s’agit pas là de simples détails, car nous ne pouvons oublier, au-delà de l’indigne, jusqu’où peuvent conduire ces jeux-là. Erreur, dit le philosophe… Non ! Faute. Faute morale, faute collective commise en notre nom à tous, contre la République et contre la France. Il y a aujourd’hui sur notre drapeau une tache de honte.

Réagir en conscience

Se taire, c’est déjà être complice. Il appartient à chaque Française, à chaque Français, de réagir en conscience, quels que soient son âge et sa condition et où qu’il se trouve, à Paris ou en province, pour marquer à sa façon son refus de cette dérive inacceptable. Le défi pour les responsables politiques est sans doute le plus difficile, comme en témoignent le malaise à droite, le flottement à gauche et les incertitudes au centre. Il implique de se hisser au-delà des arrière-pensées électorales et des clivages partisans.

Une fois de plus, il serait tentant de jouer tactique, habileté contre habileté, calcul contre calcul, ruse contre ruse, mais ce serait se tromper de combat. Le moment vient où les yeux des plus naïfs, des plus incrédules vont enfin s’ouvrir. La rupture entre le sommet de l’Etat et la nation est en marche, quoi qu’on veuille faire dire aux sondages d’opinion.

Il y a aujourd’hui un devoir à remplir pour tous les républicains de France, face à l’hydre qu’un président et ses courtisans voudraient réveiller au fond de chacun de nous, face à la tache qui menace de flétrir l’idée même que nous nous faisons de la France. Un devoir de refus. Un devoir de rassemblement.

Un devoir de courage politique pour préparer l’alternative républicaine qui s’impose. Un devoir que nous devons assumer tous ensemble, aussi longtemps qu’il faudra, avec toute l’énergie qu’il faudra.

 

Dominique de Villepin

Ancien secrétaire général de l’Élysée (1995-2002), ancien ministre français des Affaires étrangères (2002-2004) et de l’Intérieur (2004-2005), Premier ministre (2005-2007). Président de République solidaire (depuis 2010)

 

Source Le Monde (France)

 

Lu sur le Réseau Voltaire

Par brigitte - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Dimanche 29 août 2010 7 29 /08 /2010 19:36

Dernière mise en ligne sur le site de Manuel de Diéguez

http://www.dieguez-philosophe.com/

Voir : Programme de rentrée: du 22 août au 24 octobre 2010

 

La classe dirigeante mondiale sur écran géant

Le débarquement de l'éthique dans la politique

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024/fond_manuel.jpgLe texte de la semaine dernière laissait pressentir qu'au cours des mois à venir l'étude anthropologique de la psychophysiologie qui régit l'esprit et les comportements de la classe dirigeante mondiale se placerait au cœur des analyses futures de la géopolitique. Cet optimisme présupposait que la philosophie critique n'attendait qu'une illustration planétaire de ce thème central. Sommes-nous comblés ?

Certes, il se confirme que la rencontre projetée à Washington le 2 septembre entre M. Benjamin Netanyahou et M. Mahmoud Abbas permettra à cette tragédie de se dérouler d'acte en acte sur le théâtre du monde et que Clio y mettra tout l'éclat que mériteront les péripéties et la mise en scène d'un tel spectacle, puisque, des deux maîtres du jeu, l'Amérique et Israël, le premier sera ridiculisé par les représentations qu'il aura données deux ans durant et à guichet fermé de son impuissance, tandis que le second feindra plus que jamais de négocier avec le plus faible du trio, mais non sans l'avoir prévenu qu'il n'a pas sa place sur les planches et qu'il ne cèdera jamais rien sur le fond.

Il appartiendra donc au pâle figurant d'Allah au sein de ce vaudeville international d'obtenir d'un Jahvé à la mâchoire bien dentée ce que les crocs du Dieu fatigué des chrétiens n'auront pu obtenir. La péripétie la plus comique de l'échec programmé de la pièce sera la diffusion sur les écrans des cinq continents du désarroi d'un empire américain tenu en laisse aux yeux du monde entier par un toutou de Judée.

(…)

 

Suite :  http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024/tstmagic/decodage/coleoptere2.htm

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Vendredi 27 août 2010 5 27 /08 /2010 20:57
Par Alex Lantier
27 août 2010


Il y a un fort relent de fascisme émanant des mesures anti-immigration et sécuritaires qui sont appliquées par le président français, Nicolas Sarkozy. La politique et les méthodes que la population avait espéré voir une fois pour toutes disparaître avec les années 1930 et 1940 sont en train d'être ravivées par la bourgeoisie européenne qui cherche à gérer les conséquences de la crise économique mondiale.

Il n’y a pas d’exemple plus évident que la déportation de masse des Roms, une population jadis ciblée par les nazis pour l’extermination. Les nazis et...

 

.Lire la suite

 

Voir aussi :

 

France: Les mesures sécuritaires du gouvernements sont une menace pour le régime démocratique [26 août 2010]

 

France : Sarkozy fait la chasse aux Roms [10 août 2010]

Par brigitte - Publié dans : Politique - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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