Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 08:25
Réseau Voltaire | 5 avril 2012

C’est par un simple courriel envoyé aux dirigeants de la Radio-Télévision de la République Islamique d’Iran (IRIB) que le Bureau de Régulation des Médias (BLM) basé à Munich a notifié l’interdiction de diffusion de la chaîne iranienne anglophone Press TV en Allemagne.

 

L’autorité affirme que la chaine internationale d’information ne dispose pas des autorisations nécessaires pour la diffusion en Europe.

 

Cette fermeture fait suite à l’interdiction de Press TV en Grande-Bretagne par l’Ofcom, la haute autorité britannique de régulation de l’audiovisuel en janvier dernier. [1]

 

La chaine de son côté estime que cette décision fait partie d’une stratégie des Occidentaux pour faire taire une voix gênante.

 

Press TV s’est notamment fait remarquer auprès du grand public anglo-saxon par sa couverture des mouvements de protestation Occupy aux États-Unis et en Grande Bretagne, ainsi qu’en fournissant aux téléspectateurs un regard différent sur les offensives lancées contre la Libye ou la Syrie.

 

Le Réseau Voltaire rappelle que la liberté d’expression est un préalable à tout système démocratique. Elle ne peut être limitée que par la loi. Or, dans cette affaire, la censure n’est pas une décision judiciaire faisant suite à la commission de crimes ou de délits, mais une simple décision administrative à caractère évidemment politique.

 

C’est également de cette manière que la chaîne d’information libanaise Al-Manar avait été interdite, d’abord en France, puis dans tous les États occidentaux [2]. À l’époque, Al-Manar avait été accusée d’avoir diffusé un programme antisémite, mais le juge d’instruction n’avait jamais été en mesure d’établir le délit et de saisir le Tribunal. Le Conseil d’État (c’est-à-dire le juge administratif et non pas le juge pénal) avait en définitive interdit la chaîne en raison du trouble à l’ordre public suscité par la polémique autour de l’accusation d’antisémitisme, alors même que celle-ci apparaissait non fondée.

 

Les interdictions administratives successives en Europe, au cours des six dernières années, de chaînes d’information libanaises, palestiniennes, libyennes, syriennes et iraniennes illustrent l’incapacité de l’Union européenne à répondre à la contradiction autrement que par la censure et la propagande, et son renoncement aux principes fondamentaux de la démocratie.

 

Ces interdictions administratives de télévisions du Proche-Orient visent à l’évidence à empêcher les citoyens européens de prendre connaissance d’un point de vue particulier sur les conflits de cette région, alors même qu’un débat est ouvert sur de possibles guerres auxquelles les Européens participeraient. En ce sens, elles contreviennent aux résolutions 381 [3] et 819 [4] de l’Assemblée générale des Nations Unies, lesquelles font obligations aux États membres de « supprimer les obstacles qui empêchent les peuples de procéder au libre-échange des informations et des idées, condition essentielle de la compréhension et de la paix internationales. »

Source : « Post-démocratie : Press TV censuré en Allemagne », Réseau Voltaire, 5 avril 2012, www.voltairenet.org/a173430
Par Réseau Voltaire - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 18:25

 

Les élections présidentielles vont avoir lieu dans un peu plus de deux semaines, et que savons-nous des intentions réelles des candidats ?

 

Pas grand-chose si ce n’est que tous dénoncent la crise, tous nous promettent des lendemains difficiles et la nécessité d’avoir à se serrer la ceinture, tous proposent des remèdes qui s’apparentent à des cautères sur une jambe de bois, car aucun ne se propose de s’attaquer à la racine du mal. Ils sont tous d’accord pour continuer dans le même voie que leurs prédécesseurs, voie pourtant rejetée pas la très grande majorité des citoyens. Le pillage de nos richesses et de notre travail va continuer au profit des banques et des multinationales.

 

D’autre part, tous ces candidats semblent avoir oubliés qu’une des principales prérogatives du chef de l’état est la conduite de la politique étrangère de la France. Or, pas un mot sur de sujet. Pourtant les douze derniers mois écoulés ont été riches en évènements : Côte d’Ivoire, Libye, Syrie….. Les mensonges d’état  et des médias se sont étalés à longueur de jour, de mois et d’année et ils continuent encore. Pour ceux qui veulent bien vouloir s’en rendre compte, il leurs suffit de consulter ce blog au sujet de la Libye ou de la Syrie ou bien d’aller sur le Réseau Voltaire, sur silviacattori.net, sur Alterinfo, sur Infosyrie…. Ils auront une tout autre vision de la réalité que celle que veulent nous inculquer la presse écrite ou la télé.

Par exemple, intervention en Libye, non pour sauver un peuple soumis à la tyrannie d’un pouvoir, mais pour s’accaparer de ses richesses, résultat un pays totalement détruit et des milliers de morts parmi les civils et ce n’est pas fini.

 

La guerre de basse intensité menée en Syrie contre le régime de Damas a été perdue et se solde par 19 prisonniers militaires français, des milliers de morts et la destruction d’infrastructures qu’il nous faudra payer.

Combien toutes ces interventions néocoloniales coutent-elles au contribuable français ? C’est soi disant la crise, le pays est endetté comme il ne l’a jamais été, il n’y a pas assez d’argent dans les caisses de l’état et pourtant des milliards d’euros sont dépensés pour détruire d’autres peuples. Est-ce pour cela que nous payons des impôts ?

 

Or il n’y a pas un candidat, de Mélenchon à Le Pen, en passant par Hollande et Sarkozy qui ne remette en cause cette politique étrangère agressive et mensongère envers d’autres pays. Ces candidats à la présidentielle ont de belles paroles, font de beaux discours sur les droits de l’homme et la démocratie mais leurs actes sont totalement en contradiction avec leurs mots et ils ne font qu’ajouter des maux à cette planète que les politiques occidentales ont déjà rendues bien malade.

 

Allons-nous continuer à élire des hommes qui nous conduisent dans la guerre et qui gaspillent nos impôts dans des interventions extérieures que la majorité du peuple français n'approuve pas ?

Par brigitte - Publié dans : Elections présidentielles - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 08:14

 par Thierry Meyssan

 

 

Avec 83 États et organisations intergouvernementales représentées, la seconde Conférence des « Amis » de la Syrie a été un succès médiatique. Pourtant cette mise en scène ne parvient pas à masquer la défaite de l’OTAN et du CCG en Syrie, incapables de renverser le régime en un an de guerre de basse intensité, et aujourd’hui contraints de s’éloigner face au front russo-sino-iranien. Thierry Meyssan décrypte cette étrange conférence diplomatique où les mots ne sont pas prononcés pour dire, mais pour cacher.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 4 avril 2012
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Le 27 mars 2012, après la libération de Baba Amr, le président Bachar el-Assad vient assurer aux déplacés qu’ils n’ont plus rien à craindre des takfiristes et que l’État reconstruira leurs maisons.

Le président Bachar el-Assad s’est rendu, le 27 mars 2012, à Homs. Il a visité le quartier de Baba Amr où des takfiristes syriens [1] et des combattants étrangers avaient proclamé durant un mois un Émirat islamique indépendant. Il a assuré les habitants déplacés que l’État reconstruirait leurs maisons « beaucoup mieux qu’avant  », et qu’ils pourraient retourner bientôt chez eux. Des milliers de personnes, principalement sunnites, avaient été contraintes de fuir pour ne pas tomber sous la dictature des islamistes. En leur absence, les maisons ont été saccagées et plusieurs centaines ont été dynamitées par les rebelles, quant elles n’ont pas été détruites par les combats.

 

Bachar el-Assad, qui reste le chef d’État le plus populaire du monde arabe, a rencontré des Homsiotes, mais a renoncé au traditionnel bain de foule en raison de la présence toujours possible de terroristes isolés.

La guerre de basse intensité est finie « une fois pour toutes », a commenté Jihad Makdissi, porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères. Le pays, dont les principales infrastructures d’énergie et de télécommunication ont été sabotées, entre dans une phase de reconstruction.

 

Pendant ce temps, l’OTAN et le CCG ont continué leurs manigances. Une réunion du Conseil national syrien a été organisée pour adopter un « Pacte national » acceptable par l’opinion publique occidentale. Il s’agissait de donner une apparence laïque et démocratique à un organe dominé par les Frères musulmans, lesquels réclament l’instauration de la Charia et d’un régime islamique. Le programme rédigé par les Frères a donc été toiletté par des conseillers en communication et enrichi de quelques expressions politiquement correctes. Il a été adopté lors d’une étrange scrutin au cours duquel les Frères ont voté contre et ont fait participer au scrutin des inconnus qui ont voté pour, de sorte que le texte est passé sans qu’ils aient à se renier. Le Conseil a donc un texte programmatique qui n’engage que ceux qui le lisent, et que la majorité de ses membres permanents espèrent fouler aux pieds le plus vite.

 

De leur côté, le secrétaire général de la Ligue arabe et son homologue de l’ONU ont nommé un envoyé spécial conjoint, Kofi Annan, pour négocier une sortie de crise. Il a pris sous sa responsabilité un plan en six points, qui est une version légèrement amendée de la proposition russe à la Ligue. Il a obtenu l’accord du président el-Assad sous réserve que ces dispositions ne soient pas détournées de leur sens et utilisées pour infiltrer à nouveau des armes et des combattants.

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C’est dans ce contexte que l’OTAN et le CCG ont convoqué la seconde Conférence des « Amis » de la Syrie, dimanche 1er avril à Istanbul. 83 États et organisations intergouvernementales y ont participé, sous présidence turque [2].

Comme ils l’avaient fait lors de leur précédente rencontre à Tunis, le 24 février, les participants ont avant tout réaffirmé leur soutien à « une transition politique conduite par des Syriens vers un État civil, démocratique, pluraliste,

 

indépendant et libre ; un État qui respecte les droits des gens quelque soit leur appartenance ethnique, leur religion ou leur sexe » [3] ; une position distrayante venant, entre autres, d’États qui ne sont ni civils, ni démocratiques, ni pluralistes, ni indépendants, ni libres et qui discriminent leurs ressortissants en fonction de leur appartenance ethnique, de leur religion ou de leur sexe comme l’Arabie saoudite et le Qatar.

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Puis, les «  Amis  » de la Syrie ont exprimé leur soutien sans faille au plan en six points de Kofi Annan, alors même que la présidence turque de la Conférence proposait d’armer et de financer les rebelles en violation dudit plan Annan.

Dans cette lignée, la Conférence a entendu les rapports du Conseil national syrien. Elle s’est félicitée de l’adoption formelle du Pacte national, et de la volonté des membres du Conseil de travailler unis, oubliant que la dernière réunion du Conseil s’est terminée par hurlements, des claquements de portes, et la démission des 24 délégués kurdes. Par conséquent, elle a reconnu le Conseil comme « un » représentant légitime de tout le peuple syrien, et comme une organisation rassemblant les groupes d’opposition syriens.

 

Ces félicitations imméritées ne doivent pas être comprises comme traduisant une ignorance de la situation ou un aveuglement, mais comme une sucrerie diplomatique pour faire agréablement oublier une grosse déception. En fait, la Conférence a refusé de reconnaître le Conseil comme « le » représentant du peuple syrien, c’est-à-dire comme un Parlement en exil, qui aurait pu désigner un Gouvernement en exil et revendiquer le siège syrien à l’ONU. Cette rebuffade montre que les « Amis » de la Syrie ont renoncé à changer le régime et qu’ils ne destinent plus le Conseil à gouverner. Sa fonction est désormais limitée à participer aux campagnes médiatiques contre son pays. Dans cette perspective, le service de propagande de la Maison-Blanche a besoin de contrôler la communication de toute l’opposition syrienne. Par conséquent, la Conférence a exigé de n’avoir plus qu’un seul interlocuteur, le Conseil, dans lequel tous les groupes d’opposition ont été sommés de se fondre.

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Le Centre sur la responsabilité syrienne

Cette question de discipline étant close, la Conférence a acté la création de trois nouveaux organes. En premier lieu, à l’initiative du département d’État US, un Centre de renseignement a été chargé de « collecter, rassembler, analyser » toutes les informations disponibles sur les violations des Droits de l’homme commises par les autorités syriennes en vue de leur jugement futur par une juridiction internationale [4].

 

À Damas, on se souvient que, des années durant, les États-Unis ont pensé pourvoir faire endosser au président Bachar el-Assad la responsabilité de l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri. Ils avaient alors œuvré à la collection de faux témoignages et à la mise en place du Tribunal spécial pour le Liban. On avait entendu les vassaux de Washington au Proche-Orient prophétiser que le président syrien serait traîné pieds et poings liés à La Haye. On se souvient aussi que les faux témoignages accumulés contre Bachar el-Assad s’effondrèrent au milieu de scandales de corruption et que Washington décida d’orienter son dispositif pseudo-judiciaire vers d’autres cibles.

Toujours est-il que ce Centre sera surtout chargé de coordonner le travail des ONG déjà subventionnées directement ou indirectement par Washington, tel qu’Amnesty International, Human Rights Watch ou la Fédération internationale des Droits de l’homme. Pour ce travail de secrétariat, le département d’État a immédiatement débloqué 1,25 millions de dollars et mis à disposition du personnel bien choisi.

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Le Groupe de travail sur les sanctions

La Conférence s’est dotée d’un Groupe de travail sur les sanctions. Il s’agit officiellement de coordonner les mesures prises par les États-Unis, l’Union européenne, la Ligue arabe etc. pour les rendre plus efficaces. Les Syriens avaient répondu aux sanctions en soulignant qu’elles les feraient souffrir, mais qu’elles tueraient certains de leurs voisins. C’est pourquoi le document final précise également que le Groupe devra veiller à ce que ces sanctions ne blessent pas des pays tiers, ce qui inclus parfois d’ouvrir des routes commerciales alternatives.

 

En effet, la Ligue arabe avait été contrainte de suspendre l’application des sanctions qu’elle avait décrétées parce qu’elles menaçaient directement l’économie de ses propres membres. À titre d’exemple, la Jordanie s’était brutalement trouvée privée de plus des deux tiers de ses importations et aurait dû se priver de l’eau potable que lui fournit la Syrie. En une semaine, son économie s’était effondrée.

 

Le Groupe de travail sur les sanctions semble donc chargé de résoudre la quadrature du cercle. Sa première réunion se tiendra à Paris dans la seconde quinzaine d’avril, c’est-à-dire avant l’élection présidentielle française et le changement prévisible de politique qui en découlera.

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Le Groupe de travail sur la Relance économique et le Développement de la Syrie

Troisième et dernier organe créé par la Conférence : le Groupe de travail sur la Relance économique et le Développement. Il avait initialement été prévu que le Conseil national syrien formerait le premier gouvernement syrien après le renversement de Bachar el-Assad. Dans cette perspective, il devait bénéficier d’une aide financière considérable qui lui aurait permis de rallier à lui une population épuisée par les sanctions. La promesse de cette manne avait attiré au sein du Conseil tous les aigrefins possibles.

 

Dans la mesure où d’une part il n’est plus question de changement de régime et, d’autre part, on annonce un renforcement des sanctions, pourquoi donc aider le président el-Assad à relancer l’économie et à développer son pays ? Et pourquoi ce groupe de travail est-il co-présidé par les Émirats et l’Allemagne ?

 

Notre hypothèse, jusqu’à plus ample information, est que ce groupe de travail est chargé d’habiller le versement de dommages de guerre par la France en échange de la restitution de ses officiers détenus en Syrie. Nos lecteurs et auditeurs savent que 19 militaires français ont été arrêtés en Syrie et que 3 d’entre eux ont été restitués au chef d’état major, l’amiral Edouard Guillaud, lors de son passage au Liban. Des négociations se poursuivent entre les deux parties au conflit par l’entremise des Émirats arabes unis. La France a admis que les prisonniers sont bien ses ressortissants, même si tous ont une double nationalité, algérienne ou marocaine, mais elle nie qu’il s’agisse de militaires en mission. Elle soutient que ce sont des jihadistes, venus combattre de leur propre initiative et à son insu.

 

La Syrie fait valoir que le matériel OTAN de communication qu’ils détenaient prouve qu’ils agissaient sous ce drapeau. Quoi qu’il en soit, la France pourrait verser une indemnité pour leur libération, mais le montant de celle-ci est difficile à établir. La Syrie réclame des dommages de guerre pour les milliers de tués et les infrastructures détruites. La France observe que si guerre secrète il y a eu, elle ne peut pas l’avoir conduite seule et n’en serait donc pas la seule responsable. Dans le cas où la France verserait de l’argent, elle refuserait de reconnaître publiquement la raison de ce mouvement de fonds. Elle devrait alors anonymiser cette somme avec le concours de son partenaire allemand.

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Le général Dempsey est venu expliqué au Sénat que les États-Unis et Israël ont perdu leur domination aérienne au Proche-Orient.

Quelle stratégie pour l’OTAN et le CCG ?

Le bilan de cette Conférence laisse entrevoir la nouvelle stratégie des États-Unis, et par conséquent celle de l’OTAN et du CCG.

 

Washington a renoncé à changer le régime syrien parce qu’il n’en a pas les moyens militaires. Dans un premier temps, plutôt que de le reconnaître, le secrétaire à la Défense Léon Panetta a souligné qu’une intervention militaire ne ferait que compliquer la situation sur le terrain et précipiterait le pays dans la guerre civile au lieu de la prévenir. Puis, le chef d’état-major, le général Martin Dempsey, et le commandant du CentCom, le général James Mattis, ont admis que l’US Air Force ne pourrait pas bombarder la Syrie si elle en recevait l’ordre car le pays est désormais équipé par la Russie du plus efficace système anti-aérien au monde. En outre, les généraux US ont admis qu’ils continuent à exercer une surveillance aérienne et spatiale de la Syrie, non plus pour fournir des renseignements à l’Armée syrienne libre, mais pour s’assurer qu’elle ne s’empare pas des arsenaux chimiques et biologique. En d’autres termes, non seulement Washington a renoncé à renverser le régime par la force, mais il veille à ce que cela ne survienne pas afin de ne pas entrer en conflit avec la Russie, la Chine et l’Iran.

 

À défaut, Washington s’autorise à instrumenter le cas syrien pour embarrasser Moscou et Beijing. La création du Centre sur la responsabilité syrienne se résume à la mise en place d’une nouvelle campagne de propagande anti-syrienne, non plus pour paver la voie d’une intervention de l’OTAN, mais pour accuser la Russie et la Chine d’être des dictatures solidaires d’une autre dictature. Et les sanctions ne visent plus à démoraliser la bourgeoisie et à la faire se retourner contre le régime, mais à contraindre la Russie et la Chine à payer pour la Syrie.

 

C’est dans cette perspective que l’on doit interpréter l’agitation d’Alain Juppé. Le ministre français des Affaires étrangères sait que ses déclarations anti-syriennes sont creuses, mais il n’en a que faire puisqu’il quittera bientôt ses fonctions, et que son successeur refusera d’en assumer les conséquences au nom de l’alternance politique. Sa surenchère permanente sert à la fois à alimenter le dossier que le Centre sur la responsabilité syrienne prépare, et à satisfaire un lobby dont le soutien lui sera utile lorsqu’il se retrouvera dans l’opposition.

 

À ce propos, Damas, qui anticipe la défaite électorale de Nicolas Sarkozy, a envoyé un diplomate de très haut niveau à Paris. Il y a rencontré un de ses amis, ancien ministre des Affaires étrangères socialiste, qui l’a introduit auprès de François Hollande. La Syrie connaît parfaitement les liens unissant le candidat socialiste à Israël et au Qatar. Mais elle ne doute pas que le prochain président français s’alignera d’abord sur la position états-unienne, et cessera donc tout soutien à l’opposition armée.

[1] Les Takfiristes sont des musulmans sectaires qui pensent détenir la pure vérité et entendent éliminer les hérétiques. Leurs principaux chefs spirituels sont réfugiés en Arabie saoudite d’où ils appellent à « tuer un tiers des Syriens pour que les deux autres tiers vivent », c’est-à-dire à assassiner tous les non-sunnites.

[2] « Chairman’s Conclusions Second Conference Of The Group Of Friends Of The Syrian People », Voltaire Network, 1er avril 2012.

[3] « A Syrian-led political transition leading to a civil, democratic, pluralistic, independent and free state ; one which respects people’s rights regardless of ethnicity, belief or gender »

[4] « State Department on Syria Accountability Clearinghouse », Voltaire Network, 2 avril 2012.

Source : « La débâcle de Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 avril 2012, www.voltairenet.org/a173417
Par Thierry Meyssan - Publié dans : Syrie - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mercredi 4 avril 2012 3 04 /04 /Avr /2012 21:56

 par Manlio Dinucci


L’Italie post-Berlusconi fait bien les choses. Parallèlement à la nomination du bilderberger de Goldman & Sachs, Mario Monti, au poste de Premier ministre, la Défense revient à un cadre de l’OTAN, l’amiral Giampaolo Di Paola. Président du Comité militaire de l’OTAN depuis juin 2008, il avait notamment dressé un bilan particulièrement positif de la guerre en Libye. Lorsqu’il était chef d’état-major de la Défense italienne, il avait commandé à la participation des forces italiennes aux opérations de l’OTAN, de l’UE et à la coalition menée en Afghanistan, en Irak, dans les Balkans, en Méditerranée et au Pakistan, ainsi qu’à l’opération des Nations Unies au Liban. Jamais élu, mais prétendant s’appuyer sur un consensus populaire basé sur les sondages d’opinion, le tandem Di Paola-Monti préfigure la nouvelle configuration post-démocratique de la chose politique en Europe : la prise en main directe du pouvoir par la finance et l’armée, dont la légitimité ne repose plus sur le mandat du peuple, mais sur le soutien affiché par le dispositif médiatique.

Réseau Voltaire | Rome (Italie) | 4 avril 2012
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L’amiral Giampaolo Di Paola, président du Comité militaire de l’OTAN et ministre de la Défense d’Italie.

Pour le chasseur-bombardier F-35, au parlement italien, «  le ministre Di Paola a dû faire contre mauvaise fortune bon cœur » : c’est ce que nous assure Flavio Lotti, coordinateur de la Tavola della Pace (Table de la paix) [1]. Le ministre de la Défense a-t-il véritablement été contraint de s’incliner devant une majorité parlementaire qui a décidé de réduire le nombre des chasseurs-bombardiers ?

 

D’après les compte-rendus du parlement, il s’avère que c’est l’exact opposé. Di Paola est allé au parlement annoncer la décision, déjà prise par le gouvernement Monti, de « recalibrer » l’achat des F-35, passant de 131 à 90 unités. S’ajouteront à ceux-ci 90 Eurofighters : de ce fait l’Italie disposera de 180 chasseurs-bombardiers « beaucoup plus performants ». En d’autres termes, beaucoup plus destructeurs que les Tornados utilisés il y a un an pour bombarder la Libye. Plus que suffisants pour assurer la capacité de projection du « pouvoir aérien », un des pivots du concept stratégique pentagonien énoncé par Di Paola en 2005.

 

Non seulement l’Italie s’engage à acquérir 90 F-35 (chiffre augmentable en cas de « nécessité ») mais elle participe au programme de Lockheed Martin avec le site de l’Alenia à Cameri. Réalisé, précise Di Paola, dans un aéroport militaire parce que « les Américains et Lockheed Martin ont exigé des conditions de sécurité et de secret : ou bien dans une base militaire sous certaines conditions ou bien ça ne se faisait pas ». C’est là que non seulement seront assemblés les chasseurs, mais aussi réalisées «  les mises à jour, parce qu’au fil du temps les avions reçoivent des améliorations » (avec dépenses additionnelles continues). Et c’est bien sûr l’industrie militaire « élément technologique important du pays et qui, aujourd’hui plus que jamais, vise l’exportation » qui en tirera profit.

 

Le mystère plane toujours sur le coût de revient unitaire des F-35. «  On parle aujourd’hui d’environ 80 millions de dollars, mais on s’attend à ce que le chiffre baisse de plus en plus » raconte le fabuliste Di Paola aux petits députés. Et, pour les tranquilliser, il ajoute : «  Si vous saviez combien a coûté l’Eurofighter, vous seriez épouvantés ; on parle, pour être clairs, du double de ce montant ». Personne n’a osé lui demander à combien se monte le chiffre épouvantable.

Pas même l’Idv (Italia dei valori, parti de l’ancien juge Di Pietro, Ndt) —qui dans sa motion (rejetée) demandait au gouvernement d’évaluer la possibilité de sortir du programme F-35— n’a osé mettre le doigt sur la plaie : ce chasseur de cinquième génération ne sert pas à la défense de l’Italie mais à la stratégie offensive USA/OTAN à laquelle participe l’Italie ; il sert à garder les alliés sous le leadership des États-Unis, et pas seulement sur le plan militaire. Le programme F-35 est un des moteurs de l’économie étasunienne : y participent plus de 1 300 fournisseurs de 47 États US, créant 130 000 emplois, chiffre qui pourrait même doubler.

 

Tout ceci est ignoré par le parlement italien. Le programme F-35 a ainsi été approuvé avec un consensus bipartisan substantiel du PdL (Peuple de la Liberté, parti de Berlusconi) et du Pd (Parti démocrate). Rien d’étonnant à cela : pour faire participer l’Italie à ce programme, se sont engagés successivement de 1998 à aujourd’hui, les gouvernements D’Alema, Berlusconi 1, Prodi, Berlusconi 2 et Monti.

 

Et quand le F-35 aura été utilisé dans une action de guerre, nous aurons un Flavio Lotti qui, à la Perugia-Assisi, retournera marcher aux côtés du chef du gouvernement. Comme il le fit en 1999 avec le président du conseil D’Alema qui, après avoir envoyé les avions italiens bombarder la Yougoslavie, participa, sur invitation des organisateurs, à la marche de la paix.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

 

Sur la stratégie commerciale du F-35, comme arme visant d’abord à détruire l’industrie de défense des alliés des Etats-Unis, on se reportera au remarquable blog DeDefensa qui en décrit les arcanes depuis plusieurs années.

[1] Tavola della pace : http://www.cipsi.it/nuovo/cipsi/doc... : structure de « coordination » pour « promouvoir la paix, les droits humains et la solidarité », créée et soutenue, dans un but démagogique et pour dévier les mobilisations, par la « gauche » pro-OTAN, active dans le soutien des guerres d’agression ; une des actions les plus connues est la « marche Perugia-Assisi », au mois de septembre. NdT.)

Source : « Les ailes bipartisanes du F-35 », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 4 avril 2012, www.voltairenet.org/a173424
Par Manlio Dinucci - Publié dans : Europe - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 21:18

Lettre--du-GIGN--pour-le-RAID--Og.jpg

Par Thierry OROSCO - Publié dans : Politique - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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