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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 21:08

Bien que l’assassinat politique à l’étranger constitue un acte de guerre, les Etats-Unis en font désormais un usage quotidien. Un Commandement autonome, doté d’un budget de 8 milliards de dollars annuels, est capable d’assassiner n’importe qui, n’importe où dans le monde, dans un délai de 48h après l’ordre présidentiel. Au cours de l’année 2011, il a opéré dans 75 pays dans le monde à l’insu du public.

 

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Ils suscitent une condamnation unanime, ces tueurs issus de bandes criminelles qui, s’ils sont découverts, sont punis de la peine capitale ou de la prison à perpétuité. Quand par contre c’est l’État qui les envoie, ils sont communément considérés comme légitimes et récompensés pour leurs mérites.

 

C’est le cas des tueurs professionnels des forces spéciales étasuniennes. Nées Bérets verts (Green berets) [1] , officialisées par le président démocrate Kennedy en 1961 et employées dans la guerre du Vietnam, les forces spéciales furent promues par le républicain Reagan, qui en 1987 constitua à cet effet un Commandement des opérations spéciales, le USsocom. Après avoir été utilisées par le républicain Bush dans la « guerre globale au terrorisme » surtout en Afghanistan et en Irak, elles sont à présent, avec le démocrate Obama, en train de prendre une importance ultérieure.

 

Comme il ressort d’une enquête du Washington Post, les forces pour les opérations spéciales sont aujourd’hui déployées dans 75 pays, au lieu de 60 il y a deux ans. C’est la Communauté du renseignement, formée par la CIA et 16 autres organisations fédérales qui décide et planifie les opérations. En Afghanistan (selon des fonctionnaires du Pentagone interviewés par le New York Times) les forces conventionnelles étasuniennes diminueront en 2013 leur présence au combat, « dont la responsabilité passera aux forces des opérations spéciales », qui « resteront dans le pays bien au-delà de la fin de la mission OTAN en 2014  ».

 

Leur tâche sera de « faire la chasse aux leaders des insurgés, de les capturer ou de les tuer, et d’entraîner des troupes locales  ». Sera créé un commandement ad hoc des opérations spéciales, dont les unités seront organisées en une nouvelle «  Force d’attaque en Afghanistan ».

 

Ce qui sera mis en place dans ce pays servira ensuite de « modèle  » pour les autres. Une directive secrète, en septembre 2009, a autorisé «  une forte expansion des activités militaires clandestines, avec l’envoi de commandos pour les opérations spéciales dans des pays, aussi bien amis qu’hostiles, du Moyen-Orient, de l’Asie centrale et de la Corne d’Afrique ».

 

Le Commandement des opérations spéciales, qui dispose officiellement d’environ 54 000 spécialistes des quatre secteurs des forces armées, organisées en « petites unités d’élite », a la mission d’ « éliminer ou capturer des ennemis et de détruire des objectifs ». Il s’occupe en outre de « guerre non-conventionnelle menée par des forces externes, entraînées et organisées par l’Ussocom ; de contre-insurrection pour aider des gouvernements alliés à réprimer une rébellion ; d’opération psychologique pour influencer l’opinion publique étrangère afin qu’elle soutienne les actions militaires étasuniennes ».

 

Dans le cadre de la « guerre non-conventionnelle », le USsocom emploie aussi des compagnies militaires privées, comme Xe Services (ex-Blackwater, connue pour ses actions en Irak) qui s’avère engagée dans diverses opérations spéciales, même en Iran. L’usage de ces forces offre l’avantage de ne pas requérir l’approbation du Congrès et de rester secret, en ne suscitant pas de réactions dans l’opinion publique. Les commandos des opérations spéciales, en général, ne portent même pas l’uniforme, mais se camouflent dans un habillement local. Les assassinats et les tortures qu’ils font restent ainsi anonymes.

 

Et comme ce sont les États-Unis qui dictent leur loi à l’OTAN, il est très probable que les alliés soient en train d’adopter ce même modèle. Celui de l’ assassinat anonyme des « grandes démocraties  » occidentales.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

[1] Du nom de la tristement célèbre unité militaire qui assassina et tortura au Vietnam, et fut ensuite célébrée en 1968 dans un film interprété et produit par John Wayne. Photos et récits édifiants sur : http://le.cos.free.fr/berets%20vert.htm

 

Source : « Assassinats anonymes », par Manlio Dinucci , Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 11 février 2012, www.voltairenet.org/a172731

Par Manlio Dinucci - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 18:45

Par Djeha

 

Ceux qui ont de la mémoire et il semble que la plupart de nos voisins de la rive nord en sont dépourvus, se  http://www.alterinfo.net/photo/art/default/3808153-5701813.jpg?v=1328792727souviennent de la manière avec laquelle le Premier ministre français et les membres du gouvernement ont été maltraités lors du dîner du CRIF en février 2005, par un Cukiermann «fier, sûr de lui et dominateur». Alain Minc (actuel tête d'œuf à l'Elysée) en avait été tout retourné. Un branle-bas de combat chez nos "cousins" qui craignaient que les Français se mettent à gamberger et à se poser des questions...
 
Des questions du genre emm… : « au fait ils sont combien nos "aînés" (c'est comme ça que les Goys les appellent pour ne pas tomber sous le coup de la loi Gayssot, brillantissime député communiste). Et combien d'entre eux président les entreprises, les banques, les universités, les centres de recherche, les médias (journaux, chaînes de radio et de télé…), les ambassades, les consulats, les partis politiques, les directions - haute et basse - des ministères et des administrations nationales et locales... »
 
Toute la « crème » de ce que la France d’aujourd’hui met sur le marché de la politique, de la science, de la technologie, de l’économie, des finances… réunie dans la deuxième ambassade d’Israël (le seul pays qui a au moins deux ambassades dans tous les autres, y compris dans ceux qui prétendent ne pas le reconnaître… suivez mon regard: c'est encore mieux si vous louchez).
 
Ci-après vous trouverez ce que déclare l’unique président de la Vème République qui dorénavant « honore » de sa présence cet événement dans lequel les Français (et ils ne sont pas très nombreux) qui ont quelques considération pour leur pays ont beaucoup de mal à se reconnaître. Et je ne fais évidemment pas implicitement référence aux dirigeants du FN qui seraient prêts à s’y précipiter si le CRIF daignait les y inviter. Pour s’en convaincre à ce sujet il suffirait de lire les déclarations de la Marine qui était en Israël il y a quelques semaines (unanimement soudés autour de l'Algérie française) pour tenter de convaincre les chefs de ce gang qualifié « d’Etat » de ne pas mettre un veto à la candidature de la fifille à papa : et c’est pourtant ce qui semble est en train d’arriver puisqu’elle ne parvient toujours pas à réunir les signatures nécessaires.

 
Captivité de Gilad Schalit : "Honte à ceux qui ont fait cela!" lance Nicolas Sarkozy
AP, mercredi 08 février 2012, 21h42
"Gilad a été persécuté, maltraité, torturé", a dénoncé le chef de l'Etat, qui avait reçu dans l'après-midi à l'Elysée le soldat franco-israélien qui a été détenu pendant cinq ans par le Hamas. "Honte à ceux qui ont fait cela!" a-t-il lancé, en fustigeant "ce comportement barbare". "On a enlevé à ses parents un enfant de 20 ans, on leur a rendu un héros" "Aucune idée, aucune idéologie, aucune situation ne peut justifier ce qui a été fait à Gilad Schalit", a sermonné Nicolas Sarkozy. "La mission de la France, c'est d'être aux côtés de tous les Gilad Schalit, dans les geôles de Gaza ou ailleurs dans le monde". Selon lui, lorsqu'une victime est "persécutée", elle est française - "pas par les papiers mais elle est française parce qu'elle souffre et parce qu'elle est seule".


 
De quoi pleurnicher d’émotion. De quoi se fendre en larmes.
…De quoi se rouler par terre de rire.

La France ne pèse plus rien dans cette région du monde, ni du reste ailleurs.
 
- L’industrie et le commerce sont allemands. Sarko vient de le reconnaître lors de la récente visite de Merkel appelée à lui donner un coup de main électoral. Les chiffres du Commence extérieur des deux pays qui viennent de tomber en témoignent (2 records : +160 Mds€ en Allemagne et -70 Mds€ en France)
- Les finances sont britanniques (la City parasite les économies du continents).
- La défense et la diplomatie sont américaines.
 
La France ne pèse plus désormais que le poids du supplétif. Du bavard du coin.
Et ce ne sera pas un nouveau taulier à l’Elysée en mai prochain qui changera quoi que ce soit à l’affaire.
 
Bientôt, ce sera le petit Qatar qui fera la pluie et le beau temps à Paris.
 
Ne vous ai-je pas à plusieurs reprises invité à avoir une pensée émue pour nos anciens bienfaiteurs et « civilisateurs » qui ont laissé chez nous un souvenir si impérissable ?
 
Djeha,
J. 09 février 2012.

 
 
ANTISÉMITISME Devant Raffarin au dîner du Crif
Cukierman fait le procès de la diplomatie française
Judith Waintraub, Le Figaro, L. 14 février 2005
Jean-Pierre Raffarin et les seize ministres qui l'accompagnaient ne sont pas près d'oublier l'accueil que leur a réservé Roger Cukierman, samedi soir, au dîner annuel du Crif. Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France a exprimé son «malaise» face à l'aggravation du climat antijuif dans notre pays, en interpellant le premier ministre sur l'«incompatibilité entre la politique étrangère de la France et sa politique intérieure de lutte contre l'antisémitisme».

A la demande expresse de Jacques Chirac, auquel il avait transmis le texte de son intervention, Roger Cukierman s'était engagé à élaguer les passages de son discours jugés «contraires à la courtoisie républicaine» par l'Elysée.

Mais l'ex-ministre des Affaires étrangères et très chiraquien Dominique de Villepin a frémi quand le président du Crif a affirmé : «La politique étrangère de la France est souvent ressentie comme identifiant l'Amérique et Israël, le sionisme et l'impérialisme, le mondialisme et l'oppression. Qu'elle soit ou non voulue par nos diplomates, cette confusion est bien réelle dans l'opinion publique et alimente des amalgames dont les Juifs subissent les effets néfastes.»

Des déclarations saluées pas un tonnerre d'applaudissements dans la salle, tandis qu'à la table d'honneur, les membres du gouvernement se pétrifiaient en entendant Roger Cukierman énumérer ses éléments à charge : la lenteur des pouvoirs publics à interdire d'émission la chaîne antisémite al-Manar, la «cérémonie grandiose» organisée par les autorités françaises autour de la mort de Yasser Arafat ou, encore, les «commentaires ambigus» après la libération de Georges Chesnot et de Christian Malbrunot.

Le 22 décembre, Jean-Pierre Raffarin avait estimé devant l'Assemblée nationale que la «ligne» politique de la France et son «amitié pour le peuple irakien» avaient été «reconnues par cette libération». Samedi soir, Roger Cukierman lui a répondu samedi soir en jugeant «dangereuse» l'idée qu'une «politique étrangère originale» puisse assurer à la France, et à elle «seule au monde», une «protection contre la haine des hommes».

Fait rarissime, aucun des ministres présents n'a applaudi le président du Crif quand il a regagné sa table. En montant à son tour à la tribune, Jean-Pierre Raffarin a prévenu qu'il n'avait pas l'intention de «polémiquer» sur la diplomatie française. «La politique de la France au Proche-Orient n'a qu'un seul parti pris : celui de la paix», a-t-il affirmé, en renvoyant Roger Cukierman aux déclarations de Sylvan Shalom, ministre israélien des Affaires étrangères, sur «la manière très positive dont la France a évolué dernièrement».

Sylvan Shalom sera reçu aujourd'hui à l'Elysée. Jean-Pierre Raffarin a annoncé que, de son côté, il se rendrait à Jérusalem les 15 et 16 mars pour l'inauguration du nouveau mémorial de la déportation de Yad Vashem. Le chef du gouvernement a précisé que ce serait sa première visite en Israël et qu'il était «très heureux» de découvrir «cet Etat ami».
Il est également revenu sur l'affaire al-Manar, pour affirmer qu'il n'avait pas à «rougir de l'action de la France» dans le domaine de la lutte contre la diffusion d'«émissions destructrices de l'humanité».

Tout en admettant que jusqu'à présent, «sur ces sujets, on n'avait pas le sentiment que la France donnait l'exemple», il s'est félicité que «cette fois, la France ait été la première à agir». «D'autres pays nous ont suivis et c'est très bien», a-t-il rappelé, en annonçant que la France soumettrait à ses partenaires européens «une proposition visant à faire inscrire ces sujets de façon régulière et spécifique à l'ordre du jour des réunions des Conseils des ministres Justice-Affaires intérieures de l'Union européenne». L'auditoire a applaudi, sans excès d'enthousiasme.


AU NOM DE QUI PARLE LE CRIF ?
Communiqué de
L'Union Juive Française pour la Paix (UJFP)
J. 17 février 2005
Une de tâches primordiales de l’UJFP est de faire entendre la diversité réelle de pensée, d’opinion, et de sensibilité des Français d’origine juive qui sont plus d’un demi million en France. A ce titre il nous paraît scandaleux que le dîner du CRIF* soit considéré ces dernières années par toute la classe politique comme la troisième chambre du parlement français.

Chaque année le gouvernement entier, et de nombreux parlementaires s’y précipitent pour montrer patte blanche et faire la démonstration qu’ils ne sont pas antisémites. Et chaque fois le piège tendu par cette "instance communautaire" et son président Roger Cukierman se referme un peu plus, sur les politiques français entraînés dans une logique infernale : démontrer que l’on n’est pas antisémite ne peut se faire selon le CRIF qu’en acceptant toujours plus l’assimilation de l’antisionisme à l’antisémitisme, et en se taisant de plus en plus sur la politique israélienne d’occupation.

En 2003 Cukierman désignait les ennemis antisémites : "verts bruns rouges" accusant ainsi des forces progressistes d’antisémitisme parce qu’elles se mobilisent pour la Palestine et contre le gouvernement de Sharon. Aujourd’hui il rend les copies au gouvernement : sur l’antisémitisme, assez bien, mais sur la politique étrangère du gouvernement concernant le monde arabe, très médiocre. Et ce au nom des Juifs de France !

Les Juifs français ont toutes les opinions politiques sur leur gouvernement, et votent dans tous les partis, leurs choix sont individuels et non communautaires, contrairement à ce que veut faire croire Monsieur Cukierman. Pratiquant le pire des communautarismes il associe publiquement Juifs et Israéliens, antisémitisme et antisionisme, faisant croire qu’il y a dans ce pays une " communauté " qui voterait d’une seule voix pour des intérêts qui sont aujourd’hui ceux de Sharon.

Quant à nous, nous considérons que ceux qui tentent d’embrigader tous les Juifs de France dans un soutien systématique de la politique de Sharon, et qui manipulent l’antisémitisme dans ce pays comme une arme pour faire taire toute critique à l’égard de la politique israélienne, portent une responsabilité grave dans les tensions qu’ils réveillent et entretiennent.

Nous attendons du gouvernement qu’il agisse en matière de racisme avec fermeté et détermination contre toutes les discriminations et violences racistes, antisémitisme inclus, en montrant ainsi qu’il respecte le principe d’égalité de tous les citoyens devant la loi. En tant que Juifs nous ne souhaitons pas de régime privilégié, qui ferait de nous des citoyens " protégés ", nous revendiquons les mêmes droits, les mêmes devoirs et le même respect que tous les citoyens. Nous attendons de la politique étrangère de la France des mesures fermes de sanctions contre les violations des droits de l’homme commises par le gouvernement israélien, l’arrêt de toute coopération militaire avec Israël, l’application des décision de la Cour internationale de justice de la Haye concernant le Mur, l’application du vote du parlement européen demandant la suspension de l’Accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

Pour nous la législation internationale est la même pour tous les Etats, le rôle de la France est d’exiger son application par tous et de condamner toute violation de ce droit. Nous avons par ailleurs été sensibles aux honneurs rendus par notre gouvernement au Président Arafat, représentant défunt de tout son peuple. Les citoyens français juifs que nous sommes condamnent avec la plus grande fermeté les propos communautaristes et sectaires tenus par Monsieur Cukierman, et affirment avec force : non il ne parle pas en notre nom !

* CRIF : Conseil représentatif des institutions juives de France.

"Quand le président de ce dernier, Roger Cukierman, prend position, il engage - au maximum - un Juif français sur sept..." in "Le mal-être juif, entre repli, assimilation & manipulations", Dominique Vidal. UJFP, B.P. 102, 75960 PARIS Cedex 20, tél. 01 42 02 59 76, fax 01 42 02 59 77


Alain Minc: «Cukierman franchit la ligne jaune»
Essayiste, consultant, président d'AM Conseil, auteur de Ce monde qui vient (Grasset), Alain Minc commente les déclarations de Roger Cukierman.
Propos recueillis par Alexis Lacroix, Le Figaro, V. 18 février 2005
LE FIGARO. – Le discours tenu par Roger Cukierman lors du dîner annuel du Crif, samedi dernier, suscite de vives réactions. Qu'en pensez-vous?
Alain MINC. – Je suis profondément scandalisé par ces déclarations. Le discours de Roger Cukierman devrait provoquer une indignation beaucoup plus massive. Le juif que je suis n'a vraiment pas l'habitude de se mêler de la vie de ce qu'on appelle la communauté juive. La faute, sans doute à mon penchant instinctif à l'universalisme... Mais la gravité des propos tenus pousse à réagir. Il n'est pas admissible que le président du CRIF, au nom de la communauté qu'il croit représenter, ait prononcé des paroles si dénuées de mesure et de maîtrise de soi.
Etait-ce à ce point impensable de remettre en question certaines préférences de la diplomatie française?
De telles interrogations sont bien sûr toujours envisageables, et parfois même souhaitables. Mais pas comme ça! Mais pas sous cette forme accusatoire et, au fond, populiste.
Que voulez-vous dire?
Le président du CRIF instruit contre les plus hauts dirigeants français un réquisitoire totalement infondé. Il est absurde et, pour tout dire, grotesque de désigner à la vindicte des juifs français les hommes qui exercent leurs fonctions au sommet de l'Etat. Je ne suis pas suspect de chiraquisme, mais je trouve impeccable l'attitude dont le président de la République n'a jamais dévié depuis dix ans. Roger Cukierman a-t-il oublié que c'est Jacques Chirac qui a eu le courage de nommer une réalité que ses prédécesseurs ont inlassablement déniée: la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des juifs français? Le président du CRIF n'a-t-il pas observé que, depuis quatre ans, les juifs français trouvent dans le président de la République un homme qui n'accepte aucun accommodement avec l'antisémitisme en ses différentes formes?
Que c'est cet homme qui, après avoir prononcé cet été son discours de Chambon-sur-Lignon, a redit, très récemment, contre toutes les tentatives de banalisation de la haine, que l'antisémitisme, cette «perversion», «n'a pas sa place en France»?
Il y a d'autres arguments dans le discours de M. Cukierman, qui se réfère aussi aux positions «pro-arabes» de la diplomatie, en s'interrogeant sur leurs possibles dérives...
Un responsable communautaire juif a le droit de poser ces questions. Mais il franchit la ligne jaune quand il suggère que son appréciation de l'action politique de la France est tributaire des analyses israéliennes les moins nuancées. Si l'on voulait réveiller le fantasme antisémite de la «double allégeance», qui empoisonne la relation des Français juifs avec leur pays depuis 1967, on ne s'y prendrait pas autrement. Lorsqu'on s'exprime au nom des Français juifs, on n'est pas comptable des intérêts légitimes de l'Etat d'Israël. Samedi dernier, M. Cukierman s'est comporté comme un ambassadeur in partibus de l'Etat d'Israël.
Jean-Christophe Rufin, dans le rapport sur l'antisémitisme qu'il a remis au ministre de l'Intérieur, explique lui-même qu'il faut tout tenter «pour rééquilibrer l'appréciation par l'opinion publique de la situation au Moyen-Orient»...
Roger Cukierman s'est cru autorisé à citer cet extrait du rapport de Jean-Christophe Rufin. Mais – c'est sa troisième et plus lourde erreur –, il en a fait un usage qui n'est pas recevable
Pourquoi? Est-il absurde de s'interroger sur la compatibilité «entre la politique étrangère de la France et la politique intérieure de lutte contre l'antisémitisme»?
A condition de ne pas se leurrer sur le diagnostic de fond! Les préférences et les préventions qu'on impute à juste titre à une certaine tradition de la diplomatie française ne sont pour rien dans la fermentation du nouvel antisémitisme. Ce dernier est le produit des errances d'une extrême gauche qui combine anticapitalisme, antiaméricanisme et ressentiment contre les juifs. Tout à son combat contre l'idée qu'il se fait de la diplomatie française, le président du CRIF passe totalement sous silence ce «socialisme des imbéciles». Il faudrait tout de même se rappeler aussi que le racisme antiarabe est largement plus répandu en France que l'antisémitisme.
Ce «précipité idéologique» d'extrême gauche ne peut-il pas trouver un allié de circonstance chez les tenants d'une géopolitique violemment antiatlantiste, inspirée par les thèses de Maurras ou de Bainville?
Un axe Dieudonné-Bainville? Mais non! La vision du monde d'un Bainville n'exerce plus guère une influence décisive. Roger Cukierman aggrave sa maladresse par l'aveuglement. Il a cru dénoncer les formes contemporaines de l'antisémitisme: il s'est trompé sur leur nature réelle. La matrice de la haine, ce n'est pas tel ou tel avatar de la géopolitique gaullienne, c'est cette réaction antilibérale qui amalgame dans son délire la mondialisation, l'argent et les juifs. Je suis très étonné qu'une faute si manifeste de jugement et une défaillance si patente de discernement n'incitent

pas davantage de représentants de la communauté juive à exiger la démission de Roger Cukierman.

 

Source : Alterinfo

Par Djeha - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 17:37
 

Par John Pilger

 

Le 19 Janvier 2012,

 

url de l’article original:

http://www.johnpilger.com/articles/the-world-war-on-democracy

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Lisette Talate est décédée l’autre jour. Je me rappelle d’une fine femme à l’intelligence aiguisée qui masquait sa peine avec une détermination qui était une présence en elle-même. Elle était la personnification de la résistance des peuples à la guerre contre la démocratie. Je l’ai d’abord entr’aperçu dans un film du bureau des colonies datant des années 1950, à propos des gens des îles Chagos, une petite nation créole vivant à mi-chemin entre l’Afrique et l’Asie dans l’Océan Indien. La caméra se déplaçait dans des villages fourmillant, une église, une école, un hôpital, construits dans un endroit phénoménal de beauté naturelle et de paix. Lisette se rappelle du producteur du film lui disant à elle et ses amies adolescentes: “Continuez à sourire les filles !”

 

Assise dans sa cuisine de l’île Maurice plusieurs années plus tard, elle dit: “On n’avait pas besoin de me demander de sourire. J’étais une enfant heureuse, parce que mes racines descendaient profondément dans ces îles, mon paradis. Mon arrière grand-mère était née là-bas, j’ai fait 6 enfants là-bas. Voilà pourquoi ils ne pouvaient pas nous jeter légalement en dehors de nos maisons; ils devaient nous terrifier pour que nous partions ou nous forcer à partir. Au début, ils ont essayé de nous affamer. Les vaisseaux de ravitaillement cessèrent de venir, ensuite ils ont répandu les rumeurs que nous serions bombardés, puis ils se sont retournés contre nos chiens.”

 

Au début des années 1960, le gouvernement travailliste (NdT: les “socialistes” britanniques) d’Harold Wilson acquiesça secrètement à une demande de Washington pour que l’archipel des Chagos, une colonie britannique, soit “nettoyée” et “aseptisée” de ses 2 500 habitants afin qu’une base militaire puisse être construite sur l’île principale de l’archipel, l’île de Diego Garcia. “Ils savaient que nous étions inséparables de nos animaux domestiques”, dit Lisette, “quand les soldats américains sont arrivés pour construire la base, ils firent reculer leurs gros camions jusqu’aux baraques de briques dont nous nous servions pour préparer les noix de cocos; des centaines de nos chiens avaient été emprisonnés dedans. Ils les ont gazé avec des raccords fait à leur pots d’échappement. On pouvait les entendre hurler.”

 

Lisette, sa famille et des centaines d’insulaires furent mis de force sur un vieux bateau à vapeur rouillé à destination de l’île Maurice, distante de 4 000 km. Ils devaient dormir dans les cales contenant du fertilisant: de la merde d’oiseaux. La météo était dure, tout le monde était malade; deux femmes firent des fausses-couches. Larguée sur les quais de Port Louis, les deux plus jeunes enfants de Lisette Jollice et Régis, moururent à une semaine d’intervalle. “Ils sont morts de tristesse”, dit-elle. “Ils avaient tout entendu et ont vu l’horreur du gazage de nos chiens. Ils savaient qu’ils quittaient leur maison pour toujours. Le médecin de Maurice nous a dit qu’il ne pouvait pas guérir la tristesse.”

 

Cet acte fut fait dans le plus grand des secrets. Dans un document d’archive officiel, sous le titre de “Maintenir la fiction”, le conseiller juridique du ministère des affaires étrangères exorte ses collègues de camoufler leurs actions en “reclassifiant” la population comme étant une population “flottante, nomade” et de “refaire les règles au fur et à mesure”. L’article 7 des statuts du TPI dit que “la déportation ou le transfert forcé de populations” est un crime contre l’humanité. Que la Grande-Bretagne ait commis un tel crime en échange d’une ristourne de 14 millions de dollars sur un sous-marin nucléaire américain Polaris, n’était pas dans l’agenda d’un groupe de correspondants de la “défense” qui furent envoyés aux îles Chagos par le ministère de la défense lorsque les travaux de la base américaine furent terminés. “Il n’y a rien dans nos dossiers”, dit un officiel du ministère, “à propos des habitants ou à propos d’une évacuation.”

 

Aujourd’hui, l’île de Diego Garcia est cruciale à la guerre contre la démocratie menée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Les plus gros bombardements qui ont eu lieu en Afghanistan et en Irak ont été lancés de cette base, au delà de laquelle le cimetière et l’église abandonnés par les insulaires se dressent comme des ruines archéologiques. Le jardin en terrasse d’où Lisette souriait à la caméra est maintenant un dépôt pour des bombes anti-bunkers transportées sur leurs lieux de bombardements sur deux continents par des bombardiers B-2 furtifs aux allures de chauve-souris. Une attaque sur l’Iran commencera de là. Comme pour compléter le blason du pouvoir criminel omni-présent, la CIA y a ajouté une prison du style de Guantanamo pour les victimes de son programme de “rendition”, appelé “Camp Justice”.

 

Ce qui fut fait au paradis de Lisette a une signification forte et universelle dans la mesure où cela représente la nature violente et sans pitié d’un système entier derrière sa façade démocratique et la mesure de notre propre endoctrination avec ses suppositions messianiques, décrites par Harold Pinter comme “de brillants numéros d’hypnose, spirituels même, qui fonctionnent”. Plus longue et plus sanglante que toute guerre depuis 1945, faite avec des armes démoniaques et un gangstérisme déguisé en politique économique, parfois connu sous le nom de mondialisme, la guerre contre la démocratie n’est pas mentionable dans les cercles de l’élite. Comme l’a écrit Pinter: “Cela ne s’est jamais produit et dans le même temps cela se produisait”. En Juillet dernier, l’historien américain William Blum a publié son sommaire mis à jour des statistiques de la politique étrangère américaine. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis ont:

 

1. Tenté de renverser plus de 50 gouvernements la plupart d’entr’eux démocratiquement élus.

2. Tenté de supprimer un mouvement populiste ou national dans 20 pays.

3. Interféré éhontement dans des élections démocratiques dans au moins 30 pays.

4. Bombardé les populations de plus de 30 pays.

5. Tenté d’assassiner plus de 50 leaders politiques étrangers.

 

Au total, les Etats-Unis ont commis une ou plus de ces actions dans 69 pays. Dans la plupart des cas, la Grande-Bretagne a été la complice et la collaboratrice. L’”ennemi” change de nom, de communisme à islamisme, mais le plus souvent c’est la montée de mouvement démocratique indépendant du pouvoir occidental ou une société occupant un territoire stratégiquement utile, jugée aléatoire, comme les îles Chagos.

 

La véritable échelle de la souffrance, sans parler de celle de la criminalité impliquée, n’est pas connue en occident, malgré la présence des systèmes de communication les plus avancés au monde, nominalement le journalisme le plus libre et l’académie la plus admirée. Que le plus grand nombre de victimes du terrorisme, du terrorisme occidental, soient les musulmans est quelque chose qu’on ne peut pas dire, si cela est seulement su. La mort d’un demi million d’enfants irakiens dans les années 90 suite à l’embargo imposé par la Grande-Bretagne et l’Amérique n’a absolument aucun intérêt. Que le djihadisme extrême, celui qui mena aux attentats du 11 Septembre, fut couvé et développé comme une arme par la politique occidentale (“Opération Cyclone”) est une information connue des spécialistes mais autrement complètement supprimée.

 

Alors que la culture populaire en Grande-Bretagne et en Amérique immerge la seconde guerre mondiale dans un bain éthique pour les vainqueurs, les holocaustes qui émergent de la domination anglo-américaine des régions riches en ressources naturelles sont consignés dans le tiroir de l’oubli. Sous le tyrant indonésien Suharto, adoubé “notre homme” par Thatcher, plus d’un million de personnes furent massacrées. Décrit par la CIA comme “le pire massacre de masse de la seconde partie du XXème siècle”, les estimations ne prennent même pas en compte le tiers de la population du Timor oriental qui fut affamé ou massacré avec la complicité de l’occident, des avions et des mitrailleuses britanniques.

 

Ces histoires vraies sont racontées dans des documents déclassifiés et archivés dans les archives publiques, néanmoins elles représentent une dimension entière de la politique et de l’exercice du pouvoir complètement exclu de la vie publique et de la considération du public. Ceci fut réalisé par un régime non-coercitif de contrôle de l’information, depuis le mantra évangélique de la publicité consumériste aux informations de la BBC en passant par les médias sociaux éphémères.

 

C’est comme si les écrivains faisant fonction de rempart n’étaient plus ou sont sous l’emprise d’un zeitgeist sociopathe, convaincus qu’ils sont trop intelligents pour être dupés. Voyez la ruée des sycophants en mal de déifier Christopher Hitchens (NdT: journaliste anglo-américain grand supporteur de la guerre d’Irak), un amoureux de la guerre qui s’est languit d’être autorisé à justifier les crimes du pouvoir prédateur. “Pour presque la première fois depuis deux siècles”, écrivit Terry Eagleton, “il n’y a pas de poète britannique éminent, de dramaturge ou de romancier, préparés à questionner les fondations même du mode de vie occidental”. Plus d’Orwell pour nous dire que nous ne devons pas nécessairement vivre en société totalitaire pour être corrompu par le totalitarisme. Plus de Shelley pour parler pour les pauvres, plus de Blake proférant une vision, plus d’Oscar Wilde pour nous rappeler que “la désobéissance, aux yeux de tous ceux qui ont lu l’histoire, est la vertu originelle de l’Homme.”

 

Et plus de Pinter rageant contre la machine de guerre comme dans American Football:

Hallelujah.Praise the Lord for all good things … [Rendons grâce à Dieu pour toutes les bonnes choses...]

We blew their balls into shards of dust, [Nous leur avons explosé les couilles en débris de poussière,]

Into shards of fucking dust … [En débris de putain de poussière...]


En débris de putain de poussière s’en vont toutes les vies détruites là par Barack Obama l’Auguste du changement et de l’espoir de la violence occidentale. Quand un des drones d’Obama élimine une famille complète dans une région tribale lointaine du Pakistan, de Somalie, ou du Yémen, les contrôleurs du jeu américains devant leurs écrans de jeu vidéo, tapent sur leur clavier “insecte écrabouillé” (NdT: “bugsplat” en anglais). Obama aime les drones et a fait des plaisanteries à ce sujet avec les journalistes. Une de ses premières actions comme président des Etats-Unis fut d’ordonner une vague d’attaques de drones Predator sur le Pakistan, qui tua 74 personnes. Il a depuis tué des milliers de personnes, pour la plupart des civils. Les drones Predator tirent des missiles Hellfire “feu de l’enfer” qui vide les poumons des enfants de leur air et laissent des lambeaux de chair humaine sur le terrain.

 

Rappelez-vous des manchettes de journaux noyées de larmes lorsque la “marque” Obama fut élue: “Monumental, donne la chair de poule”, titra le Guardian. “Le futur américain”, écrivit Simon Schama “est fait de vision, sacré, léger…” Le chroniqueur du San Francisco Chronicle y vît “un éclairagiste spirituel qui peut pousser pour une nouvelle façon d’être sur la planète”. Au delà de ce radotage, comme l’avait prédit le grand lanceur d’alerte Daniel Ellsberg, un coup d’état militaire se déroulait à Washington et Obama était leur homme. Après avoir séduit le mouvement anti-guerre jusqu’à un silence virtuel, il donna à la classe des officiers militaires corrompue américaine des pouvoirs d’état et d’engagement sans précédent. Ceci inclut la possibilité de guerres en Afrique et des opportunités de provocations contre la Chine, le plus grand créditeur de l’Amérique et nouvel “ennemi” d’Asie. Sous le régime Obama, la vieille source de paranoïa officielle, la Russie, a été encerclée par un rideau de missiles ballistiques et l’opposition russe a été infiltrée. Des équipes d’assassins de la CIA et de l’armée ont été déplacées dans 120 pays, les attaques planifiées de longue date sur la Syrie et l’Iran laissent présager d’une guerre mondiale. Israël, le clone américain de la violence et de l’illégalité par proxy vient juste de recevoir son argent de poche annuel de 3 milliards de dollars avec la bénédiction d’Obama pour voler toujours plus de territoires palestiniens.

 

La réussite la plus “historique” d’Obama a été d’amener la guerre contre la démocratie sur le sol de l’Amérique. Au réveillon du nouvel an, il signa la loi du National Defense Authorization Act (NDAA), une loi qui donne le droit au Pentagone de kidnapper à la fois des étrangers et des citoyens américains, de les détenir de manière indéfinie, de les interroger, de les torturer et même de les tuer. Les victimes n’ont seulement besoin que d’être “associées” avec ceux qui sont en guerre contre les Etats-Unis. Il n’y aura aucune protection légale, aucun procès, aucune représentation légale. Ceci est la première législation qui abolit le Habeas Corpus (le droit a une procédure judiciaire légale) et réfute de facto les droits civiques de 1789.

 

Le 5 Janvier, dans un discours incroyable au Pentagone, Obama a dit que l’armée devra non seulement être prête “à sécuriser territoires et populations” à l’étranger, mais également à se battre ™à domicile” et “donner du soutien aux autorités civiles”. En d’autres termes, les troupes américaines seront déployées dans les rues des villes des Etats-Unis lorsque les troubles sociaux inévitables se déclancheront.

 

L’Amérique est aujourd’hui un pays de la pauvreté épidémique et de prisons barbares: la conséquence d’un extrémisme de marché, qui sous Obama, a favorisé le transfert de 14 000 milliards de dollars d’argent public aux entreprises criminelles de Wall Street. Les victimes en sont le plus souvent les jeunes chômeurs, sans abri, incarcérés afro-américains, qui ont été trahis par le premier président noir américain. Le corollaire historique d’un état de guerre perpétuel, ceci n’est pas le fascisme, pas encore du moins, mais cela n’est pas non plus la démocratie dans une forme reconnaissable, indépendemment de la politique placebo qui se déroulera juqu’à Novembre. La campagne présidentielle, dit le Washington Post va “mettre en scène le choc des philosophies enracinées dans des vues différentes de l’économie.” Ceci est faux. La tâche qui incombe au journalisme des deux côtés de l’Atlantique est de créer l’illusion d’un choix politique là où il n’y en a aucun.

 

La même ombre plane sur la Grande-Bretagne et la plupart de l’Europe où la social-démocratie, un article de foi il y a encore deux générations, a capitulé devant les dictateurs des banques centrales. Dans la “grande société” de David Cameron, le vol de 84 milliards de Livres en emplois et en services dépasse même le montant des impôts “légalement” évités par les entreprises pirates. Le blâme demeure non pas avec l’extrême-droite, mais avec une culture politique libérale couarde qui a permis à tout cela de se produire, ce qui, écrivit Hywel Williams juste après les attentats du 11 septembre 2001, “peut devenir en soi une forme de fanatisme de l’auto-satisfaction”. Tony Blair est un de ces fanatiques.. Dans sa gestion indifférente des libertés qu’il clame pourtant être chères, la Grande-Bretagne bourgeoise blairienne a créé un état policier avec plus de 3000 lois et actes délictuels nouveaux: plus que pour l’ensemble du siècle précédent. La police croit de manière évidente qu’elle a l’impunité totale de tuer. A la demande de la CIA, des cas juridiques comme celui de Binyam Mohamed, un citoyen britannique innocent, torturé puis emprisonné pour cinq ans à Guantanamo, seront traités dans des cours de justice spéciales et secrètes en Grande-Bretagne afin de “protéger les agences de renseignement”, les bourreaux.

 

L’état invisible a permis au gouvernement de Blair de lutter contre les habitants des îles Chagos alors qu’ils se levaient de désespoir depuis leur exil pour demander justice dans les rues de Port Louis et de Londres. “Seulement quand vous menez une action directe, face à face, et même que vous enfreignez la loi, alors on vous remarque”, a dit Lisette. “Et plus vous êtes petit, le plus grand est l’exemple pour les autres.” Une telle réponse éloquente donne de quoi réfléchir à ceux qui demandent toujours: “Que puis-je faire ?”

 

J’ai vu pour la dernière fois la fine silhouette de Lisette debout sous une pluie battante, aux côtés de ses camarades devant le parlement. Ce qui me frappa par dessus tout fut le courage endurant de leur résistance. C’est le refus d’abandonner que le pouvoir pourri craint par dessus tout, car il sait que c’est la graine plantée sous la neige.

 

For more information on John Pilger visit his website at www.johnpilger.com

 

Source : Resistance71

Par John Pilger - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 18:27

http://2ccr.unblog.fr/files/2012/02/11.jpeg La crise et la perte du triple A sont dans la droite ligne de « la stratégie du choc » de Naomie Klein. Laurence Parisot, et les Bouygues, Lagardère, Dassault, Arnaud Pinault, sont pressés d’en finir avec ce qui reste du code du travail, des avancées sociales et du programme de CNR. Pour cela les médias à leur botte font tout pour dramatiser la situation afin de faire baisser les salaires, et d’augmenter encore plus la précarité.


Combien de fois n’a-t-on pas entendu de la part des commentateurs et des politiques que l’intransigeance des revendications salariales mettrait le pays à genoux. Il faut bien admettre que ce discours culpabilisant a porté ses fruits, et au fil du temps, on a vu les organisations syndicales mettre un bémol à leurs revendications. Il est grand temps que nos concitoyens reprennent en main le terrain politique, et ne se laissent pas abuser par les belles paroles de bonimenteurs professionnels. Il faut se demander pourquoi les richesses produites ne profitent toujours qu’aux mêmes personnes. Pourquoi,  alors que le nombre de fonctionnaires ne cesse de diminuer, le déficit de l’Etat ne cesse d’augmenter. Où passe l’argent soit disant économisé ? Et pourquoi, alors qu’en 20 ans la richesse produite a plus que doublé, pourquoi la protection sociale a diminué et le chômage augmenté ?


Dans notre pays où la colère devrait être dirigée contre ceux qui nous exploitent, nous oppriment et nous méprisent, et bien au contraire, cette colère désigne le pauvre, l’étranger, le précaire, bref le modeste.


Si vous abdiquez, si vous refusez de vous battre, en face ils sont toujours unis et prêts à défendre leur intérêt. Alors pour ne pas dire « je ne savais pas », voici ce qui vous attend : suppression de la durée légale du temps de travail et du SMIC, le tout sera dorénavant négocié par branche, suppression de la cinquième semaine de congés et des RTT, remplacement systématique des CDI par des CDD de trente mois, casse du statut de la fonction publique en précarisant l’ensemble des fonctionnaires, recul des départs en retraite et baisse du niveau des pensions, totale déréglementation du travail du dimanche, et fin du principe de repos dominical. Et pour ceux qui voient Le Pen et Bayrou comme une alternative, sachez que tous deux proposent un plan de rigueur, et sont  favorables aux mesures réclamées par le Medef sous prétexte de flexibiliser le code du travail. Et soyez sûr que Le Pen n’hésitera pas à porter atteinte aux  droits syndicaux et au droit de grève.


Ce qu’ils veulent, c’est nous faire payer la crise d’un système économique au bord de l’asphyxie. De la Grèce au Portugal, en passant par l’Italie, la France ou l’Espagne, ce sont les travailleurs qui doivent accepter l’austérité pour résoudre une crise dont les seuls responsables et les seuls bénéficiaires sont les banquiers et les rentiers !


Ce qui était impossible pour le Patronat et la bourgeoisie il y a 30 ans est super facile aujourd’hui. Grâce aux luttes et aux legs de nos anciens, notre génération a été pour beaucoup à l’abri du besoin, le monde du travail était soumis à des règles, la protection sociale développée, les prix encadrés et l’avenir ouvert. Nous nous sommes donc laissés endormir. Pendant ce temps le capital et le grand patronat n’a jamais cessé de lutter contre cet état de fait. Nous, nous avons baissé les bras. Nous nous sommes contentés de vivre et de consommer. Nous leur avons abandonné le terrain politique, leur télévision et leur propagande ont fait le reste. Nous livrons nos enfants à ceux qui aujourd’hui nous exploitent, en nous contentant de leur dire : « c’est comme ça, on ne peut pas faire autrement ! »

« Ceux qui ne bougent pas, ne sentent pas leurs chaines »

Rosa LUXEMBOURG

 

Publié sur Conscience Citoyenne Responsable
http://2ccr.unblog.fr/2012/02/03/ce-qui-nous-attend/

 

Par CCR - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 20:35
 

Le CCG et l’OTAN perdent leur leadership


Contrairement à ce qui s’était passé lors de l’attaque de l’Irak, la France n’a pas défendu les principes du droit international dans l’affaire syrienne, mais s’est ralliée au camp impérial et à ses mensonges. Avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis, elle a essuyé une défaite diplomatique historique, tandis que la Russie et la Chine sont devenues les champions de la souveraineté des peuples et de la paix. Le nouveau rapport de force international n’est pas seulement la conséquence de la décadence militaire des Etats-Unis, il sanctionne aussi le déclin de leur prestige. En définitive, les Occidentaux viennent de perdre le leadership qu’ils se sont partagé durant tout le XXe siècle parce qu’ils ont abandonné toute légitimité en trahissant leurs propres valeurs.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 5 février 2012

 

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Son Excellence M Bashar Ja’afari, représentant permanent de la Syrie à l’ONU durant le la 6710ème réunion du Conseil de Sécurité sur la situation au Moyen-Orient.

Par deux fois, le 4 octobre 2011 et le 4 février 2012, des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies ont rejeté des projets de résolution sur la situation en Syrie. Cet affrontement a opposé les membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et de l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord (OTAN) à ceux de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS).

La fin du monde unipolaire

Ce quadruple veto scelle la fin d’une période des relations internationales qui a débuté avec l’effondrement de l’Union soviétique et a été marquée par une domination sans partage des États-Unis sur le reste du monde. Il ne signifie pas un retour au système bipolaire précédent, mais l’émergence d’un nouveau modèle dont les contours restent à définir. Aucun des projets de Nouvel Ordre Mondial ne s’est concrétisé. Washington et Tel-Aviv ne sont pas parvenus à institutionnaliser le fonctionnement unipolaire qu’ils voulaient ériger en paradigme intangible, tandis que le BRICS n’a pas réussi à créer le système multipolaire qui aurait permis à ses membres de se hisser au plus haut niveau.

Comme l’avait anticipé à juste titre le stratège syrien Imad Fawzi Shueibi, c’est la crise syrienne qui a cristallisé un nouveau rapport de forces, et partant de là une redistribution de la puissance que personne n’a pensé, ni voulu, mais qui s’impose désormais à tous [1].

 

Rétrospectivement la doctrine d’Hillary Clinton de «  leadership par l’arrière » apparaît comme une tentative des États-Unis de tester les limites qu’ils ne peuvent plus dépasser, tout en faisant porter la responsabilité et les conséquences de leur test à leurs alliés britannique et surtout français. Ce sont ces derniers qui sont se sont mis en scène en leaders politiques et militaires lors du renversement de la Jamahiriya arabe libyenne et qui ambitionnaient de l’être à nouveau pour renverser la République arabe syrienne, même s’ils n’agissaient qu’en vassaux et sous-traitants de l’Empire états-unien. Ce sont donc Londres et Paris, plus encore que Washington, qui ont essuyé une défaite diplomatique et en supporteront les conséquences en termes de perte d’influence.

Les États du tiers-monde ne manqueront pas de tirer leurs conclusions des derniers événements : ceux qui cherchent à servir les États-Unis, comme Saddam Hussein, ou à négocier avec eux, comme Mouammar el-Kadhafi, pourront être exécutés par les troupes impériales et leur pays pourra être détruit. Au contraire, ceux qui résisteront comme Bachar el-Assad et sauront nouer des alliances avec la Russie et la Chine survivront.

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Son Excellence M Li Baodong, représentant permanent de la Chine aux Nations Unies.

Triomphe dans le monde virtuel, défaite dans le monde réel

L’échec du CCG et de l’OTAN fait apparaître un rapport de force que beaucoup soupçonnaient, mais que personne ne pouvait vérifier : les Occidentaux ont gagné la guerre médiatique et ont du renoncer à la guerre militaire. Pour paraphraser Mao Zedong : ils sont devenus des tigres virtuels.

Durant cette crise, et encore aujourd’hui, les dirigeants occidentaux et les monarques arabes ont réussi à intoxiquer non seulement leurs propres peuples, mais une large partie de l’opinion publique internationale. Ils sont parvenus à faire accroire que la population syrienne s’était soulevée contre son gouvernement et que celui-ci réprimait cette contestation politique dans le sang. Leurs chaînes sattelitaires ont non seulement réalisé des montages fallacieux pour induire le public en erreur, mais elles ont aussi tourné des images de fiction en studio pour les besoins de leur propagande. En définitive, le CCG et l’OTAN ont inventé et fait vivre médiatiquement durant dix mois une révolution qui n’existait qu’en images, tandis que sur le terrain la Syrie devait affronter seule une guerre de basse intensité menée par la Légion wahhabite appuyée par l’OTAN.

 

Cependant, la Russie et la Chine ayant fait une première fois usage de leur veto et l’Iran ayant annoncé son intention de se battre aux côtés de la Syrie si de besoin, les États-Unis et leurs vassaux ont dû admettre que poursuivre leur projet les absorberaient dans une guerre mondiale. Après des mois de tension extrême, les États-Unis ont admis qu’ils bluffaient et qu’ils ne disposaient pas des bonnes cartes dans leur jeu.

Malgré un budget militaire de plus de 800 milliards de dollars, les USA ne sont qu’un colosse aux pieds d’argile. En effet, si leurs forces armées sont capables de détruire des États en voie de développement, épuisés par des guerres précédentes ou par de longs embargos, comme la Serbie, l’Irak ou la Libye, elles ne peuvent ni occuper des territoires, ni se mesurer à des États capables de leur répondre et de porter la guerre en Amérique.

Malgré les certitudes du passé, les USA n’ont jamais été une puissance militaire significative. Ils ne sont intervenus que quelques semaines à la fin de la Seconde Guerre mondiale face à une ennemi déjà épuisé par l’Armée rouge ; ils ont été défaits en Corée du Nord et au Vietnam ; ils ne sont pas parvenus à contrôler quoi que ce soit en Afghanistan ; et ils ont été contraints de fuir l’Irak de crainte d’y être écrasés.

 

Durant les deux dernières décennies, l’Empire états-unien a effacé la réalité humaine de ses guerres et a communiqué en assimilant guerre et jeux vidéos. C’est sur cette base qu’il a conduit ses campagnes de recrutement, et toujours sur cette base qu’il a formé ses soldats. Aujourd’hui, il dispose de centaines de milliers de joueurs vidéos en guise de soldats. Par conséquent, au moindre contact avec la réalité, leurs forces armées sont démoralisées. Selon leurs propres statistiques, la majorité de leurs morts ne tombe pas au champ d’honneur, mais se suicide, tandis qu’un tiers de leur personnel sous les drapeaux souffre de troubles psychiatriques rendant inapte au combat. La démesure du budget militaire du Pentagone est incapable de compenser son effondrement humain.

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Son Excellence M Vitaly I. Churkin, représentant permanent de la Fédération de Russie auprès des Nations Unies.

De nouvelles valeurs : la sincérité et la souveraineté

L’échec des États du CCG et de l’OTAN est aussi celui de leurs valeurs. Ils se sont présentés en défenseurs des droits humains et de la démocratie, alors qu’ils ont établi la torture en système de gouvernement et que la plupart d’entre eux sont opposés au principe de souveraineté populaire.

Même si l’opinion publique en Occident et dans le Golfe est sous-informée sur ce sujet, les États-Unis et leurs vassaux ont mis en place depuis 2001 un vaste réseau de prisons secrètes et de centre de tortures, y compris sur le territoire de l’Union européenne. Sous prétexte de guerre contre le terrorisme, ils ont semé la terreur, enlevant et torturant plus de 80 000 personnes. Durant la même période, ils ont créé des unités d’opérations spéciales dotées d’un budget de près de 10 milliards de dollars annuel qui revendiquent des assassinats politiques dans au moins 75 pays, selon leurs propres rapports.

 

En ce qui concerne la démocratie, les États-Unis actuels ne font pas mystère de ce qu’elle ne signifie pas à leurs yeux « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » selon l’expression d’Abraham Lincoln, mais uniquement la soumission des peuples à leur volonté comme l’ont montré les propos et les guerres du président Bush. Au demeurant, leur constitution récuse le principe de souveraineté populaire et ils ont suspendu leurs libertés constitutionnelles fondamentales en instituant un état d’urgence permanent avec le Patriot Act. Quand à leurs vassaux du Golfe, il n’est pas nécessaire de rappeler que ce sont des monarchies absolues.

 

C’est ce modèle, qui associe sans honte crimes à grande échelle et discours humanitaire, qui a été défait par la Russie et la Chine ; des États, dont le bilan en matière de droits de l’homme et de démocratie pour autant qu’il soit très critiquable n’en est pas moins infiniment supérieur à celui du CCG et de l’OTAN.

En faisant usage de leur veto, Moscou et Beijing ont défendu deux principes : le respect de la vérité, sans laquelle la justice et la paix sont impossibles ; et le respect de la souveraineté des peuples et des États, sans lequel aucune démocratie n’est possible.

Le moment est venu de de se battre pour reconstruire la société humaine après une période de barbarie.

[1] "Russia and China in the Balance of the Middle East : Syria and other countries", par Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 27 janvier 2012.
Source : « Le CCG et l’OTAN perdent la partie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 février 2012, www.voltairenet.org/a172629
Par Thierry Meyssan - Publié dans : Société - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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