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Afghanistan

Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 07:00

Les ambassades des États-Unis n’ont d’ambassades que le statut diplomatique. En réalité, ce sont des centres d’espionnage et de commandement militaire. Depuis la prise de « l’ambassade » de Téhéran et l’arrestation du personnel-espion, Washington est conscient de violer la Convention de Vienne. Aussi le département d’État transforme t-il ses « ambassades » en forteresses. Quoi qu’il en soit, elles restent des cibles du fait de leurs activités illégales.

Réseau Voltaire | Rome (Italie) | 2 octobre 2011

 

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Le centre d’espionnage et de commandement militaire US à Kaboul, abusivement dit « ambassade »

À force d’entreprendre des guerres, les États-Unis se sont fait de plus en plus d’ennemis. Ils sont ainsi préoccupés par la sécurité de leurs ambassades, qui sont non seulement des sièges diplomatiques mais des centres opérationnels des services secrets et des commandements militaires. Le Département d’État, estimant que 85 % de ses ambassades sont vulnérables, a dépensé 6 milliards de dollars pour les renforcer avec du matériel anti-explosion et des barrières infranchissables. En même temps, il en construit de nouvelles, qui sont de véritables forteresses. La plus grande est celle de Kaboul, la plus grande du monde, qui abrite le quartier général OTAN/Isaf toujours sous commandement étasunien. Elle a coûté jusqu’à présent plus de 700 millions de dollars, et a été inaugurée le 14 février, mais d’autres édifices seront construits à l’intérieur de cette citadelle d’ici 2014, tandis qu’à Herat et Mazar el Sharif sont réalisés deux consulats fortifiés. Preuve que les USA n’entendent pas relâcher prise sur l’Afghanistan.

Lors de l’inauguration, le vice-ambassadeur Anthony Wayne assura que l’édifice construit, en attendant d’en réaliser trois plus grands de plusieurs étages, allait pour le moment fournir « une installation sûre et confortable pour 432 diplomates et membres du staff ».

 

Sept mois plus tard, le 13 septembre, l’ambassade a pourtant été attaquée par des insurgés. Et, pire encore, l’amiral Mike Mullen, chef d’état-major inter-armes (la plus haute autorité militaire), a déclaré que derrière cette attaque se trouve l’ISI, le service secret pakistanais. Un affront pour la stratégie annoncée en mars 2009 par le président Obama : après avoir assuré que les USA ne sont pas en Afghanistan pour le contrôler et décider de son avenir, mais pour affronter un ennemi commun, il a déclaré que l’avenir de l’Afghanistan est inextricablement lié à celui du Pakistan. Ce qui signifie, dans le langage du Prix Nobel de la Paix, que les USA considèrent les deux pays comme un seul théâtre de guerre.

 

Au Pakistan, cependant, on rencontre des résistances croissantes même au siège du gouvernement, bien que Washington fournisse à Islamabad une aide militaire de 2 milliards de dollars. Le gouvernement pakistanais a rejeté l’accusation de Mullen et sa requête de couper tout lien avec le groupe présumé auteur de l’attaque contre l’ambassade. Il a aussi refusé de laisser entrer des troupes étasuniennes dans la zone tribale à la frontière entre les deux pays, officiellement pour faire la chasse aux auteurs de l’attentat.

 

Le jour même où le gouvernement pakistanais a rejeté la demande, le 23 septembre, un drone de la CIA a cependant lancé deux missiles contre une maison, dans un village pakistanais de frontière, en tuant plusieurs personnes.

Depuis qu’en mai les Navy Seals ont donné l’assaut, au Pakistan, au présumé refuge de Ben Laden, dont le présumé cadavre a ensuite été jeté en mer, les attaques des drones se sont intensifiées. Ceci suscite une indignation populaire croissante. Si bien que l’ambassade étasunienne à Islamabad prévient ses concitoyens d’être attentifs aux « fréquentes manifestations anti-américaines (anti-étasuniennes, NdT) et anti-occidentales ». Tandis que ceux qui habitent à Kaboul sont avertis : « éviter les déplacements non nécessaires et les lieux fréquentés par des occidentaux ». Et, au premier avis de danger, de courir s’enfermer dans l’ambassade-forteresse. Elle aussi, quand même, pas très sûre.

Source : « Assiégés dans des forteresses », par Manlio Dinucci , Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 2 octobre 2011, www.voltairenet.org/a171599
Par brigitte - Publié dans : Afghanistan - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Samedi 29 mai 2010 6 29 /05 /Mai /2010 20:27
Zouhair Lahna
Samedi 29 Mai 2010


Les Empires viennent mourir aux pieds des montagnes afghanes !!
Je me souviens des derniers jours que j’ai passé en Afghanistan juste après les attentats du 11 septembre 2001. J’ai du évacuer le pays avec mes collègues humanitaires d’Aide Médicale Internationale laissant derrière nous les afghans face à leur sort, qui se décidait à des milliers de kilomètres, dans un bureau ovale. La plupart des Afghans ordinaires sont des ruraux, ils ne connaissait ni New York, ni Oussama Ben Laden. Le ciel leur est tombé dessus, ensuite ils ont vu débarquer chez eux des soldats arrogants, leurs donnant des ordres et leurs infligeant des forfaits. C’est du déjà vu !!

Après le choc des attentats du World Trade Center. L’émotion fût immense, ne donnant plus place à la raison. Les coupables nommés sans preuves ni jugement. La loi du Far-West s’abat sans que cela fasse sourciller qui que se soit. Les pays arabes et musulmans dont sont issus les méchants désignés n’étaient pas en reste. Cédant aux amalgames savamment concoctés, ils ont béni à leurs tour cette expédition. La terreur aveugle ne faisant pas partie des enseignements de l’Islam, la condamnation fût unanime. Les rares voix qui demandaient des preuves ou qui disaient que le Pentagone n’a pas été attaqué par un avion, étaient tout simplement ignorées sinon stigmatisées.


Les jours qui ont suivi les attentats du 11 septembre et la requête des Talibans vis à vis des américains de leur fournir des preuves que le forfait a été commis par leur hôte d’alors Oussama Ben Laden.  Des principes de base, que bien des musulmans ont oublié : On ne livre jamais un musulman à un Non musulman sans preuves de sa culpabilité. L’opinion publique internationale croyait les affirmations des responsables américains et de leurs services secrets comme des vérités absolues sans aucune preuve matérielle. Alors les américains ont exécuté leur 1er plan, celui d’envahir ce pays « facile »  l’Afghanistan, prélude à un autre réputé plus important et plus coriace, l’Iraq. Là encore, un autre alibi celui des ‘’ Armes de Destruction Massives’’ a été avancé et martelé et il s’est avéré un mensonge caractérisé.


Force est de constater que les Think tanks américains d’alors, va-t-en guerre, grisés par la superpuissance militaire, ignorent les enseignements de l’histoire des peuples. Bientôt une dizaine d’année de ‘’guerre contre le terrorisme’’ sur le sol Afghan et les résultats sont loin d’être satisfaisants même pour les meneurs de cette expédition. Bien au contraire, le camp des Talibans s’est revigoré, soutenu par une population farouche et un terrain favorable. Sans parler de la légitimité religieuse dont les combattants tirent leurs forces.


 M. Barack OBAMA, le curieux prix Nobel de la paix a choisi sa « bonne guerre »  en augmentant le contingent américain de 40 000 soldats supplémentaires, dépassant les cent mille soldats. Quand le Soft Power ne marche pas comme partout ailleurs dans les autres pays musulmans sans gloire, les américains passent au Hard Power et toute leur puissance de feu. Et désormais, on utilise dans les guerres des mercenaires, qui échappent à la justice en cas de bavures. Leurs morts  ne sont plus comptabilisés évitant ainsi d’annoncer un nombre réel de combattants décédés, afin de ne pas égratigner la sensibilité de l’opinion publique américaine. Quand aux pertes humaines afghanes et des familles détruites, ils n’ont pas d’importance aux yeux de leurs agresseurs. Une fois l’adversaire déshumanisé, le soldat ou le mercenaire pourra lui infliger tous les supplices imaginables. Dans l’esprit de pas mal de personnes, les afghans en général et les combattants talibans en particuliers sont des gens archaïques qui n’ont pas les mêmes ‘’valeurs universels’’ que l’occident évolué, par conséquent leur mort n’a pas la même importance et leur asservissement pourrait être légitime.

 Imprégné par ces idées reçus et reniant ses propres valeurs humaines dans ce conflit, l’opinion publique internationale reste atone. Tétanisée , l’intelligentsia occidentale ne réagit que mollement à toutes les exactions commises par les armées dans ce pays depuis 2001. Rappelons que les objectifs premiers étaient la capture des dirigeants de la fameuse organisation Al Qaida et de bannir les Talibans. Aucun des objectifs n’a été atteint.  Les dirigeants d’Al Qaida se sont évaporés ; Quand aux fameux Talibans caricaturaux, force est de constater qu’ils sont de plus en plus importunant et résistants. Détournés des objectifs premiers, on nous annonce actuellement la volonté à aider le pays vers « la bonne gouvernance »  et bien entendu « la libéralisation de la femme ». La femme afghane a bon dos. Le joker qu’on sort toujours pour convaincre l’opinion publique occidentale de la légitimité de tuer un peu plus et de bombarder un peu plus. C’est pour faire le bien des peuples, alors c’est légitime. Drôle de concept et drôles de public qui se laisse convaincre par de pareilles aberrances.
 
 Quand j’ai été à Peshawar, au Pakistan, j’avais vu une fresque qui a attiré mon intention dans le hall d’un hôtel. L’image d’un cavalier plié de fatigue sur sa monture errant entre les steppes, les montagnes en arrière plan. Le jeune administrateur afghan qui travaillait pour Aide Médicale Internationale m’a appris, sans dissimuler sa fierté, qu’il s’agit d’une relique d’un des rares soldats qui ont échappé à la mort lors d’une des expéditions anglaises. Trois expéditions anglaises, trois échecs plus ou moins grinçants pour les Anglais et une certitude : Que l’Afghanistan est indomptable. La suite de ce qui est advenu de l’empire Britannique est connue.

Les Soviétiques n’ont pas eu plus de bonne fortune. Le Président communiste NAJIBULLAH,  installé par les communistes, en voyant les troupes Soviétiques partir en Mai 1988 ne s’en doutait, ni de son destin funeste,  ni du démantèlement de l’Union Soviétique et par ricochet de tout le bloc de l’Est. Cette débandade à l’Est nous dit-on était du fait de l’Oncle Sam. Pas si sûr !!! Le président mal élu Hamid KARZAI, un poil ‘transculturé’,  devrait  s’intéresser à l’histoire, parce qu’elle a tendance à bégayer dans un pays si attaché à la tradition.


 Les Afghans, installés dans leur culture, immuable depuis des siècles, l’utilisent  comme antidote à la puissance  technologique Américaine. La foi musulmane donne aux combattants Talibans, une proximité avec la mort, sans en avoir peur, le martyr faisant partie de leur culture. D’autant plus qu’ils défendent leur terre contre des envahisseurs ‘’ impies’’. Ils ne font pas de différence entre les nationalités de la coalisation de l’ISAF ou de l’OTAN. Considèrent Hamid KARZAI, ses ministres et ses soldats comme des traîtres qu’il faut combattre au même titre que les envahisseurs. Et pour finir, ils n’acceptent aucune négociation et restent bien évidement réfractaires à toutes les tentatives de corruption. C’est que les afghans appartiennent à un royaume insolent qui ne tolère pas  le colonialisme.
 
 La machine médiatique est en marche, elle aveugle les opinions internationales. S’efforçant de leur donner une vision tronquée des réalités du terrain. Tous les experts militaires et humanitaires savent qu’il ne s’agit plus qu’une guerre d’usure, et que cette guerre de Goliath contre David ne peut être gagnée. Des voix s’élèvent pour conseiller aux américains un calendrier de  retrait des soldats, afin d’aménager une porte de sortie honorable. Mais ils sont confrontés à la fois à l’arrogance des Yankees qui entraînent tout l’OTAN dans son sillage ;  et aux  manœuvres des Sionistes qui ne peuvent laisser des résistants afghans catalogués Jihadistes Salafistes sortir vainqueurs de cette confrontation. La défaite inéluctable selon les experts et les observateurs,  risquera par contre,  de mettre sur la table des questions cruciales en Occident sur l’intérêt des armées hyperpuissantes et coûteuses payées par l’argent des contribuables. Et surtout faire des émules dans pas mal d’endroits du monde musulman à feu et à sang depuis des décennies.

Zouhair Lahna

Ancien vice président d’Aide Médicale Internationale

Source : Alterinfo
Par brigitte - Publié dans : Afghanistan
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Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /Avr /2010 08:00

 par Dominique Bari


La jeune députée afghane a été exclue du Parlement pour avoir dénoncé l’ingérence des puissances étrangères et les atteintes aux droits des femmes que permet la poursuite de l’occupation.



Malalai Joya est une femme en colère. En colère contre la guerre que mène la coalition internationale en Afghanistan, son pays, en colère contre les bombes de l’Otan qui tuent les civils dans les villages, en colère contre l’appel à la réconciliation avec les talibans et les seigneurs de guerre. « Faites cesser les massacres dans mon pays, faites retirer les troupes étrangères pour que s’arrête la talibanisation  ! » lance la jeune députée afghane aux opinions publiques occidentales.


Dominique Bari  : La conférence de Londres, 
qui s’est tenue fin janvier, 
a officialisé une négociation avec les dirigeants de l’ancien régime taliban. 
Que peut-il se passer  ?


Malalai Joya : Des millions de dollars ont été promis au régime de Karzai pour que les insurgés déposent les armes alors que des millions d’Afghans meurent de pauvreté. Cela va conduire à la réhabilitation des talibans, ils vont prendre le contrôle de la Loya Jirga, l’assemblée des anciens et des représentants des tribus qui doit se réunir prochainement. Croit-on pouvoir établir la démocratie avec de tels réactionnaires  ? Mais les talibans ne sont pas les seuls intégristes. Quand les États-Unis et leurs alliés ont renversé le régime du mollah Omar, ils ont installé à sa place d’autres fondamentalistes, des seigneurs de guerre alliés à l’Alliance du Nord, que dirigeait Massoud. Ce groupe ressemble aux talibans sur le plan des croyances. Au cours des dernières années, il y a eu toute une série de lois et de décisions de justice scandaleuses. Sous prétexte de réconciliation nationale, on a accordé l’immunité aux seigneurs de guerre et autres criminels de guerre connus, dont plusieurs siègent au Parlement. Ces anciens seigneurs de guerre ont des postes élevés, ils sont au Parlement, dans les ministères, l’administration judiciaire, et ils sont tous corrompus. Et voilà maintenant que l’ONU elle-même biffe de sa « liste noire » les noms d’anciens dirigeants talibans. Est-ce avec de tels actes que l’on construit l’avenir d’un peuple  ? À moins de lui faire croire que c’est l’usine Coca-Cola, inaugurée par le président Karzai dans la banlieue de Kaboul, dans notre pays pauvre où l’eau est une denrée précieuse, qui doit servir d’emblème des bienfaits du progrès occidental…


Dominique Bari  : Vous avez été élue 
au Parlement en 2005. 
Dix-huit mois plus tard, vous en étiez expulsée, pourquoi  ?


Malalai Joya : Lors de la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire, j’ai présenté « mes condoléances au peuple afghan ». Ce qui évidemment n’a pas plu à de nombreux députés, qui se sont plaints d’être offensés. Ce sont ces seigneurs de guerre qui ont voulu mon exclusion. J’avais rappelé qu’ils avaient saccagé Kaboul pendant la guerre civile qui s’est déroulée de 1992 à 1996 et qu’ils étaient responsables de la mort de dizaines de milliers de personnes. J’ai dit qu’ils devaient être traînés devant les tribunaux internationaux. J’ai aussi dénoncé la corruption, alimentée par les milliards versés par la communauté internationale au nom de la reconstruction. Très vite je n’ai même plus pu. Ils coupaient aussitôt mon micro quand je demandais la parole et je devais crier à pleins poumons sous les insultes et les menaces. Des députés m’ont défendue, des hommes, des femmes, mais ils étaient peu nombreux. On m’a traitée de communiste et d’infidèle. Des injures suprêmes à leurs yeux. J’ai fini par comparer, lors d’un entretien télévisé, le Parlement à un zoo  ! Pire qu’une étable car, au moins, il y a des animaux qui servent à quelque chose.


Dominique Bari  : À quoi vont servir les renforts de troupes annoncés 
par Obama  ?


Malalai Joya : La guerre ne visait pas à apporter la démocratie et la justice ou à déraciner des groupes terroristes, elle a servi à pérenniser l’occupation, installer des bases militaires et à garder la mainmise sur la région où se trouvent de grandes ressources naturelles. Obama est comme Bush, voire pire puisqu’il intensifie la guerre, et la porte au Pakistan. Le gouvernement américain maintient une situation dangereuse pour rester plus longtemps en Afghanistan, et surveiller ainsi plus facilement des pays voisins comme l’Iran, le Pakistan, la Russie, l’Ouzbékistan. Si Obama ne retire pas ses soldats, il y aura plus de sang et plus de désastres. Regardez les bombardements de l’Otan. Dans ma province de Farah, en mai (2009 – NDLR) plus de 150 civils ont été tués. Ce massacre permet au monde d’entrevoir les horreurs auxquelles notre peuple fait face. Mais veut-on vraiment les voir  ? J’ai organisé une conférence de presse, un homme du village de Geranai, accablé de douleur, est venu expliquer qu’il avait perdu 20 membres de sa famille dans le massacre. N’aura-t-il pas envie, lui ou d’autres jeunes gens, de rejoindre les insurgés, même s’ils sont des intégristes  ?


Dominique Bari  : Le sort réservé aux femmes sous le régime taliban avait fini par émouvoir l’opinion publique internationale. 
Qu’en est-il aujourd’hui  ?


Malalai Joya : La Constitution afghane contient des clauses concernant les droits des femmes. J’étais l’une des nombreuses déléguées, à la Loya Jirga de 2003, qui ont poussé fort pour leur inclusion, mais elle est marquée par la forte influence des fondamentalistes avec lesquels Karzai et l’Occident ont fait des compromis. Le texte fondamental a beau déclarer l’égalité entre les hommes et les femmes, le pays est régi selon la charia. La soi-disant démocratie de la Constitution officielle est bafouée systématiquement. Elle ne sert que de faire-valoir pour attirer les deniers de l’assistance internationale, généralement détournés. L’Afghanistan est aujourd’hui un pays où les femmes, souvent des gamines de quatorze ou quinze ans, qui fuient le domicile conjugal à cause de l’extrême violence, sont considérées comme criminelles et emprisonnées. On peut, certes, constater un retour des filles à l’école, mais les chiffres ne tiennent pas compte du nombre d’entre elles qui sont obligées de la quitter à cause des menaces pour leur sécurité et des pressions familiales pour se marier. Le suicide est devenu l’ultime arme des jeunes femmes désespérées, qui sont conscientes d’alternatives, mais qui savent qu’elles n’y auront jamais droit.


Dominique Bari  : Et quelles sont, justement, 
ces alternatives  ?


Malalai Joya : Toutes les troupes étrangères doivent partir et les milices des seigneurs de guerre démantelées. La démocratie ne peut être établie par une occupation qui ne fait qu’étendre et renforcer la talibanisation de mon pays. Et c’est mon peuple qui en souffre. Si les États-Unis et les troupes de l’Otan qui occupent notre pays ne quittent pas volontairement l’Afghanistan dans un délai raisonnable, ils vont être confrontés à encore plus de résistance de la part des Afghans. Volontairement, les gouvernements occidentaux ne veulent pas voir que des gens se battent pour reconstruire leur pays dans la paix et la sécurité, en respect des droits de chacun et de chacune. Des partis, des associations démocratiques luttent le plus souvent dans la clandestinité. N’oublions pas que la Constitution interdit l’existence de partis laïcs qui ne se réfèrent pas au Coran. Les manifestations étudiantes contre les plus récents bombardements, tout comme les protestations de centaines de femmes, le mois dernier à Kaboul, montrent au monde la voie vers une réelle démocratie en Afghanistan. Il y a beaucoup de héros et d’héroïnes obscurs. Ils luttent dans leurs ville et village. Pourquoi aucun dirigeant occidental ne veut reconnaître l’existence même d’une force progressiste qui pourrait émerger et jouer un véritable rôle  ? Je ne perds pas espoir, nous avons besoin de l’aide des opinions publiques occidentales et, au cours de mes voyages, je me rends compte qu’elles bougent. Il y a eu des manifestations contre l’envoi de renforts, on ne croit plus à une « guerre juste ». La pression doit monter pour faire fléchir les gouvernements bellicistes.

 

Dominique Bari
Les articles de cet auteur


Source L’Humanité (France)
Les articles de cet auteur

 

Relevé sur Réseau Voltaire

Par brigitte - Publié dans : Afghanistan
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Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /Avr /2010 14:49
Par brigitte - Publié dans : Afghanistan
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 22:02
Article placé le 20 fév 2010, par Frédéric Courvoisier






Nicolas Sarkozy aimerait pouvoir tabler sur une libération des deux otages français en Afghanistan quelques jours avant les élections régionales de mars, de sorte à redorer son image et celle de l’UMP. De fait, la diffusion du témoignage des deux journalistes de France 3, retenus prisonniers depuis janvier par les talibans en Afghanistan, ne pouvait qu’affaiblir encore la « cote de popularité » du président français, en chute libre dans les sondages (56% de mauvaise opinion selon BVA).

herve

Dimanche dernier, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait appelé à la «discrétion» à la suite d’informations relatives «au contenu d’une cassette vidéo dans laquelle apparaissent» les deux journalistes français de la télévision publique France 3 enlevés en décembre en Afghanistan. «Dans ce type de situation, par égard vis-à-vis des familles de nos deux compatriotes et dans l’intérêt même de leur sécurité, la discrétion s’impose», avait indiqué le ministre.

Nicolas Sarkozy était manifestement moins inquiet pour la sécurité des otages et soucieux pour le « respect des familles », lorsqu’il avait dénoncé « l’imprudence vraiment coupable » des deux journalistes « Ils font courir des risques aussi à beaucoup de nos forces armées, qui, du reste, sont détournées de leurs missions principales. Je crois que, quand même, le scoop ne doit pas être recherché à tout prix

Exiger la discrétion absolue des médias et se permettre de stigmatiser deux journalistes aguerris qui ne font que leur travail sur le terrain relève d’une bonne dose de cynisme et d’une drôle de conception de l’information. A moins que Nicolas Sarkozy tente également d’utiliser cette prise d’otages pour....          Lire la suite


Par brigitte - Publié dans : Afghanistan
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