Jeudi 19 juillet 2007
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L’État, qui a vendu les anciens locaux de l’Imprimerie nationale pour 83 millions d’euros en 2003 au groupe américain Carlyle, vient de les racheter à un prix quatre fois et demi supérieur (375 millions d’euros).
Dans la plus grande opacité puisque c’est Le Canard enchaîné qui a révélé l’opération dans son édition du 27 juin. Le ministre du Budget, Éric Woerth, interrogé le jour même sur Radio Classique, s’est gardé d’officialiser les chiffres. Lorsque le bâtiment de la rue de la Convention a été vendu, « l’idée n’était pas de le racheter, s’est-il défendu, mais entre-temps les choses ont évolué ».
La hausse du prix de l’immeuble comprend ainsi l’augmentation générale des prix de l’immobilier (+ 40 % en quatre ans), les travaux réalisés par la société Carlyle (entre 82 et 125 millions d’euros) et 12 millions d’euros d’« aménagements complémentaires demandés par l’État ». L’heureux bénéficiaire empoche une plus-value comprise entre 167 et 210 millions d’euros. On est loin de la gestion de « bon père de famille », jadis préconisée par Nicolas Sarkozy.
L’objectif affiché de ce rachat : regrouper plusieurs sites du ministère des Affaires étrangères et réduire ses coûts d’organisation d’organisation et de personnels. Mais peut-on vraiment y croire ? D’abord, cette restructuration ne permettra certainement pas de récupérer les quelque 300 millions d’euros perdus dans cette transaction aberrante.
Ensuite on doute, avec une gestion aussi fantaisiste au sommet de l’État, que les futurs locataires de la rue de la Convention soient incités à rationaliser leurs dépenses et leur organisation. Enfin la politique de modernisation de l’État, appliquée ici à son parc immobilier, ne justifie en aucune façon un usage aussi capricieux du portefeuille collectif. Éric Woerth a beau invoquer la récente vente du Centre international de conférences de l’avenue Kléber, à Paris, pour un montant de 400 millions d’euros, et son ministère communiquer sur une politique de cessions immobilières générant 500 millions de recettes en moyenne par an depuis 2004 (contre moins de 100 millions jusqu’en 2003), une telle gestion « à la petite semaine » de la part de l’État est choquante.
Le service France Domaine, administrateur des domaines de l’État depuis 2006, se refuse pour sa part à communiquer les chiffres de la transaction. Lorsque le ministre du Budget invoque « une opération bénéfique pour les comptes de l’État » on ne peut s’empêcher de penser qu’il se moque de nous !
Par brigitte
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Publié dans : Notes de lecture
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