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13 février 1945: l’enfer de Dresde – Retour sur les bombardements alliés |
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AUTEUR: Brigitte QUECK Traduit par Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice |
Les crimes commis contre la population civile, que ce soit à Coventry, Leningrad, Dresde, Pristina, Kaboul ou Bagdad, constituent toujours et partout des crimes contre l’humanité. Les procès de Nuremberg, en 1945 refuseront explicitement d’en excuser quelque État que ce soit, y compris les USA. (voir : Des crimes commis contre la population civile : R. Jackson, Juge suprême et Procureur général US pour les Procès de Nuremberg). Il semble inexact que, durant la Deuxième guerre mondiale, Dresde aussi ait abrité des usines d’armement, ce qui semble pas correspondre à la vérité. Si l’on interroge les survivants ou que l’on observe des photos de Dresde après les bombardements, on constate que les rares usines d’armement ont échappé aux bombes!!! Après le déchaînement d’indignation provoqué par la destruction totale de ce monument culturel mondial qu’était Dresde, des rumeurs mensongères ont soudain accusé les Russes d’avoir donné leur accord. Les protocoles des rencontres de Malte et de Yalta établissent tout autre chose ! De plus : le nom choisi par les Usaméricains pour désigner l’attaque atomique qu’ils projetaient sur une ville allemande encore intacte était le même que celui de l’attaque aérienne sur Dresde. Que se serait-il passé si les Russes n’étaient pas arrivés ?
Walter Weidauer, le premier maire de Dresde après la guerre, a écrit en 1983 un livre intitulé « Inferno Dresden » (« L’enfer de Dresde »). Un enfer qu’il avait vécu personnellement. Il écrit dans son livre : On avait prévu trois attaques aériennes sur Dresde : deux bombardements très lourds par la Royal Air Force et un autre, de jour, par les bombardiers US. Les deux attaques de nuit devaient se produire à un intervalle de 3 heures maximum et la deuxième fois on devait larguer essentiellement des bombes explosives pour tuer un maximum de sauveteurs et de gens combattant les incendies et empêcher les fugitifs de quitter la ville. Un plan véritablement diabolique. Les forces progressistes du monde entier ayant protesté contre cet acte de barbarie, les gens au pouvoir aux USA et en Angleterre, tentèrent de rejeter la faute sur d’autres. Le 11 février, le Département d’État déclara que le bombardement qui avait anéanti Dresde avait eu lieu pour répondre aux demandes soviétiques de soutenir leurs troupes par des attaques aériennes, après avoir été décidé en commun avec les Soviétiques. Or jamais aucun document ne confirmant ces billevesées n’a été produit où que ce soit. Bien au contraire. Les protocoles des séances réunissant les chefs d’État-major britanniques et usaméricains à Malte puis Yalta prouvent clairement qu’après des protestations de la part des Russes ils ne voulaient en aucun cas être liés par un accord avec l’Union soviétique lorsqu’ils ont réduit en cendres et en poussière les villes d’Allemagne orientale et centrale !! Le commandant en chef du Premier front d’Ukraine, le maréchal I. Konev, a écrit à ce sujet une lettre à l’auteur dans laquelle il assurait :
Dans le cas de Dresde le haut commandement soviétique a même été littéralement trompé pour dissimuler les intentions des troupes alliées. Il est en effet établi que le chef du département de l’Air de la mission militaire usaméricaine à Moscou, le général Edmund W.Hill, a déclaré le 12 février à l’État-major soviétique que la huitième flotte aérienne attaquerait le 13 février les gares de triage de Dresde et Chemnitz. Pour des raisons météorologiques, cette attaque avait dû être ajournée. Comme il ressort des archives de la ville de Dresde ainsi que du livre de David Irving « La destruction de Dresde », l’État-major soviétique n’a même pas été informé que ses alliés projetaient des bombardements massifs sur Dresde et ses alentours! Peu avant l’anniversaire du bombardement, j’ai reçu une lettre de Gerd Hommel qui en avait été le témoin:
Un autre témoin oculaire, Christa Nikusch, âgée à l’époque de 12 ans et aujourd’hui membre de l’association „Mütter gegen den Krieg Brandenburg“(« Mères brandebourgeoises contre la guerre ») raconte ses souvenirs :
Il est intéressant de noter que le nom de « Coup de tonnerre », choisi pour l’emploi d’une bombe atomique contre une ville allemande encore épargnée (pour mieux juger de ses effets, selon les termes des Alliés) portait le même nom que les bombardements de Dresde (Leslie R. Groves „Now it can be told” (Maintenant on peut le dire) p.184) Aujourd’hui, les questions suivantes se posent à ce sujet:
Comme peu après la fin de la guerre les USA ont utilisé cette bombe sans aucun scrupule contre les populations civiles d’Hiroshima et Nagasaki, peut-on être sûr qu’ils n’auraient pas fait de même en Allemagne si les Russes n’avaient pas progressé aussi rapidement ? Et leur allié russe ? Qu’on se souvienne de ce que Churchill écrivait dans ses Mémoires du premier État ouvrier et paysan, qu’ en vérité il haïssait :
Note à tous ceux qui croient encore que les bombardements des villes allemandes ont servi à renverser l’État fasciste allemand : Au moment des bombardements les troupes soviétiques étaient presque arrivées à Berlin !!! C’était donc à elles que les Alliés adressaient certaines menaces pour les mettre en garde, dont les bombes de Hiroshima et Nagasaki !!! Ces massacres absurdes et barbares de populations civiles, perpétrés peu avant la fin de la guerre étaient une démonstration de force des Alliés à l’adresse de l’Union soviétique, en soulignant d’une manière « à l’épreuve des bombes » qu’après la capitulation de l’Allemagne et la libération des États soumis au joug fasciste certains avantages leur revenaient de droit ! Pour étayer cette affirmation je voudrais rappeler que peu après la défaite du fascisme en Europe, œuvre essentiellement des héroïques troupes soviétiques, et le jugement des principaux criminels de guerre à Nuremberg, les Alliés ont repris contact avec ces mêmes nazis allemands qu’ils avaient jusque-là combattu et n’ont pas vu le moindre inconvénient à ce qu’ils accèdent à des postes élevés, voire les plus élevés, de la République fédérale. Bien au contraire : soudain l’on avait pris conscience d’avoir un ennemi commun : la Russie soviétique. Désormais les Alliés, entrés dans la Guerre froide, combattaient aux côtés de leurs ex-ennemis contre leur ex-allié, l’Union soviétique et ont travaillé au sein de l’OTAN qu’ils venaient de créer à jeter à bas le socialisme. Et même on a développé en commun des projets visant à anéantir par un bombardement nucléaire les villes soviétiques d’importance.
Seule la puissance militaire soviétique et son accession à l’arme nucléaire a empêché les Alliés et la RFA, désormais leur
alliée, de réaliser ces projets, puisqu’ils risquaient en cas d’attaque une contre-attaque nucléaire soviétique.
Source : 13. Februar 1945: Inferno Dresden- Zum Jahrestag der Flächenbombardements |