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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 18:51

On détruit la solidarité
Les éditoriaux de Jacques Cheminade


Le « trou » de la Sécurité sociale va plus que doubler cette année (23,5 milliards d’euros) et tripler en 2010 (30,6 milliards). Les collectivités locales limitent leurs dépenses et accroissent la pression fiscale. Le pouvoir laisse entendre que dans les deux cas il s’agit de surcoûts et de mauvaise gestion. Il tente de profiter de la situation pour imposer des « réformes » qui conduisent à détruire l’idée de solidarité et la conception du service public dans la politique de la santé et l’aménagement du territoire.

Que fait l’Etat pour combler le fameux « trou de la Sécu » ? En 2008, il a imposé les « franchises médicales », qui obligent les malades à rembourser 0,50 euro par boîte de médicament, 0,50 euro par acte infirmier et 2 euros par transport sanitaire. S’ajoutent 1 euro de « participation » sur les consultations, le forfait de 18 euros pour les actes techniques dont la valeur dépasse 91 euros, le forfait hospitalier à 16 euros et les déremboursements de médicaments. En 2009, le gouvernement ajoute encore l’augmentation du tarif hospitalier de 16 à 18 euros et le déremboursement des médicaments considérés comme à efficacité « faible ou insuffisante ».

Tout cela est scandaleux. En effet, le total ainsi économisé pour 2008 est de 2460 millions d’euros auxquels s’ajouteront quelques centaines de millions en 2009, ce qui n’est rien par rapport aux déficits prévus de 23,5 et 30,6 milliards ! Un médicament comme le paracétamol, préconisé pour le traitement de la grippe A, sera déremboursé ! On marche sur la tête… des malades. Car le déficit de la Sécu est dû fondamentalement à deux choses : le chômage, qui signifie moins de rentrée de cotisations, et les exonérations de charges sociales accordées aux entreprises. Celles-ci s’élèvent à 20 milliards d’euros chaque année, soit l’équivalent du déficit de la Sécu en 2009. L’Etat s’était engagé à compenser cette perte par le produit de taxes. Il ne l’a presque jamais fait. Alors, ce gouvernement met les malades à l’amende et inflige des souffrances indues au bénéfice de qui ? Des intérêts financiers que par ailleurs il renfloue sans vergogne : les assurances complémentaires bénéficieront ainsi du marché des « malades rentables ».

Que fait l’Etat pour les collectivités locales, qui représentent près des trois quarts (73%) de l’investissement public ? Comme la Sécu et les malades, il les étrangle. Il se décharge sur elles de pans entiers de ses responsabilités, qu’il compense financièrement au départ mais sans leur transférer par la suite ce qui correspond à une hausse des charges (plus de RMI, plus de dépenses sociales). Il va même jusqu’à ne plus payer ses dettes et, en supprimant la taxe professionnelle, il va les priver d’une recette majeure. Les conseils généraux, qui ne peuvent recourir à une fiscalité supplémentaire, devront tailler dans les dépenses. Le gouvernement joue ainsi sur l’impopularité qui en découlera aujourd’hui pour eux, tout en instaurant demain un suffrage à un tour qui, espère-t-il, favorisera la droite.

Pendant ce temps, l’Etat se fait rembourser par la BNP-Paribas, qu’il a renflouée, au prix le plus bas de ses actions, enregistrant ainsi un manque à gagner de 6,5 milliards par rapport à leur prix actuel. Il ouvre à la concurrence les jeux et paris en ligne, rompant avec la tradition mutualiste du PMU pour introduire le système britannique du bookmaker, l’opérateur définissant la « cote fixe » à son gré vis-à-vis des joueurs. Nous devons arrêter la farce.

 

Quelques brèves
récentes

Le temps d’un 20e anniversaire : Octobre est arrivé !

par Lyndon H. LaRouche Jr.

30 septembre 2009

En ce début d'un mois d'octobre pas comme les autres (voir à ce sujet, pour ceux qui ne l'ont toujours pas lue, l'analyse de Jacques Cheminade du 21 août dernier Faire face aux Ides d’octobre), nous publions ici ce message spécial de l'économiste-politique américain Lyndon LaRouche. Vous pouvez lire les brèves de la semaine dernière en vous rendant ici.)


Ces derniers temps, j’ai présenté une série de rapports sur la nature et les causes de la crise d’octobre aujourd’hui en cours qui représente l’entrée immédiate des Etats-Unis et du monde dans la phase décisive d’une désintégration économique mondiale. J’ai situé la première moitié du mois d’octobre comme une période cruciale de changement de phase dans le déclenchement déjà latent de cette véritable désintégration. Ici, je reformule cette problématique en insistant en particulier sur l’identification des formes probables que pourrait prendre ce changement de phase devenu inévitable au cours des semaines à venir.

Les élections législatives en Allemagne étant désormais passées, il faut rappeler aux citoyens des Etats-Unis d’Amérique que la « grève de masse » politique qui perdure aujourd’hui contre le gouvernement Obama et les membres de plus en plus méprisés du Congrès, fait écho à la grève de masse en Allemagne de l’Est qui avait mené à la chute du Mur de Berlin il y a vingt ans. Comment, alors, les supposés « citoyens ordinaires » pourraient-ils reconnaître les signes d’un tel développement durant sa phase initiale ?

Aujourd’hui, aux Etats-Unis, le cri du « Wir sind das Volk ! » de l’ époque est repris par le « We are the people ! » provenant d’un mouvement encore croissant de grève de masse au sein de la majorité de la population américaine. Pour la majorité de nos citoyens, en particulier les 30% de la population active au chômage pour lesquels la nouvelle grande dépression économique a déjà commencé, ce fait est marqué par la chute virtuellement sans précédent du soutien populaire accordé à la de facto marionnette de l’Empire britannique, le Président Barack Obama.

Alors que le sinistre mois d’octobre se déploie sur toute la planète, une nouvelle crise existentielle plus vaste encore que cela s’empare des nations du monde. Octobre est le théâtre qui promet le déferlement d’une désintégration économique au niveau mondial. Aujourd’hui, il n’y a aucune raison valable de douter que le passage d’octobre 2009 à la nouvelle année fiscale américaine amorce une désintégration générale du système monétaro-financier américain, ni non plus que cette désintégration monétaire signifie la ruine commune des nations du monde. Par conséquent, les seules questions ayant leur place dans l’esprit des économistes compétents sont les deux suivantes : « 1. Quelle forme cette désintégration déjà en cours prendra-t-elle exactement, au cours du mois d’octobre et dans un futur proche ? 2. Existe-t-il une alternative ? »

En cette saison, la blague ironique de rigueur sera probablement : « quel politicien allez-vous pendre à votre arbre de Noël ? »

La réponse sera vraisemblablement : « Nous n’avons pas d’arbre de Noël cette année. »

La réplique serait alors : « Aha ! Vos politiciens doivent être vraiment terrifiés ! »

La planète entière a désormais fait son entrée dans un « Nouvel âge sombre » – à moins que des changements de types très spécifiques, assurant le passage d’un système monétaire mondial à un système de crédit mutuel « Hamiltonien », ne soient entrepris par une alliance constituée des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine et de l’Inde. Les esprits superficiels affirmeront qu’un tel changement est impossible. A d’autres. Le changement dont nous avons besoin est possible ; la question est : les gouvernements de ces quatre nations ont-ils la sagesse de saisir la grande opportunité de changement qui se présente à nous ? La raison pour laquelle cette réforme pourrait bénéficier du soutien dont elle a besoin, c’est qu’aucune nation sur cette planète n’a la moindre chance de survivre à l’échec de ces grandes nations à s’assembler pour lancer la réforme anti-monétariste requise.

Par conséquent, avant de faire l’erreur de considérer cette mauvaise nouvelle d’octobre comme sans réelle alternative, examinons deux questions cruciales. D’abord, passons en revue les causes du délai de cette désintégration monétaire et financière à venir, qui est actuellement déterminée par le contrôle flagrant qu’exerce l’Empire britannique sur le gouvernement Obama. Ensuite, considérons l’option alternative.

La crise économique aux Etats-Unis

La seule méthode compétente de prévision économique publiquement connue, depuis l’annonce en janvier 1996 de ma candidature à la nomination démocrate pour la présidentielle, est un instrument heuristique présenté alors comme ma « triple courbe ». Depuis, la preuve a été faite que cet instrument est la seule méthode compétente de prévision dans le monde entier. Dans ce sens, la désintégration actuelle du système monétaro-financier mondial peut être à juste titre considérée comme une conséquence de l’échec à prendre en compte ma prévision, pourtant validée.

cliquez pour agrandir

La Triple courbe de LaRouche (version 2009)
cliquez sur la courbe pour agrandir

Les trois éléments les plus cruciaux qui définissent les causes générales de la désintégration économique du système planétaire dans son ensemble sont :

Premièrement : la courbe du système monétaire, aujourd’hui hyperinflationniste. Quand, en été 2007, le taux d’expansion de cette inflation monétariste a rattrapé et surpassé le taux d’expansion financière, les pré-conditions d’une menace latente de désintégration mondiale et générale, correspondant au type de celle de la période de mars à novembre 1923 en Allemagne, étaient déjà complètement réunies.

Deuxièmement : le changement de la courbe financière, dans ces conditions, passant d’inflationniste à déflationniste, depuis cette période d’été-automne 2007.

Troisièmement : le taux accéléré d’effondrement de la production physique par tête et par kilomètre carré.

Dans ces conditions, le taux de croissance représenté par l’accélération de la courbe monétaire hyperinflationniste, ayant rattrapé le taux de croissance de la courbe financière, a agi de sorte que le cours de la courbe financière se renversât, pour apparemment devenir déflationniste. La combinaison du taux accéléré d’effondrement de la production physique relative par tête, de l’accélération des émissions monétaires et du cours déflationniste des flux financiers, signalait l’arrivée définitive de conditions correspondant précisément au motif de la rupture hyperinflationniste de l’économie de Weimar, entre le printemps et l’automne 1923.

Le précédent approprié pour ce type de désintégration est donc le cas de l’économie de l’Allemagne de Weimar, durant la période s’achevant en novembre 1923. En l’occurrence, l’occupation française de la Rhénanie avait déclenché une rupture hyperinflationniste déjà rampante. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, la relation entre les trois éléments de la Triple courbe correspond à celle qui existait en Allemagne en 1923.

Cependant, comme en Allemagne en 1923 ou aux Etats-Unis depuis août 2007, quand une hyperinflation monétaire rattrape le taux d’expansion des agrégats financiers – les actions du sénateur Chris Dodd et de ce député fanatique qu’est Barney Frank l’ayant permis – et que la production physique nette est en déclin, les pré-conditions à une rupture hyperinflationniste de l’ensemble de l’économie sont réunies. Le résultat des politiques des gouvernements Bush et Obama, depuis cette date jusqu’à aujourd’hui, révèle une démence clinique. Cependant, les mêmes conditions spécifiques prévalent également pour l’ensemble l’économie mondiale.

Le cas de l’Allemagne en 1923 était certes exceptionnel. L’Allemagne était alors soumise à des conditions absolument artificielles et prédatrices, définies par les conditionnalités de Versailles qui avaient été imposées, principalement, par la Banque d’Angleterre, les monétaristes de Manhattan, et les revanchards du régime français. En l’occurrence, les types de conditions limites imposées par, principalement, le trio Londres-Paris-Wall Street, comme les conditions que ces trois puissances ont imposées à l’Allemagne réunifiée en 1989, étaient alors restreintes à un secteur limité de l’économie mondiale. Aujourd’hui, les conditions imposées à l’Allemagne de Weimar ont été imposées, de fait, sur l’ensemble de la planète, par le biais de ce qui est implicitement le système monstrueusement corrompu du Fonds monétaire international (FMI).

La logique de ce que les puissances de Versailles ont fait à l’Allemagne dans les années 1920 est donc la même que celle appliquée à une échelle mondiale créant les pré-conditions pour une désintégration hyperinflationniste sans limite. Il est pertinent de dire que la pensée économique guidant la plupart des gouvernements s’est avérée, et s’avère encore, être une démence clinique.

Alors comme aujourd’hui, le seul remède à la hauteur d’une telle condition de rupture, est de soumettre l’intégralité du système à une mise en banqueroute organisée par les Etats-nations souverains compétents, en recourant à l’équivalent des critères du Glass-Steagall Act pour réorganiser l’ensemble du système en faillite. Les avoirs monétaires fictifs doivent simplement être annulés, et l’économie en question reconstituée sur la base d’un système anti-monétariste de crédit, annulant les avoirs monétaristes moralement frauduleux.

Ainsi, pour les Etats-Unis eux-mêmes, la condition formelle pour sauver le gouvernement américain d’une rupture financière totale causée par la charge des intérêts monétaristes, est un retour à l’interdiction constitutionnelle des pratiques monétaristes, inhérente à la prescription hamiltonienne intégrée dans la Constitution fédérale des Etats-Unis.

Une fois cette approche adoptée par les Etats-Unis, en conjonction avec quelques autres nations importantes, comme la Russie, la Chine et l’Inde, une reprise générale de l’économie mondiale pourrait être démarrée. Pour le moment, cependant, pour aussi longtemps que l’Europe de l’Ouest et l’Europe Centrale restent sous la botte monétariste britannique, ces nations manquent des mécanismes de souveraineté requis pour effectuer la réforme nécessaire. Ainsi, sans un bloc de coopération anti-monétariste entre systèmes de crédit des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine et de l’Inde, et d’autres puissances qui choisissent de les rejoindre dans cet effort commun, un plongeon général de toutes les nations dans un « âge des ténèbres » mondial et prolongé serait virtuellement inévitable.

Nous vous invitons à lire l'intégralité de ce message en cliquant ici.

Face à la révolution qui s'en vient,
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La Grève de masse de Rosa Luxemburg et son actualité aujourd'hui

La faille du marxisme : composition technologique du capital contre composition organique

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Par brigitte - Publié dans : Economie - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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