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Palestine-Gaza

Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 08:15
Entretien avec Moshir al-Masri
La venue en Suisse d’un parlementaire palestinien - Moshir al-Masri, porte parole de l’Administration Hamas élue en 2006, lors des premières élections libres et régulières en Palestine occupée par Israël – et son invitation à parler à l’Université de Genève (*), indignent le genevois Pierre Weiss, vice-président du Parti libéral radical suisse, et Président de l’Association Suisse-Israël. Le « porte parole d’un mouvement », se plait-il à rappeler, « considéré comme terroriste par l’Union européenne »
13 janvier 2012 | Thèmes (S.Cattori) : Hamas Rôle des médias

Le gouvernement suisse, qui a accordé un visa à Moshir al-Masri, n’est pas de cet avis. Il entretient des échanges avec le mouvement Hamas, n’en déplaise aux amis d’Israël ; et à Johanne Gurfinkiel de la « Coordination Intercommunautaire Contre l’Antisémitisme et la diffamation » qui, sans surprise, se félicite des protestations de M. Weiss [1].

 

M. Weiss invoque la Charte du Hamas de 1988, alors que celle-ci est caduque [2]. « On invite un spécialiste de la théorie de la lapidation des femmes adultères et des mains coupées pour les voleurs ! » déclare-t-il à un quotidien local (journal papier Le Matin du 13 janvier 2012) [3].

 

Nous n’avons jamais entendu que l’administration Hamas ait coupé des mains ou lapidé des femmes. Le politicien M. Weiss, et ses amis pro-israéliens, en répandant régulièrement des informations calquées sur la propagande des autorités de Tel Aviv, de manière à discréditer, comme ici, l’un des représentant de la seule autorité politique jamais élue par le peuple palestinien, se mettent au service d’un État tiers, Israël. Ils participent ce faisant, activement, à la désinformation qui veut rehausser l’image d’un État occupant que ses crimes ont définitivement noircie auprès de l’opinion publique. Cette désinformation de la part d’un homme politique suisse doit être condamnée.

 

Au moment où Moshir al-Masri est l’objet, bien malgré lui, d’une polémique destinée à le discréditer, nous portons à la connaissance des lecteurs ce que cet homme humble et posé, très aimé et respecté à Gaza, nous disait dans un remarquable entretien en 2006. Cela permettra à chacun de juger de la valeur intellectuelle de ses propos.


Quel est le programme politique du Hamas aujourd’hui ?

Interview de Moshir al-Masri réalisée en janvier 2006

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Militants du Hamas portant des banderolles, le dernier jour de la campagne éléctorale.

Les élections législatives palestiniennes du 25 janvier 2006 s’annoncent comme un séisme politique : le Hamas pourrait emporter la majorité des suffrages. Aussi les médias traditionnels s’efforcent, par avance, de diaboliser ce mouvement politique. Répondant aux questions de Silvia Cattori, Moshir al-Masri, porte-parole du mouvement Hamas, parle, avec une douceur bien éloignée du fanatisme qu’on lui impute, de la souffrance de son peuple confronté à une occupation d’une extrême cruauté.

 

Silvia Cattori : Après le meurtre du Cheikh Yassine, leader spirituel du Hamas, en 2004, les autorités israéliennes ont justifié sa liquidation en affirmant qu’il était le Ben Laden palestinien. Ils ont répandu l’idée que le mouvement islamique du Hamas était lié à Al Quaida. A l’extérieur, quand les journalistes parlent du Hamas, c’est généralement pour présenter ses membres comme des « terroristes », et non pas comme des résistants. On vous a reproché d’avoir refusé le processus de paix d’Oslo, ce en quoi les faits vous ont donné raison. L’idée est largement répandue que « le Hamas n’accepte pas l’existence d’Israël…qu’aucun juif ne pourra rester en Palestine… que tout juif est une cible et doit être éliminé ». Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de vouloir « jeter les juifs à la mer » et de refuser « le droit d’Israël à exister » ? Pouvez-vous préciser votre position politique sur ces points ?


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Moshir al-Masri, porte-parole du Hamas

Moshir al-Masri : Tout d’abord, permettez-nous de remercier tous les journalistes étrangers qui partagent les souffrances et la tristesse du peuple palestinien, qui sont dotés d’une conscience humaine, qui comprennent l’injustice qui pèse sur notre peuple et le défendent. Merci à tout journaliste, homme ou femme, qui accomplit sa mission professionnelle de manière objective et fidèle, sans biais pro-israélien.

En ce qui concerne le prétendu rejet de l’existence d’Israël et le refus du maintien des juifs en Palestine, permettez-nous de faire une distinction entre les juifs en tant que tels, c’est-à-dire en tant qu’adeptes d’une religion, que nous respectons et avec lesquels nous avons en partage une histoire honorable à travers l’histoire musulmane, et une occupation présente sur notre territoire.

 

Le problème n’est donc pas un problème avec les juifs. Nous souhaitons la bienvenue aux juifs qui veulent vivre avec nous. C’est là en l’occurrence une attitude permanente que nous constatons tout au long de l’histoire de l’Islam, y compris déjà à l’époque de notre Prophète, Muhammad.

 

Le problème, c’est qu’il y a une occupation qui pèse sur notre terre. Notre problème est donc avec cette occupation. Par conséquent, notre résistance est légale, en vertu de toutes les lois et règlements internationaux. D’ailleurs, la quasi-totalité des révolutions, dans le monde, ont eu pour finalité de chasser une occupation de leur territoire. Cela a été le cas au cœur de l’Europe et en Amérique et, par conséquent, nous avons le droit de nous défendre et de chasser l’occupant de notre sol.

 

Des allégations sont soulevées, autour du mouvement Hamas, selon lesquelles ce mouvement chercherait à « jeter les juifs à la mer ». Ce sont là des propos fallacieux, infondés. Nous respectons le judaïsme en tant que religion et les juifs en tant qu’êtres humains. En revanche, nous ne respectons pas une occupation qui nous chasse de nos terres et exerce à notre encontre toutes les formes d’agression, au moyen des armes les plus atroces, utilisées contre notre peuple palestinien.

 

Il en découle que la présence de cette occupation, on ne saurait l’accepter. Permettez-moi de vous donner un exemple, à ce sujet : si un homme possède une maison et que quelqu’un vienne occuper cette maison, et si ensuite le voleur accepte tout au plus de concéder une toute petite pièce de cette maison à son légitime propriétaire, au cours de ce qu’il appelle lui-même des « négociations », en lui disant : « tout le reste m’appartient », quelqu’un peut-il accepter une telle situation ?

 

Est-il acceptable d’être chassé de chez soi et ensuite de reconnaître que sa maison appartient à celui qui l’a volée ? Et d’aller, par-dessus le marché, négocier avec le voleur pour tenter de récupérer une minuscule chambre, et supporter ses atermoiements ? Alors même qu’en plus, le voleur tue vos enfants, défonce vos cultures agricoles et détruit votre gagne-pain ? Non. Aucune religion n’accepte cela. Ni aucune personne dotée de raison.

 

S.C. - Quand, en 2003, j’ai rencontré le médecin Abdel Azis Rantissi [4], qui était alors le numero deux du Hamas, vous n’étiez pas encore forcés de vivre cachés. Depuis lors, les choses se sont considérablement durcies : le Hamas sous la pression d’Israël, a été inscrit sur la liste noire des organisations « terroristes ». Il y a eu l’assassinat par l’armée israélienne du Dr Rantissi et de centaines d’autres cadres importants. Comment ressentez-vous le fait qu’aucune instance, aucun Etat occidental ne prenne en compte la gravité des violations de la légalité internationale par Israël, et fasse de vous un ennemi ? Que dans le cas d’Israël qui bafoue les principes de justice et la vie humaine, qui a violé plus de 65 résolutions du Conseil de Sécurité, le droit international ne s’applique pas ?


Moshir al-Masri : En ce qui concerne la classification du Hamas dans les mouvements « terroristes », je répondrai qu’assurément cette qualification n’est ni fondée, ni admissible : le Hamas exerce une résistance honorable et équilibrée. Dire de lui qu’il s’agirait d’un mouvement « terroriste » est inacceptable. Nous ne sommes pas des « terroristes », nous ne prônons pas l’assassinat, nous ne volons pas autrui et nous ne sommes pas les occupants, que je sache, pour être ainsi qualifiés ? ! Nous nous défendons face aux incursions, face aux arrestations, face aux assassinats ciblés, face à l’utilisation par Israël des armes les plus cruelles pour frapper sans pitié et arbitrairement des civils. Nous avons le droit de nous défendre.

 

Mais il est évident que les Etats-Unis sont ouvertement de parti pris en faveur d’Israël. Et puis il y a aussi cette faiblesse de l’Europe face à la position américaine. Nous ne pouvons que constater qu’il en découle une connivence européenne avec Israël, fondée sur l’alignement pro-israélien de l’administration américaine.

Nous appelons les citoyens du monde entier à réexaminer la nature du conflit palestino-sioniste et à comprendre, devant la trêve que nous avons observée et que les Israéliens ont violée, que le problème n’est pas du côté du peuple palestinien, pas du côté de sa résistance légitime, mais bien du côté de l’agression dont notre peuple est victime.

 

S.C. - Au moindre acte de résistance non violente ou armée, Israël vous envoie ses bombardiers. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il vous harcèle pour vous pousser à la faute et justifier ensuite aux yeux du monde l’usage de la force. Face à la domination d’Israël, à qui les instances étatiques internationales donnent carte blanche pour vous massacrer, n’est-il pas suicidaire de vouloir riposter à ses missiles par les armes ?


Moshir al-Masri : Au sujet de ce qu’on a coutume d’appeler « l’équilibre des forces », permettez-nous d’insister sur le fait que tout pays occupé, dès lors qu’il lutte contre une occupation militaire, ne bénéficie certainement pas d’un rapport de force favorable. Sinon, si les forces étaient équilibrées, l’armée d’occupation ne pourrait pas maintenir une minute de plus son occupation du pays en question et de son peuple…

 

Bien entendu, les forces sont totalement déséquilibrées, et nous sommes faibles. Mais faibles, nous le sommes en raison de notre manque d’armes, et certainement pas dans notre détermination et notre volonté de tenir face aux armes israéliennes ultramodernes et sophistiquées. Nous avons la volonté des montagnes. Nous avons pour nous le droit, et nous sommes prêts à tout sacrifier, je dis bien tout, pour recouvrer notre droit usurpé et violé.

Par conséquent, cet équilibre des forces, il est vraisemblable que nous parviendrons, petit à petit, à le créer. De son début, jusqu’à son terme, l’Intifada (le soulèvement) a changé de tactique militaire, passant d’un mode d’action à un autre, jusqu’à être en mesure de porter des coups à l’ennemi et à arrêter son agression permanente contre notre peuple.

 

S.C. - Quelle a été la politique de Yasser Arafat vis-à-vis du Hamas ? Et quelle est aujourd’hui celle d’Abou Mazen ?


Moshir al-Masri : La politique vis-à-vis du mouvement Hamas du président disparu Abu Ammar [Yasser Arafat] – que Dieu l’accepte dans Sa miséricorde ! – était une politique fluctuante, variant d’un instant à l’autre.

Une chose est sûre : en 1996, l’Autorité palestinienne a eu une politique faite d’arrogance et d’arbitraire à l’encontre du Hamas ; elle a jeté en prison ses militants et ses dirigeants, qu’elle a pourchassés jusqu’à imposer l’assignation domiciliaire au Shaïkh Ahmad Yassine. Nous avons patienté, nous avons surmonté nos blessures. Non pas par faiblesse, mais par respect pour le sang palestinien et afin de préserver l’union nationale.

 

A l’inverse, il y a eu des périodes où la relation entre le Hamas et le président Abu Ammar était une relation solide : il y avait alors interaction. Cette relation, on le voit, n’était pas monocolore : au contraire, elle a pris de multiples colorations, des plus variées…

 

En ce qui concerne, cette fois, nos relations avec le président Abu Mazen [Mahmud Abbas] : jusqu’ici, le président Abu Mazen est un homme faible. Nous sommes tombés d’accord avec lui sur beaucoup de points, mais les décisions prises n’ont pas trouvé de traduction concrète sur le terrain et, jusqu’à présent, il est impossible de procéder à une véritable évaluation de sa politique. D’une part parce que l’expérience n’est pas assez longue pour permettre cette évaluation, mais surtout, d’autre part, parce qu’Abu Mazen n’a mis en application réelle aucun projet politique sur l’arène palestinienne, à l’aune duquel nous soyons en mesure de le juger.

 

S.C. - Plus de 650 000 Palestiniens sont passés par les prisons israéliennes et beaucoup ont été soumis à des tortures traumatisantes depuis 1967 en Cisfordanie et à Gaza. Il y a actuellement en Israël 9 200 prisonniers palestiniens. Comme vous le savez, -cela est documenté par des ONG- la police du Shabak se sert de techniques sophistiquées pour les dégrader, les humilier, les transformer en collaborateurs. On peut s’étonner que l’Autorité palestinienne n’ait pas exigé avec plus d’insistance la libération des prisonniers, comme préalable à toute négociation ! Des centaines de militants du Hamas et du Jihad ont été arrêtés, au cours des derniers mois, en Cisjordanie. Ces arrestations et ces assassinats auraient-ils pu réussir de manière si massive, sans la collaboration des services de sécurité palestiniens de Ramallah avec les services de sécurité israéliens, notamment le Shin Beth ?


Moshir al-Masri : En ce qui concerne les arrestations et les assassinats « ciblés », il faut savoir qu’ils n’auraient jamais pu se produire sans la coopération des services de sécurité palestiniens avec le Shin Bet.

Nous affirmons qu’il y a eu un pacte, par lequel l’Autorité palestinienne s’est liée les poings face à l’ennemi israélien et qu’aux termes de ce pacte, il y avait une coordination sécuritaire qui a placé l’arène palestinienne dans une terrible impasse et dans des dissensions intestines. Les arrestations, les chasses à l’homme, les assignations domiciliaires n’ont pu être imposées aux militants et aux dirigeants du Hamas qu’en raison de cette coopération sécuritaire entre [responsables] palestiniens et israéliens.

 

En ce qui concerne les assassinats ciblés et les arrestations, il est évident qu’il existe tout un réseau de traîtres, qui vont et viennent librement en Palestine. Ce sont eux qui jouent un rôle essentiel direct dans les opérations d’élimination par les services israéliens. Il en va de même des incursions et des rafles.

 

Malheureusement, l’Autorité palestinienne n’a pas été à la hauteur de ses responsabilités, dans ce domaine, et nous n’avons pas voulu nous charger de cette tâche d’ordre public, afin de ne pas créer des dissensions dans l’arène palestinienne, et aussi afin qu’on ne puisse pas dire de nous que nous aurions été un Etat dans l’Etat.

 

Nous ne dirigeons nos armes que contre ceux qui nous agressent et il incombe à la justice palestinienne de prendre ses responsabilités et de régler tout problème interne. Il est évident que l’Autorité palestinienne s’est elle-même liée les mains, en signant des accords qui nous interdisent de pourchasser les traîtres, qui pratiquent l’assassinat de nos concitoyens en désignant aux forces d’occupation les endroits où se trouvent des Palestiniens [résistants] pourchassés, qu’elles recherchent afin de les arrêter, voire, plus fréquemment encore, de les assassiner.

 

S.C.Il est apparu que l’Autorité palestinienne, après avoir mis son peuple dans une situation impossible - en l’appelant notamment à la cessation de la lutte avant même la libération nationale – et après avoir signé avec Israël des traités « entre deux parties », a fait disparaître le terme « ennemi israélien » de son vocabulaire. Récemment le « droit au retour », a également été banni du vocabulaire des dirigeants palestiniens ; ils parlent maintenant « d’une solution au problème des réfugiés » mais pas de droit. Pendant ce temps, l’argent se déverse à flot dans les caisses d’Abou Mazen. Cet argent n’est-il pas destiné à acheter toute une élite politique et une classe moyenne susceptibles de renoncer à la lutte nationale de libération ? Quelle est aujourd’hui la position du Hamas vis-à-vis de l’Autorité palestinienne sur ces questions ?


Moshir al-Masri : En ce qui concerne la modification de la terminologie et de l’utilisation, ou de l’interdiction, de l’expression « ennemi israélien », l’Autorité palestinienne a œuvré, de conserve avec l’ennemi israélien, -en vertu d’un accord sécuritaire conclu entre eux- à faire disparaître beaucoup de concepts et à tenter de les effacer de l’esprit des diverses générations de Palestiniens. Mais l’Intifada bénie d’Al-Aqçâ a remis ces définitions et ces concepts à l’ordre du jour d’une manière encore plus forte qu’auparavant et, cela, surtout suite aux agissements de l’occupant, faits de crimes et de massacres des plus horribles perpétrés contre les enfants de notre peuple.

 

Oui, il y a une faiblesse insigne, dans l’action de l’Autorité palestinienne, à bien des égards. Et comme par hasard, ce sont ses responsables qui veulent changer le vocabulaire. Mais les définitions du peuple ne sont pas celles des représentants de l’autorité. Il en va de même en ce qui concerne le droit au retour des réfugiés palestiniens. Quand un responsable palestinien parle de « résoudre le « problème » des réfugiés », on peut voir là une concession exorbitante, provenant de ce côté-là. Nous parlons ici des millions d’enfants de notre peuple (plus de cinq millions de Palestiniens) qui sont exilés, chassés, éparpillés dans la quasi totalité des pays du monde et qui ont le droit de revenir chez eux, sur leurs terres, dans leur patrie dont on les a chassés par la force.

 

Ce sont là les termes qu’utilisent le peuple et les combattants. Ce que disent certains responsables de l’Autorité palestinienne n’est pas représentatif de l’ensemble des palestiniens.

 

S.C. - Le Congrès pour le « droit au retour » réuni à Nazareth en décembre 2005, a mis en garde ceux qui veulent vous imposer la reconnaissance de l’Etat d’Israël en tant qu’ « Etat juif » et évacuer le droit au retour. Ce droit demeure-t-il pour vous la pierre d’achoppement, « un droit inaliénable » sur lequel nul ne peut revenir ?


Moshir al-Masri : En ce qui concerne l’imposition d’une reconnaissance arabe et palestinienne de l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif et la reconnaissance du fait accompli, je pense que cette reconnaissance de l’Etat d’Israël est extrêmement dangereuse, car elle signifie l’abandon du droit palestinien, et elle signifie que la politique du fait accompli s’est imposée définitivement au monde arabo-musulman.

 

Nous accueillons à bras ouverts les juifs en tant que tels, mais nous n’accueillons pas à bras ouverts une occupation qui écrase notre terre et notre peuple. Comme je l’ai déjà dit, nous ne pouvons accepter d’être chassés de chez nous, de nos maisons, de nos terres, après quoi nous reviendrions prendre possession d’une portion congrue de ces terres et nous reconnaîtrions au voleur la propriété de tout le reste, en disant que cela lui revient de droit et en consacrant ce droit devant le monde entier.

 

C’est la raison pour laquelle, nous, au mouvement Hamas, nous mettons en garde toutes les parties prenantes contre les conséquences terribles qu’aurait le fait de tomber dans le piège israélien consistant à consacrer la politique israélienne des faits accomplis.

 

S.C. - L’autorité palestinienne a tout misé sur la création d’un Etat palestinien indépendant. Mais les Palestiniens sont-ils prêts à accepter un Etat sur le peu qui restera : quelques 8 % des terres historiques pour tout règlement des torts causés par Israël depuis 1948 ? Un Etat unique où juifs et non juifs vivent avec des droits égaux ne serait-il pas une solution plus équitable ?


Moshir al-Masri : Je tiens à dire que le mouvement Hamas croit aux solutions par étapes, mais pas aux solutions basées sur des concessions. C’est ce qu’avait affirmé le Shaïkh Yassine, fondateur et dirigeant du Hamas, il y a plus de quinze ans. Il avait dit : « Nous pouvons accepter la création d’un Etat en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem Est, avec le retour des réfugiés et la libération de tous les prisonniers. C’est alors que nous pourrons signer une trêve sur le long terme, pour dix ans s’il le faut, voire même plus ».

 

Mais il est évident que l’ennemi sioniste veut perpétuer son occupation. La preuve en est que Sharon, après avoir vendu son retrait de Gaza, en le présentant comme une « concession douloureuse », revient à Gaza et y assassine, y bombarde, y frappe, et revient au nord de la bande de Gaza pour y établir un no man’s land. On le voit : Sharon ne connaît que le langage de l’occupation. Il ne sait pas ce que veut dire une trêve, comme le montre sa violation de la trêve actuelle, et il ne connaît pas le langage de la paix. Il ne connaît que le langage du crime et de la terreur contre notre peuple.

 

Par conséquent, nous confirmons notre adhésion à des solutions par étapes, mais, en contrepartie, nous ne saurions reconnaître l’occupation de notre territoire. C’est pourquoi le reste du monde doit se rassembler afin de se tenir aux côtés de notre peuple endeuillé et meurtri, dont le territoire est occupé, dont les lieux saints sont violés et dont les enfants sont les victimes de la pire agression.

 

Quant à la création d’un Etat qui réunirait les juifs et les Palestiniens, nous n’avons cessé d’affirmer – mais je veux bien le réaffirmer encore une fois – que nous avons vécu avec les juifs tout au long de l’histoire islamique, qu’en tant que Dhimmis, dans l’Etat musulman, ils bénéficiaient des mêmes avantages et ils étaient soumis aux mêmes obligations que nous ; ils faisaient partie de notre patrie.

Encore une fois : le problème n’est pas avec les juifs. Le seul problème que nous ayons c’est avec l’occupation israélienne.

 

S.C. - Après le retrait des colons de Gaza, la communauté internationale a considéré ce retrait comme une avancée vers la paix. Or ; où est la paix ? Gaza n’est toujours pas libérée. Ceux qui l’ont visitée récemment ont rapporté que le million et demi de Palestiniens qui l’habitent, demeurent sous le contrôle absolu d’Israël ; surveillance et coercition qui vont encore s’accroître par la construction par Israël de la triple barrière munie de mitrailleuses télécommandées, de détecteurs électroniques et optiques. Plutôt que de parler de libération, pourquoi n’avoir pas rappelé que les habitants de Gaza sont emmurés derrière des barrières, dans un camp de concentration ?


Moshir al-Masri : Oui. Il est clair que ce qu’a voulu vendre Sharon, c’est un mensonge. En effet, le retrait de la bande de Gaza n’est pas un véritable retrait, ni un retrait total. Israël continue à occuper l’espace aérien de Gaza : ses avions ne cessent de survoler Gaza, les bombardements continuent et les simulacres d’attaques aussi, ainsi que les assassinats ciblés depuis les airs, par drones et missiles. Il en va de même de l’encerclement terrestre et maritime, y compris du point de passage de Rafah, qui est l’unique issue laissée au peuple palestinien vivant dans la bande de Gaza : il est truffé de caméras, il y a des commissions sécuritaires mixtes, qui interrogent toute personne qui entre dans la bande de Gaza ou qui en sort, même s’il n’y a plus de présence militaire israélienne effective.

 

Il en résulte que nous vivons dans une immense prison, dans la bande de Gaza, et que l’ennemi israélien n’a fait aucune concession. Il ne s’est retiré de Gaza que sous les coups de la résistance : il a lui-même reconnu ne plus pouvoir supporter le fardeau sécuritaire qui pesait sur ses épaules en raison de son occupation de la bande de Gaza, en particulier dans les colonies, en butte aux frappes de la résistance palestinienne, en dépit des moyens rudimentaires de celle-ci, qui a néanmoins réussi à atteindre l’ennemi israélien en lui infligeant une dure leçon et en lui apprenant que la terre palestinienne ne saurait tolérer la perpétuation de son occupation par Israël.

 

S.C. - Contrairement à l’ANC en Afrique du Sud, ni Arafat ni Abou Mazen n’ont jamais appelé au boycott international, ni à la lutte civile, ni à des sanctions punitives contre Israël. Le président de l’Université palestinienne Al Quds s’est même élevé contre le boycott des universités israéliennes lancé par des Britanniques. Comment expliquez-vous une telle soumission de la part des dirigeants de l’OLP à Israël, alors que les Palestiniens attendent de leurs autorités qu’elles défendent leur cause ?


Moshir al-Masri : Il est clair que l’Autorité palestinienne est en train de connaître une dérive dangereuse et que certains de ses dirigeants s’accrochent à leur fauteuil. Ils sont prêts à faire toutes les concessions possibles et imaginables.

C’est ce dont nous nous sommes rendu compte, avec le genre d’accord qu’ils ont signés : il n’y avait pas de position solide de l’Autorité palestinienne qui fût en mesure de mettre un terme à l’agression sioniste contre le peuple palestinien. Le discours dominant, c’était celui des concessions : c’est cette langue des concessions qui s’est imposée la plupart du temps, à un point tel que le président d’une université palestinienne a osé protester, vous avez tout à fait raison, contre le boycott des universités israéliennes, comme si nous vivions avec Israël dans un même cadre, en oubliant totalement notre sang versé, la confiscation de nos terres et la mise sous occupation de toutes les possibilités du peuple palestinien !

 

Oui, hélas, il y a une soumission, de la part de l’Autorité, à l’administration israélienne, en échange de non-concessions israéliennes vis-à-vis de l’Autorité. Et cela, parce que celle-ci s’est liée les mains avec des accords dont elle est incapable de s’extraire, au moment même où Sharon et consorts nient les accords dont il est question, en déclarant que les accords d’Oslo n’ont plus d’existence pratique, sur le terrain.

 

S.C. - Les parlementaires de l’Union européenne- gauche et droite - ont voté en 2004, à une large majorité, une résolution dite " Paix et Dignité au Proche-Orient" qui exige de l’Autorité palestinienne de mener une lutte contre les actes de terrorisme. Cette résolution :


- « réitère sa ferme condamnation ainsi que le rejet de tout acte de terrorisme commis par des organisations terroristes palestiniennes contre le peuple israélien, et exige que l’Autorité nationale palestinienne mène une lutte sans merci contre ces actes de terrorisme jusqu’au démantèlement total de ces organisations »

- « déclare expressément que le terrorisme palestinien, que ses victimes soient civiles ou militaires, non seulement est responsable de nombreuses victimes innocentes, ce qui le rend des plus condamnables, mais en plus nuit gravement au processus de paix que l’on veut reprendre ». Que dites-vous à ces parlementaires de l’Union européenne ?


Moshir al-Masri : En ce qui concerne les « terroristes », et l’affirmation selon laquelle la résistance non seulement tuerait des innocents, mais ferait obstacle au processus de paix, nous disons : « Observons attentivement et précisément la scène palestinienne et les événements qui s’y sont produits depuis la signature de l’accord de paix entre Palestiniens et Israéliens.

 

Qui a commencé à tuer ? Qui a perpétré des massacres le premier ? Comment l’Intifada d’Al-Aqçâ, que nous continuons à vivre aujourd’hui, a-t-elle débuté ? Ne serait-ce pas, par hasard, avec la visite provocatrice de Sharon à la Mosquée Al-Aqçâ, bénie et sainte pour les musulmans et pour le peuple palestinien ?

Les fidèles [musulmans] ayant protesté, les forces de l’occupation ont abattu des dizaines d’entre eux, en quelques instants. C’est alors que les foules se sont levées, partout, afin de défendre leurs lieux saints, comme c’était leur droit et leur devoir.

 

La première Intifada (1987-1991), quant à elle, n’avait-elle pas éclaté après qu’un colon eut écrasé volontairement sept ouvriers palestiniens à Jabalya ?

 

Par conséquent, nous défendons notre peuple, et ceux qui nous qualifient de « terroristes » se trompent ; ils doivent reconsidérer leur appréciation. Nous ne sommes pas des « terroristes ». Nous prônons la vie, nous prônons un projet de libération, nous défendons la dignité et la légitime fierté. Il faut que le monde européen cesse d’être le complice de l’Amérique, dans son alignement patent sur l’ennemi israélien. Si vous étudiez et examinez précisément les problèmes en jeu sur l’arène palestinienne, vous comprendrez que, dans la quasi totalité des cas, c’est l’occupation qui provoque les problèmes.

 

S.C. - Le récent succès électoral du Hamas a jeté un vent de panique au sein de l’Autorité palestinienne. Pensez-vous qu’après avoir régné durant douze ans en maître absolu, s’être enlisée dans des négociations « de paix » -les Accord d’Oslo- qui ne menaient qu’à plus de souffrances pour les Palestiniens, sera-t-elle capable de renoncer aux privilèges acquis aux dépens de son peuple et d’accepter le message que ce dernier lui envoie ?


Moshir al-Masri : Nous pensons qu’un des principes de la démocratie, c’est l’acceptation des résultats des élections. La nation n’est le monopole de personne, elle appartient à tout le monde.

Le mouvement Hamas tient à rassurer tout le monde, l’Europe, l’Amérique et le monde entier, ainsi que l’Autorité palestinienne : nous n’avons nullement l’intention de prendre la place de qui que ce soit dans ces élections, ni de contester quiconque.

 

Nous voulons consacrer une nouvelle étape, celle de la participation politique, afin d’en finir avec l’exclusive dans la prise de décision politique palestinienne. Cette étape sera aussi celle de l’union nationale face aux défis propres à cette étape : ce peuple qui a fait les plus grands sacrifices pour contraindre l’occupant à se retirer d’une partie de son territoire doit aujourd’hui pouvoir vivre une vie tranquille et décente, loin des manifestations d’anarchie et d’insécurité, provoquées la plupart du temps par les services dits « de sécurité » eux-mêmes, loin du système du piston et des pots-de-vin, loin de la perte des repères, du vide devant l’inconnu, qui dominent actuellement la scène palestinienne.

C’est la raison pour laquelle le Hamas a voulu participer sans plus tarder aux élections législatives, afin de tenter de sauver la scène palestinienne de cette situation délétère.

 

S.C. - C’est pour le peuple palestinien une situation on ne peut plus déprimante. Rien de ce que l’Autorité palestinienne lui a promis n’a été réalisé. Or, si les Palestiniens lui ont tourné le dos, cela ne veut pas dire, pour autant, qu’ils adhèrent à votre programme ?


Moshir al-Masri : Il est clair qu’en raison de la monopolisation du pouvoir par l’Autorité palestinienne, qui prend seule toutes les décisions concernant l’avenir du peuple palestinien depuis dix ans, et d’autre part du succès du mouvement Hamas et de son programme en matière de résistance légitimement reconnue par le droit international et du fait que ce mouvement a été le porteur des préoccupations du peuple palestinien et de la bannière du changement et de la réforme, on a assisté à un rassemblement populaire autour du Hamas.

 

De plus, le peuple palestinien est un peuple musulman en majorité. Or, le Hamas est un mouvement musulman, qui veut que notre peuple vive l’Islam comme une réalité concrète autant que cela nous est possible.

Il est clair que l’Autorité palestinienne n’a pas tiré les leçons de ses erreurs, et que sa situation est déplorable. Elle est même incapable de tenir tête à ceux de ses membres qui pratiquent des enlèvements d’étrangers, qui nuisent à l’image honorable de notre peuple, ou qui pratiquent les occupations de diverses institutions, le racket et l’intimidation.

Tout ceci fait que l’Autorité palestinienne traverse une période de grande faiblesse et de décomposition. C’est la raison pour laquelle nous avons tenu à participer aux élections, afin que l’Autorité recouvre son prestige et que le droit retrouve sa primauté. Nous voulons créer une Autorité palestinienne respectable, afin que le peuple palestinien puisse la respecter.

 

S.C. - Sauf à Ramallah, durant l’année écoulée, lors des élections locales, le Hamas a récolté plus de 50 % des voix. Le FPLP, parti de gauche, a dans certaines villes fait alliance avec vous. Cela tend-il à démontrer qu’il ne s’agit pas de voter pour une religion mais pour des hommes et des femmes qui, contrairement aux cadres du Fatah, n’ont jamais abandonné la lutte de libération ?


Moshir al-Masri : Le fait que le Hamas conclut des alliances avec le Front Populaire de Libération de la Palestine ou d’autres organisations, confirme qu’il n’est pas un mouvement sectaire, ni sclérosé, ni replié sur lui-même.

Le Hamas est un mouvement qui s’affirme comme une page ouverte à tous, comme un mouvement prêt à s’allier avec tous les enfants de notre peuple palestinien, afin de défendre les intérêts supérieurs de notre peuple, dans le cadre d’un changement et d’une réforme réels dans l’arène palestinienne. C’est de là que découle le soutien apporté par le Hamas à une candidate de gauche à la mairie de Ramallah, soutien qui n’est pas un cas unique, loin de là.

Nous disons à tous que nous ne voulons prendre la place de personne, nous ne voulons évincer personne. Nous voulons vivre une existence digne et tranquille, à l’abri de tous les phénomènes que connaît la scène palestinienne depuis dix ans. Nous voulons convenir d’une stratégie bien définie qui protège les droits du peuple palestinien et préserve ses avancées, sans considération sur les appartenances de ces alliés : il suffit qu’ils soient Palestiniens et qu’ils veuillent servir la cause du peuple palestinien.

 

S.C. - Pourquoi avez-vous pris le parti de participer à ces élections alors que le Jihad islamique, lui, s’est abstenu ? Des élections sous occupation ne détournent-elles pas les Palestiniens de l’essentiel ? La priorité n’est-elle pas de nouer le dialogue inter-palestinien pour relancer la lutte nationale ?


Moshir al-Masri : Quelles sont les priorités du Hamas, dans la période actuelle ? Mettons les points sur les « i » : le Hamas a trois priorités, dont aucune n’est caduque, ni moins importante que les autres.

La première priorité, c’est le renforcement de l’unité interne, étant donné que c’est cette unité qui est à même de protéger l’arène palestinienne contre tout développement dangereux.

La seconde, c’est le renforcement de la participation politique, qui représente une option susceptible de sauver la scène palestinienne du marasme actuel.

Le troisième point, c’est le renforcement du programme de la résistance en tant que choix stratégique de notre peuple, tant qu’une occupation continuera à peser sur notre terre et tant que se poursuivra l’agression continue contre notre peuple. Ce choix a été celui de toutes les révolutions de par le monde, y compris en Europe et en Amérique. Il s’agit d’un choix reconnu par le droit international.

 

S.C. - La participation du Hamas aux élections législatives palestiniennes, dans les territoires sous contrôle de l’Autorité Palestinienne, a été mise en cause par M. Javier Solana. Celui-ci, reprenant la menace des Etats-Unis, a fait pression sur les Palestiniens en affirmant que si le Hamas remportait les élections, l’aide financière de l’Europe serait suspendue. Ce qui indique que l’Europe ne reconnaît pas aux Palestiniens le droit de choisir leurs propres représentants ni celui de résister. Ce chantage, qui menace les Palestiniens d’un étranglement financier, donc de les rendre encore plus faibles face à l’occupant, empêchera-t-il les Palestiniens de voter pour les candidats du Hamas ou du FPLP ?


Moshir al-Masri : En ce qui concerne la question de savoir si les menaces européennes et les menaces américaines de couper les aides sont susceptibles de dissuader notre peuple de soutenir le Hamas, je répondrai que je pense que les déclarations tant européennes qu’américaines à cet effet ont coïncidé avec la quatrième étape des élections municipales palestiniennes, en particulier dans les plus grandes villes.

 

Or, quel en a été l’effet ? Le Hamas a remporté les élections dans les plus grandes villes palestiniennes, comme Naplouse, El-Biréh, Ramallah ou Jénine. Par conséquent, notre peuple palestinien est un peuple qui compte essentiellement sur Dieu – Qu’Il soit exalté ! – et qui connaît ce verset coranique « C’est dans le ciel que se trouve la véritable vie qui vous a été promise ». Le peuple sait très bien qu’il y a un complot international ourdi contre lui. Par conséquent, il veut choisir ceux qui seront capables de porter sa préoccupation et ceux dont il sait, de confiance, qu’ils seront dignes de la mission qu’il leur aura confiée, par la grâce de Dieu !

 

Nous, au Hamas, nous avons fait nos preuves, au fil des années, dans de nombreuses institutions, syndicats, coopératives, ou autres, et nous avons donné un exemple à suivre. C’est en connaissance de cause que le peuple palestinien nous a élus, c’est en raison de sa confiance.

 

Par conséquent, la provocation de l’administration américaine qui, aux dires des responsables de l’Autorité palestinienne, n’accorde au peuple palestinien que des miettes qui ne représentent pratiquement rien dans le budget palestinien et la position européenne, voire même les déclarations de Javier Solana dont je ne pense pas qu’elles reflètent une position européenne bien étudiée qui représente vraiment tous les Etats membres de l’Union européenne, vous savez…

 

Disons que je ne considère pas que la dernière position adoptée par le Quartette soit une position d’une grande fermeté. Il s’agit plutôt de l’expression d’un recul : après avoir refusé la participation du Hamas aux élections, certains partenaires internationaux ont dépassé ce blocage, après avoir constaté la détermination et la volonté des Palestiniens, ainsi que l’unanimité sur la nécessité de la participation de tous à ces élections.

 

Les puissances étrangères opposées à notre participation ont commencé à brandir la menace de la suspension des aides économiques, puis elles ont cessé de le faire après avoir constaté que cela ne dissuaderait en rien les Palestiniens de voter pour le Hamas. Elles se sont alors contentées de formuler des mises en garde contre la participation du Hamas à tout gouvernement palestinien à venir.

 

Je suis persuadé que les partenaires internationaux se verront contraints de composer avec une réalité nouvelle pour eux : le mouvement Hamas est une composante authentique du peuple palestinien, il fait partie de ceux qui déterminent la décision politique palestinienne.

 

S.C. - La position du Quai d’Orsay, était plus nuancée que celle de M. Solana : « Nous pensons qu’il est important que le processus électoral qui a été engagé dans les territoires palestiniens puisse se dérouler normalement. Le Hamas demeure inscrit sur la liste « des organisations terroristes de l’Union européenne, tant qu’il n’aura pas renoncé à la violence et reconnu l’Etat d’Israël. Pour notre part, nous suivons avec intérêt ce qui se passe et cette évolution du Hamas sur le plan politique ». Vous paraît-il possible de renoncer à la lutte armée et de reconnaître l’existence de l’Etat juif d’Israël ?


Moshir al-Masri : En ce qui concerne la reconnaissance de l’Etat d’Israël et le renoncement à la lutte armée, je réponds : comment le Liban s’est-il libéré ; comment beaucoup de pays européens se sont-ils libérés, et comment l’Amérique du Nord s’est-elle libérée ? N’est-ce pas en chassant les puissances qui les occupaient ?

 

Cela fait dix ans que nous essayons de négocier : pour quel résultat ? Le résultat, n’est-ce pas l’inconnu ? Le résultat, n’est-ce pas le vide ? Qu’est-ce que l’Autorité palestinienne a récolté ? Qu’est-ce que le peuple palestinien a récolté ? Rien, sinon des malheurs, la destruction, le recul de la cause palestinienne pour des lustres.

 

On ne peut pas continuer à faire ce genre d’expérience vouée à l’échec ni accepter une occupation qui s’incruste, qui continue à tuer, à massacrer, à perpétrer la terreur contre le peuple palestinien. Nous disons que le Hamas est un mouvement ouvert, prêt au dialogue avec qui le souhaite à la lumière des intérêts supérieurs du peuple palestinien.

Mais un dialogue avec l’occupation sioniste, c’est un dialogue qui a échoué, bien qu’il ait été tenté sur la base des plus grandes concessions de notre part, en échange de rien du tout, du côté israélien.

 

S.C. - De savoir que les dirigeants des pays démocratiques ont systématiquement refusé de sanctionner Israël qui viole les Conventions de Genève - démolitions de maisons, exécutions sommaires, arrestations arbitraires, assassinats d’enfants - et aussi de savoir que les associations, qui disent défendre les droits du peuple Palestinien, ont toujours collaboré avec l’Autorité palestinienne qui est considéré par vous un système corrompu et répressif, vous choque-t-il ? Ne pensez-vous pas que votre meilleure arme est de mieux expliquer à l’opinion internationale quel type de soutien les Palestiniens sous occupation militaire attendent ?


Moshir al-Masri : Oui, cela me choque. Effectivement, nous avons besoin d’une vaste campagne médiatique. Mais il est évident que les sionistes, leurs séides et leurs amis possèdent des moyens d’information extrêmement puissants qui écrasent les nôtres.

 

Israël a violé la quasi totalité des résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu, ainsi que toutes les Conventions de Genève, en perpétrant les pires crimes terroristes contre notre peuple : destruction de maisons, de terres agricoles, assassinat délibéré d’enfants innocents et, cela, sans qu’il ne juge le moindre soldat responsable de ces assassinats, notamment d’enfants, comme celui du jeune Muhammad Al-Dura, auquel le monde entier a assisté : on l’a vu crier, supplier. En vain. Le résultat ? Le soldat responsable d’avoir tué délibérément a été emprisonné pendant un mois à peine. Cela équivalait purement et simplement à se gausser du sang palestinien répandu.

 

Oui ; il nous faut dénoncer toutes ces exactions israéliennes, toutes les violations israéliennes des résolutions du Conseil de sécurité, et aussi celles des Conventions de Genève.

 

Nous avons besoin des efforts des journalistes européennes et européens, des juristes, de toutes les personnes et instances porteuses du sens du mot « humanité », qui comprennent ce que l’occupation signifie et qui connaissent l’horreur du crime et du terrorisme sionistes à l’encontre de notre peuple, afin qu’ils fassent comprendre au monde, autant qu’il leur est possible, quelle est la véritable situation.

 

Nous savons qu’il existe une connivence entre les régimes politiques européens et l’ennemi israélien, mais nous savons aussi qu’il y a chez vous, en Europe, des gens qui défendent les valeurs humaines, et nous leur serrons fraternellement la main, en les priant de multiplier les contacts avec nous.

 

S.C. - Autrement dit, Israël aura le beau rôle aussi longtemps que l’opinion n’aura pas compris que la racine de ce conflit ce n’est pas la religion mais la lutte d’un peuple pour garder sa terre, et aussi pour le retour des trois quarts des Palestiniens expulsés en 1948 par la force, pour y installer, à leur place, des gens de confession juive venus de partout. Tant que ce déni de l’histoire perdure il est facile à Israël de renverser les responsabilités et d’accuser de terrorisme ceux qui relèvent la tête. Si vous obtenez une majorité aux élections législatives, êtes-vous prêts à rencontrer les responsables politiques européens pour leur rappeler que le point central du conflit est l’expropriation et l’épuration ethnique des Palestiniens par Israël ? Et de façon plus générale, que pensez-vous faire ?


Moshir al-Masri : Si nous remportons la majorité lors des élections législatives, nous aviserons.

Mais, sur le plan du dialogue avec l’Europe et les États-Unis, le Hamas n’a d’hostilité envers personne, et nous sommes prêts à dialoguer avec qui voudra dialoguer avec nous. Nous avons dialogué avec l’Europe, notamment avec des parlementaires européens, et nous avons instauré un dialogue avec des universitaires américains, à Beyrouth (mais il ne s’agit pas de personnes détentrices d’un quelconque pouvoir exécutif aux États-Unis).

 

Le Hamas est un mouvement ouvert à tous, et certainement pas un mouvement rigoriste, ni un mouvement complexé. Bien entendu, le Hamas est un mouvement porteur d’un projet islamique, qui veut que tout le monde vive en liberté et dans la dignité, et donc que notre peuple vive libre et dans la dignité.

 

Ce que nous demandons au monde, c’est de ne pas s’aligner, de ne pas persister dans son alignement patent, meurtrier et provocateur sur l’ennemi sioniste, au prix des intérêts nationaux du peuple palestinien. Nous sommes prêts à dialoguer avec tout partenaire, mis à part Israël, qui perpétue l’occupation et l’agression contre notre peuple palestinien, afin d’expliciter ce qui doit et peut l’être et de mettre tout un chacun au courant de ce qui se passe sur la scène palestinienne, et aussi afin de rappeler à nos partenaires que le problème, c’est l’occupation et l’agression, et en aucun cas notre peuple ni sa résistance légitime. Le problème est du côté de ceux qui sont venus chasser notre peuple de chez lui et en occuper les terres.

 

Par conséquent, nous sommes persuadés que le monde libre doit s’efforcer de faire en sorte que le peuple palestinien vive libre, dignement, comme il vit lui-même.

Nous vous remercions tous.

 

Interview publiée le 20 janvier 2006, remise à jour le 13 janvier 2012


Cette interview a également été publiée :
- en arabe
- en anglais
- en espagnol
- en italien
- en russe

Silvia Cattori

(*) A l’initiative de Droit pour tous


[1] Voir :
http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Pierre-Weiss-denonce-la-venue-dun-membre-du-Hamas-a-lUniversite-de-Geneve/story/22871159

[2] Lire ce que dit à ce propos le chirurgien français Christophe Oberlin :
http://www.silviacattori.net/article1582.html

[3] Voir la version en ligne :
http://www.lematin.ch/suisse/standard/Le-porteparole-du-Hamas-invite-a-luniversite-de-Geneve/story/23953067

[4] Abdel Aziz Rantissi, dirigeant politique du Hamas, a été sommairement exécuté, ainsi que deux de ses gardes du corps, quelque mois plus tard, le 16 avril 2004, par deux roquettes tirées à partir d’un hélicoptère israélien.

 

Source : silviacattori.net


Par Silvia Cattori - Publié dans : Palestine-Gaza - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 20:53
Oeil pour oeil, dent pour dent : une zone d'exclusion aérienne, au dessus de Gaza!

IRIB-La recrudescence des bombardements sur Gaza les discours va-t-en guerre des hautes responsables militaires israéliens poussent certains experts à conclure qu’Israël prépare une Opération Plomb Durci II d’une intensité bien plus forte - raser des quartiers entiers de Gaza pousser les Palestiniens à fuir vers le Sinaï - en coopération avec Washington.

 

Il devient donc urgent de réclamer une zone d’exclusion aérienne à Gaza pour protéger le peuple palestinien de l’Holocauste à venir. L’armée de l’air israélienne a repris ses bombardements « cinétiques » au dessus de Gaza faisant plusieurs victime palestiniennes. Actuellement à cause des mensonges diffusés en boucle par les organes de propagande de guerre occidentales l’opinion publique subi un véritable lavage de cerveau sur ce qui se passe en Syrie afin de la préparer à une intervention militaire internationale contre ce pays.

 

Ces organes de propagande ont d’abord occulté le fait que des mercenaires islamistes regroupés en escadrons de la mort formés par la Grande Bretagne et la France en Turquie avec bien sûr la pleine et entière coopération d’Ankara dont l’armée vient de bombarder des civils kurdes à la frontières irako turque faisant 35 morts des civils et financés par les dictatures monarchiques wahabites du Qatar et de l’Arabie Saoudite semaient la terreur dans certaines villes syriennes exécutaient des soldats et forces de sécurité syriennes sous les applaudissements de ces propagandistes et politiciens corrompus de droite comme de gauche.

 

Puis ces organes de propagande ( Le monde, Le Figaro, Libération et consorts) ont qualifié de « déserteurs » ces mercenaires payés par les dictatures monarchiques féodales du Golfe principalement le Qatar et l’Arabie Saoudite en encourageant la bande de marionnettes du CNS - qui a pignon sur rue à Ankara - tous volets clos- oeuvrant pour le compte des Américano Sionistes et de leurs laquais européens à réclamer à corps et à cris une zone d’exclusion aérienne au dessus de la Syrie prélude à une intervention militaire « à la libyenne ».

 

Pourtant les bombardements aériens répétés s’intensifiant de jour en jour n’ont pas lieu en Syrie mais à Gaza et sont commis par une bande criminels de guerre sionistes qui grâce à leur Parrain américain et la complicité des puissances occidentales agissent sans foi ni loi génocidant à petit feu le peuple palestinien en réduisant en cendre à coups de missiles tirés par des drones tout ce qui bouge et leur paraît suspect dans la Bande de Gaza inclus des enfants collectant des morceaux de métaux et autres « trésors » nécessaire à leur survie.

 

Au sein du régime sioniste des voix enflent pour réclamer une intervention militaire à Gaza pour écraser le Hamas. L’armée israélienne a confirmé qu’elle préparait une intervention de grande ampleur contre la population palestinienne de Gaza (comprenant 50% d’enfants) du type Opération Plomb Durci II (l’Opération Plomb Durci I a fait 1400 morts à Gaza et de nombreux blessés et handicapés à vie).

 

Selon le colonel Tal Hermoni à la tête de la brigade Sud, la cité par le quotidien israélien Haaretz :

« Nous nous préparons en fait pour une autre campagne qui sera différente et variée pour renouveler notre pouvoir de dissuasion si on nous demande de rétablir le calme pour les communautés (colonies ndlt) du Sud. » reconnaissant ainsi publiquement que l’un des bombardements était un assassinat extra judiciaire illégal en droit international, un crime de guerre - ce qui rend Hermoni passible de la CPI et de poursuites dans certains pays s’il s’y rendait -

Il a ajouté :

« la faible réponse lors des assassinats ciblés de mardi est la preuve qu’ils ne veulent pas goûter aux poings de l’armée israélienne ». Les attaques criminelles de ce début de semaine ordonnées par Tal Hermoni ont fait 3 morts et au moins 9 blessés palestiniens.

 

Selon le Haaretz la prochaine offensive israélienne contre Gaza sera plus courte qu’en 2008 mais utilisera plus de puissance de feu.

 

On a déjà vu ce que l'utilisation volontairement aveugle de leur puissance de feu- y compris des bombes au phosphore et autres bombes « novatrices » destructrices des cellules internes de l’organisme des victimes civiles - a donné au Liban en 2006 mais aussi à Gaza en 2008. Ni plus ni moins que du terrorisme d'état brutal barbare génocidaire.

 

Les Etats Unis viennent d’accorder une aide de 250 millions de dollars à Israël pour renforcer ses systèmes de défense anti roquettes et anti missiles. A l’évidence les hauts responsables militaires israéliens ont hâte de justifier cette énorme cadeau - en plus des 3 milliards de $ annuel offert par le Congrés américain acheté par le puissant lobby sioniste AIPAC et consacré uniquement à l’armement de ce régime colonial fasciste- en testant leurs nouvelles armes et systèmes anti missiles sur la population palestinienne de Gaza.

 

Par conséquent il est urgent de faire pression et d’exiger PREVENTIVEMENT l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne sur Gaza car de toute évidence l’armée israélienne craignant de subir de lourdes pertes en engageant des troupes au sol - tankistes et infanterie, les responsables israéliens accusant le Hamas de s’être équipés via les tunnels de certaines armes sophistiquées dont les missiles Kornet anti tanks - va mener une violente campagne aérienne de bombardements sur Gaza rasant des quartiers entiers comme elle l’avait fait au Liban en 2006 n’ayant cure du nombre important de civils palestiniens tués et blessés puisque ses crimes restent à ce jour impunis.

 

Même l’ONU de Ban Ki Moon ferme les yeux sur les crimes de guerre et contre l’humanité commis par l’armée israélienne, le rapport Goldstone sur l’Opération Plomb Durci dénonçant de tels crimes ayant été enterré sous la pression des US et de leurs alliés serviles dont la France. La France qui a fait pression sur l’autorité palestinienne d’Abbas pour qu’elle renonce à demander justice pour les familles palestiniennes de Gaza dont certains membres ont été assassinés (Des familles entières ont été décimées).

L’année 2012 doit donc commencer par une action forte préventive de tous ceux qui agissent pour protéger le peuple palestinien des crimes de guerre et contre l’humanité commis par l’armée coloniale sioniste.

 

Source : french.irib

Par IRIB - Publié dans : Palestine-Gaza - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 20:31
Par Aline de Diéguez - Publié dans : Palestine-Gaza - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 17:03

Un article d'Angela Lano


Les « Printemps des Libertés ». C’est sous ce slogan qu’une délégation parlementaire internationale est arrivée lundi le 21 novembre dans la Bande de Gaza pour entamer une tournée qui a pris fin le 24 novembre 2011.
7 décembre 2011

  Les habitants de Gaza ont partiellement reconstruit leurs habitations détruites par l’agression israélienne de 2008/2009 en utilisant un composé de sable et d’argile qui, mélangé à de l’eau et à un peu de paille peut se transformer en briques après séchage au soleil (Photo : BBC).


Outre la délégation, il y avait une forte présence de députés et sénateurs de l’Amérique Latine à savoir du Chili, du Pérou, du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay, du Paraguay et de l’Equateur (dont quelques futurs candidats pour les prochaines présidentielles). Certains d’entre eux étaient des représentants du Marché Commun du Sud (Mercosur) et du Parlement Andin.

Ce fut donc l’occasion pour ces parlementaires latino-américains d’exprimer leur soutien à la population de Gaza et aux autorités politiques. Ils ont également manifesté leur intérêt à suivre de « plus près » la situation que vit la Bande, en particulier, et toute la Palestine, en général.

 

Les invités de Gaza ont été accueillis par le premier ministre de Gaza, Ismail Haniyah et du ministre des affaires étrangères Mahmoud Az-Zahaar.

Vingt-quatre heures après l’arrivée de la délégation, soit le 22 novembre, une conférence de presse a été animée au siège du Parlement de Gaza. A cette occasion, Ismail Haniyah a qualifié la visite de la délégation internationale et des sud-américains comme « un moment exceptionnel pour notre lutte », en ajoutant : « Le peuple palestinien apprécie votre engagement et vous fait part de sa plus grande gratitude ».


Il a poursuivi : « Votre présence parmi nous n’offre qu’une seule lecture : c’est qu’Israël est en train de vivre une situation d’isolement politique international. Il y a trois aspects fondamentaux que nous devons aborder sur le plan international. Premièrement, il y a une nécessité de comprendre que la ’Cause Palestinienne’ n’est pas seulement une question humanitaire, mais également politique. Nous voulons la libération de la totalité de la Palestine historique, Jérusalem comme capitale, le droit au retour de tous ses enfants, et bien évidemment, la libération des 7000 prisonniers encore détenus dans les prisons israéliennes. A part cela, nous ne voyons aucune autre solution du conflit ».

« Deuxièmement, il est important de parler du blocus imposé à Gaza. En nous enfermant à l’intérieur de la Bande, l’occupation sioniste avait prétexté la capture du soldat Gilad Shalit. Maintenant qu’il a été libéré, toutes les excuses pour continuer d’assiéger Gaza sont nulles et non avenues ».

« Ceci m’emmène à souligner un point fort important et pour lequel on devrait faire pression sur Israël. Il s’agit du Rapport Goldstone sur les crimes israéliens commis durant l’Opération Plomb Durci. Les conclusions de ce rapport ne doivent pas être négligées, au contraire, et les responsables sionistes doivent être poursuivis en justice pour crimes de guerre. Ils ont assez fui la justice comme ça. »

« Et il demeure un quatrième aspect essentiel qu’est la reconstruction de la Bande de Gaza, où l’entrée des matériaux de construction est toujours interdite. »


Lors d’une autre rencontre tenue le 21 novembre dans le palais du gouvernement en l’honneur de la délégation sud-américaine, le premier ministre de Gaza a réitéré et a exprimé sa gratitude et l’estime qu’il porte pour les représentants des sept pays latino-américains qui, en décidant se rendre à Gaza, ils ont dû subir un très long périple.

Dans ce contexte, Haniyah a tenu à rappeler que cette partie du monde a ouvert ses bras, depuis 1948, aux réfugiés palestiniens. Mine de rien, « des millions de palestiniens et leurs descendants vivent depuis 63 ans en dehors de leur terre, de la Palestine ». Et d’ajouter : « Nous vivons depuis 63 ans sous l’occupation et la torture. Depuis le début de l’oppression, les israéliens nous ont entrainés dans les guerres, ont construit le Mur de l’Apartheid, ont assiégé et empoisonné le Président Yasser Arafat dans son quartier général de la Mouqata’a. Ils sont en train de judaïser Jérusalem, ils ont imposé un blocus illégal sur la Bande de Gaza, ils ont emprisonné des milliers de palestiniens et au cours de l’hiver 2008-2009, ils ont lancé une guerre contre Gaza qui n’a engendré que destruction, blessures et mort. »

« La vérité est, par conséquent, évidente : Israël ne veut pas la paix et est en constante quête de conflits. C’est pourquoi, nous estimons que la visite de cette imposante et valeureuse délégation est la démonstration concrète que la situation tourne en notre faveur et qu’il est grand temps de s’opposer aux politiques israéliennes. »


Evoquant son parti, Haniyah explique : « Le mouvement du Hamas lutte contre l’occupation. Chaque pays occupé a le droit de se libérer et de combattre pour arracher sa propre liberté. Et ce que je dis n’est pas nouveau puisque ce droit est même établi par les conventions internationales et par le Conseil de Sécurité de l’ONU. »

Le premier ministre n’a pas manqué de préciser la nature du conflit en soulignant : « Le problème existant oppose occupants et occupés. Le problème est Israël et non pas les hébreux. Nous n’avons aucune animosité envers les hébreux, mais plutôt contre ceux qui ont occupé notre terre. La preuve, durant toutes ces années, nous avons reçu la visite de plusieurs individus hébreux et antisionistes qui tenaient à nous faire part de leur solidarité et leur soutien au peuple palestinien. Ceux-là sont les bienvenus. »

Il a ajouté : « Le Hamas appelle à la démocratie et croit aux élections libres, et c’est pourquoi, le peuple palestinien a donné sa confiance totale au parti en 2006. A cette époque, les gouvernements occidentaux avaient demandé au mouvement islamique de ’’respecter la démocratie’’, mais lorsque la victoire a été du côté de notre mouvement, ce sont ces mêmes occidentaux qui ont refusé de respecter et de reconnaitre les résultats des élections. Ils ont donc décidé de nous punir collectivement en nous assiégeant. Montrez-moi n’importe quelle partie du monde où la population subit un blocus marin, terrestre et même par le ciel. Et pour finir, ils ont déclenché une guerre pour punir la population, comme ils ont puni tous les pays qui entretiennent des relations avec nous. »


Dossier prisonniers


L’agenda de la délégation internationale avait également prévu une visite importante au Centre des Prisonniers de Gaza. La conférence tenue ce jour a été ouverte par Ramy Abdou, représentant de l’European Campaign to end the siege on Gaza (organe ayant pris l’initiative d’organiser la caravane internationale), et la députée chilienne d’origine palestinienne Marcela Constanza Sabat Fernandez.

 

Par ailleurs, un bon nombre de prisonniers, dont certains qui ont été récemment libérés lors de l’accord d’échange conclu avec Israël, à savoir Shalit contre 1100 détenus politiques. A cette occasion, Abdelaziz Amro et Samar Sbeh, une jeune maman, ont pris la parole pour raconter leur propre vécu dans les prisons. Amro explique qu’il a été condamné à 700 ans de prison. Détenu en 2004, il a été torturé avec des produits chimiques dont les séquelles se font sentir aujourd’hui où son état de santé s’est détérioré. Il affirme : « N’importe quel Palestinien peut se trouver emprisonné, et pour n’importe que motif. Dans ce cadre, Israël opte souvent pour la détention administrative qu’il renouvelle tous les six mois ou tous les ans. Il faut savoir que les prisons israéliennes contiennent un grand nombre de détenus dont l’état de santé est vraiment critique sans qu’on ne daigne leur prodiguer les soins médicaux nécessaires. Hélas, je ne peux me permettre de vous raconter davantage des souffrances subies dans les prisons et ce, par respect à ces nombreuses familles présentes dans cette salle, et dont certaines ont des proches en tôle...mais je vous laisse deviner la souffrance insupportable qui y règne. »


Quant à Sbeh, qui a été arrêtée la même année, à savoir en 2004, elle était enceinte de trois mois et a donné naissance à son bébé à l’intérieur de la prison. Bara’ est aujourd’hui âgé de 3 ans. Le petit a vécu en prison avec sa maman jusqu’à l’âge de deux ans et demi, puis il a été libéré et confié à la famille.

Malheureusement, le cas de Samar et de son fils n’est pas l’unique puisque beaucoup de prisonnières sont confrontées aux mêmes conditions de vie où elles sont contraintes d’accoucher en prison. Ces femmes n’ont d’autre choix que d’élever leurs petits derrière les barreaux et leur quotidien est partagé entre incommodité, précarité hygiénique, sanitaire et alimentaire et situation psychologique cruelle. Et là, il ne s’agit pas de criminelles mais de détenues politiques dépourvues de leurs droits humains.

 

La journée du 23 novembre : les invités de Gaza se sont rendus à « Assalama. Société de Bienfaisance » , centre pour handicapés situé à Beit Lahiya au nord de la Bande.

La réunion a été présidée par Mohammed Hannoun de l’Association des Palestiniens en Italie et responsable des affaires humanitaires de la caravane, et par la députée brésilienne Marina Pignataro Sant’Anna.

Ala, qui est une responsable dans le centre nous a expliqué que la plupart des handicapés présents ici sont des victimes des guerres israéliennes ou des tortures. Ce sont des enfants contraints à vivre sur le fauteuil roulant, avec des membres manquants, ou bien qui sont devenus sourds ou aveugles. Et avec tout cela, le problème majeur auquel ces handicapés se heurtent est l’interdiction imposée par Israël concernant toute possibilité de voyage à l’étranger pour des soins médicaux ou pour bénéficier de prothèses.

 

Hôpitaux de la Bande : l’urgence est au quotidien


L’hôpital de Beit Lahiya compte 100 lits pour 300 mille personnes. La structure appelée « Martyr Kamal Udwan » est également au service des malades du camp de réfugiés de Jabaliya. Ainsi, la rotation des patients est obligatoire.

Un autre aspect manifeste au sein de l’hôpital concerne les conditions de travail précaires et déplorables et l’insuffisance des produits sanitaires. En effet, le personnel médical est contraint de travailler alors que l’établissement manque de médicaments, de pièces de rechange pour les appareils, les chambres sont délabrées et les blocs opératoires mal équipées et manquent même d’autoclave. Outre le manque flagrant des médicaments, l’électricité est souvent coupée pendant plus de 8 heures par jour, et les pièces de rechange pour les machines ne sont pas disponibles.

Durant la guerre de l’hiver 2008-2009, l’hôpital a pu secourir plus du tiers des blessés.

 

Le port de Gaza


A peine arrivés au petit port de Gaza, nous avons remarqué un monument édifié à la mémoire des neuf victimes turques du bateau Mavi Marmara, tués lors de l’assaut lancé, au mois de mai de l’an dernier, par les israéliens contre la Flottille de la Liberté I. Nous avons donc rencontré, ici même, le président de l’association des pêcheurs de Gaza, le représentant du ministère de l’Agriculture et de la Pêche et le président de l’autorité portuaire.

Ils nous expliquent : « 87% des pêcheurs vivent sous le seuil de la pauvreté. Même si les Accords d’Oslo prévoient 20 miles, l’occupation nous interdit de naviguer au-delà de 3 miles. Et si nous ne pêchons pas au large, nous ne trouvons pas de poisson sur la rive, où la faune est très faible. »

Ici, les bombardements sont quotidiens et les pêcheurs sont souvent enlevés et conduits à Israël. De ce fait, même les barques et les moteurs sont volés pour l’unique objectif de saboter la pêche qui est un fond de subsistance pour près de 3500 familles.

 

Cette année, sept pêcheurs sont morts et 30 autres blessés, dont Ahmed qui lève son bras pour nous montrer sa main coupée. Une chose est sûre, ce pêcheur ne pourra plus travailler en mer. Il faut reconnaitre qu’à présent, la pêche est une activité à haut risque et peu recherchée. A cause des agressions israéliennes, les pertes enregistrées cette année ont dépassé la barre des 5 millions d’euros. Cette situation engendre une misère généralisée chez les pêcheurs et leurs familles. En effet, les enfants, faute de moyens, ne peuvent plus aller à l’école, certains sortent en mer avec leurs pères ou leurs frères, ou bien, se tournent vers les marchés pour des petits boulots médiocres, souvent mal payés.

Et pourtant, il fut un temps où le poisson de Gaza était exporté dans plusieurs pays. Aujourd’hui, il ne suffit même pas à subvenir aux besoins des familles des pêcheurs.

 

Le ministre des affaires étrangères de Gaza


Le soir du 23 novembre, les délégations sud-américaine et italienne ont été accueillies dans les bureaux de Mahmoud az-Zahaar. Avec un large sourire dessiné sur son visage, le ministre a exprimé sa joie et gratitude quant à la présence d’un si grand nombre de parlementaires latino-américains, entre députés, sénateurs, représentants du Mercosul et du Parlement Andi et aussi des candidats aux prochaines élections présidentielles.

Alors que l’Europe (au niveau officiel) boycotte le gouvernement de Gaza, les politiciens sud-américains viennent lui rendre visite pour discuter, pour parler et même pour prendre des photos avec les ministres, les députés et le premier ministre. Les paramètres occidentaux n’admettent pas une telle approche, contrairement à cette partie du monde qui, au cours des dernières années, a réussi à se libérer des dictatures, des régimes et des oppresseurs locaux exploités par les USA. Cette partie du monde qui peut même élire des ex guérillas pour le poste de Président.

 

« L’Amérique Latine ne trouve aucune objection à impliquer au pouvoir des partis et des politiciens qui ont appartenu à la résistance et à la guérilla de la libération » a expliqué une parlementaire latino-américaine à Az-Zahar, surpris mais amusé. Pour les sud-américains, le mouvement islamique de la résistance qu’est le Hamas est tout simplement un mouvement de résistance populaire contre un régime qui l’assiège, l’occupe et l’opprime. A ce titre, d’autres parlementaires ont ajouté que même leurs mouvements de libération avaient autrefois été appelés « terroristes » par les dictateurs. Mais aujourd’hui, ils sont au pouvoir, soit au sein du gouvernement, soit ont leurs représentants.

Le ministre gazaoui a tenu à préciser un point très important sur l’Islam. En effet : « L’Islam n’est pas votre ennemi, ni celui de l’Occident. Notre lutte est conduite contre le sionisme qui a occupé notre terre. »


Reconstruction


En traversant les rues de Gaza, il apparait clairement que la Bande a été reconstruite grâce à la volonté invincible de ses enfants. Les débris ont été collectés, écrasés et mélangés avec du sable. Les palais et édifices que le déchainement sioniste meurtrier avait détruit durant l’opération Plomb Durci (hiver 2008-2009) ont été reconstruits. Aussi, les matériaux de construction pouvaient entrer dans la Bande par le biais des « tunnels de la survie ». Les gazaouis ne sont pas restés les mains croisés, bien au contraire, ils ont réussi à reconstruite ce qu’Israël avait détruit.

Après deux ans, soit depuis janvier 2009 (pendant la guerre), la situation dans la Bande est totalement différente. En vérité, les tunnels construits sur la frontière avec l’Egypte ont permis l’introduction de produits alimentaires, de l’habillement, des voitures qui, même déjà utilisées, restent très chères, des jouets et bien d’autres marchandises.

Les magasins ne manquent pas de produits, que se soit dans le vieux souk de Gaza ou bien dans les nouveaux supermarchés modernes, au style arabo-occidental. Il est vrai qu’il n’y a pas une urgence humanitaire, mais le problème tourne autour du chômage qui a atteint ses plus hauts niveaux et qui, par conséquent, empêche l’acquisition des produits de première nécessité. La plupart des gazaouis sont pauvres et manquent d’argent.

 

Il existe également des zones encore plus affectées, comme le camp d’An-Nuseirat. Cette partie de la ville, sauvagement frappée par l’opération Plomb Durci, est toujours dans la ligne de mire des israéliens. La population de ce camp est quasiment isolée puisque les ponts et autres structures avaient été détruits, et peinent à être reconstruits à cause du manque de fer et d’acier.

 

Le siège


Aujourd’hui, la véritable urgence humanitaire qui plane sur la Bande touche à la fois les secteurs de la santé et du travail. Les hôpitaux manquent de fournitures médicales, de médicaments, de pièces de pièces de rechange pour les appareils.

Israël assiège, ferme et attaque constamment la Bande, détruit les maisons et les infrastructures, les champs et les barques des pêcheurs, empêche la libre circulation des personnes et des produits. Il tire sur les ouvriers et les empêche de travailler rien que pour les affamer et leur enlever toute possibilité de jouir d’une vie digne et normale.

Aujourd’hui, le constat est sans équivoque : les produits ne manquent pas à Gaza, mais c’est l’argent pour les acheter qui fait défaut, et pour beaucoup de gazaouis.

Trouver une occupation, un travail est le casse-tête quotidien de beaucoup d’individus, qu’ils soient jeunes, vieux, licenciés, diplômés ou même ceux dont le niveau d’instruction est assez limité. Seuls les individus qui réussissent à vivre avec des fonds garantis par des parents établis à l’étranger peuvent se considérer comme étant les plus chanceux.

A Gaza, les catégories les plus touchées sont les pêcheurs, les agriculteurs, notamment les terres proches des Territoire de 1948, constamment attaquées par Israël, des employés des entreprises et des industries détruites durant le Plomb Durci.

Ainsi, le blocus sur la Bande de Gaza doit prendre fin vu son caractère illégal et inhumain. Il est temps que la population puisse se déplacer, trouver un travail, gagner sa vie, étudier et recevoir les soins adéquats. Gaza doit mener une vie digne : tel a été l’avertissement de la délégation internationale.

 

Angela Lano


Le Caire et Gaza occupée, 21 -25 novembre 2011.
Publié (infopal.it) le 25 novembre 2011.

Traduit de l’italien par Niha (07.12.2011) :
http://www.info-palestine.net/article.php3 ?id_article=11517

Texte original en italien (25.11.2011) :
http://www.infopal.it/leggi.php ?id=19957

Toutes les versions de cet article :
- Reportage dalla Striscia di Gaza, ricostruita ma sotto assedio

 

Source : sylviacattori.net

Par Angela Lano - Publié dans : Palestine-Gaza - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 20:58

IRIB-Si quelqu’un avait encore des doutes sur l’importance pour le monde arabe de la réconciliation entre l’OLP et le Hamas, il n’a qu’à lire les déclarations et à suivre les décisions des responsables israéliens pour les dissiper totalement. L’un après l’autre, les dirigeants sionistes se sont relayés pour condamner cette réconciliation et menacer les Palestiniens de toutes les foudres possibles, tout en poussant ses protecteurs occidentaux à adopter des positions similaires, ou, à tout le moins, négatives et méfiantes.

 

Avec ces données, on comprend mieux pourquoi il était quasiment interdit aux composantes palestiniennes de se réconcilier tout au long des quatre dernières années. Toutes les tentatives étaient vouées à l’échec par l’obstination de Mahmoud Abbas à suivre les directives de ses maîtres juifs et américains. On se souvient en effet, comment les conditions successives imposées par l’Autorité palestinienne ont neutralisé tout accord. A l’époque, les négociations tournaient court et en dépit de la gravité du moment, de la guerre israélienne contre Gaza, de la poursuite de la politique israélienne de colonisation et de judaïsation des territoires palestiniens, sans parler des menaces de destruction de la mosquée Al Aqsa, les Palestiniens restaient irréconciliables.

 

Et puis, brusquement, la réconciliation n’est pas seulement devenue possible, elle est désormais réelle, signée et confirmée dans le cadre d’une cérémonie solennelle. Comment dans ce cas ne pas en déduire que le véritable blocage n’était pas là où on le disait, mais bien dans le rôle obstructif des collabos. Fait remarquable, il s’agit, en l’occurrence, d’une première manifestation autonome de la diplomatie égyptienne post-Moubarak. Même si le degré de rupture avec l’ancien régime n’est pas encore clair, le changement d’attitude du Caire est très perceptible et traduit, incontestablement, une avancée importante vers une politique étrangère indépendante.

 

Israël ne voit pas d’un bon œil la constitution d’un front uni palestinien, qui pèserait d’un poids bien plus significatif, auprès de l’opinion mondiale et des institutions internationales, dans un contexte global de reconnaissance de l’État de Palestine par de très nombreux pays. Washington, complètement aligné sur Israël, a, également, manifesté sa réprobation de cet accord, qui sort du cadre fixé par les Américains à l’Autorité de Ramallah. De fait, les négociateurs perpétuels de cette Autorité, qui avaient tout misé sur le soutien des États-Unis et une relative «compréhension» des israéliens, se sont rendus à l’évidence. L’éveil islamique des peuples arabes ou le fameux « printemps arabe » l’y ont fortement aidé. Pour ne pas subir le même sort que Moubarak et Ben Ali, Mahmoud Abbas a du se résoudre à choisir le camp de la résistance. Les négociations ne mènent à rien et n’aboutissent qu’à la consolidation de la muraille «défensive», à une colonisation accélérée, à la judaïsation systématique de Jérusalem et à la permanence de l’occupation.

 

Par cet accord, l’immobilisme israélien, tout entier fondé sur la spoliation et le déni de droit à l’autodétermination du peuple palestinien, perd l’un de ses principaux prétextes. Reste à savoir si la dynamique enclenchée, au Caire, mardi dernier, pourra résister aux pressions occidentales. En tout état de cause, les manœuvres d’isolement de Gaza et de diabolisation du Hamas, ont toutes échoué.


Sorce : Al  Forkane

 

Source : French Irib

Par Ali Dani - Publié dans : Palestine-Gaza - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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