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« Ce qui n’est pas utile à l’essaim n’est pas
non plus utile à l’abeille. » Marc Aurèle Pour tout contact avec le webmaster : brigitte@soueich.info,

Nous allons, aujourd’hui, essayer de voir les significations des trois mots de notre devise républicaine : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ .
L’ÉGALITÉ : Tout le monde ne peut pas devenir un « Mozart ». Il n'y a pas d'égalité à la naissance dans les dons et dans la sagesse. L'égalité ne peut s'établir que dans les droits et dans les devoirs de chacun envers la collectivité. Si l'aptitude d'un être est d'être balayeur, qu'il soit balayeur. La société a besoin de personnes qui louent leur service pour des tâches subalternes. Mais n'oublions pas qu'ils sont des hommes, et qu'ils ont droit, autant que les ingénieurs, les médecins ou les avocats, au respect et à la dignité. Ce ne sont pas de simples numéros mis à la disposition de supérieurs hiérarchiques. L’Égalité n’est pas de ce monde
et vous le croyez aussi, gens de la terre
vous qui voyez la nature à l’oeuvre
et qui savez que l’on arrose pas une buveuse d’eau
comme l’on arrose une épineuse des sables.
Et si vous injectez à l’une et à l’autre
le poison de ce mot
chacune mourra dans sa place
l’une en mutilant ses épines pour en faire des fleurs
l’autre en mutilant sa soif
pour connaître la brûlure du désert.
Elles se battront pour un mirage
contre l’autre et contre elles-mêmes...
Elles seront un blasphème à
.................
Si vous voulez servir l’Égalité
il faut savoir seulement
où est active sa Réalité.
Il faut chercher
non pas à l’emprisonner dans l’éphémère
mais à faire monter cet éphémère jusqu’à elle.
Car dans l’ESSENCE seule est L’Égalité,
Dans la juste pesée du Coeur de l’Être.
Oria (La révolte essentielle)
LA LIBERTÉ : L'esclavage n'a été aboli que pour être remplacé par une nouvelle forme d'exploitation plus subtile. On n'utilise plus le fouet ou la cravache pour imposer aux hommes les tâches qu'on veuille leur faire exécuter. L'arme est psychologique. On utilise la peur. Peur d'être mal noté. Peur de la misère. Peur du chômage. Peur de l'exclusion. La peur prive un être de son droit à l'ascension morale et sociale. Le maintenant ainsi dans la soumission, on le prive de sa liberté, car pour accéder à la véritable liberté, il est indispensable d’être débarrasser de toutes ses peurs.
Que constate-t-on dans les entreprises ?
Dans une entreprise, pour accéder à un poste de responsabilité, si on demande de savoir diriger, organiser, commander - qualités toutes normales et nécessaires - on demande aussi de savoir imposer sa loi (ce qui est autre que l'action de commander), d'oser tricher, voler, exploiter, licencier, « tuer » même si nécessaire (il est des mots qui vous assassinent un homme aussi bien qu'un coup de poignard). En somme, on demande d'être capable d'étouffer sa conscience. En affaire, pas de sentiment ! Les entreprises ne sont pas des oeuvres de charité ! Il y a une logique de l'économie qui justifie les exactions.
La justice dans tout cela ? Mais rien n'est fait contre les lois ou les règlements qui ne sont que les lois et les règlements des plus forts, où tout est prévu pour pouvoir les détourner. Des lois qui permettent de condamner un petit délinquant qui vole quelques francs, aussi lourdement qu'un industriel ou un homme politique qui détournent des milliards. Des règlements qui permettent aux banques d'encaisser notre salaire sans nous verser un centime sur le profit qu'elles en tirent, mais qui nous imposent des agios pour un découvert de quelques francs. Des règlements qui permettent à des sociétés de service de facturer à ses clients, le travail des week-end et des jours fériés, ou le travail de nuit, beaucoup plus cher, alors que ceux qui effectuent le travail, n'ont pas droit à un salaire plus élevé. Des lois et des règlements qui sont faits par les nantis pour les protéger des miséreux. Des lois et des règlements qui permettent d'exploiter le travail des hommes avec le maximum de profit pour les entreprises.
On nous dit vivre dans un pays de liberté, parce que la censure n'existe pas, parce que nous pouvons manifester (sans casser), faire la grève, parce que nous pouvons faire de la politique. Mais est-ce seulement cela être libre ? Non, être libre c'est pouvoir devenir. C'est pouvoir manifester ce que nous sommes réellement sans avoir à craindre les foudres d'une quelconque inquisition. C'est ne pas être obligé de se couvrir d'un masque d'hypocrisie pour plaire. C'est ne pas être obligé de commettre des actes que nous réprouvons pour assurer notre promotion sociale. C'est pouvoir exprimer notre différence, sans qu'un phénomène d'exclusion vienne nous sanctionner. Nous vivrons dans une société de réelle liberté, quand tous nous saurons nous accepter et nous respecter les uns et les autres, tel que nous sommes, avec nos qualités et nos défauts. L'esprit de tolérance est ce qui fait le plus défaut dans notre monde actuel. Nous voudrions voir les autres vivre selon notre conception de la vie. L’homme n’est libre que s’il peut se réaliser suivant sa propre voie. Il ne peut pas y avoir de société libérale sans une société fraternelle.
FRATERNITÉ : Ce mot a de plus en plus tendance à être remplacé par le mot SOLIDARITÉ. Mais ce n'est nullement la même chose. La solidarité conduit à une société divisée en catégories, en castes luttant les unes contre les autres pour acquérir un privilège ou en conserver un. Xavier Emmanuelli en a fait la distinction suivante : «La solidarité, c’est en somme de l’outillage et de la technique. La fraternité, c’est le don de soi ». Ainsi les ouvriers peuvent être solidaires dans la lutte contre les patrons. Les patrons peuvent être solidaires pour résister aux exigences des ouvriers. La fraternité n'a rien à voir avec cela. Quand on a compris la fraternité, on a compris que son bonheur dépend de celui des autres. Qu'on ne peut pas être heureux tout seul, égoïstement dans son coin, alors qu'autour de nous règne la misère. Louis Claude de Saint-Martin nous dit ceci :
«Tâcher d'atteindre à cette idée sublime, que le véritable bonheur de l'homme ne se trouve que dans le bonheur de ses semblables ; dites en vous-mêmes, dans le secret d'un coeur calme et pur : je sens avoir besoin du bonheur des autres. Il me semble que la famille humaine ne fait qu'une, et que j'ai au fond de mon être le désir de la félicité de tous ces membres ».
André GIDE nous le dit également : « Mon bonheur est d'augmenter celui des autres. J'ai besoin du bonheur de tous pour être heureux ».
Quand on vit la fraternité, on aide les autres à devenir. On ne profite pas de leur position sociale ou de leur faiblesse de caractère pour les dominer. On les aide à être libres et à devenir.
La grandeur du Cygne n'est pas de voler
La grandeur de l'Aigle n'est pas de voguer sur l'onde
...
La Fraternité
Ce n'est pas de vouloir faire de l'autre son semblable
C'est le rendre libre
De retrouver son "point de Majesté"
ORIA (La révolte essentielle)