le blog soueich
vendredi 2 janvier 2009, par Olivier Bonnet
Nous annoncions le 27 juin dernier
le retour de la télé d'Etat. France 2 vient de nous en offrir coup sur coup deux exemples navrants. D'abord
bien sûr le documentaire ultra complaisant diffusé hier soir sur Carla Bruni-Sarkozy, sous le titre de Quelqu'un m'a léché le cul dit.
Mais on pouvait aussi bien décider de ne pas regarder ce qui s'annonçait comme une hagiographie de l'épouse du président, qui se dit "épidermiquement de gauche" mais s'est mariée avec le
pire des réactionnaires, qui n'a de cesse de draguer l'électeur d'extrême droite avec ses quotas d'immigrés expulsés et sa politique pénale ultra-répressive, sans compter le démantèlement du
service public avec le non remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux : "épidermiquement de gauche", vraiment, madame Tartuffe ? Rappelons alors ce que
notre ami le docteur Lehmann nous avait fait remarquer à l'époque de cette déclaration de la Bruni dans Libération :
l'épiderme n'est que la couche superficielle de la peau ! Boycotter donc ce documentaire dégoulinant, ne serait-ce que pour éviter, un lendemain de réveillon, de souiller le salon de
vomissures.
Mais plus gênante encore est une scandaleuse atteinte à la déontologie journalistique perpétrée au cœur du journal télévisé : dans l'édition du 29 décembre, France 2 donne la parole
au professeur Philippe Juvin, à propos du décès d'un patient six heures après sa prise en charge par le SMUR, pour cause d'insuffisance de place dans les hôpitaux de la région
parisienne. Doit-on, comme le docteur Patrice Pelloux (Association des médecins urgentistes de France), s'indigner de ce que la marchandisation de la santé pousse les établissements à rogner sur
les postes de remplaçants des praticiens en vacances, afin de ne pas augmenter leur déficit, l'équilibre financier devant primer sur l'efficacité de la prise en charge des malades ? Pour
Juvin, là n'est pas du tout la question : il insinue en passant que le patient serait peut-être mort même s'il avait trouvé un lit d'hôpital et pointe un défaut d'organisation, en niant
totalement qu'il puisse exister un problème de moyens. Il conclut en vantant la future loi Bachelot qui, d'après lui, corrigera le mal. Qui est ce fan de la politique menée par la ministre de la
Santé ? Le chef du service des Urgences à l'hôpital Beaujon de Clichy, comme nous
l'enseigne le bandeau du bas de l'écran au début de son intervention. L'homme doit donc savoir de quoi il parle, pensent sans
doute des millions de télespectateurs. Or ce qu'omet de préciser France 2, c'est que Juvin, avec son écharpe d'élu aux côtés de sa ministre chérie sur la photo ci-contre, est aussi maire
de la Garenne-Colombe, vice-président du Conseil général des Hauts-de-Seine, suppléant du député de la 3e circonscription du département et secrétaire national de l'UMP. Un
"détail" qui change sacrément la perception que l'on peut avoir de son discours, qui est en fait celui d'un militant sarkoziste pur jus. Honte à France 2 de l'avoir seulement présenté
comme chef des Urgences de Clichy !
PS : merci à Grand-Père Marcel, qui nous a signalé la manipulation, et à Lutopick, créateur du logo Office de
Radio-Télévision Sarkoziste.