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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 17:06
Corruption au sommet

Le secrétaire général des nations Unies, Ban Ki-moon, s’est rendu au Liban pour préparer une éventuelle action de l’OTAN contre la Syrie. Trop occupé à conspirer contre la paix qu’il devrait défendre, il en a oublié de s’enquérir des violations quotidiennes de la souveraineté libanaise par Israël. Dans une lettre ouverte publiée par la presse libanaise, le penseur arabe Hassan Hamade interpelle M. Ban et son représentant M. Rød-Larsen pour rappeler que loin d’incarner des principes, ils sont des voyous convaincus de corruption.

Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 25 janvier 2012

 

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Monsieur le secrétaire général,

 

En écoutant votre discours, à Beyrouth, sur l’absolu nécessité de procéder à des réformes, « car la flamme de la liberté allumée en Tunisie ne s’éteindra plus », j’ai tout de suite eu une pensée pour une personnalité suédoise, célèbre par son intégrité, sa transparence, et sa crédibilité en matière de reforme. Je veux parler de madame Inga-Britt Ahlenius, qui fut secrétaire général adjointe de L’ONU, responsable du United Nations Office of Internal Oversight Services (OIOS), le bureau chargé de veiller au bon fonctionnement des services de ce « gros machin, » notamment dans le domaine des finances, et qui a servi sous votre autorité.

 

Vous n’êtes pas sans savoir, M. le secrétaire général, que Madame Ahlenius, dont l’itinéraire professionnel a toujours été irréprochable, que ce soit en Suède ou dans l’appareil administratif de l’ONU, a rédigé un rapport d’une cinquantaine de pages sur l’état des lieux de l’organisation dans le domaine des finances, et sur l’usage des fonds publics dans les budgets des différents services.

 

Ce rapport vous montre du doigt en tant que principal responsable des exactions financières, commises surtout dans votre service, vous tient pour responsable du manque de transparence, et va jusqu’à s’adresser à vous en disant : ”Monsieur, votre action est sans précèdent (…) elle mérite plus qu’une condamnation”

 

Habilitée, de par sa fonction, à diriger la guerre contre la corruption au sein de l’ONU, et à surveiller le bon fonctionnement des services, Madame Ahlenius écrit avoir la certitude de votre implication dans le désordre financier qui submerge votre administration, où la transparence fait complètement défaut : « Votre action – dit elle – a manqué de transparence et ne respecte pas les règle de l’audit » elle finit par déclarer : « Je suis désolée de dire que le secrétariat général entre dans une phase de déliquescence, s’effondre complètement et je dirais même qu’il ne pourra plus être secouru ».

 

Face à ce rapport vous avez observé un mutisme total, mais tout en l’ignorant complètement, vous avez cependant ordonné son retrait du site web officiel des Nations Unies dans les 48 heures qui ont suivies sa mise en ligne [Le Réseau Voltaire a retrouvé ce document pour vous. Il est téléchargeable au bas de cette page].

Si l’on a eu écho de ce rapport, c’est en fait grâce a une poignée de journalistes qui l’ont aperçu, sans pour autant l’accompagner d’une campagne médiatique, et sans-même vous interroger à son sujet, de crainte peut-être, de déclencher un processus qui pourrait ouvrir le dossier de la corruption généralisée qui sévit au sein de votre administration au détriment des intérêts des peuples du monde.

 

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Souvenez-vous, Monsieur le secrétaire général, que Madame Ahlenius, juste après son retour dans son pays natal, et suite à la publication de ce rapport en août 2010, qui a couronné son mandat de 5 ans, vous a consacré un livre qu’elle a publié en commun avec le journaliste suédois Nialas Ekdal.

Dans cet ouvrage intitulé M. Hasard, la détérioration de l’ONU sous la direction de Ban Ki-moon [1], les auteurs ont détaillé une multitude de vos exactions, qui privent désormais l’ONU du minimum vital de crédibilité.

 

Ils vous y qualifient d’incompétent et de corrompu, jetant ainsi le discrédit sur toute votre action professionnelle.

Monsieur le secrétaire général,

Ce livre, tout comme le rapport, a eu sa part d’attaques silencieuses, contribuant à l’étouffer complètement sur le plan médiatique. Vous n’êtes pas sans connaitre les forces occultes qui mènent le combat contre la vérité défendue par madame Ahlenius ? Ce sont celles-là même qui vous protègent, Monsieur le secrétaire général.

 

Comment osez-vous parler de reformes, vous qui êtes un voleur ?

Vous n’avez peut être pas l’habitude d’entendre des critiques aussi directes, aussi vives, aussi vraies, mais il faut vous y habituer. Du point de vue de la morale, vous n’êtes aucunement habilité à donner des leçons de réforme à quiconque. Il serait intéressant de profiter de votre évocation des réformes pour exiger que cela soit appliqué, en premier, à l’ONU. Le premier pas dans ce sens exige que vous soyez interrogé par une commission d’enquête, laquelle pourrait vous traduire devant un tribunal compétent. Le monde a besoin d’un Nuremberg pour juger les crimes de corruption et le pillage des biens des peuples. Qu’en pensez-vous ?

 

Les biens publics dont vous avez fait illégalement usage, selon Madame Ahlenius, appartiennent aux peuples du monde, dont les gouvernements financent votre organisation et payent vos salaires, à vous ainsi qu’à tout le personnel de l’ONU.

 

Il serait intéressant de noter, en passant, que les gouvernements qui prétendent constituer un bloc de refus contre la mainmise des États-Unis sur les rouages de l’ONU, et qui vous accusent d’agir a la solde de Washington, évitent de réclamer la formation d’une commission d’enquête sur les accusations portées contre votre personne par Madame Ahlenius ! Et voila que les rôles se trouvent inversés et que maintenant c’est vous qui leur prodiguez des leçons sur les reformes !

 

Monsieur le secrétaire général,

Quelques heures avant votre arrivée a Beyrouth vous nous avez promis de nommer un nouveau procureur général au Tribunal Spécial pour le Liban (TSL), à la place du juge démissionnaire Daniel Bellemarre.

Dites nous donc, quelle serait la nature de juges qui seraient nommés par une personne aussi controversée que vous ? Peut-on s’attendre à une justice de la part de juges qui accepteraient d’être nommés par une personne prise la main dans le sac par son propre secrétaire général adjoint ?

 

Est-ce cela “le plus haut dégré de professionnalisme et de transparence” promis par feu le president Antonio Cassese ?

 

Monsieur le secrétaire général,

Au nom de quelle sagesse vous êtes-vous tû, face aux accusations formulées par Madame Ahlenius ? Est-ce parce que vous qualifiez de « crime d’honneur » ou « crime politique » le fait de dissiper l’argent d’autrui ?

Ou bien est-ce par crainte de voir ce dossier ouvert au vu et au su du monde entier ?

Pour un printemps onusien

Imaginons les choses a l’envers, et qu’un certain nombre de pays exigent la formation d’une commission d’enquête et que des preuves de votre implication soient confirmées ainsi que celle d’autres dirigeants des Nations Unies.

Ne serions-nous pas au seuil d’une période qui justifierait l’appellation “printemps des Nations Unies” ?

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Terje Rød-Larsen a été contraint de démissionner de ses fonctions ministérielles en Norvège parce qu’il avait falsifié ses déclarations de sorte qu’il ne payait plus d’impôts depuis 10 ans. Au vu de ses qualités de fraudeur, il a été nommé aux Nations Unies.

Terje Rød-Larsen le faussaire

Monsieur,

Il semble que votre loyauté envers vos protecteurs s’est manifestée par la présence à vos côtés à Beyrouth, de votre coordinateur au Liban, Monsieur Terje Rød-Larsen.

 

Ce dernier refuse de reconnaître qu’Israël, qu’il considère comme sa seconde patrie, a accumulé plus de 10 000 violations flagrantes des résolutions pertinentes de votre ONU, en la défiant au vu et au su du monde entier.

Monsieur Rød-Larsen se contente de parler “d’incursions” et non “d’actes de guerre d’agression”. La différence entre les deux est énorme car, selon la sentence du jugement de Nuremberg, la guerre d’agression représente “le crime international suprême » et expose de ce fait ses auteurs à des poursuites pour crime de guerre devant la justice internationale.

 

Peut-être ignorez-vous cette différence entre “incursion” et “actes de guerre d’agression”, à l’instar du gouvernement libanais et de la délégation permanente du Liban à l’ONU ?

Votre coordinateur au Liban, Monsieur Rød-Larsen ne l’ignore certainement pas. Il occulte cette réalité pour éviter toute référence au crime international suprême, ce qui aurait pour conséquence la poursuite des dirigeants israéliens pour crime de guerre, sans même tenir compte du facteur de récidive, qui aggrave la responsabilité criminelle, d’autant plus que le nombre de ces “actes de guerre d’agression” a battu tous les records dans les annales des guerres et des conflits.

 

Je me contenterai de cela, Monsieur le secrétaire général, en m’excusant de ne pas terminer ma lettre par la présentation de mes respects et de ma considération, dans l’attente des résultats d’une véritable enquête sur les contenus du rapport et de l’ouvrage rédigés par Madame Inga-Britt Ahlenius, à qui je demande d’agréer ma très haute considération et mon profond respect.

Source
As-Safir (Liban)
Quotidien de référence libanais

Documents joints

 

[1] Mr Chance : – FN:s förfall under Ban Ki-moon, par Niklas Ekdal et Inga-Britt Ahlenius, Stockholm 2011. ISBN 978-91-7337-271-8.

 

Source : « Lettre ouverte au deshonorable Ban Ki-moon », par Hassan Hamade, As-Safir (Liban), Réseau Voltaire, 25 janvier 2012, www.voltairenet.org/a172475

Par Hassan Hamade - Publié dans : Notes de lecture - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 08:30
Une analyse de Pierre Khalaf
Ce n’est plus un secret, les événements qui secouent la région du Moyen-Orient ont pour but de protéger Israël des graves répercussions de la défaite du projet américain en Irak. Et tout ce que fait l’alliance occidentale, conduite par les États-Unis, dans la cadre dudit « Printemps arabe », s’inscrit dans ce cadre.
12 décembre 2011

Le deal conclu entre les États-Unis et la Confrérie des Frères musulmans a été dévoilé au Caire par le secrétaire d’État adjoint américain pour les Affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, qui n’a fait que confirmer ce que les observateurs avaient déjà deviné en analysant les déclarations des chefs du mouvement islamiste dans plusieurs pays arabes et musulmans.

 

Sont venus ensuite s’inscrire dans ce même cadre les déclarations du président du Conseil national syrien d’Istanbul, Burhan Ghalioun, qui a fait tomber le masque en affirmant que l’opposition s’emploierait, si elle accède au pouvoir, à rompre les liens avec l’Iran et les mouvements de résistance libanais et palestinien. M. Ghalioun a rejeté la lutte armée pour libérer le Golan occupé, qui doit se faire, selon lui, à travers la négociation.

 

Mais il y a plus grave encore : les dirigeants des Frères musulmans syriens ont révélé leurs vraies intentions en affirmant que s’ils prenaient le pouvoir, ils enverraient l’armée syrienne au Liban pour combattre le Hezbollah. C’est-à-dire qu’ils se porteraient volontaires pour la mission qu’Israël avait échoué à accomplir en 2006, malgré le soutien d’une trentaine de pays arabes et occidentaux.

 

Ces prises de positions de mouvements et de personnalités qui prétendent représenter « la légitimité populaire » s’inscrivent parfaitement dans le cadre des politiques américaines dont le but principal est de protéger l’État hébreu.

Et ce n’est pas un hasard. Cela confirme ce que nous écrivons dans ce bulletin depuis plus de sept mois. D’ailleurs, les centres de recherches occidentaux sont de plus en plus nombreux à le signaler et l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, l’a clairement dit lors d’une conférence donnée à Beyrouth la semaine dernière : « Les États-Unis soutiennent les Frères musulmans », avait-il dit.

 

Cela explique en grande partie la méfiance du patriarche maronite Mgr Béchara Raï à l’égard du « Printemps arabe », qui risque de se solder, selon lui, par un morcellement du Proche-Orient en entités confessionnelles, ce qui servirait les intérêts d’Israël, et fait planer de sérieuses menaces sur la présence des chrétiens et des autres minorités religieuses dans cette région.

 

Le blanc seing à l’arrivée des islamistes au pouvoir en Tunisie, en Libye et, maintenant, en Égypte, devrait convaincre ceux qui doutent encore des réelles intentions de l’Occident, mené par les États-Unis.

 

La tentative de détruire l’État national syrien et de morceler le pays constitue l’une des principales pièces de ce puzzle que l’Occident tente de rassembler. C’est pour cela qu’il ferme les yeux sur les crimes commis en Syrie par les groupes armés extrémistes, auxquels il accole maintenant l’étiquette de « déserteurs », moins répugnante aux yeux de l’opinion publiques occidentale que salafistes ou extrémistes musulmans.

 

Dominée par les États-Unis, inconsciente des répercussions qu’elle risque de subir, l’Europe déroule le tapis rouge à cette mouvance islamiste, considérée il y a peu comme un grave danger.

 

La tendance en Syrie : Le pouvoir sûr de lui, l’opposition dans la confusion


L’évolution des événements en Syrie ne peut être dissociée du contexte régional et international. Le pouvoir a accepté de signer le protocole élaboré par la Ligue arabe sur l’envoi d’observateurs, en totale coopération avec la Russie. D’ailleurs, des sources diplomatiques russes au Liban affirment que la Russie ne compte pas lâcher le régime syrien, et cet appui est pour Moscou une question stratégique. Ces assurances sont contraires aux prévisions de responsables de la coalition pro-occidentale du 14-Mars.

 

Face à l’appui russe à la Syrie, il devient difficile de renverser le régime militairement, en dépit des préparatifs effectués dans ce but en Turquie, au Liban et, dans une moindre mesure, en Jordanie. Par contre, les pressions sur la Syrie vont se poursuivre, surtout à l’approche de la fin du retrait américain d’Irak. Les Américains voudraient provoquer des troubles pour détourner l’attention générale de ce retrait et de l’atmosphère de défaite qui l’entoure. De plus, les troubles en Syrie sont destinés à remplacer l’attaque militaire contre l’Iran qui devient de plus en plus difficile dans ce climat de crise et avec les problèmes financiers qui agitent l’Europe et les États-Unis.

 

 

La situation en Syrie est donc appelée à rester instable, et même si le régime a finalement décidé de signer le protocole de la Ligue arabe, celle-ci trouvera sans doute d’autres angles pour maintenir les pressions. Toutefois, les sanctions de la Ligue arabe auraient renforcé le sentiment patriotique chez les Syriens, ce peuple ayant beaucoup de fierté nationale. De plus, les Frères musulmans ayant été pratiquement éradiqués du pays dans les années 80, ils n’ont pas eu le temps d’acquérir une grande assise populaire et ils se voient contraints à porter les armes et à commettre de véritables massacres pour marquer leur présence.

 

En parallèle, les déclarations du chef du Conseil national syrien d’Istanbul, Bourhan Ghalioun, contre l’Iran, le Hezbollah et le Hamas, ont choqué une grande partie de la population syrienne. Des rumeurs sur une rencontre qui se serait tenue en octobre à Washington entre des responsables de l’administration américaine, un représentant du CNS et un responsable israélien ont commencé à circuler. Selon ces rumeurs, le représentant du CNS aurait réclamé de l’aide financière, une reconnaissance diplomatique de la part de la communauté internationale et une intervention militaire contre son propre pays.

 

Sur le terrain, les actes de violence se poursuivent, ainsi que les manifestations contre et en faveur du régime. Mais celui-ci a réussi à embarrasser la Ligue arabe en se déclarant prêt à signer le protocole pour l’envoi d’observateurs. Le processus devrait prendre quelques jours, voire des semaines, alors que les développements dans l’ensemble de la région restent plus ou moins incontrôlables et que la situation demeure instable en Égypte, à Bahreïn et au Yémen.

Les États-Unis auraient discrètement sollicité l’ouverture d’un dialogue avec l’Iran, mais la République islamique aurait opposé un refus sans nuance à cette demande. Par contre, Téhéran aurait demandé l’ouverture d’un dialogue avec l’Arabie saoudite, laquelle a aussi rejeté la suggestion. C’est dire que pour l’instant, les canaux de négociations restent bloqués sur le double plan régional et international.

 

La situation interne en Syrie est solide, alors que le plan de créer une zone tampon à la frontière avec la Turquie bat de l’aile. Sans parler du fait que la Russie exerce à son tour des pressions sur la Turquie qui a, elle aussi, un tissu social fragilisé. Le Premier ministre turc Recep Tayyeb Erdogan lève le ton à l’égard de la Syrie car il cherche à cacher son incapacité à agir sur le terrain.

 

Déclarations de Sayyed Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah


« Voici un message à tous ceux qui conspirent contre la Résistance et misent sur un changement. Nous n’envisagerons jamais d’abandonner nos armes. Jour après jour, la résistance recrute plus de combattants, forme de meilleurs combattants et les arme de plus en plus lourdement.

Les États-Unis de chercher à détruire la Syrie pour compenser leur défaite en Irak. Les États-Unis ont essayé de se faire passer comme des défenseurs des droits de l’Homme et de la démocratie dans le monde arabe. Ces hypocrites sont connus pour avoir soutenu toutes les dictatures et les avoir reniées immédiatement après leur chute. Ca, c’est la marque de Satan.

L’opposition syrienne est soumise aux États-Unis et à Israël. Depuis le tout début, nous avons dit clairement que nous nous tenons au côté du régime syrien, un régime de résistance contre Israël. Elle veut détruire la Syrie. Le soi-disant Conseil national syrien, formé à Istanbul, et son leader Burhan Ghalioun tentent de présenter leurs lettres de créance aux États-Unis et à Israël. Les propos de certains selon lesquels les armes de la Résistance sont à l’origine du chaos, des remous, ou d’une certaine inquiétude sécuritaire au Liban, sont une duperie. Avez-vous jamais vu au Liban un problème sécuritaire ou une guerre civile pendant lesquels sont tirés des missiles Zelzal, Raad ou Khaybar. Les armes légères sont présentes aux mains de tous les Libanais. Si l’on veut la sécurité à l’intérieur, il faut réfléchir à résoudre le problème de ce type d’armes. »


Extraits d’une interview de Jeffrey Feltman, secrétaire d’État adjoint américain pour le Proche-Orient au quotidien proche du 14-Mars Al-Joumhouria, le 8 décembre


« Le meilleur moyen d’éviter une guerre civile en Syrie, c’est la démission de Bachar al-Assad maintenant. Il faut également que la mafia sécuritaire qui l’entoure cesse de tuer la population. Nous savons que l’avenir de la Syrie doit reposer sur l’autorité de la loi et de la démocratie. Je suis sûr que les Libanais approuveront les décisions de la Ligue arabe, de l’Union européenne et des États-Unis pour examiner et trouver des moyens pacifiques afin de mettre un terme à la barbarie en Syrie.

Nous souhaitons recourir au Conseil de sécurité si l’initiative arabe n’aboutit pas. Si Bachar al-Assad n’est pas responsable des violences comme il le prétend, pourquoi refuse-t-il ainsi que son entourage l’arrivée d’observateurs dans son pays pour découvrir qui est la partie qui en est responsable ?

Plus vite Assad démissionnera, mieux sera la situation. Le président Obama avait rappelé le 18 août qu’il est temps qu’Assad s’en aille et qu’on assiste à une transition pacifique et démocratique du pouvoir.

L’armée syrienne, à qui il a été demandé de quitter le territoire libanais, occupe aujourd’hui le territoire syrien. Le retour de l’ambassadeur Ford à Damas n’est pas un cadeau à Bachar al-Assad. C’est l’une des façons de montrer notre soutien au peuple syrien et d’obtenir des informations plus précises sur la situation en Syrie.

Ce qui se passe en Syrie ne doit pas s’étendre au Liban. Les responsables libanais ont expliqué que leur principal objectif est de protéger le Liban des événements en Syrie. Il appartient au chef du gouvernement et aux responsables libanais de trouver le moyen idéal de protéger le Liban. En même temps, nous pensons que le Liban doit également contribuer à trouver les moyens nécessaires pour faire cesser les violences (…)

Nous ne traitons pas avec le Hezbollah, une organisation qui ne suit pas les règles démocratiques même si elle a une grande assise populaire. Lorsque ces règles l’arrangent, le Hezbollah s’y soumet, mais dans le cas contraire, il a recours à la force et aux armes pour imposer sa volonté. La décision du Premier ministre Mikati de verser la contribution libanaise au budget du TSL n’a pas été prise pour les États-Unis ou un autre pays mais pour le Liban. Nous saluons cette décision qui prouvera à la communauté internationale que le Liban respecte ses engagements internationaux. »

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf (*)
Tendances de l’Orient No 61, 12 décembre 2011.


(*) Chercheur au Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales de Beyrouth.

Par Pierre Khalaf - Publié dans : Notes de lecture - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 07:53

http://french.irib.ir/media/k2/items/cache/f3b601242a2a6962faceee0e58589367_L.jpg IRIB-Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a officiellement annoncé, dimanche dernier, sa candidature à la présidence de la République. Et la superclasse mondiale est sur le pied de guerre pour discréditer les élections russes et présenter Poutine comme un crypto-dictateur ! Le site internet du journal Le Figaro a, par exemple, mis en place un blog intitulé « Echos de Russie », qui s’inspire du modèle des révolutions arabes : il s’agit de donner un écho en France à des contenus audiovisuels présentés comme confidentiels, voire supposés censurés par le pouvoir russe.Cette opération concerne surtout à mettre en exergue une opposition assez fantomatique.

Qui sont les opposants russes ?L’ opposition russe au parti de Poutine peut être classée en deux branches : d’un côté les opposants traditionnels, les communistes et les nationalistes, qui ne se privent pas d’exprimer leurs désaccords et ne sont pas diabolisés par les médias russes — à la différence de certains opposants au système en France.

D’un autre côté, les partis dits libéraux soutenus par des ONG occidentales sont ultra‑minoritaires. Financés par les Etats-Unis et divers milliardaires dont Georges Soros, leurs rôles consistent à fomenter des « révolutions dites de couleur » sur le modèle ukrainien, pour que les Américains et leurs alliés puissent accuser la Russie d’être un régime autoritaire et donc ennemi.

 

Source : IRIB

Par IRIB - Publié dans : Notes de lecture - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 20:40
par René Balme


11 novembre 2011


Discours de René Balme, maire de Grigny 69520


Il y a quatre-vingt-treize ans prenait fin la terrible épreuve que fut pour la France, l’Europe et le monde la première guerre mondiale. Alors que les témoins directs ont tous disparu, nous avons un devoir de mémoire pour dire au plus grand nombre et aux jeunes générations ce que furent les quatre années de combat au cours de cette guerre qui a endeuillé le monde entier et plus particulièrement la France.

 

8 millions de français furent mobilisés. Ils avaient entre 19 et 51 ans. A l’armistice, il fut dénombré plus de 1 300 000 morts dont un quart avait moins de 28 ans ; plus de
3 000 000 de blessés, 60 000 amputés, 500 000 malades.

A l’horreur des combats et des massacres s’ajoutait la folie de certains hommes ou leur incompétence à diriger les combats. Cela aboutit à la révolte des soldats et à la mutinerie de 1917. Ces mutineries qui sont encore placées sous silence aujourd’hui puisque les archives ne sont toujours pas accessibles. C’est une justice d’exception qui est mise en place en quelques jours au sein d’un État démocratique. Environ 3 500 condamnations, en rapport avec ces mutineries, furent prononcées par les conseils de guerre avec une échelle de peines plus ou moins lourdes. Il y eut entre autres 1 381 condamnations aux travaux forcés ou à de longues peines de prison et 554 condamnations à mort dont 49 furent effectives.

 

Il faut savoir ces choses là, lire les témoignages de ceux qui ont survécu et, en se recueillant sur la mémoire de ceux qui sont tombés sous les balles ennemies, il faut aussi, avoir une pensée pour ceux qui ont été exécutés par les pelotons français pour avoir osé se mutiner et dénoncer l’horreur de cette guerre et la tuerie inutile.

 

Lors du déclenchement de la guerre en août 1914 tout le monde était convaincu que l’écrasement de l’Allemagne n’était qu’une question de jour et que triompherait la liberté et la démocratie. La réalité, bien vite, devait s’avérer toute autre et chacun la connaît.

Le 11 novembre 1918 à 10 h 50 le dernier soldat français tomba sous les balles allemandes. Peu de temps après l’armistice était signée.

 

Les leçons de l’histoire ne sont jamais comprises et la mémoire reste fragile. La soif de pouvoir ou d’argent aveugle trop souvent les hommes au point de recommencer sans cesse les mêmes erreurs. Les promesses de fin de conflit sont rarement tenues et le « plus jamais ça » n’aura pas tenu longtemps. 20 ans plus tard c’était le même recommencement.

 

« Quand les riches se font la guerre, se sont les pauvres qui meurent » affirmait Jean-Paul Sartre. Et cette affirmation se vérifie depuis, et plus particulièrement aujourd’hui où la démarche guerrière de l’OTAN sème le trouble et la mort au quatre coins de la planète.

Ayons bien à l’esprit, que les conflits, aujourd’hui, comme hier, quoi que l’on nous en dise, ont toujours pour origine ou pour but la domination de l’autre pour s’accaparer ses richesses ou pour permettre de mettre en place des gouvernements à la solde des grandes puissances financières. C’est le cas en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Afrique – notamment en Côte d’Ivoire – et dans bien d’autres parties du monde.

 

Il y a les gouvernements, les technocrates, les administrations, les multinationales, les marchands de canons – ceux qui tirent les ficelles – les pseudos philosophes va-t-en-guerre et puis il y a le peuple qui lui, subit et souffre. Le peuple qui ne demande pourtant qu’à vivre en paix et en harmonie avec ses frères et ses voisins et c’est le peuple qu’on manipule, qu’on assassine et qu’on massacre.

 

C’est cette triste réalité qui guide le monde aujourd’hui. C’est au nom de cette réalité là que le mensonge d’État et la stratégie de la peur s’installe et se planifie pour justifier des mesures de plus en plus liberticides et des lois qui, au prétexte de nous protéger, nous rendent esclaves d’un pouvoir particulièrement soumis à l’ordre économique et financier mondial.
Et comme l’édition et la presse sont entre les mains des marchands de canons, et placées désormais sous le contrôle complice de l’État, il n’est pas rare d’assister à une réécriture méthodique de l’Histoire de France, notamment dans les manuels scolaires et à une désinformation quotidienne.

 

A ce propos, permettez-moi de m’élever contre l’initiative prise par le Président de la République, relayée par le Préfet et qui somme les maires de lire lors de cette cérémonie le message surprenant de Monsieur Sarkozy dont je vous cite un extrait :

« … désormais, chaque 11 novembre, tous ceux qui ont donné leur vie pour la France, que ce soit pour la défense de la Patrie ou lors des opérations extérieures auxquelles notre pays participe, seront également associés à cet hommage solennel de la Nation.

Aujourd’hui, en ce début de XXIème siècle, nos troupes sont engagées en Afrique, au proche Orient, en Afghanistan et des soldats continuent de tomber sous le drapeau Français pour que note drapeau, lui, jamais ne tombe. »


Si nous nous inclinons et nous inclinerons toujours devant les morts de toutes les guerres, quelque soit le champ de bataille nous savons, aussi, que cette envolée lyrique est censée nous faire oublier qu’il n’y a pas de guerre juste. L’histoire nous l’a démontré, notamment pour ce qui concerne les guerres coloniales auxquelles la France à participé et continue de participer.


Au cours des dernières années, notre pays s’est associé ou s’est engagé directement dans des aventures guerrières coloniales sans que la représentativité populaire n’ait eu à donner son avis, faut-il le rappeler.

La dernière en date, et qui déshonore notre pays, de la même manière qu’il s’est déshonoré en son temps au Vietnam, à été portée par un philosophe autoproclamé parti en croisade contre un pays souverain pour y assassiner son chef de l’État.

 

Outre qu’un coup d’état, porté et revendiqué par l’Otan, est une grande première dans l’histoire des nations, le prétexte invoqué dénote une méconnaissance totale du fonctionnement intérieur du pays en question.

Le mensonge d’État a toujours servi de prétexte au déclenchement des hostilités et les soldats qui sont tombés dans ces guerres coloniales ne sont pas tombés pour que « notre drapeau, lui, jamais ne tombe » mais pour défendre les intérêts des grandes compagnies pétrolières, financières et autres multinationales que la reconstruction des ces pays va enrichir, plus encore.

Sauf que ce sont des milliers d’êtres humains, femmes, enfants, hommes, vieillards qui sont tombés sous les bombes et les balles de l’OTAN ces derniers mois et c’est la France qui a armé le bras des assassins. Je souhaite que personne ne l’oublie et que les tentatives de réécriture de l’histoire soient vouées à l’échec par notre vigilance commune.

 

Je souhaite, aussi, que l’on n’oublie pas le milliard de personnes qui sont sous-alimentées dans le monde et qui disposent de moins de 190 calories par jour – dont 820 millions dans les pays en voie de développement.

On le sait, le pouvoir, les pouvoirs trouvent toujours de l’argent pour renflouer les banques, venir au secours des spéculateurs, financer l’armement et les conflits. Et cet argent, quoi que l’on en dise est bel et bien pris dans la poche des contribuables.

 

Autrement dit, la domination du monde par le pouvoir financier et les firmes multinationales s’accomplit avec la complicité active des gouvernements et de leurs dirigeants. Et il n’est pas excessif de penser et de dire que l’action du gouvernement (Français) - qui est responsable, de par ses choix, de la crise - est dirigée, aujourd’hui, essentiellement contre le peuple.

Le fait que les efforts soient demandés à nos concitoyens et aux plus pauvres, en particulier, pendant que les riches sont protégés mériterait qu’un vent de révolte salutaire prenne corps pour rappeler à l’État qu’il se doit de protéger le peuple et non pas seulement une caste.

Les soldats de 14/18, les résistants de 39/45 n’ont pas laissé faire eux. Et c’est ce courage là qu’il faut saluer et mettre en avant au moment même ou notre société se délite et où le repli sur soi rend difficile toute forme de révolte.


Les richesses énergétiques et alimentaires de notre planète sont limitées, tout le monde le sait. Je propose, la encore, le partage plutôt que cette domination qui permet à certaines puissances de s’accaparer tout au détriment de la majeure partie du Monde.

C’est contre cette domination imposée par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et relayée par la commission européenne que je me bats avec la municipalité pour le droit à la santé, le droit à l’éducation pour tous, le droit au logement, le droit à la gratuité des besoins vitaux des gens etc. Et ce combat rejoint celui de ceux qui de par le monde s’opposent à la marchandisation et à la croissance que l’on nous présente comme infinie. Car il est démontré aujourd’hui que c’est bien cette marchandisation à outrance qui conduit à la guerre.

 

La guerre de 14/18 nous a appris beaucoup de choses qui auraient dû rester gravées dans la mémoire collective pour éviter les recommencements.

Il reste encore beaucoup à faire pour construire ce monde pacifique, libre et fraternel auquel rêvaient les poilus de 14/18, un monde sans armes…

 

Les enjeux, aujourd’hui, sont énormes. Il est question de la survie de l’humanité, de la survie de nos propres enfants et de nos petits enfants. C’est à cette question que je souhaite que nous réfléchissions en prenant appui sur l’histoire. C’est le meilleur hommage que nous pourrions rendre aux poilus de 14/18.

 

Souvenons-nous de toutes les guerres, de tous les conflits. Ne laissons pas banaliser la violence, d’où qu’elle vienne et sachons mobiliser, rassembler nos énergies communes pour imposer le seul et unique choix qui devrait être le nôtre : celui de l’homme, celui de la vie, celui de l’avenir.


René BALME
Maire de Grigny
11 novembre 2011

Par René BALME - Publié dans : Notes de lecture - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 19:02

Par Mathieu Zeugma

 

Voici l'un de mes articles initialement publié sur www.Agoravox.fr , le Samedi 12 Novembre 2011 :

 

On le savait déjà : chaque année la France dégringole un peu plus dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans Frontières, et en huit ans elle est passée de la 10ème place (2002) à la 44ème place (2010). Un récent sondage effectué dans leurs rangs permet de révéler la conscience des journalistes sur cette dégradation de leurs conditions de travail, même si certains paradoxes dans leurs réponses suggèrent l'existence d'un certain climat de peur en leur sein, probablement dû aux différentes évictions de journalistes importants. A-t-on voulu faire des exemples pour soumettre l'ensemble des journalistes ? Et est-ce que tout ça a marché ? C'est ce qu'on va essayer de voir ici...

 


 

A l'occasion des Assises du journalisme, assemblée qui se tenait à Poitiers du 8 au 10 Novembre, un sondage CSA révèle que 85% des 513 journalistes interrogés répondent être plutôt heureux voire plus d'exercer leur métier, mais que 53% d'entre eux pensent que leurs conditions de travail ne sont pas satisfaisantes (http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jtv9dVgGz_vuPKa11QXa4Xx7tORw?docId=CNG.5d92fcff6f7468a19d3f0513f138928e.5a1).

Étrange paradoxe... Car comment peuvent-ils être heureux d'exercer leur métier dans des conditions dégradées ? Et d'ailleurs comment s'effectue cette dégradation des conditions de leur travail ? Est-ce là l'expression de la conscience de la perte de la liberté de la presse dénoncée par Reporters sans Frontières ?

 

Autres chiffres issus du même sondage : pour 76% des journalistes leur métier évolue négativement (contre 63% en 2007 au dernier sondage de ce type), 62% considèrent que la liberté de la presse s'est détériorée ces dernières années (dont 73% des moins de 29 ans), et un peu plus de la moitié considère que les sujets liés à la politique ne sont pas traités correctement et que les partis politiques n'ont pas les mêmes conditions pour exprimer leurs opinions.

Alors d'où vient cette réponse exprimant un bonheur majoritaire, quasiment soviétique (85%), d'être un journaliste français ? Elle vient peut-être d'une raison toute simple : la peur. La peur d'être éliminé du métier, de re-dégringoler pigiste si un seul d'entre eux a le malheur de s'écarter de la « ligne éditoriale » actuelle, et de donner un avis un peu trop large ou un peu trop personnel sur un sujet donné. On va voir que pour comprendre la méthode mise en place il faut souvent.....

 

Par Mathieu Zeugma - Publié dans : Notes de lecture - Communauté : Blog citoyen en Haute-Garonne
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