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Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 07:37
Israël l’État voyou est bienvenu au CERN

L’annonce qui dit "Israël devient État membre associé du CERN" est affichée depuis le 16 septembre sur le site de l’organisation européenne pour la recherche nucléaire.
19 septembre 2011

Poignée de main historique et peu ragoûtante entre Rolf Heuer et l’ambassadeur israélien - Photo : Cern


L’information en soi n’est plus une surprise car il s’agit d’un événement prévu de longue date. Mais c’est le moment opportun de revenir sur un certain nombre de faits et de rappeler à une communauté de chercheurs (ici les physiciens), ses responsabilités.

 

La recherche en physique et le politico-militaire : une proximité historique

Plus que d’autres domaines de recherche, la recherche fondamentale et expérimentale en physique, et particulièrement en physique nucléaire, a toujours bénéficié du soutien des pouvoirs en place. Cette proximité avec le politique est surtout liée aux multiples applications que les recherches en physique ont permis dans le domaine de l’énergie et des armements. La mise au point d’armes nucléaires, de filières de production nucléaire pour ne citer que ces deux aspects n’a été possible qu’à la condition de disposer de moyens importants, financiers et logistiques, pour mener à bien des projets coûteux et complexes.

 

Hiroshima est le pire et le parfait exemple du résultat du comportement de certains groupes de scientifiques lorsque l’excitation liée à la recherche prend le pas sur toutes les considérations humaines et morales. A ma connaissance, aucun des scientifiques ayant participé au programme Manhattan n’a eu la décence de mettre fin à ses jours après cet acte barbare d’une cruauté infinie.

 

Le fait que la perversion ait été poussée au point de faire exploser LEUR bombe A, à l’heure où les habitants se rendent dans les usines, bureaux et écoles pour entraîner le maximum de victimes a dû les laisser totalement indifférents. Gageons que même placé au centre d’Hiroshima le 6 août 1945 à 8 h 16 min, aucun des scientifiques du groupe Manhattan n’aurait vu ni remarqué quoi que ce soit.

 

La recherche fondamentale en physique est aujourd’hui plus que jamais dépendante de moyens colossaux mis à disposition d’équipes de chercheurs dont les découvertes - et la notoriété qui accompagne ces découvertes mais qui en réalité ne concerne qu’un microcosme vite retombé dans l’oubli général après d’épisodiques coups médiatiques - ne deviennent possibles qu’à la condition d’entretenir une forte imbrication avec les pouvoirs politiques.

 

Le CERN est-il une organisation pour la recherche, ou est-il devenu une institution relayant les impératifs de ses donateurs, quitte à renier tout sens moral et à déconsidérer profondément la recherche fondamentale ?

Cette compromission éhontée avec l’Etat israélien, raciste, colonialiste, ultra-violent et belliciste illustre trop bien que la direction du CERN se comporte en composante zélée de l’oligarchie qui domine le monde contemporain. L’intégration de l’Etat sioniste au CERN comme Etat associé, avec la perspective d’une intégration complète et définitive dans un délai de 24 mois, jette une lumière crue sur l’absence totale de principes dans laquelle ceux et celles qui dirigent la recherche fondamentale sont aujourd’hui tombés.

 

De nouveaux moyens pour développer un savoir-faire meurtrier


L’Etat israélien est un Etat hors-la-loi, un « rogue State » (ou « Etat voyou »), qui a toujours refusé de signer le traité international sur la non-prolifération des armes nucléaires et a toujours refusé toute inspection des Nations Unies sur son arsenal et ses moyens nucléaires. Placé de façon privilégié dans le domaine extrêmement concurrentiel de la production d’armements toujours plus sophistiqués et meurtriers, l’Etat israélien n’a jamais hésité à se servir de ses différents champs de bataille (Liban, Palestine...) comme terrains d’expérimentation en massacrant des populations sans défense avec des moyens toujours plus élaborés. Soyons certains que les résultats obtenus, et qui se traduisent en deuils et mutilations innombrables pour les populations du Moyen-orient, figurent en bonne place dans les catalogues de ses revendeurs de matériel mortifère.

 

Prétendre que la participation israélienne au CERN serait cantonnée à des travaux de recherche à finalité forcément pacifiste, ou au moins non-belliciste, est une hypocrisie insigne. Pour peu que l’on connaisse le domaine des expérimentations, il est évident que le savoir-faire acquis dans un but spécifique (méthodes de conception de dispositifs innovants, veille technologique, mesures physiques, systèmes temps réel, qualité des logiciels etc...) est aisément transposable dans tout autre domaine ou projet. Nous pouvons être certains que les scientifiques et ingénieurs israéliens sauront faire bénéficier leurs institutions d’origine de toute innovation représentant un intérêt pour des applications répressives et militaires.

 

« Transfert de compétences, diffusion des savoirs, transferts de technologie » seront les termes alors utilisés pour édulcorer une réalité qui ne sera qu’une collaboration abjecte entre le CERN et l’occupation militaire israélienne en Palestine.

 

Un boycott... Mais comment ?


La période de 24 mois qui va s’étaler d’ici à la possible pleine adhésion d’Israël au CERN doit être mise à profit pour qu’une réaction forte venant avant tout des physiciens eux-mêmes mette le holà à cette collaboration scandaleuse entre un organisme dont la mission est la recherche fondamentale au profit du développement humain, et un Etat dont le racisme, la violence et l’absence complète de scrupules sont chaque jour condamnés par une partie de plus en plus large des populations en Europe.

 

Au niveau individuel, chaque chercheur et ingénieur peut refuser de travailler dans un groupe de projet incluant des chercheurs ou ingénieurs israéliens en invoquant une simple clause morale. Face à une réaction qui devrait être collective, les instances du CERN et des institutions qui y participent seront dans l’incapacité de prendre la moindre mesure de rétorsion à leur égard.

 

Boycotter l’Etat israélien et ses représentants au CERN est une nécessité du point de vue du soutien que nous devons apporter à la population palestinienne vivant sous occupation en Palestine, dans les camps de réfugiés du Moyen-Orient ou dans la Diaspora. Mais c’est aussi une nécessité pour que la recherche fondamentale ne soit pas encore plus discréditée qu’elle ne l’est aujourd’hui, dans un contexte de crise profonde où les impératifs sociaux pourraient bien un jour prendre le pas sur les énormes investissements imposés par cette même recherche.

 

G. A. Kirchhoff
19 septembre 2011

Par brigitte - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 13:20

Le prêtre catholique damascène Elias Zahlaoui adresse à nouveau une lettre ouverte à Alain Juppé

Nous publions ici la deuxième lettre que le prêtre catholique damascène Elias Zahlaoui adresse à Alain Juppé relativement aux événements de Syrie. Nous avions déjà publié sa première missive, fin juin, à peu près de même teneur – le ministre et le gouvernement français n’a hélas depuis pas changé d’attitude ni de mots vis-à-vis de la Syrie (voir notre article « Un prêtre syrien écrit à Alain Juppé« , mis en ligne le 23 juin). Nous doutons qu’Alain Juppé, qui avant d’être un politicien « gaullo-atlantiste » est un monument de suffisance et de bien-pensance, daigne répondre ou même lire cette nouvelle lettre ouverte d’un patriote qui souffre visiblement de voir son pays mis au ban de l’humanité par la sempiternelle coalition de gouvernements alignés sur Washington et de médias alignés sur BHL.

De fait, le père Zahlaoui ne fait pas dans l’euphémisme ou l’allusion perfide : il appelle un chat un chat et les Occidentaux des « esclaves » d’Israël. Son indignation le fait même s’exclamer à un moment : « Pauvre et monstrueux Occident ! » Et nous, qui sommes des Occidentaux, comprenons et partageons dans une large mesure son analyse et son dégoût.

Elias Zahlaoui parle dans sa lettre de la Syrie, mais aussi de la Palestine, de la Libye, de l’Egypte, du Liban, du Soudan, autant de nations arabes qui ont fait et continuent de faire les frais, à des degrés divers, de l’hypocrisie et de l’interventionnisme occidentaux. Il cite comme témoins de son accusation deux dignitaires de l’Eglise catholique, l’Américain Bernard Law, cardinal de Boston, qui avait adressé à Bush, lui aussi, une lettre ouverte cinglante à propos de l’Irak, et un Libanais, Béchara Raï, nouveau patriarche de l’Eglise maronite, qui a tout récemment averti les Occidentaux qu’ils jouaient avec le feu islamiste en Syrie (voir notre article « Le patriarche de l’Eglise chrétienne maronite : « L’Occident doit donner du temps à Bachar »« , mis en ligne le 9 septembre). Peut-on, à ce propos, espérer une déclaration, mesurée, équilibrée, mais plus « offensive »que celle qu’il a déjà faite sur le sujet, du Pape Benoît XVI qui pointerait l’index sur  la désinformation et la déstabilisation dont est l’objet cette très ancienne terre de chrétienté ? Ce serait en tout cas un bon sujet de prières !

Bref, le père Zahlaoui a lancé un cri de désespoir et de déception devant le mensonge institutionnel et institutionnalisé, le genre de lettre qu’un Alain Juppé, sorte d’ »androïde » politicien formaté pour le service du Nouvel Ordre Mondial, ne peut lire et encore moins comprendre. Mais, nous l’avons déjà écrit ici, le mensonge demeure quand même impuissant à changer les réalités. C’est la chance de de la Syrie et de la majorité des Syriens !

 

Une lettre ouverte, de patriote et de chrétien syriens, que Juppé n'est manifestement pas "formaté" pour lire et comprendre

Une lettre ouverte, de patriote et de chrétien syriens, que Juppé n'est manifestement pas "formaté" pour lire et comprendre

 

Deuxième lettre ouverte d’un prêtre arabe de Syrie à

Monsieur Alain JUPPÉ,

Ministre des Affaires Étrangères de la France


Monsieur le Ministre,

 

Depuis votre nomination au poste de Ministre des Affaires Étrangères de la France, vos déclarations à l’encontre de mon pays la Syrie, sont, pour le moins qu’on puisse dire, sinistres et orageuses. Et hier même, vous avez accusé la Syrie d’être responsable de crimes contre l’Humanité, emboîtant ainsi le pas à votre prédécesseur Bernard KOUCHNER, le valeureux défonceur des droits de l’homme ! Ces graves accusations, vous vous plaisez à les lancer contre la Syrie, chaque fois que vous vous trouvez au coeur de ce boiteux et aveugle Conseil de Sécurité, ou quand vous vous pavanez auprès de Mme Hilary CLINTON.

 

N’auriez-vous donc été parachuté au Quai d’Orsay, après votre longue disgrâce politique, par on ne sait quelle main mystérieuse, que pour préparer et justifier aux yeux de l’opinion publique, française et internationale, la destruction programmée et définitive de la Syrie, pour bien assurer la survie d’Israël ? Ignorez-vous donc que cette opinion publique, française et internationale, est savamment matraquée par des médias au service aveugle des tout puissants lobbys sionistes ? Ignorez-vous aussi que ces fameuses Instances Internationales, qui ont pour noms Assemblée Générale des Nations-Unies, Conseil de Sécurité et Conseil des droits de l’homme, et consorts, et qui sont censées exister pour asseoir la justice et la paix au niveau du monde, sont, depuis des décades, effrontément manipulées par les États-Unis? Ignorez-vous aussi que ces mêmes États-Unis, leurs présidents en tête, sont, de l’aveu même de chercheurs américains, courageux, comme Paul FINDLEY, Edward TIVNAN, NOAM CHOMSKY, David DUKE, Franklin LAMB, Stephen WALT et John MEARSHEIMER, tenus comme en laisse par le tout-puissant lobby israélien?

La Syrie, dites-vous, est responsable de crimes contre l’humanité.

 

Mais, dites donc, depuis quand est-il interdit à un pays de défendre son existence propre, ainsi que la sécurité et la dignité de ses citoyens? Cela ne serait-il permis qu’aux puissants de ce monde, comme les États-Unis, la France, l’Angleterre et l’Allemagne, qui s’érigent toujours, en dépit de leur écoeurant machiavélisme et de leurs distorsions sans nombre, en arbitres infaillibles des droits et des légitimités de toute sorte?

 

En attendant, et surtout depuis les mystérieux événements du 11 septembre 2001, vous prenez prétexte de tout pour justifier l’injustifiable, comme d’envahir et de détruire d’autres pays, comme l’Afghanistan, le Pakistan, l’Irak, et tout dernièrement la Lybie, pour en faire à votre façon odieuse, des « paradis » de paix, de droits et de démocratie!

N’est-il pas vrai que vous êtes intervenus en Lybie, pour soi-disant protéger les droits humains des civils, contre un dictateur, que, pourtant, la France et l’Italie n’ont cessé de flatter, et que l’Angleterre et les États-Unis ont fini par chérir! Et vous vous en êtes acquittés en laissant sur le sol de la Lybie, un charnier de 50,000 morts, pour la plupart des civils.

Ah, de quelle « bravoure » vous y avez tous fait preuve, y compris l’aviation israélienne!

 

Je me dois aussi de signaler que vous avez eu l’intelligence de ne pas toucher aux installations de pétrole, but unique et ultime de votre fameuse « intervention humanitaire »! Étrange « humanisme » que celui des États-Unis, de la France, de l’Angleterre, de l’Allemagne et de l’Italie, digne, il est vrai, de l’Histoire de vos différents pays, toute remplie, sans exception, d’injustices, de charniers et d’horreurs!

 

Cependant, si, en Occident, vous êtes si sensibles au problème des droits de l’homme, pouvez-vous me dire ce qui vous rend totalement aveugles à ce que fait Israël en Palestine, depuis plus de 60 ans, en décimant systématiquement le peuple palestinien, et en dévorant même la portion de terre, qui lui a été décidée par les fameuses Nations- Unies en 1947?

 

A ce propos, Monsieur le Ministre, pouvez-vous m’assurer que la France et tous les pays occidentaux, si servilement alignés sur les États-Unis et Israël, ne voteront pas le 20 septembre courant, contre le droit du Peuple palestinien à avoir « sa  » Patrie, si réduite soit-elle ?

 

Seriez-vous donc aussi, tous en Occident, aveugles et esclaves, pour ne pas oser voir, et dénigrer ce qu’a fait et continue de faire, Israël, sans impunité, au Liban, en Égypte, au Soudan, en Syrie, et même en pleine mer, contre les bateaux venus au secours des habitants de cette immense prison de Gaza, qui groupe un million et demi d’habitants? Par quelle étrange procédure, Israël a pu arracher la langue de tous ces « Grands » de l’Occident, pour s’être privés, durant tant d’années, de lui adresser le moindre reproche, face aux monstrueux et continuels défis qu’il ne cesse de lancer à tout moment, à toutes les lois et conventions internationales, dont l’Occident pourtant est l’auteur?

 

Pauvre et monstrueux Occident! Savez-vous dans quel gouffre vous vous précipitez, et où vous risquez d’embarquer bientôt le monde entier?

 

Monsieur le Ministre,

Sachez bien que je ne vous déteste pas. Mais je vous plains. Tout comme je plains avec vous, toute l’Église d’Occident qui devrait crier tout haut, face à de telles distorsions et injustices, comme l’a fait un jour le Cardinal de Boston, Mgr. Bernard LAW, en adressant une terrible lettre ouverte à Mr. Georges BUSH, lettre qui lui a valu d’être démis peu après. Cette Église d’Occident, serait-elle donc réellement morte, comme je vous l’avais dit dans la première lettre ouverte, que je vous avais adressée en date du 9/6/2011?

 

Et pourtant, ce qui se passe au niveau du monde, et ce qui se commet par les Puissances Occidentales, sont de nature à réveiller les morts. Il a donc fallu la toute dernière visite du Patriarche Maronite en France, Sa Béatitude Béchara Raï, pour dire à la France et à tout l’Occident, à travers la France, sa triste vérité.

 

Qu’il en soit remercié, au nom de tous les opprimés du monde, surtout les opprimés du Monde Arabe et Musulman.

 

Pr. Elias ZAHLAOUI

Église Notre-Dame de Damas

Koussour – Damas

Le 8/9/2011

 

Source : InfoSyrie

Par brigitte - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 07:40


Costanzo Preve

vendredi 9 septembre 2011, par Comité Valmy


1. J’ai récemment adhéré à une manifestation et j’ai signé un appel pour demander la démission de Napolitano, Berlusconi, La Russa et Frattini pour violation de la Constitution à cause de notre intervention en Libye. Je sais parfaitement qu’il s’agit d’un acte symbolique parfaitement inutile. Comme a écrit Brecht, « la colère aussi, contre l’injustice, rend la voix rauque ». Il serait facile d’être insolent sur l’unanimité guerrière qui a uni gauche et droite, extrême gauche et extrême droite, ex communistes et ex fascistes (ici le couple Napolitano/La Russa est absolument impayable, pour qui étudierait le « transformisme » hors des livres d’école). J’essaie de ne pas me laisser emporter par l’indignation et je me limiterai à offrir quelques points pour la réflexion.

2. Trop de choses ne sont pas encore connues et ne se sauront peut-être que dans les années qui viennent. Combien a duré et quand a commencé la préparation des services secrets français et anglais en Cyrénaïque et dans la zone berbère de la Tripolitaine ? Combien a compté la collaboration entre la sorcière sioniste Hillary Clinton et le fossoyeur du gaullisme Nicolas Sarkozy pour pousser un (peut-être) hésitant Obama à donner le feu vert à l’intervention armée ?

Comment a-t-il été possible de tromper la Russie et la Chine à l’ONU pour laisser la voie libre à l’hypocrite no fly-zone, ou combien au contraire y a-t-il eu de sale connivence ? Qui, au cas où elle aurait vraiment eu lieu, ferait perdre toute espoir dans le BRICS et dans la politique eurasiatiste ? Je voudrais en savoir plus, et par contre je ne sais pas.

3. Etant un chercheur spécialisé en histoire de la philosophie, je ne cesse de m’étonner de la facilité avec laquelle la légitimation de la guerre est passée de la doctrine de la « guerre juste » à la doctrine de ce qu’on appelle « intervention humanitaire ». J’épargne au lecteur de doctes reconstructions possibles de cette histoire. Initialement, la guerre juste était la guerre justifiée par la nécessité d’exporter le christianisme, et était de ce fait une guerre de « croisade ». Puis la guerre juste devint la guerre de défense de la patrie envahie (en latin pro aris et focis), mais il est clair que de cette façon on peut faire hypocritement passer l’attaque préventive pour une guerre de défense. L’apparent succès du pacifisme dans le dernier cinquantenaire ne doit tromper personne. Il a toujours été une protestation contre l’ « extermination nucléaire », et du coup, si on pouvait faire une guerre sans utiliser de bombes nucléaires, la guerre était re-légitimisée (Norberto Bobbio pour l’Irak en 1991 et la Yougoslavie en 1999). Les rites panurgiques et hypocrites des dites Marches pour la paix d’Assise ont toujours et seulement été des cérémonies institutionnelles, dans lesquelles les bêlements rituels s’accompagnaient toujours de l’exécration pour les dictateurs et de la possibilité d’exporter les droits humains.

Dans l’histoire de l’humanité, il est rare qu’on ait conduit des guerres sur la base de cartes fournies par l’état major ennemi. Ces trente dernières années par contre on nous a fait assister à ce paradoxe kafkaïen. Les pacifistes bêlaient leurs demandes rythmées de remplacer les armes par les droits humains, juste au moment où les fabricants d’armes eux-mêmes écrivaient sur leurs missiles « peace is our profession », et les contingents d’envahisseurs étaient rebaptisés « contingents de paix ».

Tout cela évidemment est amplement connu. Il faut par contre se demander, en dehors de tout identitarisme de parti ou d’organisation, comment a été possible, en l’espace de quelques décennies seulement, le passage du Grand Mensonge, de la guerre juste à l’intervention humanitaire, rendu plus aisé aussi par le passage du service militaire obligatoire (qui requérait des motivations de manipulation idéologique élargie) au métier de professionnel des armes (femmes comprises), qui est compatible avec des stratégies idéologiques moins sophistiquées (qu’on pense à l’émission de Sky-tv appelée Herat-Italia, sans oublier qui est Murdoch, le milliardaire sioniste patron de Sky).

4. Selon le modèle médiatique publicitaire étasunien, les guerres sont aujourd’hui « vendues » à ce qu’on appelle « opinion publique » sous forme personnalisée, à travers la personnalisation diabolique et démoniaque du « Dictateur Sanguinaire ». Ici le scénario se répète. En 1999, le sanguinaire dictateur était le serbe Milosevic (rebaptisé Hitlerovic sur une couverture obscène de l’Espresso, le navire amiral du groupe Scalfari-De Benedetti) ; en 2003 c’était Saddam Hussein et maintenant en 2011 le dictateur sanguinaire est Kadhafi. Ce retour personnalisé du dictateur sanguinaire doit faire réfléchir. Tout cela est certes lié au medium télévisuel qui requiert des icônes facilement reconnaissables, mais ça ne suffit pas.

Le dictateur sanguinaire est aussi une métamorphose dégénérative extrême de l’imaginaire antifasciste de la seconde guerre mondiale. L’imaginaire antifasciste partait certes de la triade diabolique personnifiée par les trois grands dictateurs (dans l’ordre de mauvaiseté : Hitler, Mussolini et Franco), mais ne se limitait pas du tout à cette dernière, car s’y ajoutaient le socialisme, le communisme, la lutte contre le colonialisme, contre le racisme, l’impérialisme, et caetera. Après la catastrophe des années 1989-1991 et la victoire tennistique dans les cercles universitaires du paradigme du Totalitarisme de Hannah Arendt, tous ces (autres, NdT) éléments ont été balayés, et n’est resté que le stéréotype du dictateur sanguinaire, si possible avec ses villas aux robinets en or et les vasques de jacuzzi recouvertes de peau humaine (et harems de vierges dans ce même hammam, NdT).

Ceci pourrait en partie expliquer comment la culture de « gauche » s’est totalement rendue au modèle du dictateur sanguinaire. Jusque Samir Amin (cf. il manifesto du 31 août 2011), tout en condamnant l’intervention OTAN et en diagnostiquant précisément les raisons « impérialistes » de la guerre en Libye, ressent le besoin de s’acharner sur le vaincu en qualifiant Kadhafi de « bouffon ». Je suis opposé à l’acharnement sur les vaincus, fut-ce avec des motivations pseudo-marxistes. Je n’éprouve aucun intérêt à corriger au crayon bleu les ingénuités du Livre Vert ou à sanctionner les indubitables éléments kitsch de son comportement. Kadhafi a été et est un grand patriote et un combattant anti-impérialiste, panarabe et panafricain, mille fois supérieur aux chiens et aux porcs qui lynchent les noirs et qui ont gagné exclusivement grâce aux bombardements de l’OTAN.

5. La honte de la culture de gauche à propos de la guerre de Libye a atteint un point quasiment difficile à décrire. Ils se sont tous faits couillonner par la rhétorique sur le « printemps arabe » sponsorisée par l’émir du Qatar et par Al Jazeera. Le fait est que cette « culture de gauche » (exemplaire est ici le journal il manifesto, dont Liberazione n’est qu’une variante syndicale) n’est plus désormais qu’une variante radicale de l’individualisme de gauche post soixante-huitard, sans aucun doute post-bourgeois, mais aussi et surtout ultra-capitaliste.

Dans cette honte s’est particulièrement distingué le trotskisme, dans toutes ses variantes (italiennes, en France le Pt ou ce qui le remplace actuellement a eu une autre analyse, NdT) de Sinistra Critica au Partito Comunista dei Lavoratori (de Ferrando) au Partito di Alternativa Comunista (de Ricci). Tous ceux-ci ont mordu à l’hameçon de la superbe révolte des masses libyennes, qui, étant dépourvues cependant d’un bon parti révolutionnaire trotskyste, se sont vues « chipée » leur magnifique victoire par l’intervention de l’OTAN. Là, la couillonnade doctrinaire a célébré en solitude son plus grand triomphe.

Les résidus dogmatiques du trotskisme veulent toujours une révolution « pure » , purissime même, parce que si elle n’est pas pure elle est toujours bonapartiste, bureaucratique, « campiste » (Castro, Chavez, et caetera). Ces malchanceux me font penser à un frustré qui, ne pouvant pas avoir la plus belle femme du monde, la seule qu’ils auraient voulu avoir, s’enferment dans la salle de bain pour se masturber en rêvant à cette Vénus idéale. Misérables ! L’OTAN, les sionistes et les USA massacrent un combattant anti-impérialiste, et ces idiots célèbrent la chute du dictateur sanguinaire !

6. Je ne m’en prends pas à Napolitano et aux ex PCI. Ils se sont bien recyclés, en 1956 ils étaient avec l’URSS et aujourd’hui, en 2011, ils sont avec les USA. Comme je ne les ai jamais estimés auparavant, ils ne m’ont même pas déçus. Les seuls qui ont conservé une attitude honnête ont été les collaborateurs de L’Ernesto (aujourd’hui Marx XXI), mais ceux-là sont les mêmes qui par anti-berlusconisme veulent s’allier avec Bersani et Napolitano, c’est-à-dire avec ceux qui bombardent la Libye. Qu’ils l’expliquent à leurs militants, et s’ils y arrivent on pourra en conclure que leurs militants ne sont pas des militants mais des mirlitants (jeu de mots très approximatif en français, pour militonti, NdT).

Le véritable problème est de faire des hypothèses sur les dits « printemps arabes ». Comme l’a dit très justement Zygmunt Bauman dans une interview à La Stampa, la chose intéressante sera l’été arabe, parce que le printemps est déjà passé. Nous sommes pour le moment dans le domaine des hypothèses. Je crois que d’une certaine façon le 2001 arabe est, vingt ans après, le correspondant du 1991 soviétique.

Le 1991 soviétique fermait le cycle des révolutions communistes du 20ème siècle dans leur aspect de révolutions ouvrières et prolétaires (bureaucratiquement dégénérées ou pas, c’est une autre histoire), à travers une majestueuse contre-révolution restauratrice des nouvelles classes moyennes qui avaient grandi à l’intérieur de l’appareil formellement « communiste ». Le 2011 arabe referme le cycle des révolutions nationalistes arabes qui s’est déroulé à partir de 1945 (nassérisme égyptien, kadhafisme libyen, baathisme irakien et syrien, etc.), dans lesquelles les nouvelles classes bourgeoises favorisées justement par le despotisme, de parti et militaire, précédent se sont autonomisées, et cherchent un rapport direct et non militairement médiatisé avec la grande globalisation financière capitaliste.

Je me trompe ? Je suis trop pessimiste ? L’avenir nous le dira rapidement.

 

Turin, 3 septembre 2011.

 

Publié sur le blog de D. Losurdo

http://domenicolosurdo.blogspot.com/2011/09/la-guerra-della-nato-in-libia-continua.html#comments

 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Par brigitte - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 20:25

Réseau Voltaire | Rome (Italie) | 7 septembre 2011

 

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Que penseriez-vous si la police, après une explosion suspecte qui aurait fait écrouler une maison en tuant les gens qui y habitaient, avant toute chose enlevait et détruisait tout ce qui reste ? C’est ce qu’ont fait, il y a dix ans, les autorités étasuniennes : elles ordonnèrent d’enlever immédiatement les structures en acier des tours écroulées le 11 septembre à New York.

 

Aucun doute, dans la version officielle, que la cause ne fût l’incendie provoqué par l’impact des avions détournés par les terroristes. Les trois cent mille tonnes d’acier des tours furent en grande partie recyclées dans des fonderies asiatiques, sauf 24 tonnes données à la société Northrop Grumman (un des plus gros contractuels militaires du Pentagone) pour construire un navire-symbole, le New-York : le premier d’une nouvelle génération d’unités d’assaut amphibie pour la guerre globale au terrorisme, justifiée par l’attaque contre les tours jumelles qu’on a montrée en mondovision directe.

 

Par contre, pas un gramme d’acier ne fût donné aux ingénieurs spécialistes de structures qui avaient demandé à examiner les colonnes et travées, pour en re-assembler quelques sections, afin de déterminer avec certitude la cause de l’écroulement. « Une telle décision -déclara Frederick Mowrer de l’Université du Maryland, professeur d’ingénierie pour la protection contre les incendies- compromet toute enquête sur les écroulements. Je juge très inquiétante la rapidité avec laquelle ont été enlevées et recyclées des preuves potentiellement importantes » (The New York Times, 25 décembre 2001).

 

Aucune tour de ce type, en fait, ne s’est jamais écroulée à cause d’un incendie. Le carburant des avions n’aurait pas pu développer une chaleur capable de fondre les massives colonnes d’acier et, de plus, ce carburant a brûlé en majeure partie à l’extérieur des tours si bien que, à l’intérieur du point d’impact, on voit des gens indemnes. La dynamique de l’écroulement des Tours jumelles et de la tour 7 (qui n’a même pas été touchée par les avions) -soutiennent différents experts- rappelle une démolition contrôlée, provoquée par des explosifs situés à l’intérieur.

 

Pour avoir soutenu ceci, le professeur Steven Jones, enseignant de physique, a été expulsé de l’Université Brigham Young (Utah). Il ne s’est cependant pas désisté. Avec une équipe dont font partie aussi des scientifiques d’autres pays, il a publié en 2009, sur la revue The Open Chemical Physics Journal (qui soumet à une révision scientifique tous ses articles à publier), une étude fondée sur l’analyse d’échantillons de poudre prélevés à Ground Zero. Ceux-ci révèlent la présence de thermite, une substance non explosive qui produit une réaction chimique à une température de 2 500 degrés Celsius, en capacité de fondre l’acier, en le coupant comme un couteau chauffé coupe le beurre.

 

On voit sur une photo une colonne d’acier tranchée net, en diagonale, avec des coulures semblables à celles d’une bougie. Et, comme la thermite n’a pas besoin d’air pour brûler, la réaction continua pendant plusieurs jours à développer de la chaleur sous les décombres, alors que les pompiers les refroidissaient par des jets d’eau continus.

C’est sur ces preuves et d’autres, toutes scientifiques, que se fonde l’étude du professeur Steven Jones qui a mis au défi les scientifiques soutenant la version officielle de réfuter la sienne. Ces derniers ont cependant refusé de la lire, en disant qu’ils n’avaient pas le temps de le faire. Mais la version officielle est en train de s’écrouler de la façon dont se sont écroulées les tours : comme un château de cartes.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

 

Réseau Voltaire

Par brigitte - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Dimanche 11 septembre 2011 7 11 /09 /Sep /2011 17:17

Le dixième anniversaire des attentats du 11-Septembre donne lieu à une débauche d’articles, de documentaires et de programmes audio-visuels pour certifier la version bushienne des événements, alors que l’opinion publique mondiale est devenue majoritairement sceptique. Pour Thierry Meyssan, qui est à l’origine du débat mondial sur l’interprétation des attentats, cette écrasante campagne médiatique est l’ultime tentative du système impérial pour préserver son apparente légitimité et justifier ses prochaines guerres.

Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 11 septembre 2011

 

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Nicolas Sarkozy : « Dix ans ont passé qui n’ont rien effacé du souvenir de ces destins brisés et tous les Français se souviennent de ce qu’ils faisaient en ce 11 septembre, tant ils ont été bouleversés par ce qui vous est arrivé. Et au soir du 11 septembre, au fond, nous les Français nous nous sentions américains comme jamais. (…) La plus belle réponse à ces assassinats en masse et à ces assassins, c’est la libération des peuples arabes, autour des valeurs qu’ont toujours incarnées l’Amérique et la France, la démocratie. »
©Elysée.

Il est étrange d’observer la manière dont la presse occidentale célèbre le dixième anniversaire des attentats du 11-Septembre : alors que le sujet pourrait être abordé sous des angles très divers, un mot d’ordre s’est imposé ou a été imposé. Les médias rivalisent en matière de témoignages sur le thème : « Que faisiez-vous ce jour-là, à ce moment-là ? ». Cette approche illustre la volonté collective de ne pas prendre de recul, de ne pas analyser l’événement et ses conséquences, pour se limiter au seul registre de l’émotion instantanée, bref de ne pas faire de journalisme, mais du grand spectacle.

 

Cette commémoration s’accompagne d’injonctions orwelliennes : « Comment osez-vous douter de la version officielle face à la douleur des familles de victimes ? », ou encore « Ceux qui remettent en cause la version officielle sont des négationnistes ennemis de la démocratie ! ». Or, précisément, le respect des victimes —pas seulement celles qui sont mortes ce jour-là aux États-Unis, mais aussi celles qui sont mortes des conséquences en Afghanistan, en Irak, en Libye et ailleurs— exige que nous cherchions la vérité au lieu de nous contenter de mensonges abracadabrantesques. Et comment pouvons-nous faire vivre la démocratie si nous ne questionnons pas les vérités officielles, pire si nous remplaçons le débat argumenté par l’injure ?

 

Dés les jours suivants les attentats, à travers une série d’articles, puis dans les mois qui suivirent à travers des livres et des conférences, j’ai contesté la version bushienne de l’événement et j’ai accusé une faction du complexe militaro-industriel US dominée par les Straussiens de l’avoir commandité. Bien qu’initialement solitaire dans ma démarche et bien que conspué par la presse atlantiste, j’ai progressivement mobilisé l’opinion publique internationale, y compris aux États-Unis, jusqu’à ce que mes interrogations fassent irruption l’an dernier à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies. Plus les autorités US ont tenté de me contredire, plus elles se sont contredites elles-mêmes, et plus le doute s’est répandu. Aujourd’hui il est majoritaire.

 

Comme toujours lorsque le vent tourne, les opportunistes préservent leur avenir en prenant leurs distances avec la version qu’ils ont longtemps défendue et qui prend l’eau de toutes part. Ce fut le cas hier de MM. Kean et Hamilton, les co-présidents de la Commission présidentielle sur les attentats qui se sont désolidarisés de leur propre rapport, c’est aujourd’hui celui de M. Clarck, le conseiller antiterroriste de M. Bush, qui accuse ses collègues de dissimulation. En 10 ans, les autorités états-uniennes et britanniques ont été incapables de produire les preuves qu’elles avaient pourtant promises à l’Assemblée générale des Nations Unies pour justifier de leur action en « légitime défense » en Afghanistan. A contrario, elles ont montré qu’elles avaient un lourd secret à cacher et elles n’ont cessé de multiplier les mensonges pour le masquer. Qui oserait encore prétendre, comme Colin Powell au Conseil de sécurité, que Saddam Hussein est complice du 11-Septembre, ou comme Tony Blair qu’Oussama Ben Laden a commandité les attentats de Londres ?

 

Durant ces dix années, des experts toujours plus nombreux ont montré les incohérences de la version bushienne, que d’autres experts ont défendue. Si les arguments de ces derniers étaient convaincants, la polémique se serait éteinte. Mais ce débat à ceci de si peu scientifique que le partage entre les experts recoupe une ligne de séparation exclusivement politique. S’ils approuvent l’invasion de l’Afghanistan et le Patriot Act, alors ils affirment que les structures métalliques des Tours jumelles n’ont pas résisté à la chaleur des incendies, que la Tour 7 était trop fragile et qu’un avion s’est désintégré à l’intérieur du Pentagone. Au contraire, s’ils sont horrifiés par l’expansion militaire impériale et par la légitimation de la torture, ils considèrent comme impossible que les Tours jumelles soient les seules au monde à pouvoir s’effondrer ainsi, que la Tour 7 se soit effondrée par mimétisme, et qu’un gros Boeing soit entré dans le Pentagone par une porte cochère sans en abîmer le chambranle.

 

La version bushienne du 11-Septembre est devenue le dogme central de l’impérialisme. Nous sommes sommés d’y croire comme en une vérité révélée. Faute de quoi nous remettons en cause le Nouvel Ordre Mondial et sommes rejetés comme hérétiques et complices intellectuels du terrorisme.

 

La ligne de partage se résume ainsi : d’un côté, les élites occidentales ou globalisées s’accrochent à la version officielle, de l’autre la majorité des populations occidentales et le Tiers-monde crient au mensonge.

 

Le fond du débat n’est pas de savoir comment des individus ne figurant pas sur la listes des passagers embarqués dans un avion peuvent le détourner en vol, ni la manière dont un Boeing peut plier ses ailes pour entrer par une petite porte se cacher dans le Pentagone, mais de savoir si l’Occident a été à partir de ce jour-là la cible d’un complot islamique mondial, ou si une faction US a organisé cet événement pour se lancer impunément à la conquête du monde.

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A Paris, une réplique des Twin Towers a été édifiée sur l’esplanade du Trocadéro en hommage aux 3000 victimes du 11-Septembre. Elle sera inaugurée par l’ambassadeur des États-Unis, le maire de la capitale et le ministre de l’Intérieur. Aucun mémorial n’a été prévu pour le million de victimes des guerres d’Afghanistan, d’Irak et de Libye.

Les philosophes qui étudient l’histoire des sciences assurent que les erreurs scientifiques ne disparaissent pas toujours avec leur réfutation. Il faut parfois attendre la disparition de la génération qui les professait. Ce qui permet à une vérité de remplacer une erreur, c’est qu’avec le temps la vérité conserve un pouvoir explicatif, tandis que l’erreur la perd.

 

Dès 2001, je concluais mon analyse en mettant en garde face à une généralisation de lois liberticides. Je récusais la présentation d’Al-Qaida comme une organisation terroriste anti-occidentale et affirmait au contraire que c’était un milieu de mercenaires arabes utilisés par la CIA dans différents conflits en Afghanistan contre les Soviétiques, en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo contre les Serbes, et en Tchétchénie contre les Russes, conformément à la stratégie Brzezinski. Enfin, j’annonçais l’imminente invasion de l’Irak et le remodelage du Moyen-Orient voulu par les néoconservateurs pour une fois alliés de Kissinger.

 

À l’époque, la presse de référence a tourné mes analyses en dérision sur quatre points principaux.
- Le Monde expliquait que les États-Unis n’attaqueraient jamais plus l’Irak car ils avaient déjà réglé le problème avec « Tempête du désert » et que seul mon antiaméricanisme primaire me poussait à envisager le contraire.
- Le Monde Diplomatique enseignait doctement que je ne connaissais rien à la politique US pour imaginer une alliance néocons-Kissinger.
- Le Washington Post nous abreuvait de détails sur le tentaculaire complot islamiste mondial que je refusais de prendre en compte, aveuglé que j’étais par la présence arabe en France.
- Et le New York Times faisait l’éloge du Patriot Act et de la création du département de la Sécurité de la Patrie auquel seul un pacifiste européen imprégné de l’esprit munichois pouvait s’opposer.

 

Pourtant, 10 ans après, sur les quatre points qui ont été contestés de mon analyse politique, chacun peut constater que j’avais raison et que mes détracteurs avaient tort. Ils cherchent aujourd’hui à se rattraper en concédant haut et fort que l’administration Bush a « utilisé » le 11-Septembre pour imposer son propre agenda. Avec le temps, ils finiront par reconnaître que je ne suis pas un voyant prédisant par hasard un avenir qu’ils ne soupçonnaient pas, mais qu’une analyse politique rigoureuse permettait de comprendre à l’avance que les commanditaires du 11-Septembre entendaient mettre en œuvre cet agenda.

 

Alors que l’OTAN vient de placer les compagnons de Ben Laden au pouvoir à Tripoli, il est plus que jamais indispensable de comprendre le 11-Septembre pour identifier les réels dangers qui menacent la paix dans le monde et pour y faire face. Comment ne pas voir que les personnalités qui célèbrent avec emphase cet anniversaire soutiendront demain de nouvelles guerres au Proche-Orient et en Afrique du Nord ?

Par brigitte - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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