Partager l'article ! 5ème appel au peuple d’Iran: ...
« Ce qui n’est pas utile à l’essaim n’est pas
non plus utile à l’abeille. » Marc Aurèle Pour tout contact avec le webmaster : brigitte@soueich.info,

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AUTEUR: Mir Hossein MOUSAVI میر حسین موسوی Traduit par Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice |
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux « Dieu vous ordonne de remettre à leurs propriétaires les biens qui vous sont confiés, et lorsque vous exercez la fonction de juge, de décider en toute rectitude et équité » (Coran, sourate 4, verset 6) 1 Peuple iranien, avisé et honorable! Ces jours et ces nuits nous ont rapproché d’un tournant dans l’histoire de notre peuple. Les gens se demandent entre eux, et me demandent bien sûr à moi aussi, ce qu’il faut faire et quelle voie choisir. J’estime de mon devoir de vous faire part de ce que je crois, de parler avec vous et de m’instruire de ce que vous direz, afin que nous n’oubliions pas notre mission historique et ne nous dérobions pas à la responsabilité qui nous est échue du fait du destin, de l’époque et des générations. Il y a trente ans une révolution a triomphé dans notre pays au nom de l’Islam, une révolution qui devait nous apporter la liberté, la dignité, la justice et la droiture. À cette époque et particulièrement durant la vie de l’imam éclatant, d’incroyables ressources ont été mobilisées, des vies, des biens, de l’honneur, pour consolider cet édifice béni, qui ont rendu possibles de grandes conquêtes. Notre société a été envahie par une clarté, une lumière jamais vues auparavant. Notre peuple a accédé à une vie nouvelle, qui malgré les immenses maux et difficultés lui semblait douce. C’est à la dignité, à la liberté et à des instants de vie noble et respectable qu’a accédé notre peuple. Je suis sûr que ceux qui ont connu cette époque ne se satisferont pas à moins. Sommes-nous ensuite devenus indignes de vivre dans cette merveilleuse ambiance? J’étais venu pour dire : Non ! Il n’est pas encore trop tard. Cette époque n’est pas déjà si lointaine. Je suis venu dire que l’on peut mener une vie spirituelle et néanmoins vivre dans l’ »ici et maintenant ». Je suis venu pour répéter les avertissements de notre Imam contre l’esprit borné et le comportement réactionnaire. Je suis venu dire que ne pas respecter la loi mène à la dictature. Je voulais vous rappeler que le respect de la dignité humaine n’affaiblit pas les fondements de notre système, mais les renforce. J’étais venu dire que notre peuple exige de ses hommes politiques qu’ils soient honnêtes et ne mentent pas, et que la majorité de nos problèmes sont les fils du mensonge. J’étais venu dire que le retard de développement, la pauvreté, la corruption et l’injustice ne sont pas notre destin. J’étais venu battre le rappel une fois de plus en faveur de la révolution islamique, telle qu’elle était, et de la république islamique, telle qu’elle devrait être. Je n’ai pas été très bon orateur sous ce rapport, cependant mes mots tout simples ont eu un tel impact sur la jeune génération, une génération qui n’avait pas connu les premiers jours de la révolution, et qui voyait une telle distance entre ce qu’ils vivaient et cet héritage insigne que, pleins d’enthousiasme, elle a donné un spectacle jamais vu depuis les jours de la Révolution et de sa défense sacrée (guerre Iran-Irak). Le mouvement spontané en ma faveur a choisi pour symbole la couleur verte. J’avoue qu’en cette affaire j’étais de l’avis du peuple. Une génération à qui l’on reprochait son manque de religiosité prenait désormais pour slogan « Allahou Akbar » (« La grandeur de Dieu dépasse tout ce qu’on peut imaginer »), « le secours nous viendra de Dieu et la victoire est proche », « Oh Hussein ! » et nom de Khomeiny pour montrer que, placé dans les mêmes conditions, le même bon arbre donne à nouveau les mêmes fruits. Celui qui leur avait enseigné ces slogans n’était autre que celui qui donné ses consignes à la nature : Dieu. Quelle malhonnêteté chez ceux que leurs petits avantages ont conduit à décrire cette révolution islamique comme l’œuvre d’étrangers ou une « révolution de velours » ! Mais comme vous le savez tous, dans notre effort de redonner vie à la vie nationale et aux idéaux profondément enracinés chez les jeunes comme chez les vieux, nous avons été la cible de mensonges éhontés et de falsifications qui ont rendu manifeste ce non-respect de la loi que nous dénoncions. L’extraordinaire écho qu’ont éveillé ces élections est dû avant tout aux efforts entrepris pour redonner aux gens espoir et confiance et apporter une réponse appropriée à la gestion catastrophique et à la profonde insatisfaction régnante, qui peuvent mettre en danger l’indépendance de notre révolution et de notre système. Si cette confiance est affectée par un décompte incorrect des voix et qu’il est impossible aux gens de défendre leurs droits par des moyens pacifiques et civils, grand est le danger que nous nous engagions sur des voies dont ceux qui ne supportent pas la contestation pacifique porteront la responsabilité. Si l’ampleur de la fraude électorale et le décalage des pourcentages, qui tous deux ont affecté la confiance du peuple, n’entachent pas ces élections d’irrégularité, le caractère républicain de notre système est conduit à l’abattoir et la preuve est définitivement faite que république et islam font mauvais ménage. Ce qui fait bien les affaires de deux groupes : l’un qui s’est opposé d’emblée à notre Imam , parlant d’une « dictature des bons » qui voulait envoyer les gens au Paradis malgré eux ; l’autre, celui pour qui aucune République ne peut se fonder sur la religion. Tout l’art de notre Imam a consisté à détruire le charme qu’exerçaient ces deux groupes. Moi aussi j’étais venu pour cela. Désormais les responsables de notre pays, en confirmant les résultats du vote, ont pris leurs responsabilités et fixé des limites à toute enquête, afin que ces enquêtes ne conduisent pas à invalider les élections et ne soient pas contraints de modifier les résultats, même s’il est prouvé que dans 170 districts de vote il y ait eu plus de voix que d’électeurs. On nous demande de soumettre nos exigences au Conseil des Gardiens, qui pendant et après les élections a fait preuve à d’innombrables reprises de son manque d’impartialité. Or le premier principe d’une sentence est d’être impartiale. Je continue à croire fermement qu’exiger l’invalidation d’une élection est un droit absolu, dont un groupe national jouissant de la confiance du peuple doit assurer le respect. Déclarer d’emblée que l’enquête est absurde, ou détourner les gens de manifestations pacifiques en les menaçant de les réprimer par la violence et de verser le sang est une attitude erronée. Le Conseil national de sécurité rejette aussi sur d’autre la faute des tragédies qui se sont produites, au lieu de répondre à une question justifiée sur le recours aux milices armées en civil. Quand je vois ce qui se passe, il m’apparaît qu’il ne s’agit pas seulement d’imposer au peuple un gouvernement, mais une nouvelle vie politique. En tant qu’accompagnateur et observateur engagé de votre « vague verte de présence », je ne tolérerai pas qu’à cause de moi on inflige un tort à quiconque. Cependant je persiste à dire que cette élection doit être invalidée et le droit des gens rétabli. Si modestes que soient mes forces, je suis sûr que nous trouverons des moyens civils de faire valoir et appliquer nos droits. Je resterai à vos côtés, soyez-en sûrs. Mon conseil de frère, le voici : ne vous laissez pas dérober l’étendard de la révolution islamique par ceux qui prétendent mensongèrement défendre le système islamique et la révolution qui ont triomphé grâce au sang et à la droiture de vos pères. Poursuivez votre action en mettant votre confiance en Dieu et votre espoir dans l’avenir, en vous fondant sur le droit inscrit dans la Constitution aux rassemblements non-violents et en faisant confiance à vos capacités. Par ces moyens nous ne nous opposons pas aux milices (Bassidji). Les Bassidji sont nos frères. Nous ne nous opposons pas aux Gardiens de la révolution, car les Gardiens protègent notre révolution et notre système politique. Nous ne nous opposons pas à l’armée, car elle défend notre indépendance, notre liberté et notre république islamique. Nous ne nous opposons qu’aux mensonges et déformations de la vérité ; voilà ce que nous voulons changer. Nous comptons y parvenir au moyen d’un retour aux véritables fondements de la révolution islamique. En nous appuyant sur le paragraphe 37 de la Constitution, nous recommandons à nos dirigeants non seulement de permettre, mais de soutenir les manifestations pacifiques et de permettre aux médias un point de vue qui ne soit plus unilatéral, afin que des arguments de pure logique ne deviennent pas des cris. Laissons les gens crier « Allahou Akbar » sans y voir un non-respect de la loi. De toute évidence la présence policière et militaire dans la rue deviendra alors inutile. Et nous ne devrons plus assister à des scènes qui nous font à tous mal au cœur. Votre frère et compagnon de route, Mir Hussein Mousavi
NdT
1 La traduction est de moi, celle que je possède du Coran (Folio Gallimard, par D. Masson) n’ayant qu’un vague rapport avec cette citation.
Source : بیانیهء شماره 5 میر حسین موسوی |